On organise donc à l'orifice des puits de puissantes machines à vapeur

qui mettent en mouvement de grandes bobines sur lesquelles s'enroule la

corde, la chaîne ou le câble d'extraction. On a des câbles plats, formés

de câbles ronds juxtaposés, et qui pèsent de 4 à 7 kilogrammes le mètre

courant. Un câble de 500 mètres pèse environ 3,500 kilogrammes, bien

qu'il ne doive pas enlever de charge supérieure à 3,000 kilogrammes. Et

comme le câble doit être d'autant plus résistant qu'il est plus

rapproché de l'orifice, on le fait parfois de forme conique, de sorte

qu'il devient plus mince et plus léger à sa partie inférieure. On peut,

avec de tels câbles, atteindre des profondeurs de 700 mètres.

C'est tantôt le fil de fer, tantôt le chanvre, tantôt le fer et le

chanvre associés, qui servent à leur fabrication. Enfin, on s'est servi

du fer feuillard dans une mine de Belgique. On désigne sous ce nom ce

fer en mince ruban, semblable à celui dont on cercle les tonneaux.

À l'extrémité du câble on attache le panier, la benne ou la caisse qui

doit recevoir les mineurs, et, comme il faut prévoir le cas de la

rupture de ce câble, on interpose ce qu'on appelle un _parachute_,

ingénieux appareil dont l'action instantanée immobilise la benne dans le

puits, en produisant l'enfoncement dans ses parois ou dans les guides de

puissantes griffes de fer aciérées.

Que d'accidents et que de morts ont déjà été évités par ces parachutes!

Nous n'en citerons qu'un, qui montre tout le soin que réclament la

construction et l'emploi de ces appareils: «Le 20 juillet 1856, un câble

se rompit au puits du Magny, près Blanzy, la cage étant un peu au-dessus

de l'accrochage, en un point où les guides en bois étaient doublés de

tôle; l'appareil ne put mordre sur cette tôle et la cage tomba avec une

vitesse effrayante; mais, dès qu'elle arriva sur un point où le bois des

guides était à nu, l'appareil agit et la cage s'arrêta après 3 mètres de

cette action et malgré le poids de 260 mètres de câble tombé sur la

cage. Sur cette hauteur de 3 mètres, l'épaisseur du bois des guides a

été réduite de moitié, sans qu'aucune pièce du parachute se soit

faussée.»

Les câbles et les bennes sont les moyens le plus communément adoptés

pour le transport dans les puits de mine. Cependant, on a imaginé une

machine à monter, appelée _échelles mobiles_ ou _fahrkunst_, et qui sert

aux mouvements du personnel des mines. Qu'on se figure deux échelles

placées en regard l'une de l'autre et animées toutes deux d'un mouvement

d'oscillation alternatif, de sorte que quand l'une monte, l'autre

descend. Supposons qu'un homme monté sur la première, l'abandonne, alors

qu'elle va descendre, pour passer sur la seconde qui va monter. Il

montera avec elle. Supposons encore qu'au moment où celle-ci s'arrête,

il la quitte pour repasser sur la première qui va maintenant s'élever.

Il montera avec cette seconde échelle et, continuant ainsi cette

manoeuvre, s'élevant tantôt avec l'une et tantôt avec l'autre, il

arrivera à la surface. Des ouvriers peuvent ainsi se placer sur toute la

hauteur des échelles et monter d'une manière continue.

[Illustration: Fig. 69.--Les échelles mobiles (_fahrkunst_).]

Les premiers _fahrkunst_ datent de 1833. Ils se composaient de pièces de

bois équilibrées, suspendues à des balanciers et portant de petits

marchepieds. Puis, on fit des échelles en fil de fer au moyen de câbles

dont le diamètre allait en diminuant, à mesure qu'on s'enfonçait. On est

descendu ainsi jusqu'à 500 mètres de profondeur.

M. Warocqué de Mariemont a construit un appareil qui se compose de deux

longues tiges en bois, descendant dans le puits et portant des paliers à

balustrade, de trois mètres en trois mètres. Des tiges métalliques

terminent ces échelles à leur partie supérieure et portent chacune un

piston mobile dans un cylindre dont la longueur est égale à la course

des échelles. Les mouvements des deux pistons sont rendus solidaires

l'un de l'autre au moyen d'un certain volume d'eau qui passe d'un

cylindre dans l'autre tantôt par le haut, tantôt par le bas. Il suffit

donc d'imprimer un mouvement de va-et-vient à l'un des deux pistons pour

que l'autre fasse les mêmes mouvements en sens contraire. Le résultat

est obtenu au moyen d'un cylindre à vapeur placé au-dessus de l'un des

cylindres à eau. Les échelles font 12 à 14 oscillations par minute, et

un ouvrier remonte en 6 minutes les 212 mètres qui séparent

l'exploitation de l'ouverture.

_b._--La roue à chevilles.--La machine à molettes.--Chevalets et

bobines.--Chariot, bennes roulantes, berlines, wagonnets et

wagons.

Tout le monde connaît la cage où tourne l'écureuil, la roue à

l'intérieur de laquelle se meut le chien de l'aiguiseur ou du cloutier,

pour tourner la meule ou souffler la forge. C'est au dedans d'une roue

semblable que tourne le carrier pour élever au jour les pierres

employées à la construction. La _roue à chevilles_ est très-fréquemment

employée aux environs de Paris, mais elle ne peut servir que pour une

exploitation peu importante et peu profonde.

Dès que l'extraction prend une certaine activité et que les produits

sont tirés d'une grande profondeur, la force de l'homme devient

insuffisante; il faut employer celle des chevaux, de la vapeur ou des

chutes d'eau. Au lieu d'un simple treuil à axe horizontal, on a une

_machine à molettes_ avec _bobines_ ou _tambours d'enroulement_.

Au-dessus du puits d'extraction, deux grandes poulies de renvoi,

appelées _molettes_, portent les deux brins du câble: l'un montant,

l'autre descendant, et les dirigent vers deux cônes tronqués rapprochés

par leur grande base, mobiles sur un axe vertical et qui servent l'un à

l'enroulement, l'autre au dévidage du câble. Deux chevaux donnent le

mouvement à cet arbre et complètent la machine, qui a une entière

ressemblance avec les manéges des maraîchers.

Les tambours dont nous venons de parler sont souvent remplacés par des

bobines. Ces bobines sont des tambours de la largeur du câble et sur

lesquels les spires se superposent, au lieu de se juxtaposer,

disposition essentiellement favorable à la régularité de l'extraction.

[Illustration: Fig. 70.--Roues à chevilles des carriers.]

Telles sont, en abrégé, les dispositions adoptées dans les mines pour le

montage des produits. Les véhicules qui servent au transport varient

presque à l'infini et si, dans une même localité, on trouve parfois des

chariots, des bennes, des berlines, des wagonnets ou des wagons de la

même forme, il est rare que cette ressemblance ait lieu dans deux pays

un peu éloignés. Un grand nombre de raisons motivent ces différences et

les justifient: en premier lieu, l'allure de la couche ou du gisement,

sa direction, son épaisseur, puis le mode d'exploitation adopté, la

hauteur, la largeur des galeries, etc. L'ingénieur a le champ libre pour

le choix des moyens les meilleurs à employer.

À Blanzy, on fait usage, pour le transport de la houille, de chariots en

bois de 14 hectolitres, se vidant à l'avant par un panneau mobile sur

charnière. Dans les mêmes mines, on se sert aussi de la benne roulante;

c'est un tonneau avec un seul fond et monté sur roues en fonte. À Anzin,

on emploie le wagon en tôle de M. Cabany, monté bas sur rails et dont la

caisse évasée permet un bon chargement, eu égard au poids mort; dans le

pays de Liége, des berlines moins perfectionnées portant des crochets à

leur partie supérieure, à l'aide desquels on peut les superposer et les

accrocher les unes aux autres pour les élever au jour.

Lorsque cet accrochage immédiat des bennes entre elles n'a pas lieu et

que la machine est assez puissante pour remonter plusieurs véhicules à

la fois, on réunit ceux-ci par deux ou par quatre dans une cage en bois

ou en métal, ayant deux ou quatre étages. Pour empêcher les chocs

contre les parois du puits, les bennes ou les cages sont guidées par des

câbles en fil de fer ou par des longrines verticales en bois de chêne,

qu'elles embrassent au moyen de coulisses en fer ou en fonte.

[Illustration: Fig. 71.--Plan automoteur dans une mine.]

Outre les manéges et les machines à vapeur destinés à la mise en

mouvement des appareils d'extraction, on emploie encore les moteurs

hydrauliques et l'on crée, dans certains cas, des chutes d'eau d'une

grande puissance. C'est ce qui a lieu dans le Hartz et dans la Saxe.

Qu'on suppose un cours d'eau amené près du puits. À quelques mètres

au-dessous de l'orifice, on creuse une chambre, où l'on installe une

première roue; quelques mètres plus bas, on en installe une seconde;

plus bas encore, une troisième, et l'eau qui est introduite passe

successivement d'une roue à la suivante et sert d'abord à l'extraction

des produits, puis à l'épuisement des eaux de la mine. Les eaux motrices

s'échappent par une galerie latérale et s'écoulent ensuite dans la

vallée. De la sorte, l'extraction a lieu dans les conditions économiques

les plus avantageuses.

Les moyens usités pour les transports dans les galeries très-inclinées

des mines sont les mêmes que ceux qu'on emploie dans les puits

verticaux; mais, toutes les fois qu'on le peut, on s'arrange de manière

à faire descendre les wagons chargés pour n'avoir à remonter que les

wagons vides et l'on organise alors des plans automoteurs, le wagonnet

roulant directement sur les rails, si l'inclinaison n'est pas trop

forte, ou étant porté sur un châssis roulant ou berceau, qui le

maintient horizontal et empêche le chargement de se répandre.

C.--LOCOMOTION SUIVANT UNE LIGNE HORIZONTALE OU INCLINÉE AU-DESSUS DU

SOL.

Chemin à la Palmer.--Chemins funiculaires.

Certaines circonstances ont conduit parfois à l'établissement de

transports au-dessus du sol suivant une ligne horizontale ou inclinée;

par exemple: la mauvaise nature du sol sur lequel on aurait dû établir

une voie, des accidents de terrains trop prononcés, etc. On a adopté,

suivant les cas, différents systèmes; des chemins de fer à un rail,

appelés _chemins à la Palmer_, du nom de leur inventeur et des _chemins

funiculaires_, où le rail est remplacé par un câble en fil de fer.

Le chemin à la Palmer se compose d'un rail porté par une longrine qui

repose elle-même sur des poteaux. Une roue à gorge se meut sur le rail

et porte à droite et à gauche deux caisses entre lesquelles la charge

doit se répartir également. Nous ne pouvons mieux donner une idée de la

manière dont le véhicule repose sur la voie qu'en comparant ces deux

caisses aux deux paniers du bât qu'on met sur le dos des bêtes de somme

et qui doivent être également chargés pour qu'il y ait équilibre. Ce

moyen de transport n'a été employé que dans l'intérieur d'un petit

nombre d'établissements industriels (chemin du bureau des navires à

Deptfort, près de Londres); transport de marchandises peu important

(chemin des fours à chaux et de la briqueterie de Cheshunt au canal de

Lee), service de la briqueterie de Posen; mines de houille (à

Rive-de-Gier) et travaux de terrassement (fortifications de Paris au

bois de Boulogne).

[Illustration: Fig 72.--Chemin à la Palmer (au jour).]

Les cadres en charpente des galeries de mines ont permis de simplifier

ce moyen de transport à l'intérieur des exploitations souterraines et,

en soutenant latéralement la longrine et le rail, de placer la caisse

au-dessous de la voie, ce qui rend inutile la division de la charge. Les

bennes, en arrivant au jour, glissent sur leurs patins, ou sont

transportées au moyen de trucks sur des voies ordinaires.

[Illustration: Fig. 73.--Chemin à la Palmer (dans une galerie de mine).]

Dans certaines exploitations à ciel ouvert, on a parfois à transporter

d'un côté à l'autre de la carrière des matières _sans valeur_, des

terres provenant de la découverte, ou des détritus. On pourrait avec un

chemin de fer opérer ces transports, mais il faudrait dresser une

plate-forme, faire de grands détours, ce qui deviendrait coûteux. On

tend un câble au travers de l'exploitation. Avec trois petites poulies

assemblées en triangle, on fait une chape, comme celle des bacs à la

traversée des rivières, et à la chape on suspend un petit bateau,

chargé des matières à transporter. Une corde attachée à chacune des

extrémités du batelet règle sa course et les transports s'opèrent

rapidement et à peu de frais.

[Illustration: Fig. 74.--Transport par câble métallique (système

Hodgson).]

[Illustration: Fig. 75.--Boîtes, supports, poulies extrêmes du système

Hodgson.]

Cet emploi du câble métallique a été généralisé récemment par M.

Hodgson, pour le transport du granit sortant des carrières de

Bardon-Hill, à trois lieues de Leicester, qui s'opérait entre les

carrières et le chemin de fer, sur une distance d'une lieue, au moyen de

charrettes et réclamait un nombreux personnel. Une corde métallique sans

fin est soutenue sur des poulies qui sont portées par de forts poteaux,

éloignés ordinairement de 50 mètres les uns des autres. Cette corde

passe à un bout sur une poulie mise en mouvement par une locomobile et

reçoit une vitesse de 6 à 9 kilomètres à l'heure. Des caisses sont

suspendues au câble par un crampon de forme particulière, qui maintient

la charge en équilibre et permet le passage des points d'appui sans

difficulté.

Dans le cas où on a de fortes charges, on met deux cordes pour soutiens

et une corde sans fin comme moyen de transmission. On conçoit que la

nature du terrain sur lequel on passe importe peu; le câble peut se

poser aussi aisément que le fil du télégraphe.

Le prix d'établissement pour une ligne à une corde portant 50 tonnes par

jour (l'équivalent de 5 grands wagons de chemins de fer) dans des boîtes

pesant 25 kilogrammes n'est que de 3,900 francs par kilomètre.

On pressent tous les avantages que l'on pourra tirer de ce nouveau

moyen de transport.

D.--LOCOMOTION EN TOUS SENS, DANS TOUTE DIRECTION ET DANS TOUT MILIEU.

C'est vers 1560, à ce que l'on rapporte, que Gutter de Nuremberg inventa

le fusil à air comprimé. Philon de Byzance parle même d'un tube

construit par Ctésibius, dans lequel l'air comprimé lançait un trait et

qu'il nomme _aérotone_. Peut-être n'est-ce tout simplement que la

sarbacane qu'emploient les écoliers pour lancer des boules d'argile aux

oiseaux.

Quoi qu'il en soit, l'invention dont nous voulons parler remonte, quant

à son principe, aux temps les plus reculés. Les effets qu'on peut

obtenir de l'air comprimé, comme propulseur, sont connus depuis

longtemps; mais c'est d'une époque toute récente que date son

application au transport des petits paquets.

L'Angleterre nous a précédés dans cette voie, nous avons déjà eu

l'occasion de le constater. Après avoir rendu hommage à son esprit

d'initiative, nous expliquerons de quelle manière s'opère à Paris le

transport des dépêches télégraphiques au moyen de l'air comprimé.

[Illustration: Fig. 76.--Appareil de transmission par l'air comprimé.]

Un tube de six centimètres et demi de diamètre intérieur, suspendu à la

voûte des égouts, réunit entre eux les six bureaux télégraphiques de la

rue de Grenelle-Saint-Germain (Administration centrale), de la rue

Boissy-d'Anglas, du Grand-Hôtel, de la Bourse, de l'Avenue de l'Opéra

(près du Théâtre-Français) et de la rue des Saints-Pères, formant un

polygone fermé de 6718m,80 de longueur. Chacun des côtés de ce polygone

a de 900 à 1,400 mètres de longueur et se compose d'éléments droits ou

courbes, horizontaux, inclinés, parfois même verticaux. Le rayon le plus

petit à l'angle de deux rues est de 12 mètres et la pente la plus forte

de 0m,05 par mètre, sauf aux abords des bureaux, où ce rayon atteint 3

mètres et où le tube devient vertical. Telle est _la voie_.

Le matériel de transport se compose d'étuis en fer garnis de cuir, ayant

0m,06 de diamètre et 0m,12 à 0m,15 de longueur. Chacun d'eux porte gravé

le nom de la station à laquelle il est destiné. Ce sont les _wagons_.

[Illustration: Fig. 77.--Piston et boîte à dépêches du télégraphe

atmosphérique.]

Le propulseur est des plus simples. Il est renfermé dans deux cylindres

en tôle, mesurant chacun 4 à 5 mètres cubes et, dans lesquels on

comprime de l'air. Nous avons déjà vu quelle ressource offrent les

conduites de Paris, dont l'eau peut s'élever à une hauteur de 15 mètres

et possède, par conséquent, une pression représentée par une colonne

d'eau équivalente. Un troisième cylindre reçoit l'eau de la ville et

chasse l'air dans les deux premiers cylindres où on le puise quand on en

a besoin.

Il est inutile d'insister sur les robinets, niveaux, manomètres, qui

sont le complément indispensable de ces appareils et qui servent à en

suivre la marche, à en régler le fonctionnement. Disons seulement que

les moyens employés pour comprimer l'air varient. Nous en avons indiqué

un, c'est le plus simple. On fait usage aussi de petites turbines et on

emploiera bientôt une machine à vapeur, actionnant des pompes à air.

Enfin, on a imaginé un appareil d'entraînement, dont le principe, qui

rappelle l'injecteur Giffard, servant à l'alimentation des locomotives,

est celui de la trompe ou soufflerie des forges catalanes. C'est un jet

d'eau arrivant au centre d'un tuyau en communication avec l'air

extérieur et sur lequel il agit mécaniquement pour l'entraîner et le

comprimer.

Nous avons décrit le réseau principal. À ce réseau se rattachent des

réseaux secondaires; deux d'entre eux sont reliés à la Bourse, et

forment un réseau de 18 kilomètres. Le réseau de Paris, avant peu

d'années, sera porté à 50 kilomètres. Nous avons fait connaître le

matériel et le propulseur. Assistons au départ d'un train du bureau

central.

La station de départ prévient par le télégraphe la station voisine,

qu'un train est prêt à partir. Celle-ci répond par trois coups frappés

sur le timbre qu'elle l'attend. Une petite porte est ouverte sur le

tuyau. Les wagons y sont engagés: un ou plusieurs pour chaque station,

selon le nombre des dépêches et un ou plusieurs wagons omnibus pour les

dépêches de station à station. À leur suite, on met le piston, qui ne

diffère des wagons que par une rondelle en cuir emboutie à l'une de ses

extrémités. On ferme la porte, et l'air est introduit par un robinet. Il

siffle et le train part. Un ronflement a lieu, une minute se passe, puis

plus rien; le train est à destination. On referme le robinet d'air et,

en manoeuvrant les robinets du cylindre à eau, on prépare une nouvelle

provision d'air comprimé.

Au bureau central, il part et il arrive un train tous les quarts

d'heure. Les dépêches à destination de la province ou de l'étranger sont

remontées immédiatement à l'aide d'une corde et d'un panier dans la

grande salle du départ et réparties entre les différents appareils, qui

communiquent avec le réseau télégraphique.

Tout cela est bien simple, mais ce résultat si merveilleux n'a été

obtenu qu'après de longs efforts et des essais multipliés. On a essayé

au moins vingt wagons d'espèces différentes avant de s'arrêter à celui

qui est employé! Aujourd'hui, si tous les essais ne sont pas

terminés,--car on travaille toujours et on perfectionne,--ils sont, du

moins, en si bonne voie que toute incertitude est levée et que le

système qui fonctionne depuis plusieurs années peut être considéré comme

ayant reçu du temps la sanction qui le consacre.

Le tube peut passer dans l'air, sous le sol ou dans l'eau; il suffit

que les joints soient hermétiques pour que son fonctionnement soit

parfait. C'est assurément l'un des moyens de locomotion les plus

remarquables, un de ceux qui rendent déjà et pourront rendre dans

l'avenir les plus grands services.

FIN

TABLE DES FIGURES

1. Traîneau impérial à Saint-Pétersbourg 7

2. Traîneaux à New-York 11

3. Habitants des Landes 47

4. Éléphant portant un a'méry 56

5. Éléphant portant un haudah 57

6. Petits éléphants du Jardin d'acclimatation 58

7. Caravane dans le désert 59

8. Traîneau tiré par des chiens 63

9. L'araba 70

10. Litière à deux porteurs 72

11. Litière à quatre porteurs 73

12. Litière au Dahomey 74

13. Un abbé en voyage 75

14. Voiture de promenade dans l'Inde 76

15. Voiture du comte de Castelmaine, ambassadeur extraordinaire

de Jacques II 91

16. Voiture d'apparat 96

17. Coupé 98

18. Berline 98

19. Landau 99

20. Diligence 103

21. Volante havanaise 108

22. Wourst 110

23. L'omnibus des boulevards 115

24. Coupe d'un rail de chemin de fer américain 121

25. Le chemin de fer du Rhigi 141

26. Rail à double champignon 150

27. Rail Vignoles 151

28. Rail Brunel 152

29. Rail Barlow 152

30. Diligence transportée sur truck 159

31. Wagon américain 167

32. Système de wagons articulés de M. Arnoux 169

33. Tramway à Vienne 173

34. Tube atmosphérique (coupe transversale) 180

35. Tube atmosphérique (coupe longitudinale) et voiture de tête 181

36. Voiture de Cugnot 183

37. Machine de Blenkinsop (1811) 185

38. Machine de G. Stephenson (1814) 187

39. Machine Crampton 189

40. Machine Petiet 192

41. Une station en Amérique 195

42. Machine Jefferson 197

43. Machine Petiet (Nord), à quatre cylindres 203

44. Machine Fairlie 205

45. Machine Jouffroy 206

46. Voiture Jouffroy 207

47. Système Larmanjat 209

48. Machine Saint-Pierre et Goudal (élévation) 211

49. La même (coupe transversale) 211

50. Système Girard 219

51. Locomotive routière Lotz remorqueuse 226

52. Wagon à voyageurs pour train routier 227

53. Wagon à marchandises pour train routier 228

54. Locomotive routière à voyageurs 230

55. Machine routière avec grue 238

56. Rouleau compresseur 239

57. Labourage à vapeur 241

58. Les messageries à vapeur 243

59. Vélocipède Michaux 249

60. Célérifère de 1818 252

61. Vélocipède-raquette 256

62. Monocycle-sphère 257

63. Vélocipède à voile 260

64. Ascenseur mécanique 265

65. Échelle de sauvetage 267

66. Sauvetage opéré au moyen des échelles et du boyau en

treillis de toile 269

67. Grue à chargement 272

68. Grue à vapeur 273

69. Les échelles mobiles, ou _Fahrkunst_ 283

70. Roues à chevilles des carriers 287

71. Plan automoteur dans une mine 289

72. Chemin à la Palmer (au jour) 291

73. Chemin à la Palmer (dans une galerie de mine) 292

74. Transport par câble métallique (système Hodgson) 293

75. Boîtes, supports, poulies extrêmes du système Hodgson 293

76. Appareil de transmission par l'air atmosphérique 297

77. Piston et boîte à dépêches du télégraphe atmosphérique 299

TABLE DES MATIÈRES

CHAPITRE PREMIER.

Introduction.

Le mouvement et l'attraction universels. -- Mouvements des

minéraux, des végétaux et des animaux. -- Carrière offerte

au mouvement de l'homme. -- L'air indispensable à tous ses

mouvements 1

I.--LA LOCOMOTION SUR LA TERRE.

A.--Insuffisante de l'appareil locomoteur de l'homme. -- Les

animaux moteurs. -- Origine de la voiture. -- Les traîneaux 5

B.--Frottement entre le véhicule et la voie qui le porte. --

Le dé et la bille d'ivoire. -- Frottement de glissement et

de roulement. -- Ce qu'on sait des lois du frottement. --

Difficultés inhérentes aux observations. --

Impressionnabilité de la matière. -- Moyens de diminuer le

frottement. -- Lubrifaction des parties frottantes. --

Accroissement du diamètre des roues 13

C.--La voie. -- Chaussées empierrées, pavées, à ornières de

bois et de métal. -- Les anciennes voies de communication.

-- Les chaussées romaines, les chaussées de Brunehaut. --

Les rues sous Philippe Auguste et les voies sous Colbert. --

Les routes nationales, départementales; les chemins vicinaux

et ruraux. -- Importance de la circulation. -- Le personnel

des ponts et chaussées et celui des chemins de fer. -- Ce

que coûte un ingénieur des ponts et chaussées et des mines,

d'après M. Flachat 20

II.--LA LOCOMOTION SUR L'EAU.

La feuille, la branche, le tronc d'arbre et le bateau. --

Rivières, fleuves, canaux, lacs, mers, océan. -- Les

ondulations. -- Les marées, les courants et les vents. --

Les vagues, la tempête et les navires transatlantiques. --

Le réseau des voies navigables en France 27

III.--LA LOCOMOTION DANS L'AIR.

Les vents. -- La chute d'un corps dans l'air et dans le

vide. -- Les oiseaux et les ballons. -- La direction des

ballons paraît une utopie. -- Invention d'un moteur à poudre 36

CHAPITRE II.

Les animaux moteurs.

I.--_L'homme marcheur, coureur, patineur, échassier_ 42

II.--_Le cheval, l'âne, le mulet, l'hémione, le boeuf, le

yack, le bison, le chameau, l'éléphant, le renne, le chien,

l'autruche_ 51

CHAPITRE III.

Les véhicules dans l'antiquité.

Biga, carpentum, cisium, pilentum, benna. Chars

d'Héliogabale, char funèbre d'Alexandre. Litières et

basternes 67

CHAPITRE IV.

Les Merveilles de la Locomotion · 第 14 / 15 段