inspecteurs des écoles primaires concourraient à la préparation
des tableaux relatifs aux dépenses ordinaires des écoles primaires
communales, tableaux dressés jusqu'à présent par les soins réunis de ces
magistrats et de MM. les recteurs. Le 20 avril dernier, j'ai donné à
MM. les recteurs le même avis. Les recherches que les bureaux des
préfectures ont à faire pour cet objet absorbent souvent le temps que
réclament aussi des affaires non moins urgentes, et cette complication
peut nuire à l'exactitude du travail. D'un autre côté, le personnel des
bureaux des académies est trop peu considérable pour que les recteurs
demeurent chargés de la partie de ces tableaux qui leur est confiée. Nul
ne pourra mieux que vous rédiger ce travail qui sera désormais placé
dans vos attributions. Le registre du personnel des instituteurs que
vous devez tenir, les nominations, révocations et mutations récentes
dont il vous sera donné connaissance, vos inspections, l'examen des
délibérations des conseils municipaux, ainsi que des budgets des
communes qui vous seront communiqués dans les bureaux de la préfecture,
vous fourniront les éléments nécessaires pour dresser avec exactitude ce
tableau dont les cadres vous seront remis, et qui fera connaître le
nom des instituteurs en exercice au 1er janvier de chaque année, leur
traitement, les frais de location des maisons d'école, ou les indemnités
de logement accordées aux instituteurs, enfin le montant des fonds
communaux, départementaux et de l'État affectés au payement de ces
dépenses.
Vous soumettrez ce tableau à la vérification de M. le préfet, qui doit
me l'adresser dans les quinze premiers jours du mois de janvier.
Vous suivrez la même marche à l'égard de l'état des changements survenus
pendant chaque trimestre parmi les instituteurs. Cet état sera rédigé
par vous et remis à M. le préfet, qui me le transmettra dans les quinze
jours qui suivront l'expiration du trimestre.
Vous vous ferez remettre les budgets des dépenses des comités
d'arrondissement et des commissions d'instruction primaire, et vous les
transmettrez avec vos observations à MM. les recteurs.
Le service de l'instruction primaire exige un certain nombre d'imprimés
qui sont distribués en petite quantité dans les départements. Pour
diminuer les dépenses que chaque département aurait à supporter si MM.
les préfets étaient obligés de faire préparer ces imprimés, j'ai décidé
qu'ils seraient fournis à chaque département par l'Imprimerie royale,
sauf remboursement sur les fonds votés par le conseil général. Ces
imprimés seront adressés aux inspecteurs qui en feront la répartition
entre les fonctionnaires auxquels ils seront nécessaires.
Un règlement sur la comptabilité des dépenses de l'instruction primaire,
dans lequel sera déterminée la part que les inspecteurs des écoles
primaires devront prendre à ces travaux, sera très-incessamment adressé
à MM. les recteurs et à MM. les préfets.
Un statut que je prépare réglera de même les devoirs de MM. les
inspecteurs des écoles primaires relativement aux caisses d'épargne qui
seront établies.
J'en viens maintenant aux fonctions qui vous sont propres et dans
lesquelles vous serez appelé, non plus à concourir avec d'autres
autorités, mais à agir par vous-même et seul, sous la direction du
recteur et du préfet.
Votre premier soin doit être, ainsi que le prescrit l'article 1er du
statut du 27 février, de dresser chaque année le tableau des écoles de
votre ressort qui devront être, de votre part, l'objet d'une visite
spéciale. Ce serait mal comprendre le but de cette disposition que d'y
chercher une excuse préparée à la négligence, ou une autorisation de
choisir, parmi les écoles soumises à votre inspection, celles qui vous
promettraient un plus prompt succès et moins de fatigue. Gardez-vous
bien même d'en conclure qu'il vous suffira de visiter les
établissements les plus importants, tels que les écoles des chefs-lieux
d'arrondissement et de canton. En principe, toutes les écoles du
département ont droit à votre visite annuelle; mais cette visite ne doit
pas être une pure formalité; une course rapide et vaine; et l'article
1er du Statut a voulu pourvoir au cas, malheureusement trop fréquent,
où l'étendue de votre ressort vous mettrait dans l'impossibilité d'en
inspecter réellement et sérieusement chaque année toutes les écoles.
Dans le choix que vous serez appelé à faire, sans doute les écoles
des villes trouveront leur place, mais je n'hésite pas à appeler
spécialement sur les écoles des campagnes toute votre sollicitude.
Placées au milieu d'une population plus active, plus près des comités
qui les régissent, sous la conduite de maîtres plus expérimentés,
encouragées et animées par la concurrence, les écoles des villes
trouvent dans leur situation seule des causes efficaces de prospérité:
il vous sera facile d'ailleurs de les visiter accidentellement et
lorsque des motifs variés vous attireront dans les lieux où elles sont
situées. Mais les établissements qui doivent surtout être de votre part
l'objet d'une surveillance persévérante et systématiquement organisée,
ce sont les écoles que la loi du 28 juin 1833 a fait naître dans les
campagnes, loin des ressources de la civilisation et sous la direction
de maîtres moins éprouvés; c'est là surtout que vos visites sont
nécessaires et seront vraiment efficaces. En voyant que ni la distance,
ni la rigueur des saisons, ni la difficulté des chemins, ni l'obscurité
de son nom ne vous empêchent de vous intéresser vivement à elle, et
de lui apporter le bienfait de l'instruction qui lui manque, cette
population, naturellement laborieuse, tempérante et sensée, se pénétrera
pour vous d'une véritable reconnaissance, s'accoutumera à mettre
elle-même beaucoup d'importance à vos travaux, et ne tardera pas à vous
prêter, pour la prospérité des écoles rurales, son appui modeste, mais
sérieux.
Pour dresser le tableau des écoles que vous aurez à visiter
spécialement, vous aurez soin de vous concerter d'avance avec M. le
recteur et M. le préfet, afin qu'aucune de celles qui leur paraîtraient
mériter une attention particulière ne soit omise sur ce tableau; vous
consulterez chaque année le rapport de votre inspection précédente; et,
pour l'inspection prochaine qui doit commencer vos travaux, j'aurai soin
que M. le recteur de l'Académie vous remette le rapport des inspecteurs
qui ont été extraordinairement chargés, en 1833, de visiter les écoles
de votre département. Vous trouverez dans les bureaux de la préfecture
les états que les comités ont dû dresser de la situation des écoles
primaires en 1834. Vous étudierez avec soin les observations consignées
dans ces divers tableaux, et, d'après l'état des écoles à cette époque,
il vous sera facile de connaître celles qui exigent aujourd'hui votre
première visite. Les rapports des comités transmis par vous à M. le
recteur et dont vous aurez pris aussi préalablement connaissance,
serviront de même à fixer votre détermination. Enfin, l'article 15 de
l'ordonnances du 16 juillet 1833 m'ayant chargé de faire dresser tous
les ans un état des communes qui ne possèdent point de maisons d'école,
et de celles qui n'en ont pas en nombre suffisant ou de convenablement
disposées, cet état a été rédigé au commencement de 1834 par les soins
des comités d'arrondissement; il est déposé à la préfecture; vous ne
négligerez pas d'en prendre communication avant votre départ, afin de
pouvoir plus sûrement rédiger vous-même un semblable état pour 1835,
d'après la série de questions et le modèle que je vous ferai remettre à
cet effet; vous consignerez, après votre inspection, le résultat de
vos visites locales et les renseignements recueillis par vous près des
comités.
Pour réunir tous les éléments qu'exigera la rédaction de cet état,
il sera nécessaire que vous visitiez toutes les communes de votre
département, même celles où il n'existe pas encore d'instituteur; vous
les placerez dans votre itinéraire de la manière que vous jugerez la
plus convenable pour vous mettre promptement en mesure de constater, à
cet égard, l'état des choses et d'assurer l'exécution de la loi.
Quant à l'époque à laquelle votre inspection doit avoir lieu, je ne
saurais vous donner à cet égard aucune règle générale et précise: sans
doute il serait désirable que toutes les époques de l'année offrissent
à l'inspecteur des écoles également peuplées, et qu'elles ne fussent
désertes que pendant les vacances déterminées par les statuts; c'est le
voeu de la loi, c'est le droit des communes qui assurent un traitement
annuel à l'instituteur, et vous ne sauriez trop employer votre influence
à combattre, sur ce point, les mauvaises habitudes des familles.
Mais, avant qu'elles aient enfin ouvert les yeux sur leurs véritables
intérêts, longtemps encore, dans les campagnes, le retour des travaux
rustiques disputera les enfants aux travaux de l'école, et peut-être
y a-t-il ici, dans la situation même des classes laborieuses, une
difficulté qu'on ne saurait espérer de surmonter absolument. Quoi qu'il
en soit, dans l'état actuel des choses, l'automne et l'hiver sont la
vraie saison des écoles, et vous ne pourrez guère visiter avec fruit
pendant le printemps, et surtout pendant l'été, que les écoles urbaines,
moins exposées que les autres à ces émigrations fâcheuses.
Il ne conviendrait pas non plus de prendre pour époque de votre départ
le moment même où la cessation des travaux champêtres donne aux enfants
le premier signal de la rentrée des classes: pour juger l'enseignement
des maîtres et le progrès des élèves, il faut attendre que plusieurs
semaines d'exercice régulier aient permis à l'instituteur de mettre en
jeu sa méthode et de renouveler chez les enfants cette aptitude, et,
pour ainsi dire, cette souplesse intellectuelle qu'émoussent aisément
six mois de travaux rudes et grossiers.
Autant que l'on peut déterminer d'avance, et d'une façon générale, une
limite subordonnée à tant de circonstances particulières, je suis enclin
à penser que, pour les écoles rurales, c'est vers le milieu du mois
de novembre que devront commencer d'ordinaire les fatigues de votre
inspection. Quant aux écoles urbaines, il vous sera beaucoup plus facile
de choisir dans tout le cours de l'année le moment convenable pour les
visiter. Je m'en rapporterai, du reste, à cet égard, aux renseignements
que vous recueillerez vousmême dans votre département, et aux conseils
que vous donneront les diverses autorités.
Quand vous aurez ainsi dressé le tableau des écoles que doit atteindre
votre visite annuelle et déterminé l'époque de votre départ, quand
vous aurez reçu de M. le recteur et de M. le préfet des instructions
particulières sur des questions que leur correspondance habituelle
n'aurait pas suffisamment éclaircies, quand votre itinéraire enfin sera
revêtu de leur approbation, vous en donnerez connaissance aux comités
dont vous devrez parcourir la circonscription et aux maires des communes
que vous devrez visiter. Peut-être votre apparition inattendue dans une
école vous offrirait-elle un moyen plus sûr d'en apprécier la situation;
et, lorsque vous aurez de justes sujets de défiance sur la conduite du
maître et sur la tenue de son école, vous ferez bien de vous y présenter
à l'improviste, ou de vous concerter avec les autorités locales pour
qu'elles tiennent secret l'avis que vous leur aurez donné de votre
prochaine arrivée. Mais, en général, les communications que vous aurez,
dans le cours de votre inspection, soit avec les comités, soit avec les
maires et les conseils municipaux, sont trop précieuses pour que vous
couriez le risque d'en être privé en ne les trouvant pas réunis à jour
fixe. Vous échapperez aisément aux pièges que pourraient vous tendre
quelques instituteurs en préparant d'avance leurs élèves à surprendre
votre suffrage; un oeil exercé n'est pas dupe de ces représentations
d'apparat. La présence des membres du conseil municipal, ou du comité
local, ou du comité d'arrondissement, qui souvent vous accompagneront
dans l'école, en donnant plus de solennité à votre inspection, vous
mettra aussi à couvert de toute espèce de fraude de la part du maître,
ou vous en seriez promptement averti par leur propre étonnement. Je ne
doute pas, d'ailleurs, que vous ne preniez les précautions propres à
vous garantir de toute surprise, en vous faisant remettre, par exemple,
l'état nominatif des élèves qui fréquentent l'école, et en vous assurant
qu'on n'y a pas appelé ce jour-là des enfants qui n'en font plus partie
pour faire briller leur savoir, ni exclus de l'examen ceux dont on
aurait voulu dissimuler la faiblesse.
Aux termes de l'article 1er du statut du 27 février, vos premières
relations, dans le cours de votre inspection, seront avec les
comités. Je ne saurais trop vous recommander de prendre soin que vos
communications avec eux ne soient pas à leurs yeux une pure et vaine
formalité. Appliquez-vous à les convaincre de l'importance que
l'administration supérieure attache à leur intervention; et, pour y
réussir, recueillez avec soin et ne laissez jamais tomber dans l'oubli
les renseignements qu'ils vous fourniront. Rien ne blesse et ne
décourage plus les hommes notables qui, dans chaque localité, prêtent
à l'administration leur libre concours, que de la voir traiter avec
légèreté les faits locaux dont ils l'informent. Vous vous appliquerez en
même temps à tenir les comités au courant des idées générales d'après
lesquelles se dirige l'administration supérieure: c'est surtout à cet
égard que les comités locaux sont sujets à se tromper; le désir même des
perfectionnements les égare souvent; vivant dans un horizon resserré, et
manquant de termes de comparaison, ils se laissent aisément séduire
par les promesses de progrès que répand une charlatanerie frivole, et
tombent ainsi dans des tentatives d'innovation souvent malheureuses.
C'est en faisant pénétrer dans les comités les vues de l'administration
que vous les prémunirez contre ce péril, et que, sans faire violence aux
circonstances locales, vous maintiendrez dans le régime de l'instruction
primaire l'unité et la régularité qui feront sa force.
Vous rencontrerez presque toujours dans chaque comité un ou deux membres
qui se seront plus soigneusement occupés des écoles, et qui leur
porteront un zèle particulier. Il n'est guère de petite ville, de
population un peu agglomérée, qui n'offre quelques hommes de cette
trempe; mais ils se découragent souvent, soit à cause de la froideur
de leurs alentours, soit à cause de l'indifférence de l'administration
supérieure. Recherchez avec soin de tels hommes, honorez leur zèle,
demandez-leur de vous accompagner dans les écoles, ne négligez rien pour
les convaincre de la reconnaissance que leur porte l'administration.
Ce serait de sa part un tort grave de ne pas savoir attirer et grouper
autour d'elle, dans chaque localité, les hommes d'une bonne volonté
active et désintéressée; rien ne peut suppléer au mouvement
qu'ils répandent autour d'eux, et à la force qu'ils procurent à
l'administration lorsqu'elle prend soin elle-même de les encourager et
de les soutenir.
Indépendamment des comités, vous aurez à traiter, dans toutes les
communes que vous visiterez, avec les autorités civiles et religieuses
qui interviennent dans les écoles, avec les maires, les conseils
municipaux, les curés ou les pasteurs. Vos bonnes relations avec ces
diverses personnes sont de la plus haute importance pour la prospérité
de l'instruction primaire; ne craignez pas d'entrer avec elles dans
de longues conversations sur l'état et les intérêts de la commune;
recueillez tous les renseignements qu'elles voudront vous fournir;
donnez-leur, sur les démarches diverses qu'elles peuvent avoir à faire
dans l'intérêt de leur école; toutes les explications, toutes les
directions dont elles ont besoin; faites appel à l'esprit de famille,
aux intérêts et aux sentiments de la vie domestique: ce sont là, dans le
modeste horizon de l'activité communale, les mobiles à la fois les plus
puissants et les plus moraux qu'on puisse mettre en jeu.
Je vous recommande spécialement d'entretenir avec les curés et les
pasteurs les meilleures relations. Appliquez-vous à leur bien persuader
que ce n'est point par pure convenance et pour étaler un vain respect
que la loi du 28 juin 1833 a inscrit l'instruction morale et religieuse
en tête des objets de l'instruction primaire; c'est sérieusement et
sincèrement que nous poursuivrons le but indiqué par ces paroles, et que
nous travaillerons, dans les limites de notre pouvoir, à rétablir dans
l'âme des enfants l'autorité de la religion. Croyez bien qu'en donnant
à ses ministres cette confiance, et en la confirmant par toutes les
habitudes de votre conduite et de votre langage, vous vous assurerez
presque partout, pour les progrès de l'éducation populaire, le plus
utile appui.
J'inviterai MM. les préfets à donner les ordres nécessaires pour la
convocation des conseils municipaux dans toutes les communes que vous
devrez visiter.
Quant à l'inspection que vous avez à faire dans l'intérieur même des
écoles, je ne puis vous donner que des instructions très-générales, et
déjà contenues dans les art. 2 et 3 du statut du 27 février; ce sera à
vous de juger, dans chaque localité, comment vous devez vous y prendre,
quelles questions vous devez faire pour bien connaître et apprécier
la tenue de l'école, le mérite des méthodes du maître et le degré
d'instruction des élèves. Je vous invite seulement à ne jamais vous
contenter d'un examen superficiel et fait en courant; non-seulement vous
n'en recueilleriez pour l'administration que des notions inexactes
et trompeuses, mais vous compromettriez auprès des assistants votre
caractère et votre influence. Rien ne discrédite plus l'autorité que les
apparences de la légèreté et de la précipitation, car tout le monde se
flatte alors de lui cacher ce qu'elle a besoin de connaître, ou d'éluder
ce qu'elle aura prescrit.
Je vous recommande, dans vos relations avec les maîtres, au sein même
de l'école, de ne rien faire et de ne rien dire qui puisse altérer
le respect ou la confiance que leur portent les élèves. Nourrir et
développer ces sentiments doit être le but principal de l'éducation
et de tous ceux qui y concourent. Recueillez sur les maîtres tous
les renseignements, donnez leur à eux-mêmes en particulier tous les
avertissements qui vous paraîtront nécessaires; mais qu'à votre sortie
de l'école, le maître ne se sente jamais affaibli ou déchu dans l'esprit
de ses élèves et de leurs parents.
Les résultats de votre inspection annuelle seront consignés dans des
tableaux dont je vous ferai remettre les cadres. Les faits statistiques
relatifs aux communes et aux écoles que vous n'aurez pu visiter y seront
inscrits d'après les renseignements que vous vous ferez adresser par les
comités locaux. Une colonne spéciale sera ouverte, dans le tableau de la
situation des écoles, pour recevoir vos observations sur la capacité,
l'aptitude, le zèle et la conduite morale des instituteurs. Je vous
recommande de la remplir avec soin, au fur et à mesure que vous aurez
visité chaque école, et avant que les impressions que vous aurez reçues
aient pu s'altérer ou s'effacer.
L'état de situation des écoles primaires, divisé en autant de cahiers
qu'il y a de comités d'arrondissement dans le département, sera remis en
quadruple expédition dans le mois de janvier à chacun de ces comités,
qui y consignera ses observations, et en enverra une expédition au
recteur, au préfet et au ministre. La quatrième restera déposée dans ses
archives.
Quant aux observations générales qui auraient pour objet de me faire
connaître la situation de l'instruction primaire dans l'ensemble du
département, ses besoins divers, les difficultés qui retardent
sa propagation sur tel ou tel point du territoire, les moyens de
l'améliorer, enfin, tous les faits qui ne pourraient trouver place dans
le cadre de l'état de situation, vous les consignerez dans le rapport
annuel qui vous est prescrit par l'article 9 du statut du 27 février, et
que vous devez envoyer au recteur et au préfet, qui me le transmettront
avec leurs observations.
Après les écoles primaires communales qui sont le principal objet
de votre mission, divers établissements d'instruction primaire,
et notamment les écoles normales primaires, les écoles primaires
supérieures, les salles d'asile et les écoles d'adultes doivent aussi
vous occuper.
Sur les deux premières classes d'établissements, j'ai peu de chose à
ajouter aux prescriptions des articles 4 et 5 du statut du 27 février.
Je vous recommande seulement, en ce qui concerne les écoles primaires
supérieures, de ne rien négliger pour en presser la fondation dans les
communes où elle doit avoir lieu. Ces établissements sont destinés
à satisfaire aux besoins d'éducation d'une population nombreuse et
importante, pour qui la simple instruction primaire est insuffisante et
l'instruction classique inutile. En vous prescrivant chaque année, sur
chaque école primaire supérieure, un rapport spécial et détaillé, le
statut du 27 février vous indique quelle importance s'attache à ces
établissements. Quand j'aurai recueilli, sur les essais déjà tentés en
ce genre, de plus amples renseignements, je vous adresserai, à ce sujet,
des instructions particulières.
Vous ne sauriez prêter à l'école normale primaire de votre département
une trop constante attention, ni en suivre de trop près les travaux:
entretenez avec son directeur des relations aussi intimes qu'il vous
sera possible; de vous et de lui dépend la destinée de l'instruction
primaire dans le département; vous serez chargé de suivre et de diriger,
dans chaque localité, les maîtres qu'il aura formés au sein de l'école.
Votre bonne intelligence, l'unité de vos vues, l'harmonie de vos
influences sont indispensables pour assurer votre succès et le sien.
Votre situation vous appelle l'un et l'autre à contracter ensemble une
véritable fraternité de pensées et d'efforts. Qu'elle soit réelle et
animée par un profond sentiment de vos devoirs communs: votre tâche à
l'un et à l'autre en sera bien plus facile, et votre action bien plus
efficace.
Lorsque vous aurez à communiquer des instructions au directeur de
l'école normale, lorsque vous croirez devoir lui donner des conseils
ou lui adresser des observations sur la marche de son établissement,
faites-le avec tous les ménagements que demande votre position
respective. Si vous remarquiez qu'il n'eut pas déféré à vos conseils ou
à vos observations, vous réclameriez l'intervention du recteur ou du
préfet, selon qu'il s'agirait de l'enseignement ou de quelque fait
administratif dépendant de l'administration générale.
Les salles d'asile et les écoles d'adultes commencent à se multiplier;
cependant ce ne sont pas encore des établissements assez nombreux ni
assez régulièrement organisés pour que je puisse vous adresser dès ce
moment, à leur sujet, toutes les instructions nécessaires; elles vous
parviendront plus tard.
Les écoles privées sont aussi placées sous votre inspection: sans
exercer sur elles une surveillance aussi habituelle que sur les écoles
communales, vous ne devez cependant pas négliger de les visiter de
temps en temps, surtout dans les villes où elles sont nombreuses et
importantes. Dans ces visites vous ne ferez pas, de l'enseignement et
des méthodes, l'objet particulier de votre attention; il est naturel
que les écoles privées exercent à cet égard toute la liberté qui leur
appartient; mais vous porterez, sur la tenue et l'état moral de ces
écoles, un regard attentif: c'est le pressant intérêt des familles et
le devoir de l'autorité publique. Les maîtres qui les dirigent ont
d'ailleurs à remplir des obligations légales dont vous devez constater
l'accomplissement.
Les renseignements que vous recueillerez sur les écoles privées seront
aussi consignés dans les états de situation de l'instruction primaire.
Il me reste à vous entretenir de quelques fonctions particulières qui
vous sont également confiées, et qui, bien qu'elles ne concernent
pas l'inspection des écoles, n'en sont pas moins, pour l'instruction
primaire en général, de la plus haute importance.
La première est votre participation aux travaux de la commission établie
en vertu de l'article 35 de la loi du 28 juin 1833, et qui est chargée
de l'examen de tous les aspirants aux brevets de capacité, ainsi que des
examens d'entrée et de sortie, et de fin d'année, des élèves-maîtres des
écoles normales primaires du département.