RICHEPIN.

PÉTARD. Sou.

A droite, un comptoir en étain

Qu'on astique chaque matin.

C'est là qu'on verse

Le rhum, les cognacs et les marcs

A qui veut mettre trois pétards

Dans le commerce.

(_Gaulois_, 1882.)

PÉTARD. Argot des artistes et des gens de lettres. Succès bruyant.

«Pourquoi ce qui n'avait pas réussi jusqu'alors, a-t-il été, cette fois,

un événement de librairie? ce qu'on appelle, en argot artistique, un

pétard.» (_Gazette des Tribunaux_, 1882.)

PETIT-BLEU. Carte-télégramme. V. _Omnibus_.

PETITE-MAIN. Il est assez difficile de définir exactement ce que, dans

l'argot des ateliers, on entend par cette expression. L'exemple suivant

le fera comprendre: «Ils n'étaient que sept pour suffire à cela: un

homme, un contre-maître, une femme, la monteuse et sept enfants, les

petites-mains. On appelle petites-mains des jeunes gens, filles et

garçons qui ne sont plus des apprentis et ne sont pas encore des

ouvriers. Il y en a beaucoup même qui n'ont jamais été des apprentis et

ne seront jamais des ouvriers. On les reconnaît à ceci: qu'ils reçoivent

un salaire d'apprenti pour un travail d'ouvrier.» (Fournière: _Sans

métier_.)

PEUPLE (Faire un). Argot des voyous. Faire partie de la figuration dans

un théâtre quelconque.

PEUPLIER. Gros fragment de tabac.

PHALANGE. Main.

Ils vous ont des façons étranges,

Pires que des étaux de fer.

De vous écraser les phalanges,

En vous disant: «Bonjour, mon cher!»

(_Frondeur_, déc. 1879.)

PHILISTIN. Ouvrier tailleur, «Les ouvriers aux pièces, les plus gais, ont

la qualification de philistins.» (_Henri IV_, 1882.)

PHILOSOPHE. Argot des lycéens. Elève de la classe de philosophie.

PIAFFEUSE. La dernière expression du chic est celle de piaffeuse pour

désigner la femme élégante et bien prise dans le harnais de la mode. Le

mot n'a rien de désobligeant; piaffeuse: qui se tient droite et porte

beau.» (_Gaulois_, sept. 1887.)

PIÈCE GRASSE. Argot militaire. Cuisinier.

PIÈCE DE SEPT. Individu corpulent.

PIED. Part. Ce à quoi on a droit, «Mon pied! ou je casse! Ma part ou je

te dénonce.» (Humbert: _Mon bagne_.)

PIED DE COCHON. Farce, tromperie. _Jouer un pied de cochon à quelqu'un_,

lui faire une plaisanterie d'un goût douteux.

PIEDS (Où mets-tu tes). Locution militaire voulant dire: De quoi te

mêles-tu?

PIERRE BLANCHE. Échafaud. Guillotine. Allusion aux pierres blanches qui

se voient encore sur la place de la Roquette et sur lesquelles reposaient

autrefois les montants de la guillotine.» Je sais ce qui m'attend, les

trois pierres blanches ou la perpett.» (_Gazette des Tribunaux_, août

1883.)

PIERROT. Argot d'école. Dans les écoles d'arts et métiers on désigne

ainsi l'élève de première année. «Les anciens ont tous démissionné. Nous

ne sommes plus que des pierrots et des conscrits.» (_Univers_, 1886.)

PIGER. Lutter. Se mesurer avec quelqu'un. «Je ne vois guère que le

Président de la République qui pourra piger avec lui, et encore!»

(_Figaro_, 1882.)--Battre.

PIGNOCHER. Peindre minutieusement. Argot des artistes.--Manger du bout

des dents. «Un soir qu'il pignochait des œufs qui sentaient la vesse.»

(Huysmans: _A vau-l'eau_.)

PIGNOUF. Elève reçu à l'École normale, mais qui n'a pas encore subi

l'épreuve du _canularium_. (V. ce mot.)

PIGUT. Argot des lycées. Lieux d'aisances. _Piguter_, aller aux lieux

d'aisances.

PILLEROT. Voleur.

PILON. Argent. Argot du peuple. _Pilonner_, tuer pour avoir de l'argent.

PINÇARD. Bon cavalier. Argot des élèves de l'école de Saumur.

«Il s'en va de la queue au crâne de la bête,

Tantôt penche à tribord, tantôt penche à bâbord.

S'il est vraiment pinçard, il entre dans le port.

Mais s'il est maladroit, hélas! pique sa tête.»

(_Nos farces à Saumur._)

PINGOUIN. Terme injurieux. Synonyme d'imbécile, de propre à rien.

PIQUE-CHIEN. Argot des élèves de l'Ecole polytechnique. Le _pique-chien_

n'est point, à proprement parler, comme le dit Rigaud dans son

_Dictionnaire d'argot moderne_, le concierge de l'Ecole. C'est un

adjudant chargé de surveiller la sortie et la rentrée des élèves. Comme

là se borne presque toutes ses occupations, il a tout le loisir de

dormir, de _piquer son chien_.

PIQUER UNE MUETTE. Faire silence. Argot de Saint-Cyr. «Aujourd'hui, il

sera piqué une muette au réfectoire.» (Maizeroy: _Souvenirs d'un

Saint-Cyrien_.)

PIQUER UNE PLATE. Ne pouvoir, ne savoir répondre aux questions posées à

un examen. Jargon des élèves de l'École navale. Nos lycéens disent:

_piquer une sèche_. «Le timonier apparaît.--M. A..., au cabinet de

babord!--M. A... court un grand danger de piquer une plate. Heureusement

l'interrogation est remise à huitaine.» (_Illustration_, octobre 1885.)

PIQUER L'ÉTRANGÈRE. Argot du régiment. Tomber de cheval.

PIQUER UNE ROMANCE. Dormir. Argot militaire.

PIQUER UNE SÈCHE. Argot des lycéens et des élèves des Écoles. Avoir un

zéro, c'est-à-dire la note très mal, pour une des parties d'un examen.

«Il est constant que tout pipo qui est sorti sans piquer une sèche, de

ses examens généraux, se croit parfaitement apte à régenter l'État.»

(_Gaulois_, mars 1881. V. Delvau: _Sec_.)

PIQUER LE TASSEAU (Se). V. Delvau: _Se piquer le nez_.

PISSER DESSUS. Pisser sur quelqu'un. Le mépriser, n'en pas faire cas.

«J'en demande pardon à M. le maire et à mes collègues du conseil: Je les

couvre de mon mépris et je leur pisse dessus.» (_Moniteur universel_,

1883.)

PISTOLET A LA SAINDHOMME. Petit crochet avec lequel le _mégottier_ exerce

son industrie.

PISTER. Suivre les voyageurs à la piste lors de leur arrivée dans une

ville et leur offrir un hôtel qu'on leur vante.

PIVOTER. Argot militaire. Manœuvrer dur et beaucoup.

PLACÉ. Argot de turf. Un cheval est placé quand il n'est distancé par le

gagnant que de quelques longueurs.

«Si votre patriotisme vous pousse à prendre un cheval gaulois gagnant,

gardez-vous à carreau en prenant en même temps les goddems placés.»

(_Voltaire_, juin 1882.)

PLANCHE (Faire la). «Ta maîtresse? il y a un mois qu'elle vient faire la

planche dans mon garni!» (_Evénement_, 1885.)

Dictionnaire de la langue verte · 第 134 / 143 题