SOUPIRER, v. n. _Crepitum reddere._

SOUQUER, v. a. Battre ou seulement Rudoyer. Argot du peuple.

SOURICIÈRE, s. f. Cabaret suspect où se réunissent les voleurs et où ils

se font arrêter par les agents de police, au courant de leurs habitudes.

_Tendre une souricière._ Surveiller les abords d'un de ces mauvais

lieux-là.

SOURICIÈRE, s. f. Crinoline, ou Tournure exagérée,--dans l'argot des

petites dames, qui savent combien les hommes se laissent _prendre_ à

cela.

SOURICIÈRES, s. f. pl. Ce sont, d'après Vidocq, de grandes pièces

souterraines dont on peut voir les fenêtres garnies d'énormes barreaux de

fer sur le quai de l'Horloge, et dans lesquelles les prévenus extraits

des différentes prisons de Paris sont déposés pour attendre le moment de

paraître devant le juge d'instruction.

SOURIS, s. f. Baiser sur l'œil,--dans l'argot des faubouriens, qui

savent que ce baiser fait moins de bruit que les autres.

SOUS, s. m. pl. Argent, fortune,--dans l'argot des ouvriers.

_Avoir des sous._ Être riche.

SOUS DE POCHE, s. m. pl. Monnaie à dépenser,--dans l'argot des collégiens

et des grandes personnes qui n'aiment pas à sortir sans argent.

SOUS LE LIT (Être). N'être pas au courant d'un métier ou au fait d'une

chose; se tromper. Argot des faubouriens.

SOUS-LIEUTENANT, s. m. Résultat moulé d'une évacuation alvine,--dans

l'argot des royalistes ennemis de la première Révolution.

«Je m'accroupis en gémissant

Au coin d'une boutique.

Je mis bas un sous-lieutenant

D'une figure étique?»

dit une chanson du comte Barruel de Beauvert, publiée dans les _Nouveaux

Actes des Apôtres_.

On disait aussi _Un représentant_.

Avant de s'entre-tuer, les hommes que divisent les opinions politiques

s'entre-souillent d'épigrammes ordurières.

SOUS-OFF, s. m. Apocope de _Sous-Officier_,--dans l'argot des troupiers.

SOUS PRESSE (Être). Être occupée,--dans l'argot de Breda-Street.

SOUSSOUILLE, s. et adj. Débauché, ivrogne, _arsouille_,--dans l'argot des

faubouriens.

SOUTADOS, s. m. Pièce de cinq centimes.

SOUTE AU PAIN, s. f. L'estomac,--dans l'argot des ouvriers qui ont servi

dans l'infanterie de marine.

Les ouvriers anglais ont la même expression: _Bread-basket_ (panier au

pain), disent-ils.

SOUTELLAS, s. m. Cigare d'un sou,--dans l'argot des voyous qui ont voulu

se moquer des panatellas.

SOUTENANTE, s. f. Canne,--dans l'argot des voleurs.

SOUTENEUR, s. m. Homme qui vit aux dépens des filles,--dans l'argot du

peuple.

SOUTIRER AU CARAMEL, v. a. Tirer de l'argent de quelqu'un en employant la

douceur.

SPECK, s. m. Lard,--dans l'argot des voleurs, qui ont _emprunté_ ce mot à

la langue allemande.

SPEECH, s. m. Discours, bavardage,--dans l'argot du peuple et des gens de

lettres.

SPER, s. m. Carreau dont on vient de se servir, mais qui possède encore

assez de chaleur pour être de nouveau utilisé.

Expression de l'argot des tailleurs.

SPHINX, s. m. Mets imaginaire comme le monstre auquel fut forcé de

répondre OEdipe, et qu'on demande facétieusement dans certains

restaurants qui prétendent avoir de tout. Alphonse Karr, ou Méry, eut un

jour la curiosité d'en exiger;--«Nous venons de donner la dernière

portion,» lui répondit tranquillement le garçon. Léon Gozlan fut plus

heureux, ou plus malheureux; il en demanda--et on lui en servit.

SPICKEL, s. f. Épée de fantaisie,--dans l'argot des Polytechniciens, qui

l'achètent ordinairement chez le marchand qui porte ce nom, et dont le

magasin est rue Saint-Honoré, ou rue Richelieu.

SPIRITE, s. et adj. Homme qui ne croit peut-être pas à Dieu mais qui

croit aux _esprits_, afin de prouver l'insanité du sien.

SPIRITISME, s. m. _Dada_, à l'usage des gens sérieux qui tiennent à

passer pour grotesques. Ils évoquent Voltaire et ils le font parler comme

Eugène de Mirecourt.

SPORT, s. m. Science de la haute vie et des nobles amusements, courses,

paris, etc.,--dans l'argot des anglomanes.

SPORTIF, IVE, adj. Qui a rapport aux choses du sport.

Mot barbare qui a fait récemment son apparition dans les journaux.

SPORTSMAN, s. m. Homme de cheval, habitué des courses.

SPORTSMANIE, s. f. La _manie_ des courses,--dans l'argot des bourgeois.

STALLE, s. f. Chaise ou fauteuil,--dans l'argot des francs-maçons.

STERLING, adj. Pur, de bon aloi; riche,--dans l'argot du peuple, qui n'a

pas le moins du monde «emprunté ce superlatif au système monétaire

anglais», par l'excellente raison que ce «superlatif» a, en anglais, la

même signification qu'en français: _Sterling wit_ (esprit de bon aloi),

_sterling merit_ (mérite remarquable), disent nos voisins. M. Ch. Nisard

s'est trompé.

STICK, s. m. Petite canne,--dans l'argot des «young gentlemen», qui

mettent cela dans leur bouche comme un sucre d'orge, au lieu d'appuyer

leurs mains dessus comme sur un bâton.

Ce mot entrera sans peine dans la prochaine édition du Dictionnaire de

l'Académie, plus hospitalier pour les mots anglais que pour les mots

français. Même observation à propos de _derby_, _turf_, _studbook_,

_handicap_, _steeple-chase_, _match_, etc.

STOCKFISH, s. m. Anglais,--dans l'argot des faubouriens.

STOP! Expression de la langue anglaise qui est passée dans l'argot des

canotiers parisiens. Elle signifie, on le sait: «Arrêtez!»

STOPPER, v. n. Arrêter, faire escale.

C'est le verbe anglais _To stop_.

STROC, s. m. Chopine,--dans l'argot des voleurs.

_Demi-stroc._ Demi-setier.

On dit aussi _Stron_.

STUC, s. m. Part d'un vol,--dans l'argot des voleurs, qui doivent

s'estimer heureux de ne plus vivre au XVIIIe siècle, à une époque où un

arrêt de la Cour du Parlement (22 juillet 1722) condamnait à être rompu

vif un sieur Cochois, pour avoir recélé des vols, en avoir eu le _stuc_,

et acheté le stuc des autres.

J'ai vu écrit _Lestuc_ sur feuillet de garde du _Langage de l'argot

réformé_, avec mention du sens dans lequel _stuc_ est employé.

STUCQUER, v. a. et n. Renseigner, styler,--dans l'argot des faubouriens.

_Être stuqué._ Être instruit.

STYLER QUELQU'UN, v. a. Lui faire la leçon, lui apprendre ce qu'il doit

dire ou faire. Argot du peuple.

SUAGE, s. m. Assassinat,--dans l'argot des voleurs.

Signifie aussi Chauffage.

SUAGEUR, s. m. Chauffeur.

SUBLIME COUP DE L'ÉTRIER, s. m. Le viatique, qu'on donne aux mourants

avant leur départ pour le grand voyage,--dans l'argot de lord Pilgrim,

_aliàs_ Arsène Houssaye, qui a employé cette expression, d'un goût

contestable, à propos des derniers moments de Proudhon.

SUBLIMER, v. n. Travailler avec excès, la nuit spécialement,--dans

l'argot des polytechniciens.

SUBLIMER (Se). Se corrompre davantage, mais avec art,--dans l'argot des

petites dames, qui ont une façon à elles de s'élever (_sublimare_).

SUBTILISER, v. a. Dérober quelque chose, une tabatière ou un

foulard,--dans l'argot des faubouriens.

SUCCÈS D'ESTIME, s. m. Succès douteux, et pour ainsi dire nul,--dans

l'argot des coulisses.

SUCE-LARBIN, s. m. Bureau de placement pour les domestiques--dans l'argot

des voleurs.

SUCER LA FINE CÔTELETTE, v. a. Déjeuner à la fourchette.--dans l'argot

des faubouriens.

SUCER LA POMME (Se), v. réfl. S'embrasser; se bécotter.

On dit aussi _Se sucer le trognon_.

SUCER UN VERRE, v. a. Le boire.

SUCEUR, s. m. Parasite, homme qui boit et mange aux dépens des autres.

Argot des coulisses.

SUÇON, s. m. Pince faite à même le drap pour obtenir un bombage,--dans

l'argot des tailleurs.

SUÇON, s. m. Baiser-ventouse,--dans l'argot des grisettes.

SUÇON, s. m. Sucre d'orge,--dans l'argot des petites dames, habituées des

Délass Com, et du théâtre Déjazet.

SUCRE! Exclamation de l'argot des bourgeoises, à

qui--naturellement--répugne celle de Cambronne.

SUCRÉE! s. f. Bégueule,--dans l'argot du peuple.

_Faire sa sucrée._ Se choquer des discours les plus innocents comme s'ils

étaient égrillards, et des actions les plus simples comme si elles

étaient indécentes.

L'expression est vieille,--comme l'hypocrisie. Perrot d'Ablancourt, dans

sa traduction de Lucien, dit: «Et cette petite sucrée de Sapho...»

SUDISTE, s. et adj. Partisan des Etats de l'Union qui ont brisé cette

union pour se constituer, sans y réussir, en République à part, dite

_République du Sud_.

On dit aussi _Confédéré_, _Esclavagiste_, _Sécessionniste_ et

_Séparatiste_.

SUÉE, s. f. Réprimande,--dans l'argot du peuple.

Signifie aussi Peur.

SUÉE DE MONDE, s. f. Foule, grand nombre de personnes.

SUER (Faire). Assassiner,--dans l'argot des voleurs.

_Faire suer sur le chêne._ Tuer un homme.

SUER (Faire). Ennuyer outrageusement par ce qu'on fait ou par ce qu'on

dit; faire lever les épaules de pitié ou de dédain. Argot du peuple.

SUER SON ARGENT (Faire). Lui faire rapporter gros; se livrer à l'usure.

Argot des bourgeois.

SUER THÉMIS (Faire). Étudier le Code, de manière à pouvoir éluder la

loi,--dans l'argot des faubouriens, qui disent cela à propos des gens

d'affaires, des avocats marrons.

SUEUR DE CANTONNIER, s. f. Chose rare parce que chère, ou chère parce que

rare,--les cantonniers étant connus généralement pour des gens qui en

prennent à leur aise.

SUIF, s. m. Réprimande de maître à valet, ou de patron à ouvrier. Argot

des faubouriens.

_Gober son suif._ Recevoir les reproches auxquels on s'attendait.

SUIF, s. m. Graisse, la partie adipeuse du corps humain.

_Être tout en suif._ Être fort gras.

SUIF, s. m. Argent, _beurre_.

SUIFFARD, adj. et s. Homme mis avec élégance, avec _chic_.

SUIFFARD, s. m. Richard.

SUIFFÉ, adj. Soigné, remarquable, très beau.

_Femme suiffée._ Très jolie ou très bien mise.

SUIFFÉE, s. f. Coups donnés ou reçus.

SUISSE, s. m. Invité, convive,--dans l'argot des troupiers.

_Faire Suisse._ Boire ou manger seul.

SUISSESSE, s. f. Verre d'absinthe,--dans l'argot des bohèmes.

SUIVEUR, s. m. Galantin de n'importe quel âge, homme qui suit les femmes

dans la rue.

Mot créé par Nestor Roqueplan.

SUIVEZ-MOI, JEUNE HOMME, s. m. Rubans très minces et très longs que les

petites dames laissent flotter sur leur dos.

SUIVRE LE SOLEIL, v. a. Aller travailler à la journée chez les

particuliers,--dans l'argot des tailleurs, qui ont rarement des

expressions aussi imagées et aussi poétiques.

SULFATE DE CUIVRE, s. m. Absinthe de cabaret,--dans l'argot des bohèmes,

qui n'en sont que plus coupables puisqu'ils boivent obstinément un

liquide dont ils connaissent les désastreux effets.

J'ai entendu demander par un ivrogne _un verre de sulfate de cuivre_ et

j'ai vu le garçon lui apporter un verre d'absinthe. Empoisonneurs et

empoisonnés rient de leur poison. C'est parfait!

SULTAN (Le). Le public,--dans l'argot des coulisses.

L'expression est juste surtout à propos des actrices, ces odalisques dont

les tiroirs regorgent de mouchoirs.

SUPERLIFICOQUENTIEUX, a. Merveilleux, étonnant, inouï,--dans l'argot des

faubouriens.

On dit aussi _Superlificoquentiel_.

SURBINE, s. f. Surveillance,--dans l'argot des voleurs.

SURETTE, s. f. Pomme,--dans le même argot.

SURGERBER, v. a. Condamner en appel,--dans le même argot.

SURIN, s. m. Couteau,--dans le même argot.

_Surin muet._ Canne plombée; casse-tête.

SURINER, v. a. Assassiner quelqu'un avec un surin. V. _Chouriner_.

SURINEUR, s. m. Spécialiste du genre de Lacenaire. V. également

_Chourineur_.

SURJUIN, s. m. _Insurgé_ de juin 1848,--dans l'argot des campagnards de

la banlieue de Paris, pour qui un mot nouveau n'est facile à retenir

qu'autant qu'il est court et sonore.

SURMOULEUR, s. m. Ecrivain qui, volontairement ou à son insu, pastiche

d'autres écrivains, et emploie tout son talent à exagérer les mauvais

côtés du talent des autres. Argot des gens de lettres.

SUR-RINCETTE, s. f. Supplément à la _rincette_,--dans l'argot des

bourgeois.

SUR SEIZE! Exclamation de l'argot des calicots, qui l'emploient pour se

prévenir mutuellement d'un péril quelconque, comme par exemple de

l'arrivée subite du patron, etc.

SYMBOLE, s. m. Crédit chez le marchand de vin,--dans l'argot des

typographes, qui veulent sans doute faire allusion à l'œil du fameux

triangle maçonnique.

_Avoir le symbole._ Avoir un compte ouvert chez le cabaretier.

SYMBOLE, s. m. La tête,--dans l'argot des voyous.

Se dit aussi pour Chapeau.

SYSTÈME, s. m. L'ensemble des fonctions du corps humain, et, plus

spécialement, le _système nerveux_. Argot du peuple.

_Agacer le système._ Ennuyer.

_Taper sur le système._ Agacer les nerfs; exaspérer.

T

TABAC, s. m. Vieil étudiant,--culotté comme une pipe qui a beaucoup

servi.

TABAC, s. m. Ennui, misère,--dans l'argot des faubouriens.

_Être dans le tabac._ Être dans une position critique.

_Foutre du tabac à quelqu'un._ Le battre--de façon à lui faire éternuer

du sang.

_Fourrer dans le tabac._ Mettre dans l'embarras.

_Manufacture de tabac._ Caserne.

TABAC DE DÉMOC, s. m. Tabac fait avec les détritus de cigares ramassés

par les voyous jeunes et vieux, dont c'est la spécialité.

TABAR, s. m. Manteau,--dans l'argot des voleurs.

Ils disaient autrefois _Volant_.

TABATIÈRE, s. f. Le podex,--dans l'argot du peuple.

_Ouvrir sa tabatière._ Faire un sacrifice muet, mais odore, au dieu

Crépitus. D'où: _Quelle prise!_

TABLEAU-RADIS, s. m. Toile qui _revient_, invendue, du Salon ou de la

boutique du marchand. Argot des artistes et des gens de lettres.

On dit de même _Livre-radis_.

TABLEAUTIN, s. m. Tableau sans valeur.

TABLETTE, s. f. Brique,--dans l'argot des voleurs.

TABLIER DE CUIR, s. m. Cabriolet,--dans l'argot des faubouriens.

TABLIER LÈVE (Le). Se dit--dans l'argot des bourgeois--d'une fille qui ne

peut plus dissimuler sa grossesse. _Intumescit alvus._

_Faire lever le tablier._ Engrosser une fille ou une femme.

TACHE D'HUILE, s. f. Accroc à une robe, déchirure d'habit,--dans l'argot

du peuple.

TACHE D'HUILE, s. f. Mauvais tour,--_crasse_ impardonnable, ineffaçable,

faite par un ami à son ami.

TAF, s. m. Peur,--dans l'argot des voleurs.

_Avoir le taf._ Avoir peur.

_Coller le taf._ Faire peur.

On dit aussi _Tafferie_.

Il n'y a pas à douter que ce mot ne vienne d'une expression proverbiale

ainsi rapportée par Oudin: «_Les fesses luy font taf taf_, ou _le cul lui

fait tif taf_, c'est-à-dire: _Il a grand peur, il tremble de peur_.»

On dit aussi _Taffetas_.

_Avoir le taffetas du vert._ Être frileux, avoir peur du froid.

TAFFER, v. n. Avoir peur,--dans l'argot des faubouriens.

TAFFEUR, s. m. Poltron.

_Le Royal-Taffeur._ Régiment aux cadres élastiques, où l'on incorpore à

leur insu tous les gens qui ont donné des preuves de couardise.

TAILLER DES BAVETTES, v. a. Bavarder comme font les commères à la

veillée,--dans l'argot du peuple, qui sait que les femmes déchirent plus

de réputations à coups de langue qu'elles ne cousent de robes à coups

d'aiguille.

TAILLER DES CROUPIÈRES, v. a. Donner de l'inquiétude à son ennemi, le

harceler sans cesse.

TAILLER LES MORCEAUX A QUELQU'UN, v. a. Limiter ce qu'il doit manger ou

dépenser; lui prescrire ce qu'il doit faire.

TAILLEUSE, s. f. Nom générique de la corporation des tailleurs.

TAIRE SON BEC, v. a. Se taire,--dans l'argot du peuple.

TALBIN, s. m. Billet de complaisance,--dans l'argot des voleurs.

_Talbin d'altèque._ Billet de banque.

_Talbin d'encarade._ Billet d'entrée dans un théâtre.

TALBIN, s. m. Huissier,--dans le même argot.

TALBINER, v. a. Assigner devant le tribunal.

TALOCHE, s. f. Soufflet ou coup de poing,--dans l'argot du peuple, qui a

eu l'honneur de prêter ce mot à Molière.

TALOCHER, v. a. Donner des soufflets.

TALOCHON, s. m. Petite taloche.

TALONNER, v. a. Presser, tourmenter; poursuivre.

TALON ROUGE, s. m. Aristocrate.

_Être talon rouge._ Avoir la suprême impertinence.

TALONS COURTS (Avoir les). Se dit de toute femme ou fille qui ne sait pas

défendre assez vigoureusement son honneur, et qui succombe trop aisément.

TAMBOUILLE, s. f. Ragoût, _fricot_,--dans l'argot des faubouriens.

_Faire sa tambouille._ Faire sa cuisine.

TAMBOUR, s. m. Chien,--dans l'argot des voleurs.

_Roulement de tambour._ Aboiement.

TAMPON, s. m. Poing,--dans l'argot du peuple.

TAMPONNER (Se), v. réfl. Se battre à coups de poing.

On dit aussi _Se foutre des coups de tampon_.

TANGENTE, s. f. Épée,--dans l'argot des Polytechniciens.

Ils l'appellent aussi: _La tangente au point Q_.

TANNANT, E, adj. Ennuyeux, assommant,--dans l'argot des faubouriens.

TANNER, v. n. Ennuyer.

TANNER LE CUIR, v. a. Battre quelqu'un à coups redoublés.

Au XVIIe siècle on disait: _Faire péter le maroquin_.

TANTE, s. f. Individu du _troisième sexe_,--dans l'argot des faubouriens.

On dit aussi _Tapette_.

TANTE (Ma). Mont-de-Piété,--dans l'argot des petites dames et des bohèmes

qui croient avoir inventé là une expression bien ingénieuse, et qui se

sont contentés de contrefaire une expression belge: car au XIIe siècle,

dans le pays wallon, on appelait un usurier _mon oncle_.

On dit aussi _Casino_.

TANTINET, adv. Un peu,--dans l'argot du peuple qui emploie ce mot depuis

quelques siècles.

On dit aussi TANTET.

TANT QUE TERRE, adv. En abondance, beaucoup.

TAP ou TAPIN, s. m. Poteau du pilori,--dans l'argot des voleurs.

_Faire le tapin._ Être exposé.

On dit aussi _Faire le singe_.

TAPAGE, s. m. Amour,--dans l'argot des typographes.

TAPAGEUR, EUSE, adj. Eclatant, voyant, _criard_,--dans l'argot des gens

de lettres et des artistes.

_Couleurs tapageuses._ Couleurs trop vives qui tirent l'œil et

l'agacent.

_Toilette tapageuse._ Toilette d'un luxe de mauvais goût, dressée pour

faire retourner les hommes et «crever de jalousie» les femmes.

TAPAMORT, s. m. Tambour,--dans l'argot des voyous.

TAPANCE, s. f. Maîtresse ou femme légitime,--dans l'argot des

typographes.

_La tapance du meg._ La femme du patron.

TAPE, s. f. Coup de la main, à plat ou fermée. Argot du peuple.

TAPÉ, adj. Réussi, émouvant, éloquent,--c'est-à-dire bourré de grosses

phrases sonores et d'hyperboles de mauvais goût, comme le peuple les aime

dans les discours de ses orateurs, dans les livres de ses romanciers et

dans les pièces de ses dramaturges.

_Tapé dans le nœud._ Excessivement beau, ou extrêmement remarquable.

TAPE-A-L'OEIL, s. m. Homme qui a une pétéchie sur l'œil; chien blanc qui

a du poil noir sur les yeux.

TAPECUL, s. m. Voiture mal suspendue qui secoue les voyageurs.

TAPE-CUL, s. m. Planche en équilibre sur laquelle on se balance à deux.

Argot des gamins.

TAPEDUR, s. m. Serrurier,--dans l'argot des voleurs.

TAPÉE, s. f. Foule, grande réunion de personnes,--dans l'argot des

faubouriens.

TAPER, v. a. Frapper, battre.

TAPER, v. a. et n. _Permolere uxorem, quamlibet aliam_,--dans l'argot des

typographes.

TAPER, v. a. Demander de l'argent,--dans l'argot des ouvriers.

_Taper son patron de vingt francs._ Lui demander une avance d'un louis.

TAPER, v. n. Prendre sans choisir,--dans l'argot des faubouriens.

_Taper dans le tas._ Prendre au hasard dans une collection de choses ou

de femmes.

_Taper sur les vivres._ Se jeter avec avidité sur les plats d'une table;

manger gloutonnement.

_Taper sur le liquide._ S'empresser de boire.

TAPER DANS LE TAS. Avoir de la rondeur dans les allures, de la franchise

dans le caractère.

TAPER DANS L'OEIL, v. a. Séduire,--en parlant des choses et des femmes.

TAPER DE L'OEIL, v. n. Dormir.

L'expression est plus vieille qu'on ne serait tenté de le croire, car on

la trouve dans les OEuvres du comte de Caylus (_Histoire de Guillaume

Cocher_).

TAPER SUR LA BOULE, v. a. Griser, étourdir, à propos d'un liquide.

TAPETTE, s. f. Verve, entrain, _platine_.

_Avoir une fière tapette._ Être grand parleur,--ou plutôt grand bavard.

TAPETTE, s. f. Individu faisant partie du _troisième sexe_.

TAPIN, s. m. Tambour,--dans l'argot des troupiers.

Le mot a au moins cent ans de bouteille.

TAPIQUER, v. n. Habiter,--dans l'argot des voleurs.

TAPIS, s. m. Conversation, causerie,--dans l'argot des bourgeois.

_Être sur le tapis._ Être l'objet d'une causerie, le sujet d'une

conversation.

_Amuser le tapis._ Distraire d'une préoccupation sérieuse par une

causerie agréable.

TAPIS, s. m. Cabaret, auberge, hôtel,--dans l'argot des voleurs, qui se

servent là d'un vieux mot de la langue romane, _tapinet_ (lieu secret),

dont on a fait _tapinois_.

Ils disent aussi _Tapis franc_, c'est-à dire Cabaret d'_affranchis_.

_Tapis de grives._ Cantine de caserne.

_Tapis de malades._ Cantine de prison.

_Tapis de refaite._ Table d'hôte.

TAPIS BLEU, s. m. Paradis,--dans l'argot des faubouriens, qui voient par

avance le dedans du ciel semblable au dehors.

TAPIS BRÛLE (Le). Expression de l'argot des joueurs, pour exciter

quelqu'un à se mettre au jeu.

TAPIS DE PIED, s. m. Courtisan,--dans l'argot énergique du peuple, qui

sait que les gens qui veulent parvenir essuient sans murmurer, de la part

des gens parvenus, toutes les humiliations et toutes les mortifications.

Il dit aussi _Lèche-tout_.

TAPISSERIE, s. f. Femmes laides ou vieilles qu'on n'invite pas à

danser,--dans l'argot des bourgeois.

_Faire tapisserie._ Regarder faire, ou écouter parler les autres.

TAPISSERIE (Avoir de la). Avoir beaucoup de figures en main,--dans

l'argot des joueurs.

TAPISSIER, s. m. Cabaretier.

TAPIS VERT, s. m. Tripot,--dans l'argot des voleurs et des bourgeois.

_Jardiner sur le tapis vert._ Jouer dans un tripot.

TAPON, s. m. Amas de choses,--et spécialement d'étoffes, de chiffons.

Argot du peuple.

_Mettre sa cravate en tapon._ La chiffonner, la mettre sans goût, comme

si c'était un chiffon.

L'expression sort évidemment du vocabulaire des marins, qui appellent

_Tapon_ une pièce de liège avec laquelle on bouche l'âme des canons pour

empêcher l'eau d'y entrer.

TAPOTER DU PIANO. Toucher médiocrement du piano. Argot des bourgeois.

TAPOTEUR DE PIANO, s. m. Pianiste médiocre.

TAPOTEUSE DE PIANO. Femme qui fait des gammes.

TAPPE, s. f. La marque qu'on appliquait avant 1830 sur l'épaule des

condamnés aux travaux forcés.

TAQUER, v. a. Hausser,--dans l'argot des voleurs.

TARAUDER, v. n. Faire un bruit agaçant en remuant mal à propos des

meubles, en secouant des tiroirs, etc. Argot du peuple.

TARAUDER, v. a. Battre, donner des coups,--dans l'argot des faubouriens.

TARD-A-LA-SOUPE, s. m. Convive qui se fait attendre,--dans l'argot du

peuple.

TAROQUE, s. f. Marque du linge,--dans l'argot des voleurs.

TAROQUER, v. a. Marquer.

TARTARE, s. m. Apprenti; médiocre ouvrier,--dans l'argot des tailleurs.

On dit aussi _Chasseur_.

TARTARE, s. m. Fausse nouvelle, _canard_ politique,--dans l'argot des

journalistes et des boursiers.

Se dit depuis la dernière guerre de Crimée. Un peu avant que le résultat

de la bataille de l'Alma fût connu, le bruit courut,--et ce furent

évidemment des spéculateurs qui le firent courir qu'un cavalier tartare

était arrivé à franc étrier au camp d'Omer-Pacha, annonçant la victoire

des armées alliées contre les Russes. On le crut à Paris, et les fonds

montèrent. Quelques jours après, la nouvelle apocryphe devenait

officielle.

TARTE, adj. Qualité bonne ou mauvaise d'une chose,--dans l'argot des

voleurs.

TARTE BOURBONNAISE, s. f. Résultat du verbe _alvum deponere_,--dans

l'argot du peuple, qui a la plaisanterie fécale.

Il a pour excuse l'exemple de Rabelais (_Pantagruel_, liv. II, chap.

XVI).

TARTINE, s. f. Article bon ou mauvais, mais surtout mauvais. Argot des

journalistes.

Signifie aussi Long discours, homélie ennuyeuse.

_Débiter des tartines._ Parler longtemps.

TARTINER, v. n. et a. Ecrire des articles.

_Tartiner une brochure._ La rédiger.

TARTINES, s. f. pl. Souliers éculés, pantoufles,--dans l'argot des

voyous.

TARTIR, v. n. _Levare ventris onus_,--dans l'argot des voleurs.

TAS DE PIERRES, s. m. Prison,--dans l'argot des faubouriens.

On dit aussi _Boîte aux cailloux_.

TATA, s. f. Tante,--dans l'argot des enfants.

C'est également le mot qu'ils répètent le plus souvent pour appeler leur

père. On le retrouve jusque dans les épigrammes de Martial.

TATA, s. f. Femme plus bavarde que ne le permet son sexe; belle diseuse

de riens; précieuse; mijaurée.

_Faire sa tata._ Se donner de l'importance; être une commère écoutée.

TATE-POULE, s. m. Innocent, et même imbécile.

Se dit aussi d'un Homme qui s'amuse aux menus soins du ménage.

TATER, v. a. et n. _Peloter_.

TATEUR, s. m. _Peloteur_.

TATEZ-Y, s. m. Croix à la Jeannette, ou petit cœur d'or qui pend sur la

gorge des demoiselles et même des dames.

TATILLON, s. et adj. Homme méticuleux à l'excès, s'occupant de riens

comme s'ils étaient importants et négligeant les choses importantes pour

des riens. Argot du peuple.

On dit aussi _Tatillonneur_.

L'expression a une centaine d'années de bouteille.

TATILLONNER, v. n. S'occuper de choses qui n'ont pas d'importance; faire

la mouche du coche.

TATOUILLE, s. f. Coups donnés ou reçus,--dans l'argot des faubouriens.

TATOUILLER, v. a. Battre, donner des coups.

TAUDE, s. f. Apocope de _Taudion_,--dans l'argot des voyous.

TAUDION, s. m. Endroit quelconque; logement malpropre, _taudis_. Argot

des faubouriens.

TAULE, s. m. Le bourreau,--d'après Victor Hugo, à qui j'en laisse la

responsabilité.

TAULE ou TÔLE, s. f. Maison,--dans l'argot des voleurs et des voyous.

C'est la _piaule_, moins les enfants.

TAUPAGE, s. m. Egoïsme, existence _cachée_,--dans le même argot.

TAUPE, s. f. Fille de mauvaises mœurs,--dans l'argot peu chrétien des

bourgeois.

On dit aussi _gaupe_.

TAUPER, v. a. et n. Battre, Accabler de coups,--dans l'argot des

ouvriers.

On dit aussi _Tauper dessus_.

TAUPER, v. n. Travailler,--dans l'argot des faubouriens.

TAUPIER, s. m. Egoïste.

TAUPIN, s. m. Candidat à l'Ecole polytechnique,--peut-être parce qu'on a

remarqué que la plupart des jeunes gens qui se destinent à cette école,

travailleurs plus acharnés que les autres avaient de bonne heure la vue

aussi faible que celle des _taupes_.

_Taupin carré._ Taupin de 2e année.

_Taupin cube._ Taupin de 3e année.

TAUPIN VAUT MAROTTE. Se dit ironiquement--dans l'argot du peuple--de deux

personnes qui ont les mêmes vices ou la même laideur physique.

On dit aussi _Taupin vaut Taupine_.

TEIGNE, s. f. Fille ou femme acariâtre, hargneuse dont on ne peut pas se

débarrasser.

On dit aussi _Gale_.

TEINTÉ (Être). Commencer à être gris,--dans l'argot des ouvriers.

TEINTURIER, s. m. Homme de lettres qui met en français un travail

littéraire fait par un illettré, et lui donne du style, de la poésie, de

la _couleur_.

Il y a aussi les teinturiers politiques, c'est-à-dire des gens supérieurs

que les hommes d'Etat inférieurs s'attachent par tous les moyens pour

profiter de leurs lumières et s'assimiler leurs talents.

Voltaire a employé ce mot, très clair, très significatif.

TEMPLE, s, m. Salle de réunion,--dans l'argot des francs-maçons.

TEMPLE, s. m. Manteau,--dans l'argot des faubouriens.

TEMPS DE BÛCHE, s. m. Epoque qui précède les examens,--dans l'argot des

étudiants.

TEMPS DE CHIEN. Mauvais temps, pluie ou neige,--_temps à ne pas mettre un

chien dehors_. Argot du peuple.

TEMPS DE DEMOISELLE, s. m. Quand il ne fait ni pluie ni soleil, ni

poussière ni vent.

TEMPS SALÉ, s. m. Temps chaud, qui fait boire.

TENDRE LA PERCHE, v. a. Venir en aide à quelqu'un qui se trouble dans une

conversation ou dans un discours.

TENDRON, s. m. Grisette, jeune fille à laquelle il est permis de manquer

de respect,--dans l'argot des bourgeois.

TENIR (En). Avoir de l'amour pour quelqu'un,--dans l'argot des bourgeois.

TENIR A 40 SOUS AVEC SON CROQUE-MORT (Se). Se débattre dans l'agonie, ne

pas vouloir mourir.

Cette expression, aussi cynique que sinistre, est du pur argot de voyou.

Si je ne l'avais entendue de mes oreilles, je l'aurais crue inventée.

TENIR A QUATRE (Se). Se contenir tout en enrageant; ne pas oser éclater.

Argot du peuple.

On dit aussi _Être à genoux devant sa patience_.

TENIR BIEN SUR SES ANCRES, v. n. Être en bonne santé,--dans l'argot des

marins.

TENIR LA CHANDELLE, v. a. Être témoin du bonheur des autres, sans en

avoir sa part; servir, sans le savoir, ou le sachant, une intrigue

quelconque. Argot du peuple.

TENIR LA CORDE, v. a. Être le succès, le héros du jour,--dans l'argot des

gens de lettres, qui ont emprunté cette expression aux sportsmen.

TENIR SUR LES FONTS. Déposer comme témoin contre un accusé,--dans l'argot

des voleurs.

(V. _Parrain_.)

TENUE, s. f. Assemblée, réunion,--dans l'argot des francs-maçons.

Ils disent aussi _Convent_,--mais surtout à propos de réunions d'un

caractère particulier, plus solennel que les tenues.

_Tenue d'obligation._ Jour fixé pour les assemblées de la loge.

_Tenue extraordinaire._ Réunion pour une fête d'adoption, pour une

réception d'urgence, etc.

TERNAUX, s. m. Cachemire français,--dans l'argot des lorettes, qui ne

savaient pas que ce nom de choses est un nom d'homme, celui d'un

industriel qui le premier en France entreprit de fabriquer des châles

avec la laine d'un troupeau de chèvres du Tibet amenées en 1818 à ses

frais.

TERREAU, s. m. Tabac à priser,--dans l'argot des marbriers de cimetière.

_Se flanquer du terreau dans le tube._ Priser.

TERRER, v. a. Tuer,--dans l'argot des voleurs, pour qui c'est une façon

de mettre en _terre_ les gens qui les gênent.

Le patois normand a _Terrage_ pour Enterrement.

TERRION, s. m. Habitant du continent,--dans l'argot des marins.

On dit aussi _Terrien_.

TÉSIÈRE, pron. pers. Toi,--dans l'argot des voleurs.

On dit aussi _Tésigue_, _Tésigo_ et _Tésingard_.

TESSON, s. m. La tête,--dans l'argot des voyous.

_Nib de douilles sur le tesson._ Pas de cheveux sur la tête.

TÉTAIS, s. m. pl. Seins,--dans l'argot des enfants, qui conservent

longtemps aux lèvres, avec les premières gouttes de lait bues, les

premiers mots bégayés.

Ils disent _Tettes_.

TÉTARD, s. et adj. Entêté,--dans l'argot des faubouriens.

TÉTASSES, s. f. pl. Seins de fâcheuse apparence,--dans l'argot

irrévérencieux du peuple, qui dit cela depuis longtemps comme en témoigne

cette épigramme de Tabourot des Accords:

«Jeannette à la grand'tetasse

Aux bains voulut une fois

Enarrher pour deux la place:

On luy fit payer pour trois.»

On dit aussi _Calebasses_.

TÉTASSIÈRE, s. f. Femme dont la gorge n'a aucun rapport avec celle de la

Vénus de Milo.

L'expression se trouve aussi dans Tabourot.

TÊTE, s. f. Air, physionomie.

_Avoir une tête._ Avoir de la physionomie, de l'originalité dans le

visage.

TÊTE, s. f. Air rogue, orgueilleux, prétentieux, de mauvaise humeur.

_Faire sa tête._ Faire le dédaigneux; se donner des airs de grand

seigneur ou de grande dame.

TÊTE CARRÉE, s. f. Allemand ou Alsacien.

On dit aussi _Tête de choucroute_.

TÊTE D'ACAJOU, s. f. Nègre.

TÊTE DE BUIS, s. f. Crâne complètement chauve.

TÊTE DE HOLZ, s. f. Allemand,--dans l'argot des marbriers de cimetière,

qui croient que les braves Teutons ont la tête dure comme du _bois_.

TÊTE DE TURC, s. f. Homme connu par ses mœurs timides et par son courage

de lièvre, sur lequel on s'exerce à l'épigramme, à l'ironie, à

l'impertinence,--et même à l'injure,--assuré qu'on est qu'il ne

protestera pas, ne réclamera pas, ne régimbera pas, et ne vous cassera

pas les reins d'un coup de canne ou la tête d'un coup de pistolet.

C'est une expression de l'argot des gens de lettres, qui l'ont empruntée

aux saltimbanques.

TÉTER, v. n. Vider une bouteille, dans l'argot du peuple, qui prétend que

le vin est «le lait des vieillards». Oui, des vieillards--et surtout des

adultes.

TÊTES DE CLOU, s. f. pl. Caractères déformés par un long usage. Argot des

typographes.

TETINES, s. f. pl. Gorge avachie,--_sumen_ plutôt qu'_uber_. Argot des

faubouriens.

Dictionnaire de la langue verte · 第 81 / 143 题