SENTINELLE, s. f. Résultat de la digestion. _Stercus._

_Poser une sentinelle._ Alvum deponere.

SENTIR, v. a. Aimer,--dans l'argot du peuple, qui emploie surtout ce

verbe avec la négative.

_Ne pas pouvoir sentir quelqu'un._ Avoir répugnance à le rencontrer, à

lui parler, le haïr enfin.

On dit aussi _Avoir dans le nez_.

SENTIR LE COUDE A GAUCHE. v. n. Avoir confiance en soi et dans l'amitié

de ses camarades; se sentir appuyé, soutenu, encouragé, etc.

SENTIR LE LAPIN. Suer abondamment et désagréablement des aisselles.

SENTIR MAUVAIS, v. n. Devenir grave, sérieux; se gâter,--en parlant des

choses.

_Cela sent mauvais_ est une phrase de la même famille que _Le torchon

brûle_.

SEPT, s. m. Crochet,--dans l'argot des chiffonniers.

SÉQUELLE, s. f. Grand nombre de gens ou de choses,--dans l'argot du

peuple, qui n'emploie ce mot que péjorativement.

Signifie aussi: Gens ou choses qui font suite à quelqu'un ou à quelque

chose.

_Toute la séquelle._ Tous les membres de la famille, et surtout les

enfants.

SER, s. m. Signal donné en crachant,--dans l'argot des voleurs. (V.

_Serpent_.)

SERGOLLE, s. f. Ceinture,--dans le même argot.

SÉRIEUX, adj. Excellent, convenable,--dans l'argot des gens de lettres et

des petites dames.

_Homme sérieux._ Qui ne refuse rien aux femmes qui ne refusent rien aux

hommes--riches.

_Souper sérieux._ Où rien ne manque de ce qui doit en faire l'attrait:

vins exquis, chère non-pareille, femmes charmantes, hommes d'esprit, etc.

Le peuple emploie aussi cet adjectif dans l'acception de Copieux: _un

beefsteak sérieux_, _un dessert sérieux_, etc.

SERIN, s. m. Gendarme de la banlieue,--dans l'argot des voyous.

S'est dit aussi, à une certaine époque du règne de Louis-Philippe, des

compagnies de voltigeurs de la garde nationale qui avaient des parements

jaunes, des passe-poils jaunes, des torsades jaunes, tout jaune, au point

qu'en les passant un jour en revue dans la cour des Tuileries, et les

voyant se débander, le maréchal Lobau s'écria: «Fermez donc les grilles,

mes serins vont s'envoler!»

SERIN, s. et adj. Imbécile, ou seulement Homme naïf,--dans l'argot des

faubouriens.

SERINER, v. a. Répéter à satiété une chose à quelqu'un, afin de la lui

loger dans la mémoire.

SERINETTE, s. f. Homme qui fait _chanter_ d'autres hommes,--dans l'argot

des voleurs.

SERINGUE, s. f. Voix fausse, aigre, criarde,--dans l'argot du peuple.

_Chanter comme une seringue._ Chanter très mal.

SERPENT, s. m. Ceinture de cuir,--dans l'argot des troupiers, qui y

serrent leur argent.

On dit aussi _Anguille_.

SERPENT, s. m. Crachat,--dans l'argot des voleurs.

SERPENTIN, s. m. Matelas,--dans le même argot.

SERPETTES, s. f. pl. Les jambes,--dans l'argot des troupiers.

SERPILLIÈRE, s. f. Soutane,--dans l'argot des faubouriens.

On dit aussi _Serpillière à ratichon_.

SERRANTE, s. f. Serrure,--dans l'argot des voleurs.

SERRÉ, adj. Pauvre; sans argent, momentanément ou par habitude,--dans

l'argot des bourgeois.

Signifie aussi Avare.

SERRER, v. a. Mettre en prison,--dans l'argot des faubouriens.

SERRER LA VIS. Achever une affaire, presser un travail. Étrangler

quelqu'un. Argot du peuple.

SERRER LE NOEUD. Se marier,--dans l'argot des bourgeois et des

vaudevillistes.

SERRER LES POUCES A QUELQU'UN, v. a. Le presser vivement de questions

pour lui faire avouer la vérité. Argot du peuple.

SERT, s. m. Signe fait par un compère,--dans l'argot des saltimbanques.

SERVIETTE, s. f. Portefeuille,--dans l'argot des avocats.

SERVIETTE, s. f. Aniterge en papier,--dans l'argot des bourgeois.

SERVIR, v. a. et n. Trahir, dénoncer,--dans l'argot des voleurs.

_Servir de belle._ Dénoncer à faux.

SERVIR, v. a. Arrêter, prendre,--dans l'argot des faubouriens.

Vidocq, lorsqu'il était chef de la police de sûreté, avait l'habitude de

dire tranquillement au malfaiteur pris dans une souricière, ou ailleurs:

«Monsieur, vous êtes servi!...»»

SÉSIÈRE, pr. pers. Soi, lui, elle,--dans l'argot des voleurs.

On dit aussi _Sésigue_ et _Sésingard_.

SEU, s. m. Second,--dans l'argot des enfants, qui pratiquent l'apocope

comme des hommes.

SÉVÈRE, s. f. Chose étonnante; événement inattendu,--dans l'argot des

faubouriens.

SEXE, s. m. Les femmes en général,--dans l'argot du peuple, qui, sans

tomber à leurs pieds, comme le recommande M. Legouvé, sait qu'il leur

doit une mère, la seule créature digne de ses respects.

_Ami du sexe._ Homme de complexion amoureuse.

SHOCKING! Exclamation qui, de la langue des pudiques Anglaises, a passé

dans l'argot ironique des gouailleurs parisiens. Ce qui est _choquant_ de

l'autre côté du détroit cesse de l'être de ce côté-ci.

SHOCKINER (Se), v. réfl. Se scandaliser.

SIBIJOITE, s. f. Cigarette,--dans l'argot des marbriers de cimetière,

parfois trop fantaisistes.

_Orpheline._ Cigarette presque fumée.

SIFFLE, s. f. Voix,--dans l'argot des voleurs.

SIFFLER, v. a. et n. Boire ou manger, mais surtout boire,--dans l'argot

du peuple, qui emploie ce verbe depuis plus d'un siècle, comme le

prouvent ces vers d'une chanson du commencement du XVIIe siècle:

«Lorsque je tiens une lampée

Pleine de vin, le long de la journée,

Je siffle autant que trois.»

SIFFLER, v. a. Dépenser.

_Avoir tout sifflé._ Être ruiné.

SIFFLER LA LINOTTE, v. a. Appeler sa maîtresse avec un cri ou un air

convenus; faire le pied de grue.

SIFFLET, s. m. Gorge, gosier,--entonnoir à air et à vin.

_S'affûter le sifflet._ Boire.

On dit aussi _Se rincer le sifflet_.

_Couper le sifflet à quelqu'un._ Le forcer à se taire, soit en lui

coupant le cou, ce qui est un moyen extrême, soit en lui prouvant

éloquemment qu'il a tort de parler, ce qui vaut mieux.

SIGNE D'ARGENT, s. m. Le stercus humain,--dans lequel il est bon de

marcher, paraît-il, parce que cela porte bonheur.

SIGNER DES ORTEILS (Se), v. réfl. Se pendre ou être pendu,--dans l'argot

du peuple, qui fait allusion aux derniers tressaillements des suicidés ou

des condamnés.

SILENCE, s. m. Audiencier,--dans l'argot des voyous, habitués de police

correctionnelle ou de cour d'assises.

SIME, s. f. Patrouille,--dans l'argot des voleurs.

SIMON, s. m. Propriétaire,--dans l'argot des ouvriers viveurs.

_Aller chez Simon._ Aller «où le roi va à pied»,--dans l'argot des

bourgeoises.

SIMPLE, s. et adj. Niais,--dans l'argot du peuple, qui a un faible pour

les _roublards_.

Les Anglais ont la même expression: _Flat_, plat,--nigaud.

SINGE, s. m. Patron,--dans l'argot des charpentiers, qui, les jours de

paye, exigent de lui une autre monnaie que celle de son nom.

SINGE, s. m. Ouvrier compositeur,--dans l'argot des imprimeurs.

SINGE BOTTÉ, s. m. Homme amusant, gros farceur,--dans l'argot des

bourgeoises.

SINGERIES, s. f. Grimaces, mines hypocrites, comédie de la douleur,--dans

l'argot du peuple, qui n'aime pas les gens simiesques.

SINGULIER PISTOLET, s. m. Homme bizarre, original, qui ne fait rien comme

tout le monde, _part_ quand il faudrait rester, et reste quand il

faudrait partir.

SINVE, s. m. Homme simple, imbécile, bon à duper,--dans l'argot des

voleurs.

Quelques lexicographes de la rue affirment qu'on écrit et prononce

_sinvre_.

_Affranchir un sinve._ Faire d'un paresseux un voleur, ou d'un débauché

un escarpe.

SINVINERIE, s. f. Niaiserie.

SIROP, s. m. Vin,--dans l'argot des faubouriens, qui ont l'honneur de se

rencontrer avec Rabelais: «Après s'être bien antidoté l'haleine de sirop

vignolat,» dit l'immortel Alcofribas Nasier.

_Avoir un coup de sirop de trop._ Être ivre.

SIROTER, v. a. Boire plus que de raison.

Signifie aussi Boire à petits coups.

SIROTER, v. n. et a. Nettoyer à fond la tête de quelqu'un, la bien

peigner, friser et pommader. Argot des coiffeurs.

SIROTER LE BONHEUR, v. a. Être dans la lune de _miel_. Argot des

faubouriens.

SIROTEUR, s. m. Ivrogne.

SIX, s. f. Une des six chandelles dont se compose un paquet d'une livre.

_Brûler des six._ N'employer que ces chandelles-là.

SIX-FRANCS, s. m. Outil de bois sur lequel on repasse les habits,--dans

l'argot des tailleurs.

SIX-QUATRE-DEUX (A la), adv. Sans soin, sans grâce, à la hâte,--dans

l'argot des bourgeois.

SMALA, s. f. Famille, ménage,--dans l'argot des troupiers qui ont fait

les campagnes d'Afrique.

Se dit depuis la prise de la _smala_ d'Abd-el-Kader par le duc d'Aumale.

SNOB, s. m. Fat, ridicule, vaniteux,--dans l'argot des gens de lettres,

qui ont emprunté cette expression au _Livre des Snobs_ de Thackeray,

comme si nous n'avions pas déjà le même mot sous une douzaine de formes.

SNOBISME, s. m. Fatuité, vanité.

SNOBOYE, adj. Parfait, excellent, _chocnosof_,--dans l'argot des

faubouriens.

SOCIÉTÉ DU DOIGT DANS L'OEIL, s. f. Association pour rire, formée par

Nadar, dans laquelle on enrégimente à leur insu les gens qui «se fourrent

le doigt dans l'œil».

SOCIÉTÉ DU FAUX COL, s. f. Société de secours mutuels que forment entre

eux les comédiens pour se débarrasser des _raseurs_, des importuns, des

gêneurs.

Le signe de détresse que font entre eux les membres de la _Société du

faux col_ consiste à passer le doigt sur le col de la chemise.

Cette société s'appelle aussi la _Société du rachat des captifs_.

SODA, s. m. Mélange de sirop de groseille et d'eau de seltz

(_soda-water_).

SOEUR, s. f. Maîtresse,--dans l'argot des soldats et des voyous, qui,

sans s'en douter, se servent du même mot que les Romains, dans le même

sens, _soror_. Les Romains avaient de plus le mâle de la sœur, qui était

le _frater_.

On dit aussi: _Nos sœurs du peuple_, pour désigner certaines victimes

cloîtrées, qui ne se plaignent pas de l'être. Au XVIe siècle, on disait:

_Nos cousines_.

_Sœur_ se trouve, avec cette dernière acception, dans le _Dictionnaire_

de Leroux.

SOEUR, s. f. Fille ou femme,--dans l'argot des francs-maçons.

SOEURS BLANCHES, s. f. pl. Les dents,--dans l'argot des voleurs.

SOIFFARD, s. m. Ivrogne,--dans l'argot des faubouriens.

On dit aussi _Soiffeur_.

SOIFFER, v. n. Boire outre mesure,--sous prétexte de soif.

SOIGNÉ, s. m. Chose de qualité supérieure, vin ou chapeau, tabac ou

salade, etc.

SOIGNÉE, s. f. Chose étonnante, difficile à croire; événement

extraordinaire.

Signifie aussi elliptiquement. Correction violente,--_pile_ donnée avec

soin.

SOIGNER, v. a. Battre quelqu'un avec un _soin_ dont il n'est nullement

reconnaissant.

SOIGNER SES ENTRÉES. Se faire applaudir à son entrée en scène par les

chevaliers du lustre. Argot des coulisses.

SOIR, s. m. Journal du soir,--dans l'argot des gandins.

Cette ellipse est à la mode depuis quelque temps dans les cafés des

boulevards.

SOISSONNAIS, s. m. pl. Haricots,--dans l'argot des voleurs, qui savent

que Soissons est la patrie de ce farineux.

SOLDAT DU PAPE, s. m. Mauvais soldat,--dans l'argot du peuple.

SOLDATS, s. m. pl. De l'argent,--dans l'argot des faubouriens, qui savent

que l'argent est le nerf de la guerre.

Dans _les Joyeuses Commères de Windsor_, Shakespeare fait dire par

Falstaff à Ford: _Money is a good soldier, Sir, and will on_. (L'argent

est un bon soldat; il pousse en avant.)

SOLDE, s. m. Restant d'étoffe; coupon,--dans l'argot des marchands.

SOLDE, s. m. Chose de médiocre valeur,--dans l'argot des gens de lettres.

_Cigare de solde._ Mauvais cigare.

_Dîner de solde._ Exécrable dîner.

SOLFÉRINO, adj. et s. Couleur rouge violacée, fort à la mode depuis la

guerre d'Italie.

SOLIR, v. a. Vendre,--dans l'argot des voleurs.

_Solir sur le verbe._ Acheter à crédit,--c'est-à-dire sur _parole_.

SOLITAIRE, s. m. Spectateur qui ne paye sa place que moitié prix, mais à

la condition d'entrer au théâtre dans les rangs de la Claque, sans être

forcé d'applaudir comme elle. Argot des coulisses.

SOLLICEUR, s. m. Marchand,--dans l'argot des voleurs.

_Solliceur à la pogne._ Marchand, ambulant.

_Solliceur de lacets._ Gendarme.

_Solliceur de loffitudes._ Homme de lettres.

SONDE, s. f. Médecin,--dans le même argot.

SONDEUR, adj. et s. Sournois, prudent, malin,--dans l'argot des

faubouriens.

_Aller en sondeur._ S'informer avant d'entreprendre une chose, écouter

une conversation avant de s'y mêler.

_Père sondeur._ Bonhomme rusé, dont personne ne se méfie, et qui se joue

de tout le monde.

SONNETTE DE BOIS, s. f. Sonnette d'hôtel garni que l'on bourre de

chiffons pour l'empêcher de sonner lorsqu'on veut s'en aller

clandestinement.

D'où l'expression _Déménager à la sonnette de bois_.

SONNETTE DE NUIT, s. f. Houpette de soie blanche que les petites dames

portent au capuchon de leurs caracos (1865).

SONNETTES, s. f. pl. Pièces d'or ou d'argent, d'une musique supérieure à

celle de Rossini--pour les oreilles des petites dames.

SONNETTES, s. f. pl. Gringuenaudes de boue qui pendent aux poils des

chiens. Argot des chasseurs.

SORBONNE, s. f. La tête,--parce qu'elle «médite, raisonne et conseille le

crime». Argot des voleurs.

SORCIÈRE, s. f. Femme mal mise ou d'une figure ravagée,--dans l'argot des

bourgeoises.

Elles disent aussi _Vieille sorcière_.

SORGUE, s. f. Nuit,--dans l'argot des voleurs.

Les Maurice La Châtre de Poissy prétendent qu'il faut écrire _Sorgne_.

SORGUER, v. n. Passer la nuit.

SORGUEUR, s. m. Voleur de nuit.

SORTE, s. f. Mauvaise raison, faux prétexte, _balançoire_,--dans l'argot

des typographes.

SORTIE, s. f. Discours inconvenant; emportement plus ou moins violent.

Argot du peuple.

SORTIR, v. a. Transporter un mobilier _extra-muros_,--dans l'argot des

déménageurs.

_Le rentrer._ Le ramener à Paris.

On dit de même _Sortie_ pour un déménagement _extra-muros_, et _Rentrée_

pour le contraire.

SORTIR, v. n. Avoir des absences d'esprit, être distrait,--dans l'argot

du peuple.

On dit mieux _Être sorti_ ou _Être ailleurs_, pour n'être pas à la

conversation, ne pas savoir ce qu'on dit autour de soi.

SORTIR, v. n. Être insupportable,--dans l'argot des faubouriens.

Ce verbe ne s'emploie guère qu'à la troisième personne de l'indicatif

présent: _il me sort_,--c'est-à-dire, je ne peux pas le voir sans en être

blessé, offusqué.

Quelques-uns, pour être plus expressifs, disent: _Il me sort par le cul_.

SORTIR D'UNE BOITE, v. n. Être vêtu avec une propreté méticuleuse,--dans

l'argot des bourgeois, qui ont des notions de blanchisseuse sur

l'élégance.

Ils disent aussi _Avoir l'air de sortir d'une boîte_.

SORTIR LES PIEDS DEVANT, v. n. Être emporté mort, «cloué sous la

lame»,--dans l'argot du peuple, qui sait de quelle façon un cercueil sort

d'une maison.

SOT-L'Y-LAISSE, s. m. Le croupion d'une volaille,--dans l'argot des

bourgeois.

SOUDRILLARD, s. et adj. Libertin,--dans l'argot des voleurs.

Le vieux français avait _Soudrille_ (soldat, ou plutôt _soudard_).

SOUFFLANT, s. m. Pistolet,--dans le même argot.

SOUFFLER, v. a. Prendre, s'emparer de quelque chose,--dans l'argot du

peuple.

_Souffler la maîtresse de quelqu'un._ La lui enlever,--et, dans ce

cas-là, souffler, c'est jouer... un mauvais tour.

SOUFFLER DES POIS, v. n. Agiter ses lèvres en dormant pour expirer l'air

par petits coups secs.

Les étudiants en médecine disent: _Fumer sa pipe_.

Dans l'argot du peuple, _Souffler des pois_, c'est Faire l'important.

SOUFFLER SON COPEAU, v. a. Travailler,--dans l'argot des ouvriers.

SOUFFLET, s. m. Le _podex_.

SOUFFLEUR DE BOUDIN, s. m. Homme à visage rubicond.

SOUILLON, s. f. Femme malpropre, fille à soldats. C'est la _malkin_ des

voyous anglais.

SOUILLOT, s. m. Ivrogne, débauché, _arsouille_,--dans l'argot des

faubouriens.

SOULAGER, v. a. Alléger la poche de son voisin de la montre ou de la

bourse qu'elle contenait.

SOULAGER (Se), v. réfl. _Meiere_. Argot du peuple.

Se dit aussi à propos de la fonction du plexus mésentérique.

SOULARD, adj. et s. Ivrogne.

SOÛLER (Se). Se goinfrer de vin ou d'eau-de-vie à en perdre la raison.

SOULEUR, s. f. Frayeur subite et violente, qui remue le cœur et _soûle_

l'esprit au point que, pendant qu'elle dure, on ne sait plus ce que l'on

fait.

_Faire une souleur à quelqu'un._ Lui faire peur.

SOULEVER, v. a. Dérober adroitement,--dans l'argot des faubouriens.

SOULIERS A MUSIQUE, s. m. pl. Qui craquent lorsqu'on les porte pour la

première fois.

SOULIERS-SEIZE, s. m. pl. Souliers très étroits (13 et 3),--dans l'argot

ridiculement facétieux des bourgeois.

SOULIERS SE LIVRANT A LA BOISSON, s. m. pl. Souliers usés, prenant

l'eau,--dans l'argot des faubouriens.

SOULOGRAPHE, s. m. Ivrogne abject. Argot des typographes.

SOULOGRAPHIE, s. m. Ivrognerie dégoûtante.

SOULOGRAPHIER (Se), v. réfl. S'enivrer crapuleusement.

SOUPÇON, s. m. Très petite quantité,--dans l'argot du peuple.

On dit aussi _Idée_.

SOUPE AU LAIT, s. f. Homme qui s'emporte pour un rien.

SOUPE DE PERROQUET, s. f. Pain trempé dans du vin.

SOUPE-ET-LE-BOEUF (La), Bonheur conjugal,--c'est-à-dire _ordinaire_.

C'est une expression de la même famille que _Pot-au-feu_.

SOUPENTE, s. f. Le ventre,--dans l'argot des faubouriens.

Le mot a été recueilli par Traviès.

SOUPE-SEPT-HEURES, s. m. Homme qui a des habitudes de repas

régulières,--dans l'argot du peuple, qui, en conservant cette expression,

a conservé aussi la coutume qu'elle consacre.

SOUPEUR, s. et adj. Viveur,--dans l'argot des gens de lettres.

SOUPEUSE, s. f. Femme galante qui a pour spécialité de _lever les hommes

au souper_,--c'est-à-dire de faire espalier avec d'autres à la porte des

cafés du boulevard, vers les onze heures du soir, afin d'être priée à

souper par les gens qui n'aiment pas à rentrer seuls chez eux. La

soupeuse a une prime par chaque tête de bétail qu'elle amène au

restaurant.

SOUPIER, adj. et s. Grand mangeur de soupe. Argot du peuple.

SOUPIR, s. m. _Crepitus ventris_,--dans l'argot des bourgeois.

_Soupir de Bacchus._ Éructation.

Dictionnaire de la langue verte · 第 80 / 143 题