Les bourgeois, eux, disent _Sapristi!_--ce qui les éloigne un peu de
l'étymologie (_sacrarium_.)
SAFRAN, s. m. Jaunisse conjugale,--dans l'argot des bourgeois.
_Accommoder au safran._ Tromper son mari en faveur d'un autre homme, ou
sa femme en faveur d'une autre.
On dit aussi _Vouer au jaune_.
SAGE COMME UNE IMAGE, adj. Extrêmement sage,--c'est-à-dire ne parlant
pas. Argot du peuple.
SAGOUIN, s. m. Homme malpropre, grossier,--dans l'argot du peuple, qui
calomnie les callitriches.
_Vilain sagouin._ Pléonasme que les femmes du peuple adressent volontiers
à un nomme qui leur débite des gaudrioles et des plaisanteries grasses,
dont elles ne se fâchent pas le moins du monde.
SAIGNER, v. a. Blesser quelqu'un volontairement, le tuer même,--dans
l'argot des prisons.
SAIGNER, v. a. Emprunter de l'argent,--dans l'argot du peuple.
On dit aussi _Faire_ ou _Pratiquer une saignée_.
_Saigner à blanc._ Abuser de la bonté des gens à qui on emprunte.
On dit aussi _Faire une saignée blanche_.
SAIGNER (Se), v. réfl. Donner de l'argent,--qu'on en doive ou non.
_Se saigner à blanc._ S'épuiser pour fournir aux dépenses d'un enfant ou
d'une maîtresse.
SAINT-CRÉPIN, s. m. Outils de cordonnier, et, par extension, de toute
autre profession.
SAINT-CRÉPIN, s. m. Économies, _peculium_,--dans l'argot du peuple.
SAINT DE CARÊME, s. m. Homme qui se fâche, hypocrite.
SAINT-DENAILLE, n. de l. Saint-Denis,--dans l'argot des voleurs.
SAINT-DIFFICILE, s. m. Enfant, et même grande personne faisant la
dégoûtée à propos de la nourriture ou à propos d'autre chose. Argot des
bourgeois et du peuple.
SAINTE ESPÉRANCE, s. f. La veille de la _Sainte Touche_.
SAINTE MOUSSELINE, s. f. Une sainte de la création de Victorien Sardou
(_La Famille Benoiton_), et qu'invoquent aujourd'hui, par genre, les
mères de famille qui suivent les modes de la morale comme elles suivent
les modes... de la Mode. Voici donc l'oraison que murmurent à cette heure
de jolies lèvres parisiennes: «Ah! Mousseline, blanche Mousseline, des
mères ingrates qui te devaient leurs maris t'ont reniée pour leurs
enfants! Sainte Mousseline, vierge de la toilette, sauve nos filles qui
se noient dans des flots de dentelles!»
_Amen!_
SAINTE-NITOUCHE, s. f. Fille ou femme qui «fait sa sucrée» ou «sa
Sophie»,--dans l'argot du peuple, qui sait à quoi s'en tenir sur les
«giries» des bégueules.
Les ouvriers anglais disent de même: _to sham abram_ (jouer l'innocence
patriarcale, feindre la pudeur révoltée).
Cette expression s'est employée jadis en parlant d'un Homme timide, mou,
irrésolu, en amour comme en autre chose:
«Il estoit ferme de roignons.
Non comme ces petits mignons
Qui font la Saincte Nitouche,»
dit Mathurin Régnier.
SAINTE-TOUCHE, s. f. La fin du mois,--dans l'argot des employés. La fin
de la quinzaine,--dans l'argot des ouvriers.
SAINT-JEAN, s. m. Signal,--dans l'argot des voleurs.
_Faire le Saint-Jean._ Lever l'index et le médium pour avertir un
complice.
SAINT-JEAN, s. m. Outils, vêtements, affaires,--dans l'argot des
typographes.
_Emporter son Saint-Jean._ S'en aller d'une imprimerie en emportant
composteur, pinces, etc.
SAINT JEAN-BAPTISTE, s. m. Cabaretier,--dans l'argot du peuple, qui fait
allusion à l'eau baptismale que l'on ajoute au vin pour le rendre digne
d'être bu par des chrétiens.
SAINT JEAN BOUCHE-D'OR, s. m. Bavard qui, pour le plaisir de parler, ne
craint pas de commettre des indiscrétions.
SAINT JEAN LE ROND, s. m. Un des nombreux pseudonymes de messire Luc.
SAINT LACHE, s. m. Le patron des paresseux.
SAINT-LAZE. Apocope de _Saint-Lazare_, prison de femmes,--dans l'argot
des voyous.
SAINT-LUNDI, s. f. Jour choisi chaque semaine par les ouvriers pour aller
ripailler aux barrières et dépenser en quelques heures le plus clair de
leur gain, celui que la ménagère attend toujours en vain pour faire
«bouillir la marmite».
_Fêter la Saint-Lundi._ Se griser--et même se soûler.
SAINT-MARCEAUX, s. m. Vin de Champagne,--dans l'argot des gens de
lettres qui veulent faire une réclame à la maison de commerce de M. de
Saint-Marceaux riche viticulteur d'Epernay.
SAINT PÈRE, s. m. Tabac à fumer,--dans l'argot des marbriers de
cimetière.
SAINT SACREMENT (Et tout le). C'est l'et _cætera_ de l'argot du peuple:
Il comprend tout--et une foule d'autres choses.
SAISISSEMENT, s. m. Les liens dont l'exécuteur lie les bras et les jambes
du condamné à mort. Le saisissement est une pièce essentielle de la
_toilette_.
SAISON, s. f. Laps de temps plus ou moins long, mais ordinairement de 21
jours, que l'on passe dans les villes d'eaux par ordonnance de médecin.
_Faire une saison._ Rester une vingtaine de jours à Vichy ou toute autre
station thermale, et y prendre des bains minéraux.
SALADE, s. f. _Raiponce_ à une question,--dans l'argot des voleurs,
facétieux à leurs heures.
SALADE DE GASCON, s. f. Corde, _ficelle_, dans l'argot du peuple.
A signifié autrefois, plus spécialement, Corde de pendu.
SALADIER, s. m. Bol de vin sucré,--dans l'argot des ouvriers.
SALAMALECS, s. m. pl. Politesse exagérée,--dans l'argot du peuple, qui ne
pratique pas précisément la _Civilité puérile et honnête_.
SALAUD, adj. et s. Enfant malpropre; homme ordurier.
SALBRENAUD, s. m. Mauvais cordonnier; savetier,--dans l'argot des
voleurs.
SALE, adj. Laid, mauvais, malhonnête. Argot du peuple.
_Sale intérêt._ Intérêt sordide.
_Sale monsieur._ Individu d'une moralité équivoque ou d'un caractère
insociable.
_Sale pâtissier._ Homme qui n'est ni sale ni pâtissier, mais dont, en
revanche, la réputation aurait grand besoin d'une lessive.
On dit aussi _Sale bête_.
SALÉ, s. m. Travail payé d'avance,--dans l'argot des typographes.
_Morceau de salé._ Acompte.
Se dit aussi, par une analogie facile à saisir, d'un Enfant venu avant le
mariage.
Les ouvriers anglais disent: _to work for the dead horse_ (travailler
pour le cheval mort).
SALER, v. a. Adresser de violents reproches à quelqu'un,--dans l'argot du
peuple.
SALER, v. a. Faire payer trop cher.
_Saler une note._ En exagérer les prix.
On dit aussi _Répandre la salière dessus_.
SALETÉ, s. f. Mauvais tour, action vile, entachée de plus d'improbité que
de boue,--dans l'argot des bourgeois, qui emploient ce mot dans le même
sens que les Anglais leur _sluttery_.
_Faire des saletés._ Faire des tours de coquin, d'escroc.
SALIÈRES, s. f. pl. Cavités de la clavicule,--dans l'argot du peuple.
_Montrer ses salières._ Se dit d'une Femme maigre qui se décollète trop.
SALIGAUD, E, s. et adj. Personne malpropre au propre, et malhonnête au
figuré,--dans l'argot du peuple, qui emploie ce mot dans le même sens que
les Anglais leur _slut_.
SALIVERNE, s. f. Écuelle, gamelle,--dans l'argot des voleurs, qui y
laissent volontiers tomber leur _salive_ pour dégoûter les camarades.
Ils disaient autrefois _Crolle_.
SALLE A MANGER, s. f. La bouche,--dans l'argot des faubouriens.
_N'avoir plus de chaises dans sa salle à manger._ N'avoir plus de dents.
SALONNIER, s. m. Critique d'art, chargé du compte rendu du Salon. Argot
des journalistes.
Le mot est de création récente.
SALOPE, s. f. Fille ou femme du genre de celles que Shakespeare traite de
_drabs_ dans _Winter's Tale_, et que, comme on le voit, le peuple
parisien traite presque aussi mal.
SALOPERIE, s. f. Ordure,--au propre et au figuré, _spucritia_ et
_obscenitas_.
_Dire des saloperies._ Employer un langage ordurier.
_Faire des saloperies._ Se conduire en goujat.
SALOPERIE, s. t. Vilain tour, lésinerie, _crasse_.
SALOPIAUD, s. m. Homme malpropre d'esprit et de costume, en actions et en
paroles.
Au féminin, _Salopiaude_.
SALTIMBE, s. m. Apocope de _Saltimbanque_,--dans l'argot des faubouriens.
SALUER LE PUBLIC, Mourir,--dans l'argot des comédiens, ces gladiateurs de
l'Art. C'est un ressouvenir de l'_Ave, Cæsar, morituri te salutant_.
SANG DE POISSON, s. m. Huile,--dans l'argot des faubouriens.
SANGLÉ, adj. A court d'argent.
SANGLER, v. a. Réprimander vertement, et même Battre.
SANGLER, v. a. _Permolere uxorem quamlibet aliam_,--dans l'argot du
peuple.
On dit aussi _Sauter_.
SANGLER (Se), v. réfl. Se priver de quelque chose au profit de quelqu'un,
par exemple, se ruiner pour élever un entant ou pour entretenir une
maîtresse.
SANGLIER, s. m. Prêtre,--dans l'argot des voleurs.
SANGSUE, s. f. Maîtresse qui ruine son amant par ses prodigalités; neveu
qui tire à boulets rouges sur la cassette avunculaire. Argot du peuple.
SANGSURER, v. a. Faire de nombreuses _saignées_ à la bourse de
quelqu'un,--dans l'argot des ouvriers, pour qui les parasites sont des
sangsues.
_Se sangsurer._ Se ruiner pour élever un enfant ou pour entretenir une
drôlesse.
SANS-BEURRE, s. m. Chiffonnier,--dans l'argot des faubouriens.
SANS-BOUT, s. m. Cerceau,--dans l'argot des voleurs.
SANS CANNE (Être). En rupture de ban,--dans le même argot.
SANS-CHASSES, s. m. Aveugle.
SANS-COEUR, s. m. Usurier,--dans l'argot des fils de famille.
SANS-CULOTTE, s. m. Républicain,--dans l'argot des bourgeois, pour qui
_Terreur_ est inséparable de _République_.
SANS-CULOTTERIE, s. f. Doctrine des sans-culottes.
Le mot est de Camille Desmoulins.
On dit aussi _Sans-culottisme_.
SANS DOS, s. m. Tabouret,--dans l'argot des faubouriens.
SANS-FEUILLE, s. f. Potence,--dans l'argot des voleurs.
SANS-GÊNE, s. m. Homme indiscret, mal élevé,--dans l'argot des bourgeois.
SANS-LE-SOU, s. m. Artiste, ou Homme de lettres,--dans l'argot des
petites dames.
SAP, s. m. Apocope de _Sapin_, cercueil,--dans l'argot des voyous.
_Taper dans le sap._ Être mort et enterré,--dormir du dernier somme.
M. Louis Festeau, qui a chanté tout, a naturellement consacré quelques
loisirs de sa muse au _Sap_:
«Avant d'être mis dans le sap,
Vous voulez, orné de lunettes,
Me décalquer de pied en cap.»
SAPAJOU, s. m. Galantin, suborneur en cheveux gris,--dans l'argot des
harengères, qui sont plus «fortes en gueule» qu'en histoire naturelle.
SAPEUR, s. m. Homme qui ne respecte rien,--dans l'argot des bourgeoises,
qui n'aiment pas les gens barbus.
D'où la fameuse chanson à la mode:
«Rien n'est sa..a..cré pour un sapeur!»
SAPIN, s. m. Fiacre,--dans l'argot du peuple, qui sait que ces
voitures-là ne sont pas construites en chêne.
SAPIN, s. m. Cercueil de pauvre.
_Sentir le sapin._ Être atteint d'une maladie mortelle.
SAPIN, s. m. Plancher; grenier,--dans l'argot des voleurs.
_Sapin de muron._ Grenier à sel.
_Sapin des cornants._ La terre,--_plancher des vaches_.
SAPINIÈRE, s. f. La fosse commune, exclusivement réservée aux cercueils
de _sapin_. Argot des faubouriens.
SAQUET, s. m. Secousse,--dans l'argot du peuple.
Le vieux français avait _Saquer_, tirer l'épée.
SARDINES, s. f. pl. Galons de laine ou d'or aux manches de
l'uniforme,--dans l'argot des soldats.
_Sardines blanches._ Galons de gendarme, ou d'infirmier militaire.
SARRASIN, s. m. Ouvrier qui consent à travailler au-dessous du tarif.
Argot des typographes.
On dit aussi _Faux frère_.
SATISFAIT, s. m. Député conservateur, ami quand même du gouvernement du
moment--et des gouvernements à venir. Argot des journalistes.
SATOU, s. m. Bois débité,--dans l'argot des voleurs.
Signifie aussi Bâton.
SATOUSIER, s. m. Menuisier.
SAUCE, s. f. Correction ou simplement Réprimande,--dans l'argot du
peuple.
_Gare à la sauce!_ Prenez garde à ce qui va arriver de fâcheux.
_Gober la sauce!_ Être puni pour les autres; recevoir la correction, la
réprimande méritée par d'autres.
SAUCÉ (Être). Recevoir la pluie.
On dit aussi _Être rincé_ et _Être trempé_.
SAUCER, v. a. Réprimander.
On disait autrefois _Faire la sauce à quelqu'un_.
SAUCISSE MUNICIPALE, s. f. Viande empoisonnée que l'on jette dans les
rues pour détruire les chiens errants non muselés.
SAUTE-MOUTON, s. m. Jeu d'enfants qui consiste à sauter les uns
par-dessus les autres.
On dit aussi _Faire un saute-mouton ou Jouer à saute-mouton_.
SAUTER (Faire). Dérober, chiper et même Voler. Argot des faubouriens.
D'où _Faire sauter la coupe_ au jeu.
SAUTER, v. n. Cacher le produit d'un vol à ses complices,--dans l'argot
des prisons.
_Sauter à la capahut._ Assassiner un complice pour lui enlever son
_fade_.
SAUTER A LA PERCHE, v. n. Ne pas savoir où manger,--dans l'argot des
faubouriens, par allusion aux efforts souvent vains des singes de
bateleurs pour atteindre les friandises placées à l'extrémité d'un bâton.
SAUTERELLE, s. f. Puce,--dans l'argot des voleurs.
SAUTERELLE, s. f. Petite dame,--dans l'argot des gens de lettres qui ont
emprunté ce mot à N. Roqueplan.
C'est un des plus heureux qu'on ait inventés jusqu'ici pour désigner ces
femmes maigres qui s'abattent chaque jour, par nuées, sur les boulevards,
dont elles sont la plaie.
SAUTERIE, s. f. Danse,--dans l'argot du peuple.
SAUTE-RUISSEAU, s. m. Petit clerc. C'est le trottin de l'avoué, comme le
trottin est le saute-ruisseau de la modiste.
SAUTER LE PAS, v. a. Se décider à faire une chose, sans se préoccuper de
ses conséquences. Argot du peuple.
SAUTER LE PAS, v. a. Faire faillite et, par extension, Mourir,--dans
l'argot des bourgeois.
Signifie aussi Faire banqueroute à la vertu,--en parlant d'une jeune
fille qui se laisse séduire.
On dit aussi _La sauter_.
SAUTEUR, s. m. Filou.
SAUTEUR, s. m. Homme politique qui change d'opinion toutes les fois que
cela peut lui profiter personnellement. Argot du peuple.
Se dit aussi de tout Homme sans consistance, sans parole, sur lequel on
ne peut pas compter.
SAUTEUSE, s. f. Drôlesse.
SAUVAGE, s. m. Garde national de la banlieue, avant 1870--dans l'argot
des faubouriens.
SAUVER BIEN (Se). Bien courir,--dans l'argot des maquignons, qui disent
cela à propos des chevaux qu'ils essayent.
SAUVER LA CAISSE, v. a. Se sauver avec la caisse dont on est le
gardien,--par allusion au mot d'Odry dans les _Saltimbanques_.
SAUVER LA MISE A QUELQU'UN. Lui éviter une humiliation, un ennui; lui
prêter à temps de l'argent. Argot du peuple.
SAUVETTE, s. f. Jeu d'enfants qui consiste à se _sauver_ et ne pas se
laisser attraper.
On dit aussi _Sauvinette_.
SAUVETTE, s. f. Mannette d'osier,--dans l'argot des chiffonniers.
SAVATE, s. f. Boxe française,--«avec cette différence, dit Th. Gautier,
que la savate se travaille avec les pieds et la boxe avec les poings.»
(V. _Chausson_.)
SAVATE, s. f. Correction militaire, qui consiste à fouetter le soldat
coupable à tour de bras et de souliers. Le Conseil de guerre, on le
devine, n'a rien à voir là dedans: c'est une petite justice de famille et
de caserne.
SAVATE, s. f. Ouvrage mal fait; chose abîmée, gâchée,--dans l'argot du
peuple.
SAVATER, v. a. Travailler sans soin, faire une chose à la hâte.
On dit aussi _Saveter_.
SAVETIER, s. m. Mauvais ouvrier; homme qui fait une chose sans goût, sans
soin, à la hâte.
SAVOIR CE QUE QUELQU'UN A DANS LE VENTRE. Découvrir ses sentiments, ses
projets; connaître le faible et le fort de son caractère. Argot des
bourgeois.
SAVOIR DE QUOI IL RETOURNE. Connaître l'état financier d'une maison, la
situation morale d'une famille; être au courant des affaires politiques
et littéraires et savoir quel journal ce gros homme va fonder et quel
ambassadeur on va envoyer en Prusse. Même argot.
SAVOIR LIRE. Connaître toutes les ruses du métier,--dans l'argot des
voleurs.
SAVON, s. m. Réprimande,--dans l'argot des domestiques _malpropres_.
_Foutre un savon._ Gronder, objurguer quelqu'un.
SAVONNER, v. a. Réprimander--et même Battre.
SAVOYARD, s. m. Homme mal élevé, brutal,--dans l'argot des bourgeois,
injurieux envers les Allobroges.
SAVOYARDE, s. f. Malle,--dans l'argot des voleurs.
SCÈNE DE L'ABSINTHE (Faire la). Jouer son verre d'absinthe avec un
camarade, ou lui en offrir un. Argot des coulisses.
On dit de même, à propos de toutes les consommations: _Faire_ ou _jouer
la scène du cigare, du café, de la canette_, etc.
SCHAFFOUSE, s. m. Le derrière, parce qu'à la chute du _Rein_,--dans
l'argot facétieux du peuple, qui connaît la géographie.
SCHLAGUE, s. f. Correction brutale qu'un père donne volontiers à son
enfant, un mari à sa femme, etc.
SCHLAGUER, v. a. Corriger, battre.
Encore un mot allemand,--_schlagen_.
SCHLOFFER, v. n. Dormir, se coucher,--dans l'argot des faubouriens, qui
ont appris cette expression dans la fréquentation d'ouvriers alsaciens ou
allemands (_schlafen_).
Ils disent aussi _Faire schloff_.
SCHNICK, s. m. Eau-de-vie de qualité inférieure,--dans l'argot du peuple.
On dit aussi _Schnaps_.
SCHNIQUER, v. n. Se griser d'eau-de-vie.
SCHNIQUEUR, s. m. Buveur d'eau-de-vie.
SCIANT, adj. Ennuyeux,--dans l'argot du peuple.
SCIE, s. f. Ennui, contre-temps fâcheux.
SCIE, s. f. Femme légitime.
_Porter sa scie._ Se promener avec sa femme au bras.
SCIE, s. f. Mystification, plaisanterie agaçante,--dans l'argot des
artistes.
Le chef-d'œuvre du genre, c'est:
«Il était quatre jeunes gens du quartier,
Eh! eh! eh! eh!
Ils étaient tous les six malades,
Ade! ade! ade! ade!
On les mit tous sept dans un lit,
Hi! hi! hi! hi!
Ils demandèrent du bouillon,
On! on! on! on!
Qui n'était ni salé ni bon,
On! on! on! on!
C'est l'ordinair' de la maison,
On! on! on! on!
Ça commence à vous embêter,
Eh! eh! eh! eh!
Et bien je vais recommencer,
Eh! eh! eh! eh!»
Et l'on recommence en effet jusqu'à ce que l'importun que l'on scie ainsi
comprenne et s'en aille.
_Faire_ ou _Monter une scie_. Imaginer une mystification contre
quelqu'un.
SCIER, v. a. Importuner, obséder sans relâche.
On dit aussi _Scier le dos_.
SCIER DU BOIS, v. a. Jouer du violon ou de la contrebasse,--dans l'argot
des faubouriens.
SCIEUR DE BOIS, s. m. Violoniste ou contrebassiste.
SCION, s. m. Baguette et même Bâton,--dans l'argot du peuple.
SCIONNER, v. a. Battre quelqu'un, le bâtonner.
SCIONNER, v. a. Tuer,--dans l'argot des voleurs.
SCIONNEUR, s. m. Meurtrier.
SCRIBOUILLAGE, s. m. Mauvais style,--style à la Scribe. Argot des gens de
lettres.
SCULPSIT, s. m. Sculpteur,--dans l'argot des artistes.
SCULPTURE RONFLANTE, s. f. Sculpture tourmentée, colorée, entre la
sagesse et l'exagération.
SEC, s. m. Élève qui a passé des examens de fin d'année déplorables.
Argot des Polytechniciens.
On dit aussi, mais moins: _Fruit sec_.
SÉCHÉ (Être). N'être plus gris,--dans l'argot des faubouriens.
SÉCHER, v. n. Être fruit _sec_,--dans l'argot des Polytechniciens.
SÉCOT, s. et adj. Homme maigre et sec,--dans l'argot du peuple.
SECOUER, v. a. Gronder quelqu'un, et même le battre,--dans le même argot.
On dit aussi _Secouer les puces_.
SECOUER LA COMMODE, v. a. Jouer de l'orgue de Barbarie,--dans l'argot des
faubouriens.
SECRET DE POLICHINELLE, s. m. Secret connu de tout le monde,--dans
l'argot du peuple.
SEIGNEUR ET MAITRE, s. m. Mari,--dans l'argot des bourgeois:
_protecteur_,--dans l'argot de Breda-Street.
SEMAINE DES QUATRE JEUDIS, s. f. Semaine fantastique, dans laquelle les
mauvais débiteurs promettent de payer leurs dettes, les femmes coquettes
d'être fidèles, les gens avares d'être généreux, etc. C'est la _Venue des
Coquecigrues_ de Rabelais.
On dit aussi: _La semaine des quatre jeudis, trois jours après jamais_.
SEMAINES, s. f. pl. Sous de poche distribués le samedi et le
dimanche.--dans l'argot des collégiens.
SEMER QUELQU'UN, v. a. S'en débarrasser,--dans l'argot des faubouriens.
Signifie aussi: Le renverser, le jeter à terre d'un coup de poing ou d'un
coup de pied.
SENS DEVANT DIMANCHE. adv. De travers, sens dessus dessous,--dans l'argot
du peuple.