Cependant la situation de la famille Darcy demeurait très critique et
celle de M. de Guermanton, le généreux sauveur de Pauline, dictait
les mesures les plus promptes.
La mort de Pottemain devait être déclarée à la justice avant tout
ébruitement public.
Cette pensée traversait l'esprit de Jacques, dans le moment où un
bruit de voiture attira son attention au dehors.
Jeanne de Guermanton mettait pied à terre au bas du perron et
demandait son mari à Darcy, qui, revenu en même temps, venait de lui
ouvrir la portière.
Raymond s'inclina profondément, puis offrit son bras à la nouvelle
venue pour la conduire à l'appartement de son mari où il présumait
retrouver Jacques.
Celui-ci l'ayant quitté à la rencontre du facteur rural pour venir
terminer son courrier, devait être dans la pièce du rez-de-chaussée.
Ne le trouvant pas, il fit asseoir Mme de Guermanton et sortit pour
chercher son ami.
Mais à peine fut-il dans la cour qu'un spectacle étrange frappa son
regard.
M. de Guermanton apparut sur le seuil du pavillon du garde, tenant le
petit Maurice dans ses bras et soutenant en même temps Mme Darcy.
A voir ces deux visages pâles et consternés, Raymond eut le
pressentiment d'un malheur...
Il s'élança au devant d'eux...
--Mon ami, lui dit Jacques, ta chère femme et ton enfant viennent
d'échapper à un grand danger. Rends grâces à Dieu!
Hors de lui, Darcy voulut pénétrer dans la chambre d'où sa femme et
Jacques sortaient.