Cependant la saison des chasses était arrivée.
Fidèle au programme qu'il s'était tracé de ne négliger aucune
occasion de fournir à sa femme le plus de distraction possible,
le baron Pottemain organisa des parties auxquelles il convia les
châtelains du voisinage et les fonctionnaires de Moulins.
C'est ainsi que Bois-Peillot, autrefois si triste, devint le
rendez-vous élégant de la contrée.
Pauline faisait avec une bonne grâce parfaite les honneurs de ces
petites fêtes qui se renouvelaient souvent.
Les habitants de Guermanton n'avaient pas été oubliés, mais Jacques,
qui connaissait l'humeur ombrageuse de sa femme, se borna à répondre
aux seules invitations, qui s'adressaient à sa famille entière et que
la stricte politesse lui faisait un devoir d'accepter.
Vers le milieu de septembre, et comme les fermiers se plaignaient
beaucoup de l'invasion des lapins qui pullulaient dans les taillis,
le baron organisa une battue générale à laquelle trente fusils furent
conviés.
De toutes parts on avait répondu à l'appel du baron et toutes les
autorités du pays s'étaient trouvées réunies à Bois-Peillot. On
préluda par un plantureux déjeuner, présidé par Pauline.
Parmi les convives, on remarquait le secrétaire général de la
préfecture, l'inspecteur des forêts, le trésorier-payeur, M. de
Morvins, procureur de la République, le docteur Marsay, quelques
officiers de la garnison et la société des environs.