par le mot _Diara_. Je me prêtai de bonne grâce à cette petite
fumisterie et lui répondis par le _mbati_ allongé de rigueur. Ce
brave homme a dû répéter cela sur le marché, et ce _diamou_
m’est resté ; beaucoup d’indigènes se figurent que c’est
réellement mon nom.
Dans tout le Soudan, quand on connaît le _diamou_ (nom de tribu)
d’un individu, il suffit de le prononcer pour le saluer. Ainsi, un
Sidibé rencontrant et voulant saluer un Konaté lui dira simplement :
« Konaté », à quoi le Konaté répond : « _Mbati_, Sidibé ».]
[Note 33 : C’est cet incident qui donna naissance au bruit de ma
mort, qui fut colporté par les noirs avec un tel luxe de détails
qu’il parvint à nos postes du Soudan français et en France,
où cette fausse nouvelle plongea ma mère dans un cruel deuil de
six mois.]
[Note 34 : Depuis ma rentrée en France, j’ai eu l’occasion de
revoir cette plante dans une exposition horticole. C’est le safran
indien, le _curcuma_ de la Martinique. L’orthographe indigène est
سورن ; n’est il pas curieux qu’en écrivant _safran_ سڢرن
on y trouve les mêmes radicaux, avec cette différence que le point
du _fa_ a été omis et a ainsi donné naissance à un _oua_ ?
On peut faire la même réflexion pour ڧڢ, café, et ڧو, _caoua_ :
là aussi il manque un simple point diacritique pour identifier les
deux noms.]
[Note 35 : Habituellement, avant de vendre de l’or, les marchands
le font tremper pendant quelque temps dans la terre humide afin d’en
augmenter le poids.]
[Note 36 : Cette anomalie ne peut s’expliquer que par la
configuration très boisée de la région traversée par le cours
supérieur du Bagoé. Il roule ses eaux pendant 200 kilomètres au
milieu d’une végétation des plus épaisses. Ces terrains boisés
absorbent et retiennent facilement les eaux des pluies, qu’ils ne
laissent échapper que d’une façon lente et continue. Le cours
de la rivière est par suite régularisé, de sorte que son débit,
tout en étant considérable pendant la saison pluvieuse, se maintient
plus longtemps à un étiage élevé et ne diminue que lentement. Il
en résulte que la branche orientale du Niger est moins considérable
que le bras principal dans lequel elle se jette à Mopti.]
[Note 37 : Dans les environs de Dôre, à l’époque du passage de
Barth, 5000 cauries valaient 5 fr. 50.]
[Note 38 : La guinée noire se vend ici (_kémé dourou_) 1 franc
la coudée de 50 centimètres ; le calicot blanc (_kémé ouoro_)
1 fr. 20 la même coudée.]
[Note 39 : Ces amulettes ont la vertu, disent les Siène-ré, de
donner beaucoup d’enfants.]
[Note 40 : Le Follona et non Foulouna, comme l’a écrit Barth, est
un pays presque exclusivement peuplé de Siène-ré et de colonies
dioula ; on n’y trouve pas de Foulbé, comme l’aurait pu faire
supposer le mot Foulouna. Follona veut dire en siène-ré, _chefs
ici_ ou _chefs dedans_ ; on l’appelle aussi Follokan et Folloklou
(pays des chefs ou du chef).]
[Note 41 : J’ignore si Fan est un nom propre ou si c’est seulement
le titre par lequel on désignait le père de Tiéba. En tout cas,
aujourd’hui encore le titre du souverain du Follona est _fan follo_.]
[Note 42 : Les Tagoua font partie de la grande famille mandé et sont
établis en grand nombre à Ngokho. Tatoués comme les Siène-ré,
ils parlent soit le mandé, soit le siène-ré. Leurs noms de tribus
sont Bamma, Traouré, Konné, Diarabasou ou Diarasouba ; il y en a
qui sont musulmans, et d’autres fétichistes, ils ne diffèrent en
rien des autres Mandé que je connais.]
[Note 43 : De Léra, quand le chemin Sandergou est praticable, on met
dix jours pour aller à Kong. Les principales étapes sont : Léra,
Sandergou, Niandakhara, Dionkoso, campement sur la rive gauche du
Comoë, Kapi, Lenguékoro, Kong.]
[Note 44 : Cette nouvelle était fausse.]
[Note 45 : La fonction de siratigui paraît être de création
très ancienne et s’est maintenue dans cette partie des régions
mandé jusqu’à nos jours. On avait donné comme étymologie que
_siratigui_ voulait dire « celui qui perçoit l’impôt » ; ici
ce n’est pas absolument le cas. Dans cette région les siratigui
sont sous les ordres des chefs qui commandent aux frontières ; ce
sont eux qui ouvrent les communications avec les pays voisins et qui
sont envoyés pour régler les questions de captifs évadés, etc. Par
leurs relations avec les chefs des environs, ils sont connus et leurs
hommes également. Accompagné par eux, les voyages sont plus faciles :
leurs hommes sont de véritables sauf-conduits.]
[Note 46 : La végétation est ici en avance de deux mois sur
Niélé ; le _néré_, qui était seulement en fleur là-bas, est ici
à maturité ; les cé sont déjà mûrs, tandis qu’à Bammako ils
ne mûrissent qu’en juin et juillet.]
[Note 47 : Quelques Sénégalais pensent que _toubab_ vient du mot
_toubabé_ (l’homme qui porte un pantalon). Les Toucouleurs disent
_toubaco_, de _toubanké_ (également homme à pantalon). Mon avis
est que ce mot n’est autre chose que l’altération du mot arabe
_thébib_ (médecin), car nous avons tous la réputation de professer
la médecine, et il n’y a pas de jour où l’Européen qui voyage
ne soit sollicité par le noir pour obtenir un remède quelconque.]
[Note 48 : Cet arbre semble être le _korgam_ de Barth. Ce voyageur
le signale à son passage dans le Gourma, en quittant Say pour se
rendre dans l’Aribinda et le Libtako.]
[Note 49 : Voir chapitres IX et X.]
[Note 50 : D’après une règle phonétique en pratique dans toutes
ces régions, le _g_ devant _a_ ou _o_ se dit _b_, et le _k_ se
prononce _p_. Ainsi Kong se dit Pon. Pour bien le prononcer il faut
brusquement ouvrir la bouche. L’étymologie de Kong semble être
« _tête_ » (capitale) en mandé-dioula ; en soso, Kong veut dire :
« bien habité ».]
[Note 51 : _Kokosou_ veut dire « village derrière le ruisseau ».]
[Note 52 : _Marrabasou_ veut dire « village des Haoussa, village
des teinturiers » (car par ici les Haoussa exercent eux seuls cette
profession).]
[Note 53 : Grande mosquée.]
[Note 54 : Les gens de Kong disent que Kong est plus grand
et plus peuplé que Djenné ; les gens de Djenné eux-mêmes
l’affirment. Caillié estimait la population de Djenné à 8 ou 10000
habitants. Le chiffre que je cite ne doit donc guère s’écarter
de la vérité.]
[Note 55 : Chemin de Moïse, chemin de Jésus, chemin de Mahomet.]
[Note 56 : Petits pains d’épice faits avec du mil, du miel,
des piments.]
[Note 57 : Ces graines proviennent d’une plante ayant beaucoup de
ressemblance avec celle qui produit la feuille à emballer les kola ;
elles sont rondes, noires, très dures et de la grosseur des baies
de genièvre ou de petits pois.]
[Note 58 : Tout ce qui est en soie est appelé _hanniki_ à Kong.]
[Note 59 : Dans chaque quartier il y a un ou deux hommes sachant
faire les burnous et vivant exclusivement de ce métier.]
[Note 60 : Le mot _daba_ vient d’un instrument aratoire dont on ne
peut se servir que des deux mains (des 10 doigts).]
[Note 61 : _Mokho_ veut dire « homme ».]
[Note 62 : _Ponguisé_ veut dire « étoffe de Kong », et _dadji_
« crachat » (de la couleur rouge du jus de kola).]
[Note 63 : Dans toute la région de Kong, l’arbre à cé et l’arbre
à néré restent stériles ; la limite de culture maximum sud est
par 9° 30′ ; plus au sud, l’arbre pousse encore, mais ne donne
plus de fruits. La vraie zone de culture pour ces deux arbres est
comprise entre 9° 30′ et 12°.]
[Note 64 : Le _tintoulou_ est la graisse extraite du sarcocarpe
fibreux qui enveloppe l’amande du palmier à huile.]
[Note 65 : Le _tingolotoulou_ (_nté koulou toulou_, l’huile du
noyau du palmier) est l’huile extraite de la noisette du palmier
à huile. (Voir le chapitre XV.)]
[Note 66 : A raison de 28000 cauries pour un âne (56 fr. l’un)
et 46000 pour les deux bœufs, dont un était en très mauvais état
(46 fr. pièce).]
[Note 67 : Il ne se passait pas de jour que je reçusse la visite
d’un voisin venant me demander un écrit destiné à donner
l’intelligence à ses enfants.
J’avais beau leur représenter que l’efficacité d’un tel remède
était difficile à prouver, ils insistaient tellement, que je me vis
forcé, à mon grand regret, de me prêter à plusieurs reprises à
cette fantaisie.
Je m’en acquittai le plus loyalement possible en écrivant à
l’encre sur les tablettes en bois qui leur servent d’ardoises :
« Que Dieu leur donne la lumière. »
La tablette était ensuite bien lavée, et l’encre, mêlée à
l’eau qui avait servi au nettoyage de la planchette, était donnée
à boire aux petits.
D’autres solliciteurs venaient me demander un écrit préservant
des balles et faisant dévier ses propres projectiles, afin que de
son côté il n’atteignît personne en guerre.]
[Note 68 : Cependant, à mon second séjour j’ai cru surprendre
dans une conversation qu’il existait ici des documents historiques
sur lesquels on transcrivait les événements saillants, documents
tenus à jour scrupuleusement.]
[Note 69 : Kouroudougou ne veut pas dire « pays des pierres ou des
montagnes », comme son étymologie pourrait le faire supposer ;
Kourou est un nom de peuple.]
[Note 70 : Cette appellation est absolument impropre. Le mot _Bambara_
est à Kong le synonyme de _kafir_ (infidèle), et comme toutes les
peuplades des environs sont fétichistes, ils appellent Bambaradougou
tous les pays qui ne sont pas musulmans.]
[Note 71 : Homme âgé et vénéré.]
[Note 72 : Note de M. O. Houdas, professeur à l’École des langues
orientales, sur l’écriture des gens de Kong :
« L’écriture arabe employée par les gens de Kong est celle dont
font usage tous les nègres du Soudan ; elle appartient au genre
que j’ai appelé _soudani_ et qui est une des variétés du type
maghrebin. Ce qui caractérise ce genre d’écriture, c’est la
ressemblance frappante qu’ont conservée bon nombre de lettres
avec les caractères correspondants de l’écriture coufique telle
qu’elle était usitée vers le IVe siècle de l’hégire. On y
retrouve, en effet, la forme rectangulaire des lettres emphatiques
qui, dans les autres genres d’écriture, a été remplacée par
la figure d’une poire couchée ; les trois lettres _djim_, _ha_
et _kha_ sont représentées par une ligne brisée au lieu d’une
demi-ellipse accompagnée de la partie correspondante de sa normale :
le _dal_ et le _dzal_ ont trois branches au lieu de deux, etc.
« Il parait bien difficile, d’après ces observations, de ne point
admettre que les gens de Kong, ainsi d’ailleurs que les autres
musulmans du Soudan, n’ont pas tiré directement leur écriture
du coufique à l’époque où ce dernier caractère était encore
usité dans les livres liturgiques, c’est-à-dire au Ve siècle
de l’hégire au plus tard. En outre, il est plus que probable que
l’introduction de l’écriture arabe et celle de l’islamisme qui
l’amenait à sa suite se sont faites directement de Kairouan et non
du Maroc ou de l’Algérie, car dans ces deux dernières contrées
l’usage du coufique paraît avoir cessé de fort bonne heure pour
faire place à une écriture plus élégante et plus cursive. Il
serait bien surprenant que les nègres eussent adopté un caractère
lourd et disgracieux s’ils avaient eu connaissance d’un type,
d’un tracé plus commode et d’une allure plus dégagée. »]
[Note 73 : _Komono_ veut dire « derrière le Comoé, derrière le
fleuve Komo », _no_ est un affixe qui signifie « après ». Nous en
avons un autre exemple dans _Tagouano_, « derrière les Tagoua ». En
effet le Tagouano est situé derrière, c’est-à-dire à l’est
des Tagoua, qui habitent Ngokho, Mbeng-é et les environs.]
[Note 74 : Partis le 19 mars, mes deux courriers sont arrivés à
Bammako le 20 juin, c’est-à-dire trois mois après. Ils ont reçu
partout l’accueil le plus bienveillant ; Pégué, Tiéba et Samory
leur ont fait de nombreux cadeaux. Les populations qu’ils ont
traversées étaient entièrement gagnées à notre cause. Partout
mon passage avait laissé une heureuse impression. Ils ont fait ce
voyage sans armes : mes lettres seules leur ont servi de sauf-conduit.]
[Note 75 : Usage pris aux Mandé musulmans.]
[Note 76 : Une charge de porteur, femme ou homme, pèse de 25 à
35 kilos.]
[Note 77 : Les _sadioumé_ sont des échassiers noirs et blancs qui, à
l’approche de l’hivernage, viennent nicher sur les gros arbres des
villages ; on les appelle vulgairement « oiseaux d’hivernage ».]
[Note 78 : Pluriel de Peul. Synonymes de Poul, Foulla, Fellata, etc.]
[Note 79 : Sur les premières éditions de la carte du Dépôt de la
guerre, le Borgou était placé dans la région comprise au nord de
Djenné entre Sokolo et le Niger.]
[Note 80 : J’ai appris depuis que c’est Mounéri (frère
d’Ahmadou de Ségou).]
[Note 81 : Beaucoup de musulmans de Kong rendent la liberté à
leurs captifs. J’ai eu l’occasion de voir à Kong des gens des
deux sexes ayant obtenu la liberté de leurs maîtres. Je ne pense
pas cependant qu’il faut attribuer cet acte à la clémence ou à
la générosité du propriétaire, je crois plutôt que c’est un
signe de pénitence, pour se faire pardonner quelque gros péché, ou
encore que c’est suivant les conseils d’un kéniélala, ainsi que
cela se passe fréquemment pour les ânes et les ânesses, qui sont
exempts de travail et qu’on voit errer dans les villages. Quand un
de ces animaux vient boire ou manger dans la calebasse d’une femme
sans qu’il y soit convié, le fait est considéré par la brave
femme comme une bonne fortune.
Par la suite j’ai appris de la bouche de notables musulmans que la
libération des captifs était recommandée par les livres saints. Le
Coran en effet contient un paragraphe dans lequel il est dit : « Quand
un esclave te demandera sa liberté _par écrit_, tu la lui donneras,
en y ajoutant une partie des biens que le seigneur t’a prodigués. »
J’ai du reste remarqué que tous les esclaves libérés avaient
reçu une instruction religieuse assez complète et qu’ils savaient
tous lire.
C’est une mesure très louable, puisque l’esclavage ainsi compris
n’est qu’une mesure civilisatrice.]
[Note 82 : Le colonel Archinard, depuis ma rentrée, a placé le
territoire du Sâro sous notre protectorat.]
[Note 83 : _Mangha_ veut dire en poular : _grand_.]
[Note 84 : _Lakh lalo_ des Wolof.]
[Note 85 : _Doufiné_, en bobo-niéniégué, veut dire « Dieu ».]
[Note 86 : Les derniers que l’on rencontre en allant vers l’est.]
[Note 87 : Textuellement : « homme faisant fonction de roi ».]
[Note 88 : Pays indépendant, situé entre le Ségou et Djenné
et placé sous l’autorité des Sonninké les plus influents de
la région.]
[Note 89 : Le _couscous_ est préparé avec du petit mil (_sanio_)
que l’on pile jusqu’à ce qu’il présente des granules grosses
comme de la semoule, puis il est cuit à la vapeur dans un chaudron
perce de trous qui sert de couvercle à une marmite pleine d’eau. Le
couscous, une fois cuit, est séché au soleil et peut se conserver
fort longtemps. Pour l’apprêter, il suffit de l’arroser avec
un peu d’eau bouillante. Il se mange avec toutes les sauces, à la
viande, ou simplement dans du lait frais ou caillé.]
[Note 90 : _Tombo_ (chenille), _foroko_ (outre, peau de bouc), _fani_
(étoffe : étoffe en outre de chenille).]
[Note 91 : Le _lomas_ est une broderie particulière, qui veut dire
de « trois doigts de largeur ».]
[Note 92 : Bouche noire.]
[Note 93 : Comme cette étymologie me paraît hasardée, je la cite
comme _on-dit_ ; jusqu’à confirmation, je n’y crois pas.]
[Note 94 : Peuple du Gourounsi.]
[Note 95 : A Poura, m’a-t-on dit, les gens ont un peu plus
de facilité pour se livrer à l’exploitation de l’or ; les
orpailleurs lavent les alluvions d’un ruisseau dans lequel il y a
de l’eau encore pendant quelques mois après la fin des pluies.]
[Note 96 : Les Dafing et les Mossi de Boromo ne prononcent jamais
_di_, ils changent partout cette diphtongue en _z_ : ainsi ils disent
_Zoula_ au lieu de _Dioula_, _a man zan_ au lieu de _a man dian_
(il n’y a pas loin), _Zabéré_ pour _Diabéré_, etc.]
[Note 97 : On appelle aussi Gandiari : Diamberma, Zamberma ou Zaberma ;
c’est ce dernier nom qui est le nom du pays d’origine de Gandiari
et de ses guerriers. Ils viennent de Zaberma, rive gauche du Niger,
au nord de Say et du Haoussa.]
[Note 98 : Il n’a pas donné suite à ses projets de dévastation.]
[Note 99 : Nom sous lequel on désigne certains ânes d’une robe
couleur chair (voir chapitre Mossi).]
[Note 100 : Nom sous lequel on désigne la nuance de certains ânes
(voir chapitre Mossi).]
[Note 101 : Mil tout préparé cuit avec de la patate pilée et du
piment, que l’on mange en marchant.]
[Note 102 : « Tu l’obtiendras, louange à Dieu ! Que Dieu te
le donne ! Il n’y a pas d’inconvénients. Que Dieu te donne la
paix ! » etc.]
[Note 103 : Le _kountan_ est un arbre ressemblant à un prunier
sauvage, il atteint une assez grosse taille. Son fruit est de la
grosseur d’une prune d’Europe ; il est blanc et sa chair est
visqueuse. Le noyau est très gros, rugueux, réticulé et adhérent
à la chair, dont il est excessivement difficile à détacher.
Cet arbre semble être le _Chrysobalanus Icaco_ des Antilles.
Il existe un spécimen de cet arbre dans la cour du poste de Médine
(Soudan français).
La boisson qu’on prépare avec cette prune n’est pas fabriquée
comme le _dolo_ de mil, de sorgho ou de maïs ; le fruit, fermenté,
est cuit et recuit après avoir été séparé de son noyau.
Cette boisson enivre les indigènes : mais pour un Européen
il faudrait en boire pendant plusieurs heures pour éprouver de
l’ivresse. Il constitue pour lui un puissant laxatif.
Le noyau, séché, est conservé dans les greniers. En temps de disette
et pendant les marches quand on ne peut se procurer d’autres vivres,
les Gourounga en mangent l’amande.]
[Note 104 : Le _r’_ remplace le غ arabe.]
[Note 105 : Nattes tressées en gros roseaux.]
[Note 106 : Voir chapitre X, t. II, pour les détails sur ses
vêtements.]
[Note 107 : _Naba_ veut dire : roi, maître, chef.]
[Note 108 : _Nabiga_ veut dire en mossi : enfant de roi.]
[Note 109 : Sakhaboutenga veut dire en mossi : Pays du _to_. _Sakhabou_
est le mot mandé _to_, et _tenga_ correspond à la terminaison
mandé : _dougou_.]
[Note 110 : _Natenga_, abréviation de _nabatenga_, résidence du
naba, capitale.]
[Note 111 : Waghadougou veut dire en mandé : village de la brousse
ou, encore, pays des paniers.]
[Note 112 : Ouor’odor’o, en mossi, veut dire : beaucoup de cases ;
_ouor’o_, beaucoup ; _dor’-o_, case.]
[Note 113 : Comme dans tous les pays soudanais que j’ai visités,
on ne rapporte jamais la tête des lièvres dans le village : cela
porte malheur, paraît-il.]
[Note 114 : Les Mossi désignent les autres peuples voisins sous
des noms particuliers, dont quelques-uns ont déjà été signalés
par Barth. Ce voyageur, probablement par suite d’une mauvaise
transcription, dit que les Mossi nomment les Haoussa : Sangoro, c’est
_Zang-ouér’o_ qu’il faut lire. Il convient aussi d’ajouter
à cette nomenclature : les Tombo, qu’ils nomment : _Kibga_ ;
les Gourounga (habitants du Gourounsi) ; les Lakhama, qu’ils
appellent _Nokhorissé_. Les Mandé sont appelés _Tauréarga_
et encore Zauréarga ; les Peuls : _Tchilmigo_ ; les Pakhalla :
_Kouakhallakha_, et les Songhay : _Marenga_.]
[Note 115 : La lettre _r’_, que j’aurai souvent l’occasion
d’employer, représente un son très répandu dans le langage
mossi. Ce son est moins dur que celui du خ arabe, que je représente
toujours par _kh_ ; il équivaut au غ arabe ; en commençant il est
toujours prononcé avec difficulté par les Européens. Peu à peu
l’oreille s’y fait cependant et l’on arrive à le prononcer
assez aisément par la suite.]
[Note 116 : _Naba_ est un titre qui signifie en mossi : maître,
seigneur, roi, chef ; pour se distinguer des autres naba, le chef
suprême du Mossi porte le titre de _naba sanom_ (roi or) ; il est
désigné aussi souvent sous le nom de Mor’o naba (roi des Mor’o,
des Mossi). Son prénom est Makha, et son nom de famille Gomma.]
[Note 117 : Le Yatenga n’appartient pas à Naba Sanom : le souverain
de ce pays est absolument indépendant, il réside à Ouadiougué
et entretient des relations amicales avec le Mossi (pour plus de
renseignements, voir la fin de ce chapitre).]
[Note 118 : La mission dont il s’agit est vraisemblablement
l’expédition du lieutenant allemand von François, qui remontait
du Togo vers Gambakha.]
[Note 119 : Pendant mon séjour à Oual-Oualé, plus tard j’appris,
par des Mossi venant de Waghadougou, que pendant que j’étais chez
Naba Sanom, la nouvelle de l’arrivée à Gambakha d’un blanc et
de trente hommes armés troubla Naba Sanom ; le bruit se répandit
bientôt que j’étais l’avant-garde de cette expédition. On
conseilla au naba de me conserver à Waghadougou comme prisonnier en
attendant les événements ; mais les musulmans influents, consultés,
déclarèrent qu’il fallait me renvoyer et m’empêcher de rallier
l’expédition de Gambakha. C’est pourquoi je fus dirigé vers
Boukary Naba et le Dafina.]
[Note 120 : Le _gombo_ est un légume très mucilagineux et bienfaisant
par excellence. Il pousse après de longues tiges, a la forme
d’une corne d’abondance d’environ cinq à dix centimètres
de longueur. L’extérieur est velu et l’intérieur renferme
une grande quantité de grains ronds. Les indigènes s’en servent
surtout pour les sauces. Ce légume est connu au Brésil, aux Antilles,
aux États-Unis et en Turquie. Les Arabes l’appellent _mouloukaïa_.]
[Note 121 : Volta Blanche.]
[Note 122 : Il n’existe aucun centre désigné spécialement par
le mot Yatenga, c’est le nom d’un pays assez vaste situé entre
le Mossi et le territoire des Tombo. (Voir la fin de ce chapitre.)]
[Note 123 : Ebn Batouta, qui visita Tombouctou en 1352, dit que la
ville était alors principalement habitée par des gens de Mima et
des Touareg (Massoufa) qui avaient un chef particulier.]
[Note 124 : Langue du Mossi.]
[Note 125 : En fait de cavaliers je n’ai à peu près vu que des
gens du naba ; les autres personnages montent modestement une ânesse
avec un coussin placé sur la croupe en guise de selle.]
[Note 126 : Ce poivre est renfermé dans de petites cosses de 7 à 8
centimètres de longueur ; il croît en sol humide dans la zone de
végétation dense entre le 8e degré et la mer. La plante est une
liane qui se multiplie par boutures.]
[Note 127 : Le _niamakou_ est une plante à souche vivace ; sa fleur
est rouge cramoisi dans le haut et jaune dans le bas ; elle pousse
à l’état isolé dans plusieurs régions que j’ai visitées,
mais on la tire surtout du voisinage du 8e degré de latitude nord.
Son fruit est une capsule coriace, bosselée, d’une couleur bistre
quand elle est séchée. Elle renferme des graines noires un peu
aplaties, qui sont mélangées à une pulpe incolore et acide.
Les indigènes pilent la coque avec la graine. La plante me semble
n’être autre chose que l’_Amomum melegueta_.]
[Note 128 : Les pays du Soudan où l’on trouve les meilleurs chevaux
sont, de l’ouest à l’est : le Kingui, le Bakhounou, le Macina,
le Yatenga, les pays songhay, le nord du Haoussa. Ce sont des pays de
plaine, élevés, sans bas-fonds marécageux. Ils sont compris entre
13° et 18° de latitude nord ; dans toutes ces contrées on abreuve
les chevaux aux puits.]
[Note 129 : _Les Chevaux dans les temps historiques et
préhistoriques_.]
[Note 130 : On m’a affirmé qu’à Mani on pourrait trouver à
acheter une dizaine d’ânes dans une journée.]
[Note 131 : Sur les 18 ânes que j’ai eus à mon service et dont
j’ai fait l’acquisition à Bakel, 2 sont morts à Ouolosébougou
au bout de 4 mois de service (crochets non percés) ; 1 laissé
au commandant de Bamakou (blessé au pied) ; 2 laissés à Tiong-i
(devenus inutiles par suite de suppression de bagages) ; 3 vendus à
Kong (10 mois de service) ; 1 vendu à Ouahabou (1 an de service) ; 4
volés dans le Gourounsi (18 mois de service) ; 2 morts à Oual-Oualé
(16 mois de service) ; 3 morts à Salaga (18 mois de service). Tous
ces animaux ont été constamment exposés aux intempéries et
n’ont reçu de mil qu’à partir de Fourou, après 8 mois de
service déjà.]
[Note 132 : Les ânes mossi sont presque tous des sarfatté.]
[Note 133 : Dans le Haoussa les ânes valent de 25000 à 30000 cauries
(du temps de Barth, 5000) ; à Salaga, leur prix varie, actuellement,
entre 90000 et 120000 cauries (du temps de Barth, ils valaient de 15
à 20000).]
[Note 134 : Les Touareg sont aussi appelés _Sorgou_ et _Bourdammé_
par les Mossi. — _Sorgou_ est le nom mandé et veut dire méchant,
mauvais ; _Bourdammé_ est le nom sous lequel on désigne les Touareg
à Tombouctou.]
[Note 135 : Ces districts exportent un peu de cotonnade blanche sur
Oual-Oualé.]
[Note 136 : _Lounga_, mot mossi qui désigne le tam-tam à cordes.]
[Note 137 : _Doudéga_, sorte de violon à archet ; instrument peul.]