VIII.

Toi dont la voix est une musique, pourquoi écoutes-tu tristement la

musique? les douceurs ne font pas la guerre aux douceurs, la joie prend

plaisir à la joie. Pourquoi aimes-tu ce que tu ne reçois pas volontiers?

ou pourquoi reçois-tu avec plaisir ce qui te déplaît? si le véritable

accord de sons harmonieux, mariés par une heureuse union, blesse ton

oreille, ils ne font que te reprendre doucement, toi qui confonds dans

ton chant solitaire les parties que tu devrais entonner. Vois comme les

cordes doucement unies ensemble se frappent mutuellement dans une

harmonie réciproque, comme un père, un enfant et une heureuse mère qui

chantent ensemble le même air délicieux, et dont le chant sans paroles

multiples et cependant me semble te dire ceci: «Toi qui es seule, tu

seras comme si tu n'étais pas!»

Sonnets. Volume 8 · 第 9 / 154 题