IX.

Est-ce par crainte de mouiller tes yeux des larmes d'une veuve que tu te

consumes dans une vie solitaire? Ah! s'il t'arrive de mourir sans

enfants, le monde te pleurera comme une femme sans époux, le monde sera

ta veuve, se lamentera de ce que tu n'as laissé après toi aucune image

qui te rappelle, lorsque chaque veuve peut conserver en son particulier

le portrait de son mari dans son coeur en regardant les yeux de ses

enfants. Vois ce qu'un prodigue dépense dans ce monde qui ne fait que

changer de place, car le monde en jouit pourtant; mais la beauté

prodiguée a un but en ce monde, et si on la garde sans s'en servir,

celui qui la possède la détruit. Ce coeur qui peut commettre sur

lui-même un meurtre aussi honteux ne respire point d'amour pour les

autres.

Sonnets. Volume 8 · 第 10 / 154 题