III.

Regarde-toi dans ton miroir et dis au visage que tu y verras, qu'il est

temps pour ce visage d'en former un autre; si tu ne pourvois pas

maintenant à le réparer plus tard, tu trompes le monde, tu laisses une

mère sans bénédiction; car où est la belle dont le sein stérile dédaigne

la culture du laboureur? où est l'homme assez fou pour servir de tombeau

à son amour-propre pour arrêter la postérité? Tu es le miroir de ta

mère, en te voyant elle retrouve le bel avril de son printemps; de même

à travers les fenêtres de ta vieillesse, tu reverras ton âge d'or au

mépris des rides. Mais si tu vis pour qu'on oublie, meurs fille, et ton

image meurt avec toi.

Sonnets. Volume 8 · 第 4 / 154 题