MM. de Jallais, père et fils, vinrent aux Veulottes, à la tombée du
jour, pour un dîner d'adieu.
Il y avait entre eux une grande gêne, à cause de ce qu'ils portaient en
commun, et qui les brûlait davantage à mesure qu'ils approchaient de
madame Durosay. À la vérité, le conseiller général y eût éprouvé une
émotion sans amertume, si le moral de Septime n'eût été si profondément
affecté. Décidément, ce garçon avait pris «l'aventure» tout à fait au
sérieux. Était-ce à trouver une pareille figure que la lettre, un
tantinet gaillarde, narrant l'épisode du Mont-Revard, avait préparé le
pauvre papa? Hélas! la forfanterie qui suit la première heure d'amour,
se peut-elle donc ainsi muer, en un temps si court!
--Allons, gros bêta! tenons-nous, sacrebleu! disait M. de Jallais le
long de la route. Et il eût été heureux de causer «à coeur ouvert» avec
ce «grand vilain garnement».
Septime, pour qui cette entrevue dernière était un supplice, avait
retenu son père toute la journée, aux préparatifs du départ; il avait
refusé la voiture, mise à leur disposition, et fait annoncer qu'il
préférait se rendre à pied à la campagne. Et ils avaient quitté Néans le
plus tard possible.
Ils cheminaient côte à côte. Le coeur de Septime avait trop besoin de
s'ouvrir pour le pouvoir faire aisément et toute parole lui était
douloureuse comme un contact sur une plaie. M. de Jallais sifflotait.
Septime attendait qu'apparut l'épais bouquet d'arbres où la maison des
Veulottes se cachait. Il apparut à une distance de deux kilomètres sur
la pente d'une colline et dans l'instant même que la route pénétrait sur
la terre de Saint-Pont.
Septime tendit la main vers la touffe de verdure lointaine, isolée dans
le reste de la campagne insignifiante, et qui contenait le monde, et, la
désignant à son père, il dit:
--C'est là.
--Ah! fit M. de Jallais.
--Et ici, continua Septime qui éprouvait une espèce de volupté à se
faire mal, ici, c'est Saint-Pont...
--Ah!
Et ils continuèrent de marcher en silence, puis M. de Jallais reprit:
--Qu'est-ce que c'est que Saint-Pont?
On voyait le château au bout d'une longue allée d'acacias centenaires:
un fort et honnête corps de logis aux fenêtres à meneaux, flanqué de
deux gros pavillons aux longs toits moussus; des pigeonniers en pointe,
une chapelle. Un homme, d'assez maigre apparence, dont la figure était
bonne et dont les yeux, extrêmement clairs, semblaient perdus en songe,
tournait l'allée précisément.
--Saint-Pont, dit Septime, c'est la terre de ce monsieur-là qui est le
comte de Thérouette et ruiné en bonnes oeuvres, et ce sera la semaine
prochaine celle de monsieur Lureau-Vélin qui est riche et très comme il
faut. Il paraît que voilà trois siècles qu'il y a des Thérouette là
dedans...
--Et il vend!...
--On le vend. Tu vois bien que ce n'est pas lui; tiens, il s'en va en
chantonnant du côté de ses vieux murs, il n'a pas l'air de se douter
qu'il n'est plus chez lui.
--C'est bien triste...
--Monsieur Grandier dit: «Tant pis pour les maladroits!»
--Monsieur Grandier!... fit M. de Jallais, souriant d'abord, puis
pensif.
Il n'osa pas parler de l'homme étrange qui lui était apparu la veille,
en la personne du docteur Grandier, c'était effleurer trop le sujet
brûlant. La route devenait montueuse; on ralentissait le pas; le besoin
de parler lui fit dire:
--Ce monsieur Lureau-Vélin est très bien.
--Très bien! confirma Septime.
Et le jeune homme éprouva tout à coup que parler de cet homme lui était
un soulagement indirect, un épanchement biaisé, imprévu. Il partit d'un
bond, dit tout ce qu'il savait de lui, raconta toutes les circonstances
où il l'avait approché ou seulement aperçu. Il l'admirait constamment;
faisait en tous points son éloge, avec une insistance où l'on sentait la
conviction sincère, la complète séduction d'un jeune homme ardent par un
homme accompli. Et ainsi, il savourait, avec chaque parole élogieuse, sa
sourde haine immaîtrisable. Il lui semblait que, par un petit canal
insoupçonné, la chose qui l'étouffait et qu'il ne pouvait dire,
s'écoulait lentement, d'un mince filet âcre et continu qu'il ne pouvait
plus se résoudre à interrompre. Il parlait, parlait avec volubilité. Il
analysait avec la finesse inconsciente des passionnés l'effet produit
sur lui par une rencontre avec cet homme. Sa prestance élégante, de loin
d'abord, la noblesse de sa figure virile; le prestige de sa haute taille
et de ses membres forts; son abord aimable et poli, sans nulle
affectation; son intelligence ouverte, agile et répandue, et quelque
chose enfin qui faisait de lui celui que l'on voudrait être. Il avait
toujours gagné à le voir, à l'entendre, à le fréquenter, ne fût-ce que
quelques minutes. Rien ne hausse et ne parachève aussi promptement un
jeune homme que la vue nette du type qu'il se propose de réaliser.
Chaque approche de cet homme attirait Septime vers son avenir, le
formait en le mûrissant et lui épargnait les lentes hésitations du
modelage de soi selon le type purement idéal, à quoi beaucoup de la
jeunesse d'aujourd'hui, si éprise d'originalité, se perd. Et combien
d'occasions il avait eues, Seigneur! de recevoir de M. Lureau-Vélin la
force et la grâce virile qu'il se souhaitait! Récapitulant, il le
trouvait partout, depuis l'instant même de la venue au jour de son
intense vie amoureuse, depuis l'instant où il avait commencé de voir
clair dans son coeur, cet être attirant et obscurément ennemi lui était
apparu à toute encoignure, à tout détour de chemin et jusque même,--une
fois, effroyablement!--jusque dans les bras de l'aimée: comme l'ombre
même de l'amour. Grandier avait donc encore raison lorsqu'il disait que
l'amour est fait de soleil et de nuit, aussi irréparablement liés que
dans la vie astronomique. Cet être était la nuit conseillère féconde et
terrifiante aussi. C'était lui qui avait exalté, par ses belles paroles,
les deux amants timides, le soir de la montée à la Chartreuse; c'était
lui dont la conversation badine et paradoxale, pareille aux jeux falots
de la lune sur le grand Som et le pignon pointu, lui avait révélé le
fond luxurieux de l'amour et l'ironie dont il est fardé, comme un
pierrot! C'était lui qui, le piquant de jalousie, un moment, avait porté
sa passion à l'aigu; à lui il devait ses pires douleurs bienheureuses.
Enfin, il était la nuit profondément noire de l'avenir, avec sa terre
de Saint-Pont qu'un fossé séparait des Veulottes, où une fatalité bien
extraordinaire l'avait amené. Et cette nuit d'avenir, qui savait si ce
n'était pas celle qui tombait, déjà! avec les bleus glacés qui se
ternissaient là-bas, au bout de la route, à l'opposé du couchant? Qui
savait ce qu'il y avait au juste, depuis le dernier regard échangé,
l'avant-veille, avec la jeune femme, et où il avait senti ses yeux
morts pour lui? Il haïssait éperdument, dans la mesure qu'il admirait
et qu'il aimait; et ses paroles enthousiastes versaient dans le sein
paternel le mince filet continu de fiel.
M. de Jallais ahuri attribuait cette excitation à l'approche des
Veulottes, dont on s'apprêtait en s'époussetant avec son mouchoir, à
pousser la grille d'entrée.
L'été torride avait semé le feuillage des tilleuls dans la grande allée
d'arrivée. Septembre était, cette année-ci, de plein automne. Ces
messieurs montèrent l'avenue sombre parmi l'odeur et le menu bruit des
feuilles sèches.
--Madame? dit la Grand'Jeannette, en heurtant les croûtes dorées de son
front, en signe d'humeur médiocre, l'est p't'êt' ben là; allez don'voir!
verrez ben!
Puis, la figure de Septime, lui revenant tout à coup, elle s'attendrit.
--Ah! pauv' cher mignon! faut-i! faut-i! l'est donc parti, c'bon m'sieu
l'abbé? l'est don'enterré d'hier, qu'i disent, c'est-i ben vrai Dieu
possible? Oh! l'cher homme du bon Dieu!
Et comme ces messieurs s'engageaient dans le petit sentier couvert qui
conduit à l'entrée de la maison bourgeoise, sa voix dolente les
accompagna jusqu'au premier détour. Et elle recommença de bougonner:
--C'est les bons qui s'en vont!... Et à c't'heure qui qu'c'est qu'tout
ça: des vieux, des jeunes, sans compter c'tila à la barbe que j'y
donnerais pas pour sûr l'bon Dieu sans confession! qu'ça vient pardi
danser la pirouette alentour de madame... ça n'vaut ren! ça n'vaut ren!
Il n'y avait personne dans le vestibule ni dans le salon. M. de Jallais,
fatigué, s'assit. Mais Septime ne put tenir en place.
--C'est bon! c'est bon! je vais faire un tour de jardin.
C'était l'heure du crépuscule d'automne. Le soleil disparu laissait
errer des orangés mourants sur les feuilles jaunissantes, la verdure des
pins s'endeuillait autour des troncs violets et roses, et des vignes
vierges parasites empourpraient l'épais duvet gris des houppes des
baguenaudiers.
Septime traversa la pelouse où Lespingrelet avait dansé. L'herbe s'était
redressée sur le tertre aplani; quelques fleurs de trèfle le parsemaient
d'incarnat: des touffes de luzerne formaient des taches sombres. Il
s'arrêta sous la charmille où il s'était étendu à regarder durant la
chute du jour, un bout de bottine, le bord d'une robe à grands carreaux
rouges, et l'ombre croissante des arbres. L'heure était la même, mais
toutes les choses plus paresseuses, et vieillies, déjà reposées. Quand
il fut certain de l'endroit, de la place même où elle avait été assise,
il se baissa vers le sol comme pour le baiser; mais il crut défaillir,
et demeura là.
La terre exhalait des odeurs plus fortes: toute la nature mûrie
embaumait du parfum du fruit. L'or des feuillages avait, aux yeux, des
caresses plus chaudes, et certaines lueurs, sur les ormes et sur les
platanes, jusque même en expirant brûlaient.
Septime revécut à cette place et malgré lui les prémices délicates de
son amour. Mais elles lui parurent, en ce cadre d'or rutilant, mesquines
ou ridicules. Les pauvres désirs à peine osés, les tendres nuances d'une
passion qui s'ignore, tout cela était misérable et lointain. Les grands
malaises pour une attitude ou pour un mot un peu gauches, les anxiétés
sourdes, sans raison, toute la rumeur tumultueuse d'une inconscience
fatiguée d'ombre et qui s'efforce vers la lumière: autant de jeux
puérils, de petites terreurs de bébé, au prix de la douleur d'homme
aujourd'hui franchement éclatée, comme, à côté de lui, ces grenades au
coeur sanglant!
Les bruits mêmes qui lui vinrent, extrêmement nets et clairs dans la
limpidité du silence, lui semblèrent comme lui, haussés en gravité.
Toute la nature parlait d'une voix mâle; un pouls solide battait à
chaque chose respirante, sous la forte caresse de ce ciel pâmé et
mourant déjà peut-être d'avoir atteint tout le possible de beauté.
Lorsque le ciel haleta, que les souffles légers de son agonie passèrent
en frissons parmi les feuillages et que l'on toucha la nuit, un effréné
désir monta de la terre. Septime crut voir son coeur parmi toutes les
choses soulevées. On distinguait très bien l'odeur du sol, celle des
pins, des tamaris, celle des floches, entêtante, et qui ne couvrait pas
cependant le parfum plus délicat des roses. Les arbres, les fleurs et ce
jeune homme palpitaient en cette minute unique du jour, minute
d'angoisse et de volupté mêlées, l'incomparable instant de l'amour!
Septime se releva; il ne supportait plus la rêverie inerte; toutes ses
jeunes ardeurs mûries se condensaient en un désir impérieux, brutal et
pressé: le désir d'embrasser une fois encore, une fois suprême, la
bien-aimée, d'écraser ses lèvres sur quelque endroit de sa chair et de
crier, de hurler, de toute la force de ses poumons: «J'aime! j'aime!»
parmi les ors éteints de cet automne passionné.
Il marcha, puis se mit à courir au hasard sous le couvert des allées
assombries et dans la taquinerie chuchotante des feuilles sèches. Le
petit bruit vieillot, bruit de bonne femme, à ses pieds, l'énervait. Il
eut le ressouvenir de la jolie peur qu'elle avait eue là-dessous...
Arrivé au pont de bois qui traverse le cours d'eau, il retint son pas,
ayant l'idée tout à coup qu'elle était peut-être au jardin et qu'il la
pourrait surprendre.
Il était arrêté et regardait de loin, parmi l'obscurité tombée, la
flaque un peu plus claire de l'étang taché de nénuphars mélancoliques.
Qui sait? elle était venue, peut-être, ce soir, jusqu'au potager en
souvenir d'un autre soir!... Elle errait, dans l'ombre, peut-être, en
compagnie de sa mémoire ornée de tendres images, et il fallait peut-être
rencontrer dans cette allée de lavandes, interminable et droite, où, de
gaucherie juvénile et de soir embaumé, avait été conçu son amour! Pour
une telle rencontre, et pour un baiser, il sacrifiait le reste des jours
à venir. Qu'elle s'enfonçât, qu'elle se perdît dans la nuit ou dans le
vide, après cela, la belle allée odorante de sa passion! Que le vertige
un moment senti autrefois, le long de ses lignes rigides et sans fin,
pour un mot qui fuyait, le reprît et l'anéantît, cette fois, pour un
lendemain qui se refusait! pourvu qu'il approchât l'être adoré dans un
pareil cadre d'émotion!
Il traversa le pont sur la pointe des pieds, comme s'il était certain
qu'elle fût là. Il était naïf et charmant, en sa précaution amoureuse.
Il souriait. Il oubliait tout, encore une fois, pour le court instant
qui allait être. Dès qu'il l'apercevrait, il lui sauterait au cou, et
dans l'unique morsure qu'il lui ferait aux lèvres, il mangerait tout
l'avenir. Oui, quelle qu'elle fût, quelle que fût sa pensée, à elle! il
ne la voulait ni interroger, ni connaître, il était las de ces sondages
vains et pénibles; de ces trop sottes interprétations d'un geste ou d'un
regard où il s'était déjà trompé souvent; il ne voulait pas empoisonner
sa dernière minute. Ses lèvres s'entr'ouvraient et il happait seulement
la lèvre aimée.
L'ombre s'épaississait; des souffles frais passèrent; il sentit l'odeur
fadasse de l'étang; des noyers gaulés secouèrent le reste de leurs
feuilles.
Il écouta; il s'impatienta contre ce souffle qui n'en finissait pas et
semblait couvrir un bruit de paroles! Il se trompait. Mais non,
cependant. Des paroles! elle n'était pas seule; tout était perdu; il ne
la baiserait jamais plus! Mon Dieu! quelle sottise d'avoir espéré la
trouver seule!... Des paroles! mais venaient-elles d'elle, seulement?
Qui donc affirmait qu'elle fût là? Qui? mais l'évidence, une de ces
certitudes qui s'imposent tout d'une pièce, contre quoi le moindre doute
est grotesque. Elle était là.
Soudain, une forme grêle et aux mouvements disloqués remua à la porte de
la resserre aux outils et Septime entendit la voix contenue de
Lespingrelet qui soufflait:
--C'est-i p't'êtr' que vous cherchez mam' Durosay, m'sieu Septime? la
dérangez donc point; l'est en conférence...
--Ce n'est pas vrai! fit Septime brutalement, irrité de cette
affectation discrète et d'une subite terreur qui l'empoigna aux tempes
et le glaça tout entier.
--À vot'aise! mais je veux ben qu'la cloche me tombe sur l'occiput au
premier coup de l'Angelus du matin, si ce n'est pas vrai qu'v'là
mam'Durosay dans l'allée des lavandes à s'causer avec vot'monsieur...
--C'est bon! dit Septime, de la même façon qu'il eût cinglé, d'un coup
de cravache, le visage de quelqu'un.
--Après ça!... fit le jardinier-sacristain, en soulevant ses épaules et
s'éloignant avec des gestes d'araignée; et il se retourna, déjà enfoncé
dans l'ombre, pour ajouter en manière de bonsoir:
--_Benedicat vos!..._
Septime fut lâche. Il éprouva parfaitement qu'il se méprisait pour ce
qu'il allait faire. Mais ce n'est pas pour les satisfactions de
l'orgueil que l'on sert le dieu Amour; et quel bas service n'est anobli
par cela seul qu'il est du dieu? Le pauvre enfant voulut surprendre les
paroles que sa maîtresse versait si près de l'oreille de son ennemi,
dans le délice du soir parfumé par l'odeur des fruits. Il rampa derrière
les poiriers; il dérangeait des branches lourdes, et des poires
tombaient, exhalant du musc. Il s'empêtra dans des plants de thym et
faillit mordre en tombant leur petite feuillure odorante; il approchait
des lavandes et reçut d'elles une pleine bouffée de l'heure ancienne.
Mêlée si nettement à l'heure présente, virile et tragique, elle le
grisa. Il ignora complètement ce qu'il allait faire. Et il continuait
d'avancer en rampant, comme une bête nocturne, sous les branches basses
qui lui heurtaient la bouche avec la chair de leurs fruits, tendue
ironiquement, pareille à celles de belles filles offertes par une nuit
amoureuse.
Il aperçut les deux ombres côte à côte. Elles marchaient proches et
séparées. Il les vit avec une grande netteté malgré l'ombre. Elles
étaient grandes, sveltes et pleines cependant, fortes et élégantes,
harmonisées parfaitement. M. Lureau-Vélin était nu-tête, comme s'il fût
sorti pour faire trois pas devant le perron. Elle, avait passé sur ses
cheveux une mantille de dentelles. Il y avait en ce moment, entre eux,
une minute de silence. Septime entendit leur respiration. Et dans le
même instant, le tic tac de la charrette dans la campagne, au loin, fut
perceptible. Était-il fou? Était-ce la minute d'angoisse d'autrefois qui
durait? Se voyait-il? Était-ce lui le bel homme fort qui se tenait à
côté de la jeune femme et cherchait sans doute le mot qui va charmer, le
mot impossible en quoi tout l'embrasement d'une âme et d'une chair se
révèle? Était-ce de l'avant-dernier instant que datait seulement le
vertige de la longue, longue, interminable allée, et qui l'avait torturé
comme un de ces cauchemars sans fin dont la durée réelle est, dit-on, si
brève? Il ne pensait plus à éviter le bruit, dans son avancée dans la
terre et les feuilles. Même une ombre se détourna, et quelqu'un dit à
voix basse:
--Ce n'est rien, il fait un peu d'air et les feuilles sont déjà
séchées...
Pourquoi le ton bas de cette voix le tortura-t-il particulièrement? À
quoi bon parler bas pour dire cela?