«En rade du fort de la Montagne, 3 mars 1795.
«C'est le pied dans l'eau, ma bonne mère, que je vous écris. Nous avons
tous reçu l'ordre, hier, de nous embarquer, et nous avons couché à bord.
Nous sommes à merveille; je suis pourvu de tout ce qui m'est nécessaire;
depuis longtemps, j'avais prévu tous mes besoins et je m'étais occupé à
les prévenir.
«L'escadre a mis à la voile le 11. Elle offrait un brillant spectacle.
Elle n'a pas encore vu les Anglais, mais elle les cherche pour les
combattre.
«Notre destination est enfin arrêtée. La paix faite avec la Toscane a
fait renoncer au projet d'aller à Livourne, et nous allons décidément
en Corse. Cette paix a fait sensation ici; elle va nous ramener
l'abondance. Voilà déjà un des bienfaits de cette convention.»