«Au fort de la Montagne, 21 janvier 1795.
«Les préparatifs de l'embarquement continuent, mon cher père, et ils
commencent à tirer à leur fin.--Je m'embarquerai sur l'_Helvétie_,
bâtiment marchand de cinq cents tonneaux et armé de vingt pièces de
canon, qui a été dévolu à l'état-major de l'artillerie.
«Je viens de revoir ici un homme auquel je suis bien attaché, et qui le
mérite sous tous les rapports: c'est le général Gouvion. J'ai connu
sous lui les premiers travaux et les premiers dangers de la guerre; il
est doux de s'en retracer l'image et de voir l'objet qui vous les
rappelle.--L'intérêt qu'il veut bien me porter est d'ailleurs un assez
grand titre à ma reconnaissance;--il vient de l'armée des Alpes et va à
celle d'Italie avec le général Vaubois, dont vous vous rappelez sans
doute, et dont j'ai été bien aise de faire la connaissance.
«Adieu, mon tendre père,» etc., etc.