M. Presseville, près d’elle, souriait aimablement. Elle continua:

«Il y a un père, un artiste. Sur lui les renseignements manquent, mais

j’ai pensé que vous, monsieur de Cormalis, qui, naturellement,

connaissez tout ce milieu-là... C’est un peintre. Il s’appelle...

Attendez donc... Je sais qu’ils habitent à la Glacière, mais le nom...

Ah! oui: Vougne...»

M. de Cormalis regarda Mme Rivalte, dont la bonne foi était évidente: il

regarda M. Presseville et ne vit sur son visage qu’un sourire agréable.

Une seconde il hésita. Il faillit crier: «Ce n’est pas vrai, ils n’ont

besoin de rien. N’y allez pas!» Mais c’était fou, il ne pouvait ni la

dissuader, ni se dissimuler. Et puis il songea au logement indigent, à

celle qui, depuis tant d’années, partageait, résignée et effacée, sa

misère. Autour de lui quelque chose, lui sembla-t-il, s’écroula et, pâle

d’horreur, il sentit que le cercle de misère se refermait

définitivement.

--Vougne? répondit-il. Oui, je connais... Une affreuse misère, Madame.

Allez-y demain pour qu’ils mangent... Vous y trouverez M. Vougne...

Et il s’enfuit.

Douze aventures sentimentales, suivies d'autres histoires d'à présent · 第 32 / 63 题