II

Ah! malheur à moi! pauvre être ailé d'Argent!

Il me faut chanter la mélopée funèbre de ta dame,

Et sa mort en ce féerique séjour de printemps,

De mélodie, de ruisseau aux rives fleuries,--

Pauvre être ailé d'Argent! ah! malheur à moi!

Il me faut voir

Les fleurs de neige sur le drap funèbre de ta dame!

Va gentil page, à son oreille

Murmure que l'heure est proche.

Doucement dis lui de ne pas redouter

Une sépulture si paisible et si favonienne![1]

Va gentil page! et dis lui tout bas,--

Les fleurs sont suspendues par un charme passager,

Elles tomberont avant que l'étoile cligne trois fois

Sur ses yeux clos,

Qui maintenant versent en vain leurs dernières larmes

En quittant la douce vie et ses verdoyants bocages,--

Fastueux don de l'Esprit des Sphères,--

Hélas! Pauvre Reine!

[1] Exposée aux vents d'Ouest: si saine.

[Pg 176]

Poèmes et Poésies Traduction précédée d'une étude par Paul Gallimard · 第 215 / 333 题