I
O Déesse! écoute ces harmonies sans rythme, expression
D'une douce contrainte et d'un cher souvenir.
Et pardonne-moi de murmurer tes secrets
Même à ta propre oreille à la conque délicate:
Sûrement ai-je rêvé aujourd'hui, ou ai-je vu
L'ailée Psyché de mes yeux éveillés?
J'errais, ne pensant à rien, dans une forêt
Lorsque soudain, défaillant de surprise,
J'aperçus deux belles créatures, étendues côte à côte
Dans l'herbe la plus touffue, sous le dais bruissant
Des feuilles et des tremblantes floraisons, là où court
Un ruisselet, à peine visible.