IV

Quels sont ces gens allant au sacrifice?

Vers quel autel verdoyant, ô prêtre mystérieux,

Conduis-tu cette génisse qui mugit aux cieux,

Ses flancs soyeux tout parés de guirlandes?

Quelle petite ville sur une rivière ou sur le bord de la mer

Ou bâtie sur une montagne avec une paisible citadelle,

Est vide de cette foule en cette pieuse matinée?

Et toi, petite ville, tes rues à jamais

Demeureront silencieuses; et pas une âme, pour dire

Pourquoi tu es déserte, ne peut revenir jamais.

V

O chef-d'œuvre Attique! contours si purs qu'étroitement

Enserrent une race d'hommes et de vierges de marbre,

[Pg 151]

Des branches des forêts et des herbes foulées;

Forme silencieuse, ta hantise dépasse notre pensée

Comme fait l'éternité: Froide Pastorale!

Quand la vieillesse consumera cette génération,

Tu resteras, au milieu d'autres douleurs

Que les nôtres, une amie de l'homme, à qui tu dis:

«Beauté, c'est Vérité, Vérité, c'est Beauté»--, voilà tout

Ce que vous savez sur terre, tout ce qu'il vous faut savoir.

Avril 1819.

[Pg 152]

Poèmes et Poésies Traduction précédée d'une étude par Paul Gallimard · 第 189 / 333 题