En hiver, nous chauffons nos maisons; mais il se perd beaucoup de
chaleur. C'est la faute des murs qu'on fait trop minces, par raison
d'économie. Les murs de 20 à 25 centimètres, qui sont très courants dans
les constructions légères, sont absolument insuffisants. Avec des murs
de 60 centimètres, les variations saisonnières de température sont
beaucoup moins sensibles. Mais, pour bien faire, il faudrait un mètre
d'épaisseur,--comme dans les vieux châteaux. Nous ne sommes pas, tant
s'en faut, près d'adopter de telles épaisseurs. Au contraire, on les
réduit; et l'on peut le faire, grâce à l'emploi de substances qui, tout
en ayant moins d'épaisseur, ont autant de solidité. La nature des
matériaux importe beaucoup: les substances poreuses perméables à l'air,
briques perforées, mortier maigre au sable, ralentissent les variations
thermiques. Mais les matières poreuses prennent vite l'humidité. Dans
les murs mitoyens entre habitations, on devrait laisser un intervalle de
5 centimètres, qu'on bourrerait de débris de liège, feutre, coton,
papier. Entre les étages, dans les entrevous, il faudrait un matelas de
mâchefer, de scories, de charbon. Et les toitures devraient être à
double paroi, avec matelas d'air interposé. Telles sont les conclusions
d'un hygiéniste allemand, M. Nussbaum, de Hanovre, qui vient de
s'occuper dé la question.