Nous sommes, nous, habitants de la terre, comme une île gouvernée par
notre soleil, roi séparé de cet amas de 18 millions d'autres soleils.
«Dans l'état actuel de la science, le système solaire se compose de
onze planètes principales, de dix-huit lunes ou satellites, et d'une
myriade de comètes dont quelques-unes restent constamment dans les
limites étroites du monde des planètes: ce sont les comètes
planétaires. Nous pourrions encore, avec toute vraisemblance, ajouter
au cortége de notre soleil, et placer dans la sphère où s'exerce
immédiatement son action centrale, d'abord un anneau de matière
nébuleuse et animé d'un mouvement de rotation; cet anneau est
probablement situé entre l'orbite de Mars et celle de Vénus, du moins
il est certain qu'il dépasse l'orbite de la terre: c'est lui qui
produit cette apparence lumineuse, à forme pyramidale, connue sous le
nom de lumière zodiacale; en second lieu, une multitude d'astéroïdes
excessivement petits, dont les orbites coupent celle de la terre ou
s'en écartent fort peu: c'est par eux qu'on explique les apparitions
d'étoiles filantes et les chutes d'aérolithes.
«Les onze planètes qui composent le système solaire sont accompagnées
de quelques planètes inférieures ou lunes.
«Les comètes, qui laissent quelquefois entrevoir les étoiles à travers
leur queue, semblent être un composé de matière gazeuse plus apparente
que dangereuse.»
Quant aux pierres tombantes ou étoiles filantes qui étonnent souvent
nos yeux, Humboldt les considère comme des millions de petites
planètes emportées par un mouvement de rotation autour du soleil, et
qui frappent aveuglément la terre quand nous les rencontrons, comme
des papillons aveugles. Ce système, qui est aussi celui d'autres
astronomes, paraît peu digne, peu vraisemblable ou peu conforme à la
loi générale des astres. Leur nature calcinée les ferait plutôt croire
volcaniques: matière élevée dans les airs par la force démesurée de
projection, et retombant du haut de l'atmosphère terrestre sur notre
hémisphère. Elles sont composées identiquement des mêmes huit métaux
terrestres analysés par Berzélius, fer, nikel, cobalt, manganèse,
chrome, cuivre, arsenic, étain, et de cinq terres qu'on retrouve dans
notre terre. La lumière zodiacale récemment découverte ne révèle pas
sa nature et son origine. Humboldt, qui la reconnaît et qui l'admire,
conjecture qu'elle est le reflet d'astres innombrables et lumineux
noyés dans les espaces les plus rapprochés du soleil.
L'étendue, la pesanteur, la température du globe entier de la terre se
déterminent facilement.
La force magnétique, dont M. de Humboldt s'est spécialement occupé,
lui semble résider dans les espaces célestes et diriger de là ces
phénomènes.
Il examine ensuite l'écorce de notre planète et la géographie des
plantes vivantes ou fossiles: ce n'est plus qu'un naturaliste; puis
la formation des montagnes par l'action du feu ou plutonium; puis les
mers, les vents, les climats, l'électricité; puis la vie, puis les
animaux, puis l'homme.
Ici il s'arrête et il pense: