On ne peut douter qu'il n'eût tous les jours de rudes assauts à
soutenir contre les partis, les ordres ecclésiastiques et les hommes
du parti de la haine. Il y a et il y a eu en tout temps des esprits
contentieux, ambitieux, impolitiques, mal nés, et qui ne connaissent
les doctrines auxquelles ils se prétendent attachés, que par la haine
que les partis contraires leur inspirent. Ce ne sont ni les hommes de
la religion, ni les hommes de la liberté: ce sont les hommes de la
personnalité jalouse; l'amour même n'est chez eux qu'une réaction. Si
vous vous refusez à vous laisser persécuter, vous êtes des factieux;
si vous ne haïssez pas ce qu'ils haïssent, vous êtes des impies. Ils
ne sentent le feu sacré des religions qu'à la chaleur des bûchers
qu'elles allument. Il y avait beaucoup de ces hommes en ce temps-là à
Rome; résumés dans ce qu'on appelait le parti de la congrégation
jésuitique, à tort ou à raison, et résumés plus éloquemment alors par
quelques faux prophètes, tels que Lamennais, dans son _Essai sur
l'indifférence religieuse_, dans le comte de Maistre, plus sincère,
mais plus fanatique, et par quelques-uns de leurs disciples, brûlant
de se donner la grâce du bourreau, à la suite de ces forcenés de
doctrines. Ils n'aimaient ni le pape Pie VII, ni son ministre; il
fallait leur complaire et les réprimer. L'oeuvre était délicate et
difficile, car ces hommes se faisaient soutenir par leur gouvernement.
Ce fut l'oeuvre du cardinal Consalvi; il fit aimer le gouvernement de
Pie VII, sans jamais l'induire envers aucune puissance dans la moindre
aigreur ou dans la moindre animadversion contre lui.