L'amitié personnelle éclate partout dans ces témoignages. Le nouveau
pape Léon XII _della Gonga_ était brouillé de longue date avec
Consalvi. Il se réconcilia avec lui au moment où les ennemis du
cardinal s'acharnèrent sur lui. Léon XII l'appela à Rome pour prendre
la tradition du règne en présence de Jurla, son propre ministre.
Consalvi se fit porter au Vatican. L'entretien fut long et intime. Il
légua verbalement sa sagesse à Léon XII. «Quelle conversation! Jamais,
dit le Pape, nous n'avons eu avec personne de communications plus
instructives, plus substantielles, plus utiles à l'Église et à l'État;
Consalvi a été sublime. Nous y reviendrons souvent, seulement il faut
aujourd'hui ne pas mourir.»--Ce voeu ne devait pas être entendu.
Consalvi mourut peu de temps après ce dernier entretien. Léon XII le
pleura.
En annonçant au gouvernement français la perte que le monde venait de
faire, le duc de Laval-Montmorency, ambassadeur du Roi Très-Chrétien
près le Saint-Siége, écrivit: «Il ne faut aujourd'hui que célébrer
cette mémoire honorée par les pleurs de Léon XII, par le silence des
ennemis, enfin par la profonde douleur dont la ville est remplie, et
par les regrets des étrangers et surtout de ceux qui, comme moi, ont
eu le bonheur de connaître ce ministre, si agréable dans ses rapports
politiques, et si attachant par le charme de son commerce
particulier.»