Le duc de Montmorency-Laval, ambassadeur près le Saint-Siége, lui
écrit le jour de la mort de Pie VII.
«Monseigneur,
«Je n'ai pas osé interrompre les premiers moments de votre douleur.
Personne ne sent plus que moi, je l'atteste à Votre Éminence, et ne
partage davantage tous les sentiments dont son coeur doit être
déchiré. Votre Éminence a perdu un père, un ami de vingt-quatre ans, à
qui elle a rendu plus de services qu'elle n'en a reçu de confiance et
de bonté. C'est un ange dans le Ciel qui prie à présent pour la
conservation des jours de Votre Éminence. Ces jours sont nécessaires
pour le bien de ce pays, et vos lumières, Monseigneur, rendront encore
de grands et d'éminents services à la patrie.
«C'est ainsi que je le pense, que je me plais à le déclarer ici et à
Paris.
«De grâce, Monseigneur, par bonté pour vos amis, par attachement pour
votre patrie, épargnez votre santé, soignez-vous, modérez votre
douleur, et croyez qu'elle est dans le coeur de vos amis; et je
m'honore de ce titre.
«Je supplie Votre Éminence de ne me point répondre, je l'exige comme
une marque d'amitié. Mais lorsque ma visite ne pourra pas
l'importuner, elle me fera prévenir, et je me rendrai chez elle avec
empressement.
«Agréez, Monseigneur, l'hommage de mes plus sensibles et respectueux
sentiments,
«MONTMORENCY-LAVAL.»