Le duc d'Orléans, plus tard Louis-Philippe, lui écrit peu de temps
après:
«Éminence,
«Le prince de Talleyrand, qui garde de vous le plus tendre souvenir,
me disait dernièrement que votre seul plaisir était la culture des
fleurs, et votre noble amie la duchesse de Devonshire a bien voulu me
confirmer le fait.
«Votre Éminence doit savoir que depuis longtemps déjà je m'honore
d'être l'un de ses plus dévoués serviteurs, et que dans les diverses
phases de ma carrière, je me suis toujours fait un devoir de vénérer
l'auguste Pontife qui a tant souffert _pour la sainte cause_. Ces
sentiments de piété envers le Siége de Pierre, que ma femme et moi
sommes si heureux d'inculquer à notre jeune famille, sont invariables
dans mon coeur. Je prie donc Votre Éminence de vouloir bien déposer
mon plus humble hommage aux pieds du Très-Saint Père.
«Voulant me rappeler à votre bon souvenir, j'ai pris la liberté de
faire adresser à Votre Éminence quelques échantillons de nos serres
françaises. Je joins à ce très-modeste envoi, qui n'aura peut-être de
prix à vos yeux que l'intention, la manière de les soigner telle que
nos horticulteurs l'ont formulée. J'espère que cette caisse ne
déplaira pas trop à Votre Éminence, et qu'en respirant le parfum de
ces fleurs, qui se développeront peut-être encore davantage sous
l'heureux climat et dans la chaude atmosphère de Rome, vous daignerez
songer quelquefois à un homme qui sera toujours reconnaissant des
services rendus. Ma femme et ma soeur se joignent à moi pour vous
offrir leurs plus affectueux respects. Elles me chargent de tous leurs
voeux pour la santé du Pape, qu'il faut conserver le plus longtemps
possible à la chrétienté, car, avec lui et avec vous, la paix de
l'Église et la paix du monde sont assurées.
«Je prie Votre Éminence d'accueillir avec bonté mon petit envoi et
toutes les amitiés respectueuses de son tout dévoué
«LOUIS-PHILIPPE D'ORLÉANS.
«Neuilly, lundi..... 1822.»