M. LE RAPPORTEUR.--Voyons d’abord l’affaire.

Pour vous montrer qu’elle est excellente, je n’aurai pas besoin de

longs développements. Voici le fait et les chiffres: M. Auguste Rodin,

statuaire, grand officier de la Légion d’honneur, consent à l’État une

donation dont la valeur marchande, à dire d’experts, est, au bas mot,

de 2 millions et demi. Il y joint celle d’une partie de ses droits de

propriété artistique et littéraire, d’un revenu annuel de 20.000 francs

environ, et le legs d’une autre partie de ses droits évaluée à 150.000

francs par an.

En échange, le donateur, qui est septuagénaire, demande à l’État

donataire d’exposer ses œuvres, sa vie durant et vingt-cinq ans après

sa mort, dans l’hôtel Biron et la chapelle désaffectée voisine.

Certains trouvent que ce contrat est léonin de la part du donateur.

Ils objectent que le loyer de l’hôtel vaut plus de 2 millions et demi,

en capital, de 20.000 francs de revenu immédiat et de 150.000 francs

de revenu après décès, car cet hôtel aurait coûté 6 millions à l’État.

C’est inexact.

Rodin à l'hotel de Biron et à Meudon · 第 184 / 252 题