M. LE PRÉSIDENT.--La parole est à M. de Gailhard-Bancel.

M. DE GAILHARD-BANCEL.--Au nom d’un certain nombre de mes

collègues et au mien, je demande la permission d’expliquer notre vote

et de dire que nous voterons contre le projet soumis à la Chambre,

pour empêcher la prescription, celle de l’oubli tout au moins, de

courir contre la congrégation qui a été dépossédée de l’immeuble...

(_Exclamations sur les bancs du parti socialiste et du parti républicain

radical et radical socialiste.--Applaudissements à droite et sur divers

bancs au centre_) de l’immeuble dont dispose le projet de loi.

Je tiens à rappeler ce que j’ai dit autrefois à cette tribune: c’est

qu’avant d’être expulsée de France la congrégation des religieuses du

Sacré-Cœur avait été expulsée d’Alsace-Lorraine, pour son trop grand

attachement à la France. Ce sont les termes mêmes du décret rendu contre

elle par l’empereur d’Allemagne. (_Applaudissements à droite._)

M. JULES-LOUIS BRETON.--M. le sous-secrétaire d’État a dit que

l’hôtel Biron était loué. Quel est le chiffre de la location?

M. DALIMIER, _sous-secrétaire d’État des Beaux-Arts_.--5.900

francs par an.

M. JULES-LOUIS BRETON.--Je croyais que le chiffre de la

location était de 1 franc.

M. DALIMIER, _sous-secrétaire d’État des Beaux-Arts_.--Nous

aurons, en tout cas, toujours fait payer trop cher à un homme qui nous

apporte aujourd’hui des millions.

M. LEFAS.--Je constate, d’après les déclarations mêmes de

M. le sous-secrétaire d’État, que l’hôtel Biron n’a pas été mis à la

disposition des services de la Guerre. M. le sous-secrétaire d’État a

ajouté que M. Rodin seul aurait pu le faire...

M. DALIMIER, _sous-secrétaire d’État des Beaux-Arts_.--Tous les

locataires.

M. LEFAS.--En apportant cette précision, vous avez porté

contre le futur usager de l’immeuble une accusation plus formelle que

celles que je m’étais permises. (_Très bien! très bien! sur divers

bancs.--Mouvements divers._)

M. LE PRÉSIDENT.--Je mets aux voix l’article unique du projet

de loi.

Il y a une demande de scrutin, signée de MM. Jules Delahaye, de

Gailhard-Bancel, Lefas, de Pomereu, le baron Gérard, de Hercé,

Ginoux-Defermon, l’amiral Bienaimé, Ballande, Lerolle, Piou, Ferdinand

Bougère, etc.

Le scrutin est ouvert.

(Les votes sont recueillis.--MM. les secrétaires en font le

dépouillement.)

Rodin à l'hotel de Biron et à Meudon · 第 141 / 252 题