Que pouvait-il proposer à l'Europe vengeresse de tant d'injures,
d'invasions, d'usurpations, de défaites, d'oppression, d'humiliations,
et aujourd'hui triomphante dans les murs de Paris?
L'évacuation sans condition du territoire français? Mais où était le
million de soldats français pour faire accepter à la pointe des
baïonnettes une telle évacuation à l'Europe?
Une régence de l'épouse de Napoléon?
Mais l'impératrice n'était déjà plus en sa puissance: elle ne s'était
pas jetée à propos entre les armées de son père et le détrônement de
son fils; elle était, à demi captive, entraînée aux extrémités de la
France par les frères de Napoléon, sans armée, sans gouvernement, sans
liberté et déjà sans couronne. Le moment était passé; ce n'était plus
le coeur de l'empereur d'Autriche qui allait prononcer: c'était sa
raison, c'était son cabinet, c'était son armée. Or la raison, le
cabinet, l'armée de l'Autriche, pouvaient-ils oublier leur capitale
deux fois envahie, et rétablir, sous le nom d'une jeune princesse de
vingt ans, une régence napoléonienne, qui n'eût été qu'un second règne
masqué de Napoléon? L'Autriche l'eût-elle proposé, l'Angleterre, la
Russie, la Prusse, l'Espagne, l'univers, pouvaient-ils y consentir?