XLII

Que pouvait-il proposer à l'Europe vengeresse de tant d'injures,

d'invasions, d'usurpations, de défaites, d'oppression, d'humiliations,

et aujourd'hui triomphante dans les murs de Paris?

L'évacuation sans condition du territoire français? Mais où était le

million de soldats français pour faire accepter à la pointe des

baïonnettes une telle évacuation à l'Europe?

Une régence de l'épouse de Napoléon?

Mais l'impératrice n'était déjà plus en sa puissance: elle ne s'était

pas jetée à propos entre les armées de son père et le détrônement de

son fils; elle était, à demi captive, entraînée aux extrémités de la

France par les frères de Napoléon, sans armée, sans gouvernement, sans

liberté et déjà sans couronne. Le moment était passé; ce n'était plus

le coeur de l'empereur d'Autriche qui allait prononcer: c'était sa

raison, c'était son cabinet, c'était son armée. Or la raison, le

cabinet, l'armée de l'Autriche, pouvaient-ils oublier leur capitale

deux fois envahie, et rétablir, sous le nom d'une jeune princesse de

vingt ans, une régence napoléonienne, qui n'eût été qu'un second règne

masqué de Napoléon? L'Autriche l'eût-elle proposé, l'Angleterre, la

Russie, la Prusse, l'Espagne, l'univers, pouvaient-ils y consentir?

Cours familier de Littérature - Volume 10 · 第 128 / 171 题