Napoléon voulut fonder un système à l'époque de son divorce avec
Joséphine. Il eut à se prononcer alors entre un mariage russe et un
mariage autrichien. M. de Talleyrand, presque seul parmi les
conseillers appelés à délibérer devant Napoléon sur ce choix entre
deux alliances de famille, n'hésita pas à se prononcer pour le mariage
autrichien; il le fit en termes d'oracle qui n'explique pas ses
arrêts, mais qui les promulgue. C'était, en effet, l'oracle de la
destinée pour la dynastie de Napoléon et pour celle de la France, si
Napoléon n'eût pas rêvé au lieu de réfléchir, et si l'expédition
d'Alexandre le Grand chez les Scythes ne l'eût pas emporté à une
campagne d'imagination à Moscou qui déconcertait jusqu'à son étoile.
Nous dirons tout à l'heure par quels motifs admirablement analysés M.
de Talleyrand, en se déclarant pour le mariage autrichien, faisait
acte de justesse de vues, de génie pratique et de philosophie de la
paix dans un même avis.