XXXVIII

Napoléon voulut fonder un système à l'époque de son divorce avec

Joséphine. Il eut à se prononcer alors entre un mariage russe et un

mariage autrichien. M. de Talleyrand, presque seul parmi les

conseillers appelés à délibérer devant Napoléon sur ce choix entre

deux alliances de famille, n'hésita pas à se prononcer pour le mariage

autrichien; il le fit en termes d'oracle qui n'explique pas ses

arrêts, mais qui les promulgue. C'était, en effet, l'oracle de la

destinée pour la dynastie de Napoléon et pour celle de la France, si

Napoléon n'eût pas rêvé au lieu de réfléchir, et si l'expédition

d'Alexandre le Grand chez les Scythes ne l'eût pas emporté à une

campagne d'imagination à Moscou qui déconcertait jusqu'à son étoile.

Nous dirons tout à l'heure par quels motifs admirablement analysés M.

de Talleyrand, en se déclarant pour le mariage autrichien, faisait

acte de justesse de vues, de génie pratique et de philosophie de la

paix dans un même avis.

Cours familier de Littérature - Volume 10 · 第 124 / 171 题