XIV

Un chien aboya tout à coup, et deux autres chiens, couchés à nos

pieds, se levèrent en sursaut, et traversèrent à grands bonds le ravin

sous le bois pour aller voir quel nouveau venu du château faisait

aboyer leur chef de meute. Leurs voix firent résonner la voûte des

chênes et frémir les feuilles sur nos fronts. Deux têtes d'hommes

vêtus de noir apparurent derrière un rideau bas de noisetiers de

l'autre côté du ravin. Ces visiteurs ne connaissaient pas les lieux;

ils prirent, sur la piste des chiens, le sentier des chèvres qui

descend dans le fond du pré, et qui remonte vers le bois où nous

étions assis. Chacun de nous se releva un peu sur son coude, pour voir

le nouvel hôte qu'un hôte déjà reconnu de nous amenait avec lui sous

ces lambris de feuilles.

Cours familier de Littérature - Volume 10 · 第 47 / 171 题