Un chien aboya tout à coup, et deux autres chiens, couchés à nos
pieds, se levèrent en sursaut, et traversèrent à grands bonds le ravin
sous le bois pour aller voir quel nouveau venu du château faisait
aboyer leur chef de meute. Leurs voix firent résonner la voûte des
chênes et frémir les feuilles sur nos fronts. Deux têtes d'hommes
vêtus de noir apparurent derrière un rideau bas de noisetiers de
l'autre côté du ravin. Ces visiteurs ne connaissaient pas les lieux;
ils prirent, sur la piste des chiens, le sentier des chèvres qui
descend dans le fond du pré, et qui remonte vers le bois où nous
étions assis. Chacun de nous se releva un peu sur son coude, pour voir
le nouvel hôte qu'un hôte déjà reconnu de nous amenait avec lui sous
ces lambris de feuilles.