Les bêtes l’appelaient si fort, à l’orée de la ténébreuse forêt, qu’à la
fin, le rajah de Gunnaur traversa le jardin, traversa la rivière pour
être une bête aussi.
Et il fut une bête dans la forêt. Il aboya avec les chiens sauvages, il
rit avec les hyènes, il monta sur le dos des cerfs, il lampa l’eau quand
il voulait boire. Il marcha à quatre pattes sur la terre.
Et parfois sous les clairières et dans les jungles sauvages, il
entendait l’écho d’un luth, d’un luth semblable à celui dont jouait
l’esclave Boundi sous les citronniers.
Et alors, des dévas glissaient sous la voûte sombre des arbres et le
touchaient avec la baguette de cristal du souvenir, du souvenir de la
beauté entrevue. Mais il ne pleurait pas pourtant.