M. Dubois laissa échapper un geste d'étonnement.

--Si j'osais solliciter de vous une explication? commença-t-il.

--Je comptais assurément vous l'offrir, l'interrompit la comtesse,

dont les grands yeux avaient, en vérité, à cette heure, une expression

de religieuse tristesse. Wenzel, Ramberg et Koënig étaient les plus

chers de mes amis; c'est trop peu dire: ils étaient mes frères, et je

ne cache pas que mon ardeur à continuer l'oeuvre commune est doublée

par l'espoir de les venger. Nous étions ligue contre ligue: la ligue

du bien contre la ligue du mal. J'avais prodigué ma fortune aux

préliminaires de la lutte, et, au bien comme au mal, il faut le nerf

de la guerre. Mes trois compagnons bien-aimés étaient riches, mais

jeunes; ils avaient besoin de prétextes pour tirer de grosses traites

sur leurs hommes d'affaires, restés au pays. On ne prit pas la peine

de varier le prétexte, parce que chacun de nous croyait que la fin du

combat était proche. Wenzel envoya à Stuttgard l'extrait des registres

de Saint-Eustache, avec la signature de l'abbé Aymar, vicaire;

Ramberg une pièce pareille, signée de l'abbé Martel, vicaire de

Saint-Louis-en-l'Ile; Koënig...

--Les deux premières pièces seules sont ici, dit le préfet. Eûtes-vous

l'argent?

--La vampire, répliqua la comtesse, dont la voix s'assombrit, a gagné

à ce jeu près d'un million de francs.

La vampire · 第 47 / 68 题