Pierre d’Erlesunde, part. 5 de ses anecdotes moscovites, raconte le même

fait et dit: que c’est pour cet usage que les maris aussi-tôt la noce,

se munissent de verges, comme des divers ustensiles de ménage, et le

motif de cette emplette n’est nullement le desir de corriger sa femme;

car une méchante femme, s’il y en a, ne se corrige ni par les menaces,

ni par la colère, quand même on lui casseroit les dents à coups de

pierre, pour me servir des termes de Simonide, dans Stobée.

Je crois avec votre père Meibomius, (c’est Bartholin qui parle) que la

flagellation excite et augmente la semence par la chaleur extrême

qu’elle communique aux lombes et aux reins, et j’ai depuis long-temps

démontré dans mes recherches sur l’anatomie, de quelle manière les

fonctions des reins dépendent de la circulation du sang, systême appuyé

depuis par Sennert, Olafius, Wormius et Meibomius. Ce qui fait que

l’usage de se coucher sur le dos procure en dormant les pollutions

involontaires, en donnant trop de chaleur aux lombes. Les frictions

excitent l’érection, et plus d’un parisien a dû à cet usage, trop

fréquent chez eux, la perte de la santé et de la vie.

C’est sur les lombes qu’on applique les remèdes rafraîchissans, dans la

gonorrhée. Actuarius, liv. 4, chap. 8, de sa méthode de médecine,

applique sur les reins un emplâtre qui les fortifie, sans les échauffer

aucunement. Oribase emploie une lame de plomb sur les lombes[85]. La

défense qu’il fait de trop rafraîchir les lombes, dans la crainte que

les reins n’en souffrent aussi, prouve que ces deux parties sont

très-distinctes, et que ce qui est utile à l’une est nuisible à l’autre.

[85] Voyez son traité du régime que l’on garde dans toutes les saisons

de l’année. _Bâle_ 1528, édition d’Alban. Torinus.

De mon Tusculanum d’Hagestad, le 24 octobre 1669.

EXTRAIT

DE LA REPONSE

DE H. MEIBOMIUS, FILS,

A T. H. BARTHOLIN.

J’ai appris que vous vouliez faire réimprimer l’ouvrage de Jean Henri

Meibomius, mon père, sur l’utilité de la Flagellation dans les plaisirs

de l’amour, et sur les fonctions des lombes et des reins, et rien ne

pouvoit m’être plus agréable. Cet ouvrage doit sa naissance à la gaîté

d’une orgie, et il a été publié, à l’insu de mon père, à Leyde, par les

soins du personnage illustre auquel il est dédié. Les hommes les plus

signalés de l’Europe l’ont accueilli, et plusieurs écrivains lui ont

donné des éloges. Comme on n’en avoit tiré qu’un très-petit nombre

d’exemplaires pour être donnés à des amis, il devint rare, et l’objet

des avides recherches des amateurs et des curieux, à cause de la

singularité piquante de son titre.--J’étois fâché de ne pouvoir

contenter tous ceux qui vouloient l’avoir, et ne voulois pourtant pas en

faire une seconde édition, non-seulement parce que je n’étois pas

toujours de l’avis de mon père, mais encore, parce que je ne voulois pas

évoquer sur moi les traits de la censure, dans le moment où ma

réputation commençoit à s’établir, en éditant un ouvrage plein d’images

un peu libres. Je sus quelque temps après qu’il venoit de l’être, j’en

fus ravi et regrettai de n’avoir pas été averti assez tôt, pour lui

donner toute la pureté et l’élégance dont il étoit susceptible. Je me

réjouis sincérement que vous ayez bien voulu donner vos soins à cet

ouvrage et l’enrichir de vos observations, vous que l’Europe savante met

au premier rang de ses littérateurs. Vous ne craignez pas que le

sourcilleux Caton jette sur lui un regard farouche, en ridant ses

lèvres. Mais enfin, nous n’écrivons pas pour les Vestales ni pour les

Sabins, mais pour les médecins. Ce sujet mérite d’être approfondi, et je

ne doute pas que vous n’ayez tiré le plus grand parti de tout ce qui

pouvoit le rendre précieux et intéressant. Je vous envoie les notes

manuscrites dont mon père avoit chargé les marges de son exemplaire. Je

ne crains pas d’avouer qu’il y a dans cette lettre des passages qui se

trouvent en contradiction avec les systêmes d’Harvey, et j’aime mieux

convenir des erreurs de mon père, que de les défendre, sur-tout

lorsqu’elle lui sont communes, non-seulement avec quelques savans, mais

encore avec quelques siècles précédens.

Les bons effets de la Flagellation pour guérir les Maniaques, attestés

par Cœlius Aurelianus, Rhazès et autres, sont connus depuis un siècle en

Angleterre, quoique les médecins ne s’en soient point souvenus, et je

lis dans Bodin, liv. 5 de la république, que la folie dégénère souvent

en fureur, et se guérit par la Flagellation.

Meibomius répète ici ce que Bartholin a dit des Lupercales, et de leurs

cérémonies ridicules et superstitieuses.

Il dit que les somnambules peuvent être guéris de cette maladie par la

Flagellation, et qu’il en a vu plusieurs expériences satisfaisantes. Il

discute ce que son père a dit des effets de la Flagellation, pour

exciter à l’amour, de l’influence des astres, de l’habitude, des parties

sur lesquelles le remède doit être appliqué, d’après les autorités des

écrivains sacrés et profanes, des historiens et des poëtes. Il répète

ensuite tout ce qu’on a déja vu sur le physique des lombes et des reins,

leurs fonctions et les travaux du sang dans cette partie. Il cite le

coucher trop doux et l’usage de se coucher sur le dos, comme les causes

ordinaires des pollutions nocturnes: l’équitation est encore un exercice

qui dispose à l’amour, comme Aristote le démontre dans le Centon des

problèmes qui ont paru sous son nom. (Section IV, problême 12.)

Hyppocrate dit au contraire, qu’il est une des cause d’impuissance, et

tous deux ont raison. Hyppocrate a entendu parler de l’usage des

Scythes, d’être toujours à cheval, et en effet cet exercice continuel

fatigue, épuise; il endurcit les parties de la génération, et leur ôte

cette précieuse sensibilité qui est le premier aiguillon de la volupté.

Aristote, au contraire, n’a en vue que l’usage modéré propre à échauffer

les lombes, mettre les humeurs en mouvement, et subtiliser le sang[86].

[86] Je ne suis plus étonné de voir nos élégantes parisiennes

parcourir légèrement à cheval les boulevards et le bois de Boulogne.

Elles savent à merveille la théorie des jouissances, sans avoir lu

Meibomius, elles savent par expérience que la fatigue du plaisir les

délasse des fatigues du cheval. (_Note du trad._)

Je ne crois pas nécessaire de pousser plus loin la discussion sur tout

ce que mon père a dit à ce sujet. Il a compulsé avec trop de soin tout

ce qui pouvoit completter son ouvrage. Math. Highmorus, liv. 1, part. 3,

chap. 4 de son anatomie, l’a fait d’une manière lumineuse. Quelques

auteurs essayeront peut-être d’expliquer les phénomènes de la nature, à

l’aide de ses hypothèses, semblables à cet écrivain qui s’étoit persuadé

que la semence est le chyle et non le sang, et que ce chyle épais, trop

échauffé par la flagellation, se portait vers les parties génitales. On

pourroit s’égarer encore davantage dans la région des commentaires sur

le suc nerveux qu’ils croient être le premier agent du suc organique,

mais mon intention n’est pas de les suivre dans le dédale des

conjectures. Je pense avec Columella, que les hommes ont plutôt la manie

de mettre en crédit les idées nouvelles et hasardées, que d’approfondir

et d’appuyer celles qui sont reçues. Quant à moi, je crois avoir

suffisamment prouvé tout ce que j’ai avancé sur la circulation et

l’effervescence du sang dans les lombes, et je m’y tiendrai, si vous me

donnez votre suffrage.

EXTRAITS des articles de quelques auteurs cités dans cet ouvrage.

(A) Il y eut plusieurs ASCLÉPIADES. Un d’eux vivoit sous Trajan, et fut

d’abord rhéteur, et ensuite médecin à Rome. Il mourut d’une chute, dans

un âge très-avancé. Pline cite ses cinq remèdes: l’abstinence des

viandes et du vin dans certaines occasions. Les frictions, la promenade

et la voiture.

(B) _Jérôme MERCURIALIS_, mort à Forli, sa patrie, en 1596, à 66 ans,

professeur de médecine à Padoue, à Bologne et à Pise. Ses compatriotes

lui érigèrent une statue. Ami généreux, vivant avec éclat, et charitable

envers les pauvres; il n’en laissa pas moins 120,000 écus d’or à ses

héritiers. Il étoit de belle taille, de bonne mine, d’une grande douceur

et d’une piété exemplaire. Il a laissé des ouvrages pleins d’érudition.

1º. _De arte Gymnasticâ_, 1602, _in_-4º. 2º. _De morbis mulierum_, 1601,

_in_-4º. 3º. _Des notes sur Hyppocrate et sur Pline l’ancien_.

(C) _Thomas CAMPANELLA_, dominicain calabrois, emprisonné 27 ans pour

avoir montré plus d’esprit qu’un vieux professeur de son ordre. Il eut

sept fois la question, pendant vingt-quatre heures de suite, et ne fut

élargi qu’à la sollicitation du pape Urbain VIII. Il vint à Paris,

protégé (en 1624) par le cardinal de Richelieu, et y mourut en 1639, à

71 ans, pour avoir pris de l’antimoine. Nous avons de lui un ouvrage

intitulé: _Atheismus triumphatus_, et plusieurs autres.

(D) _Jean Pic_, prince de la MIRANDOLE et _de la Concorde_, né en 1463,

d’une famille illustre, fut dès sa plus tendre jeunesse, un prodige de

mémoire et de science, et qui, dit-on, possédoit vingt-deux langues à

l’âge de dix-huit ans. Ses ouvrages sont recueillis en un vol. _in-fol._

Bâle 1601. 1º. _Des livres sur le commencement de La Genèse_. 2º. _Un

traité de la dignité de l’homme_. 3º. _De l’être de l’univers_. 4º.

_Règles de la vie chrétienne_. 5º. _Traité du royaume de J. C. et la

vanité du monde_. 6º. _Trois livres sur le banquet de Platon_. 7º. _Une

exposition de l’oraison dominicale_. 8º. _Un livre de lettres_. 9º.

_Disputationes adversùs astrologiam divinatricem_. Bologne 1495.

_in-folio_, rare.

(E) _Jean NEVISAN_, jurisconsulte Italien, natif d’Asti, mort en 1540,

étudia le droit à Padoue, et l’enseigna à Turin. Son principal ouvrage

est celui que cite ici _Meibomius_, _Sylæ nuptialis, lib. 6. in quibus

matrimonii, dotium, filiationis, adulterii materia discutitur_. Lyon

1772, in-8. liv. curieux, qui souleva tout le beau sexe contre lui.

(F) _Ludovicus Cœlius RHODOGINUS_, né à Rowigo, dans l’état de Venise,

en 1450, savant dans le latin et le grec, professeur à Milan et ensuite

à Padoue, où il mourut en 1525, à soixante-quinze ans; son nom de

famille étoit _Richeri_; _Jules César Scaliger_ fut son disciple, et les

talens de l’élève justifient les éloges qu’il prodigua à son maître, en

l’appellant le Varron de son temps. Rhodiginus fit un voyage en France,

et Charles VIII le combla de bienfaits. Il fut enterré dans le couvent

de St.-François, à Rowigo. Balthazar de Bonifaci, archidiacre de

Trévigi, fit son éloge funèbre, qu’il termine par ce distique.

A Duplici patriâ nactus cognomina bina,

Cælius in cælis, hic Rhodiginus eris.

Son principal ouvrage est celui: _des Anciennes leçons_, en trente

livres.

(G) Tout le monde lettré connoît le fameux _André TIRAQUEAU_, né à

Fontenay-le-Comte, dont il fut lieutenant-civil, et mort en 1558, dans

un âge très-avancé. Il fut conseiller au parlement de Paris, et rendit

beaucoup de services à la France sous François I et Henri II. Juge

intègre, et savant infatigable, ses occupations ne l’empêchèrent pas de

donner au public un grand nombre d’excellens ouvrages. Il fit vingt

enfans et vingt ouvrages. Il fut l’ami du fameux chancelier de

l’hôpital. On lui fit cette épitaphe. _Hic jacet qui aquam bibendo,

viginti liberos suscepit, viginti libros edidit. Si merum bibisset,

totum orbem implesset._ Ainsi traduite par Desforges Maillard.

Ci gît le fameux TIRAQUEAU,

Ce grand commentateur de loix et de coutumes,

Qui ne but jamais que de l’eau,

Eut vingt enfans, fit vingt volumes:

On croit que cet homme divin,

Dont la verve étoit si féconde,

De ses productions auroit rempli le monde,

Si, comme un autre, il avoit bu du vin.

[Voyez le journal historique de Verdun sur les matières du temps. Oct.

1752, p. 284.].

(H) _Othon BRUNFELS_, fils d’un tonnelier de Mayence, ainsi nommé du

bourg où il nâquit, se distingua dans les lettres, les langues savantes

et la théologie et fut religieux à la chartreuse de Mayence. Il étoit

valétudinaire, inquiet, mélancolique, inconstant et fâcheux avec ses

amis. Il fut un des premiers qui suivirent Luther, sortit secrétement du

monastère et se retira à Strasbourg, ensuite à Basle, où il fut reçu

médecin en 1530. Revenu à Strasbourg, et de là envoyé à Berne, il y

mourut six mois après, le 23 Octobre 1534, d’une maladie inconnue aux

médecins, ayant la poitrine toute en feu, et la langue noire comme du

charbon. Ses ouvrages sur la médecine, sont: 1º. _Catalogus illustrium

medicorum_. 2º. _Onomasticon medicinæ, etc._

(I) _Fr. JUNCTINUS ou GIUNTINO_, mathématicien florentin, d’abord carme,

ensuite apostat, est auteur des commentaires latins sur la sphère de

_Sacro Bosco_, et mourut vers la fin du seizième siècle. Il vécut

errant, inquiet et libertin, et fut accablé sous les ruines de sa

bibliothèque. L’astrologie judiciaire sur laquelle il fit divers

ouvrages, ne lui avoit pas annoncé ce genre de mort, dont il se seroit

préservé.

(K) _Marsilio CAGNATI_ de Véronne, professeur de médecine à Rome, sous

le pontificat de Clément VIII et Paul V. Il étudia à Padoue, sous

Zabarella, et se fit une grande réputation dans les langues, les belles

lettres, la philosophie et la médecine. C’étoit un homme

très-mélancolique, sévère, parlant très-peu, mais avec beaucoup

d’éloquence et de facilité. Nous avons de lui: _De Sanitate tuendâ libri

2. opuscula varia_; _varia Lectiones, etc._

(L) ORIGÈNE, surnommé ADAMANTIUS, à cause de son assiduité au travail,

nâquit à Alexandrie, l’an 185 de J. C. Tout le monde connoît cet homme

étonnant pour le savoir, le courage dans les persécutions, la grande

piété et les nombreux ouvrages qu’il a laissés. Léonide son père avoit

tant de vénération pour lui qu’il alloit lui baiser la poitrine pendant

qu’il dormoit. Origène à 18 ans fut chargé d’instruire les fidèles

d’Alexandrie. Les femmes fréquentant son école, il crut fermer la bouche

à la calomnie, en se faisant lui-même l’opération douloureuse, qui le

privoit des organes de la génération, s’imaginant être autorisé à cette

cruauté par un passage de l’écriture: mais ce fut précisément ce qui lui

ferma tous les chemins aux dignités ecclésiastiques.

Voyez _Bayle_. _Lucien_, tom. 3, et le traité des Eunuques de M.

_Charles Ancillon_, première partie, chap. 5, art. _Vallesiens_.

(M) ISIDORE (Saint) de Séville, fils d’un gouverneur de Carthagène,

élevé par Léandre son frère, évêque de Séville. Il fit entre autres

ouvrages vingt livres d’_Origines_ ou _Etymologies_. Il succéda à son

frère en 601, et mourut en saint en 636, également regretté des savans,

des pauvres et de toute l’Espagne dont il étoit l’oracle. Le concile de

Tolède, de 653, l’appelle le _docteur de son siècle et le nouvel

ornement de l’église_. La meilleure édition de ses ouvrages est celle de

Dom Dubreuil, bénédictin. _Paris_ 1601, et _Cologne_ 1613, _in-folio_.

(N) AETIUS ou AECE, médecin d’Amide, ville de Mésopotamie, sur le Tibre,

étudia à Alexandrie, sur la fin du quatorzième siécle. Il fut le premier

médecin chrétien qui laissa des écrits sur la médecine. Il suivit la

méthode des Egyptiens, excella dans la chirurgie et les maladies des

yeux. L’ouvrage dont il est question, qui a pour titre: _Tetrabiblos_

est en seize livres. Les huit premiers sont imprimés en grec, chez

_Alde_; _Venise_, 1534, _in-fol._ Et les huit dernier, M. SS. dans la

bibliothèque de l’empereur, à Vienne. C’est une compilation, mais pleine

de choses qu’on chercheroit vainement ailleurs. Elle a été traduite en

latin par _Janus Cornarus_, et imprimée à Bâle, chez _Forben_ 1542, sous

ce titre: _Contracta ex veteribus medicina_: etc.

(O) _Nicolas PERROT_, né à Sasso-Ferrato, d’une famille illustre, mais

pauvre. Il fut conclaviste du Cardinal Bessarion, après la mort du Pape

Paul III, Gouverneur de Pérouse, ensuite de l’Ombrie, et archevêque de

Siponto en 1458, et mourut en 1480 à Fugicura, sa maison de plaisance,

auprès de sa patrie. Ses ouvrages sont: 1º. Traduction des cinq premiers

livres de _Polybe_. 2º. _Traité sur le serment d’Hyppocrate_. 3º. _Du

Manuel d’Epictète_. 4º. Du Commentaire _de Simplicius_, sur la physique

d’Aristote. 5º. Des Harangues. 6º. Des Lettres. 7º. Des Poésies

Italiennes. 8º. Des Commentaires sur le _Stace_. 9º. _De generibus

Metrorum_. 10º. _De Horatii Flacci ac Severini metris_. 11º.

_Cornucopia_, seu latinæ linguæ commentarius (sur Martial.) 1513

_in-fol._ 12º. _Rudimenta Grammatices_. Rome 1475, _in-fol._ Cette

dernière édition est très-rare.

(P) _Quintus-Septimius-Florens TERTULLIANUS_, prêtre de Carthage, et

fils d’un centenier dans la milice, sous le Proconsul d’Afrique, mourut

vers l’an 216, sous le règne d’_Antonin Caracalla_. Il se fit chrétien,

et fut le plus éloquent défenseur du christianisme, avant qu’il eût

embrassé le _Montanisme_. La meilleure édit. des ouvrages de ce père

illustre de l’Eglise est celle de Venise, en 1746. Vassoult a donné en

1714 et 1715, une belle traduction de son Apologie pour les Chrétiens,

avec des notes. _Thomas_, seigneur _du Fossé_, sous le nom de la

_Motte_, a donné une excellente vie de Tertullien et d’Origène.

(Q) _Nicolas DE LYRE_, ainsi nommé du lieu de sa naissance, petite ville

de Normandie, entre Séez et Evreux. Il étoit né Juif, et étudia sous les

Rabbins, mais il se convertit et prit l’habit des Frères Mineurs, en

1292. Cet auteur possédoit très-bien la langue hébraïque. La Reine

Jeanne, Comtesse de Bourgogne, et femme de Philippe V, dit le _Long_, le

nomma un des exécuteurs de son testament, en 1325. Il mourut Provincial

de son ordre, à Paris en 1340. Nous avons de lui entr’autres ouvrages:

_des Postilles_, ou _petits commentaires sur la Bible_. _Lyon_, 1596.

(R) AVICENNE, Philosophe et Médecin Arabe, de Bochara en Perse, né l’an

370, de l’Egire, Médecin et Visir du Sultan Cabous, et mort de ses

débauches, l’an 428, à 56 ans. Cet homme avec une mémoire prodigieuse,

et sachant l’alcoran par cœur et les livres de Métaphysique d’Aristote,

les lut quarante fois sans y rien entendre. Ses ouvrages ont été

imprimés à Rome, en arabe, par les soins de Sixte IV, en 1489, et

traduits en latin par Gérard de Crémone, André Alpagus et autres. 1º.

_Canonum Medicinæ, lib. 4_. 2º. _De Medicinis Cordialibus_. 3º.

_Cantica_. 4º. _Opera philosophica, etc._

(S) _Fulgentius PLACIADES_, Evêque de Carthage dans le sixième siècle,

auteur de trois livres de Mythologie, imprimés par les soins de Jacques

Comelin, en 1599, avec _Hyginus_, _Julius Firmicus Maternus_ et

_Alberic_. La première édit. est celle d’Ausbourg 1517, avec des notes

de Jacques Locher. On lui attribue encore un livre de l’allégorie de

Virgile, adressé à Chalcide le Grammairien.

(T) NEMESIUS, Philosophe Chrétien, natif et Evêque d’Emese en Phénicie,

sur la fin du quatrième siècle. Nous avons de lui un livre _De la nature

de l’homme_, qui se trouve grec et latin dans la bibliothèque des Pères,

et où il soutient la préexistence des ames. Ses mœurs honorèrent la

Philosophie et la Religion.

(U) SENNERT (Daniel) fils d’un Cordonnier de Breslaw, né en 1572, devint

Docteur et Professeur en médecine à Wirtemberg, et mourut de la peste en

1637, à soixante-cinq ans. Ses ouvrages furent imprimés à Venise en

1640, 3 vol. _in-fol._ et plusieurs fois depuis. Ils forment une

bibliothèque complette de médecine, et valent beaucoup mieux que

plusieurs de nos modernes écrits. Sa passion pour la Chymie, sa liberté

à refuter les anciens, et la singularité de ses opinions lui firent

beaucoup d’ennemis. Il suivit la méthode de Galien. André Sennert, son

fils, mort à Wirtemberg en 1689, à quatre-vingt-quatre ans, y enseigna

pendant cinquante-un ans les langues orientales, et soutint par

plusieurs gros livres, la réputation de son père.

(V) ORIBASE de Pergame, disciple de Zénon de Chypre, et médecin de

_Julien l’Apostat_, qui le fit Questeur à Constantinople. Exilé sous les

Empereurs suivans, il se fit estimer des barbares même, par sa vertu.

Rappellé par la suite, il mourut au commencement du cinquième siècle. Le

plus estimé de ses divers ouvrages, imprimés à Bâle, en 1557, 3 vol.

_in-folio_, est son livre _des Collections_, entrepris à la prière de

Julien, et puisé dans Galien et autres. Il ne nous reste que dix-sept

livres de cet ouvrage, qui en avoit soixante-douze.

J. H. MEIBOMII,

DE

FLAGRORUM USU

IN RE MEDICA ET VENEREA,

ET LUMBORUM RENUMQUE OFFICIO.

EDENTE

CLAUDIO MERCIER, COMPENDIENSI.

Editio quarta castigatissima.

PARISIIS,

SUMPTIBUS CLAUDII MERCIER.

1795.

AVIS DE L’ÉDITEUR

Nous ne connoissons que quatre éditions de cet ouvrage.

La première de 1639, in-12, très-fautive.

La deuxième de 1643, ayant au titre: _in re veneriâ_ seulement. _Lugd.

Batav. ex officinâ Elzevirianâ Academ. Jur. typog. in-4º. de 48 pages._

La troisième, datée _Londini_, 1665, in-32, n’est autre chose qu’une

contrefaçon faite à Paris en 1757, et à laquelle on a ajouté le titre

ci-dessus. Elle est pleine d’erreurs et d’omissions.

La quatrième, Thomæ Bartholini, Joan. Henrici Meibomii Patris, Henrici

Meibomii filii, de usu Flagrorum in re medica et venerea lumborum que

officio. Accedunt de eodem renum officio Joachimi Olhafii et Olaï Wormii

dissertatiunculæ, Francofurti, ex Bibliopolio Hafniensi. Danielis Pauli

Bibl. reg. 1669, in-12.--Cette dernière étant la plus étendue et la plus

exacte, nous a beaucoup servi dans notre travail, et nous croyons

pouvoir assurer que la nôtre ne laissera plus rien à desirer.

THOM. BARTHOLINI[87],

DE

FLAGRORUM USU MEDICO,

AD VIRUM CLARISSIMUM

HENRICUM MEIBOMIUM

EPISTOLA.

[87] Thomas Bartholin, médecin et littérateur, très-savant, mais

très-superstitieux, natif de Malmoë, mort en 1650, à 64 ans, a fait

des découvertes sur les veines lactées et sur les vaisseaux

limphatiques. Il est l’auteur des ouvrages suivans: 1º, _sur l’usage

de la neige_, 1661. 2º. _de Morbis Biblicis. Francf._ 1672. 3º.

_Paralytici novi testamenti. Copenh._ 1653, _in_-8º. 4º,

_Dissertatio de Passione Christi, Amst._ 1670. 5º. _Epistolæ

medicinales et de Insolitis partus viis_, la Haye, 1740, 5 vol.

_in_-8º.

6º. Celui dont il est ici question: _de usu Flagrorum, etc._ 1670.

_in_-12.

7º. Et enfin un journal intitulé: _Acta hafniensia_.

Inter præcipua sœculi ornamenta numerari meretur parens tuus Joan. Henr.

Meibomius, sed per te fama ejus crescit, quia paternæ virtutis hæres ex

asse et successor, nominis celebritatem editis scriptis promovere

pergis. Varia is eruditione artem divinam quam principe curâ exercebat

semper exornavit, nec tibi minor cura est medici eruditi famam cum

parente aucupari. Edita parentis monumenta, de jure jurando Hyppocratis

et de vita Mæcenatis, testantur quantus fuerit pater. Tu posteritati

plenam fidem facies quantus sis filius, dum delitescentes apud te

parentis lucubrationes, cedro dignas, publico exponis tuo auctas

ingenio. In tantâ autem doctrinæ amplitudine, inter seriora alia

negotia, se quoque ad minima demittens Parens, in gratiam viri

clarissimi Christiani Cassii, cujus grata nobis est memoria, Flagrorum

usum medicum ex antiquitate brevi dissertatione exposuit. Quam cum typis

suis recudere gestiret bibliopola noster, argumenti raritate motus, à me

augmentum petiit. Rimisi hominem ad te, authoris filium, magna cum laude

medicinam in academiâ Juliâ docentem, et parentis exemplo in omni

litteratura et antiquitate versatissimum, cui propius paterni scripti

gloria tangit: nec enim vel tantillum ornamenti à me expectari posse

tanti viri libello, qui propriis radiis per orbem universum clarissimè

cum authore splendescit. Quamquam verò paterno honori augendo non

defueris, multis que accessionibus auctam dissertationem cum eruditâ

epistolâ remiseris, rogare tamen non destitit Paullinus noster, honesti

lucri desiderio, ut observationes nonnullas adderem, quas mihi in

promptu semper esse credit. Ne vel spem ejus officium amici desererem,

quo Meibomiis Cassiisque obstrictum me scio, quia etiam, ut publico

prosimus.

_Communis ista pluribus causa est Deis._

De l'utilité de la flagellation dans la médecine et dans les plaisirs du mariage, et des fonctions des lombes et des reins · 第 4 / 7 段