Le dîner de noces se fit chez les parents d’Yann, à cause de ce logis
de Gaud, qui était bien pauvre.
Ce fut en haut, dans la grande chambre neuve, une tablée de vingt-cinq
personnes autour des mariés; des soeurs et des frères; le cousin Gaos
le pilote; Guermeur, Keraez, Yvon Duff, tous ceux de l’ancienne Marie,
qui étaient de la Léopoldine à présent; quatre filles d’honneur très
jolies, leurs nattes de cheveux disposées en rond au-dessus des
oreilles, comme autrefois les impératrices de Byzance, et leur coiffe
blanche à la nouvelle mode des jeunes, en forme de conque marine;
quatre garçons d’honneur, tous Islandais, bien plantés, avec de beaux
yeux fiers.
Et en bas aussi, bien entendu, on mangeait et on cuisinait; toute la
queue du cortège s’y était entassée en désordre, et des femmes de
peine, louées à Paimpol, perdaient la tête devant la grande cheminée
encombrée de poêles et de marmites.
Les parents d’Yann auraient souhaité pour leur fils une femme plus
riche, c’est bien sûr; mais Gaud était connue à présent pour une fille
sage et courageuse; et puis, à défaut de sa fortune perdue, elle était
la plus belle du pays, et cela le flattait de voir les deux époux si
assortis.
Le vieux père, en gaîté après la soupe, disait de ce mariage:
— Ça va faire encore des Gaos, on n’en manquait pourtant pas dans
Ploubazlanec!
Et en comptant sur ses doigts, il expliquait à un oncle de la mariée
comment il y en avait tant de ce nom-là: son père, qui était le plus
jeune de neuf frères, avait eu douze enfants, tous mariés avec des
cousines, et ça en avait fait, tout ça, des Gaos, malgré les disparus
d’Islande!...
— Pour moi, dit-il, j’ai épousé aussi une Gaos ma parente, et nous en
avons fait encore quatorze à nous deux.
Et à l’idée de cette peuplade, il se réjouissait, en secouant sa tête
blanche.
Dame! il avait eu de la peine pour les élever ses quatorze petits Gaos;
mais à présent ils se débrouillaient, et puis ces dix mille francs de
l’épave les avaient mis vraiment bien à leur aise.
En gaîté aussi, le voisin Guermeur racontait ses tours joués au service
(Les hommes de la côte appellent ainsi leur temps de matelot dans la
marine de guerre.), des histoires de Chinois, d’Antilles, de Brésil,
faisant écarquiller les yeux aux jeunes qui allaient y aller.
Un de ses meilleurs souvenirs, c’était une fois, à bord de l’Iphigénie,
on faisait le plein des soutes à vin, le soir, à la brune; et la manche
en cuir, par où ça passait pour descendre, s’était crevée. Alors, au
lieu d’avertir, on s’était mis à boire à même jusqu’à plus soif; ça
avait duré deux heures, cette fête; à la fin ça coulait plein la
batterie; tout le monde était soûl!
Et ces vieux marins, assis à table, riaient de leur rire bon enfant
avec une pointe de malice.
— On crie contre le service, disaient-ils; eh bien! il n’y a encore que
là, pour faire des tours pareils!
Dehors, le temps ne s’embellissait pas, au contraire; le vent, la
pluie, faisaient rage dans une épaisse nuit. Malgré les précautions
prises, quelques-uns s’inquiétaient de leur bateau, ou de leur barque
amarrée dans le port, et parlaient de se lever pour aller y voir.
Cependant un autre bruit, beaucoup plus gai à entendre, arrivait d’en
bas où les plus jeunes de la noce soupaient les uns sur les autres:
c’étaient les cris de joie, les éclats de rire des petits-cousins et
des petites-cousines, qui commençaient à se sentir très émoustillés par
le cidre.
On avait servi des viandes bouillies, des viandes rôties, des poulets,
plusieurs espèces de poissons, des omelettes et des crêpes.
On avait causé pêche et contrebande, discuté toute sorte de façons pour
attraper les messieurs douaniers qui sont, comme on sait, les ennemis
des hommes de mer.
En haut, à la table d’honneur, on se lançait même à parler d’aventures
drôles.
Ceci se croisait, en breton, entre ces hommes qui tous, à leur époque,
avaient roulé le monde.
— A Hong-Kong, les maisons, tu sais bien, les maisons qui sont là, en
montant dans les petites rues...
— Ah! oui, répondait du bout de la table un autre qui les avait
fréquentées, — oui, en tirant sur la droite quand on arrive?
— C’est ça; enfin, chez les dames chinoises, quoi!... Donc, nous avions
consommé là dedans, à trois que nous étions... Des vilaines femmes, ma
Doué, mais vilaines!...
— Oh! pour vilaines, je te crois, dit négligemment le grand Yann qui,
lui aussi, dans un moment d’erreur, après une longue traversée, les
avait connues, ces Chinoises.
— Après, pour payer, qui est-ce qui en avait des piastres?... Cherche,
cherche dans les poches, — ni moi, ni toi, ni lui, — plus le sou
personne! — Nous faisons des excuses, en promettant de revenir. (Ici,
il contournait sa rude figure bronzée et minaudait comme une Chinoise
très surprise). Mais la vieille, pas confiante, commence à miauler, à
faire le diable, et finit pour nous griffer avec ses pattes jaunes.
(Maintenant, il singeait ces voix pointues de là-bas et grimaçait comme
cette vieille en colère, tout en roulant ses yeux qu’il avait
retroussés par le coin avec ces doigts.) Et voilà les deux Chinois, les
deux... enfin les deux patrons de la boîte, tu me comprends, — qui
ferment la grille à clef, nous dedans! Comme de juste, on te les
empoigne par la queue pour les mettre en danse la tête contre les murs.
- Mais crac! il en sort d’autres par tous les trous, au moins une
douzaine qui se relèvent les manches pour nous tomber dessus, — avec
des airs de se méfier tout de même. - Moi, j’avais justement mon paquet
de cannes à sucre, achetées pour mes provisions de route; et c’est
solide, ça ne casse pas, quand c’est vert; alors tu penses, pour cogner
sur les magots, si ça nous a été utile...
Non, décidément il venait trop fort; en ce moment les vitres
tremblaient sous une rafale terrible, et le conteur, ayant brusqué la
fin de son histoire, se leva pour aller voir sa barque.
Un autre disait:
— Quand j’étais quartier-maître canonnier, en fonctions de caporal
d’armes sur la Zénobie, à Aden, un jour, je vois les marchands de
plumes d’autruche qui montent à bord (imitant l’accent de là-bas):
“Bonjour, caporal d’armes; nous pas voleurs, nous bons marchands.” D’un
pare à virer je te les fais redescendre quatre à quatre: “Toi, bon
marchand, que je dis, apporte un peu d’abord un bouquet de plumes pour
me faire cadeau; nous verrons après si on te laissera monter avec ta
pacotille.” Et je m’en serais fait pas mal d’argent au retour, si je
n’avais pas été si bête! (Douloureusement): mais, tu sais, dans ce
temps j’étais jeune homme... Alors, à Toulon, une connaissance à moi
qui travaillait dans les modes...
Allons bon, voici qu’un des petits frères d’Yann, un futur Islandais,
avec une bonne figure rose et des yeux vifs, tout d’un coup se trouve
malade pour avoir bu trop de cidre. Bien vite il faut l’emporter, le
petit Laumec, ce qui coupe court au récit des perfidies de cette
modiste pour avoir ces plumes...
Le vent dans la cheminée hurlait comme un damné qui souffre; de temps
en temps, avec une force à faire peur, il secouait toute la maison sur
ses fondements de pierre.
— On dirait que ça le fâche, parce que nous sommes en train de nous
amuser, dit le cousin pilote.
— Non, c’est la mer qui n’est pas contente, répondit Yann, en souriant
à Gaud, — parce que je lui avais promis mariage.
Cependant, une sorte de langueur étrange commençait à les prendre tous
deux; ils se parlaient plus bas, la main dans la main, isolés au milieu
de la gaîté des autres. Lui, Yann, connaissant l’effet du vin sur le
sens, ne buvait pas du tout ce soir-là. Et il rougissait à présent, ce
grand garçon, quand quelqu’un de ses camarades islandais disait une
plaisanterie de matelot sur la nuit qui allait suivre.
Par instants aussi il était triste, en pensant tout à coup à
Sylvestre... D’ailleurs, il était convenu qu’on ne devait pas danser à
cause du père de Gaud et à cause de lui.
On était au dessert; bientôt allaient commencer les chansons. Mais
avant, il y avait les prières à dire, pour les défunts de la famille;
dans les fêtes de mariage, on ne manque jamais à ce devoir de religion,
et quand on vit le père Gaos se lever en découvrant sa tête blanche, il
se fit du silence partout:
— Ceci, dit-il, est pour Guillaume Gaos, mon père.
Et, en se signant, il commença pour ce mort la prière latine:
— Pater noster, qui es in coelis, sanctificetur nomen tuum...
Un silence d’église s’était maintenant propagé jusqu’en bas, aux
tablées joyeuses des petits. Tous ceux qui étaient dans cette maison
répétaient en esprit les mêmes mots éternels.
— Ceci est pour Yves et Jean Gaos, mes frères, perdus dans la mer
d’Islande... Ceci est pour Pierre Gaos, mon fils, naufragé à bord de la
Zélie...
Puis, quand tous ces Gaos eurent chacun leur prière, il se tourna vers
la grand’mère Yvonne:
— Ceci, dit-il, est pour Sylvestre Moan. Et il en récita une autre
encore. Alors Yann pleura.
— ...Sed libera nos a malo, Amen.
Les chansons commencèrent après. Des chansons apprises au service, sur
le gaillard d’avant, où il y a, comme on sait, beaucoup de beaux
chanteurs:
Un noble corps, pas moins, que celui des zouaves,
Mais chez nous les braves
Narguent le destin,
Hurrah! Hurrah! vive le vrai marin!
Les couplets étaient dits par un des garçons d’honneur, d’une manière
tout à fait langoureuse qui allait à l’âme; et puis le choeur était
repris par d’autres belles voix profondes.
Mais les nouveaux époux n’entendaient plus que du fond d’une sorte de
lointain; quand ils se regardaient, leurs yeux brillaient d’un éclat
trouble, comme des lampes voilées; ils se parlaient de plus en plus
bas, la main toujours dans la main, et Gaud baissait souvent la tête,
prise peu à peu, devant son maître, d’une crainte plus grande et plus
délicieuse.
Maintenant le cousin pilote faisait le tour de la table pour servir
d’un certain vin à lui; il l’avait apporté avec beaucoup de
précautions, caressant la bouteille couchée, qu’il ne fallait pas
remuer, disait-il.
Il en raconta l’histoire: un jour de pêche, une barrique flottait toute
seule au large; pas moyen de la ramener, elle était trop grosse; alors
ils l’avaient crevée en mer, remplissant tout ce qu’il y avait à bord
de pots et de moques. Impossible de tout emporter. On avait fait des
signes aux autres pilotes, aux autres pêcheurs; toutes les voiles en
vue s’étaient rassemblées autour de la trouvaille.
— Et j’en connais plus d’un qui était soûl, en rentrant le soir à
Pors-Even.
Toujours le vent continuait son bruit affreux.
En bas, les enfants dansaient des rondes; il y en avait bien
quelques-uns de couchés, — des tout petit Gaos, ceux-ci; - mais les
autres faisaient le diable, menés par le petit Fantec (en français:
François) et le petit Laumec (en français: Guillaume), voulant
absolument aller sauter dehors, et, à toute minute, ouvrant la porte à
des rafales furieuses qui soufflaient les chandelles.
Lui, le cousin pilote, finissait l’histoire de son vin pour son compte,
il en avait eu quarante bouteilles; il priait bien qu’on n’en parlât
pas, à cause de M. le commissaire de l’inscription maritime, qui aurait
pu lui chercher une affaire pour cette épave non déclarée.
— Mais voilà, disait-il, il aurait fallu les soigner, ces bouteilles;
si on avait pu les tirer au clair, ça serait devenu tout à fait du vin
supérieur; car, certes, il y avait dedans beaucoup plus de jus de
raisin que dans toutes les caves des débitants de Paimpol.
Qui sait où il avait poussé, ce vin de naufrage? Il était fort, haut en
couleur, très mêlé d’eau de mer, et gardait le goût âcre du sel. Il fut
néanmoins trouvé très bon, et plusieurs bouteilles se vidèrent.
Les têtes tournèrent un peu; le son des voix devenait plus confus et
les garçons embrassaient les filles.
Les chansons continuaient gaîment; cependant on n’avait guère l’esprit
tranquille à ce souper, et les hommes échangeaient des signes
d’inquiétude à cause du mauvais temps qui augmentait toujours.
Dehors, le bruit sinistre allait son train, pis que jamais. Cela
devenait comme un seul cri, continu, renflé, menaçant, poussé à la
fois, à plein gosier, à cou tendu, par des milliers de bêtes enragées.
On croyait aussi entendre de gros canons de marine tirer dans le
lointain leurs formidables coups sourds: et cela, c’était la mer qui
battait de partout le pays de Ploubazlanec: — non, elle ne paraissait
pas contente, en effet, et Gaud se sentait le coeur serré par cette
musique d’épouvante, que personne n’avait commandée pour leur fête de
noces.
Sur les minuits, pendant une accalmie, Yann, qui s’était levé
doucement, fit signe à sa femme de venir lui parler.
C’était pour s’en aller chez eux... Elle rougit, prise d’une pudeur,
confuse de s’être levée... Puis elle dit que ce serait impoli, s’en
aller tout de suite, laisser les autres.
— Non, répondit Yann, c’est le père qui l’a permis; nous pouvons.
Et il l’entraîna. Ils se sauvèrent furtivement.
Dehors ils se trouvèrent dans le froid, dans le vent sinistre, dans la
nuit profonde et tourmentée. Ils se mirent à courir, en se tenant par
la main. Du haut de ce chemin de falaise, on devinait sans les voir les
lointains de la mer furieuse, d’où montait tout ce bruit. Ils couraient
tous deux, cinglés en plein visage, le corps penché en avant, contre
les rafales, obligés quelquefois de se retourner, la main devant la
bouche, pour reprendre leur respiration que ce vent avait coupée.
D’abord, il l’enlevait presque par la taille, pour l’empêcher de
traîner sa robe, de mettre ses beaux souliers dans toute cette eau qui
ruisselait par terre; et puis il la pris à son cou tout à fait, et
continua de courir encore plus vite... Non, il ne croyait pas tant
l’aimer! Et dire qu’elle avait vingt-trois ans; lui bientôt vingt-huit;
que, depuis deux ans au moins, ils auraient pu être mariés, et heureux
comme ce soir.
Enfin ils arrivèrent chez eux, dans leur pauvre petit logis au sol
humide, sous leur toit de paille et de mousse; — et ils allumèrent une
chandelle que le vent leur souffla deux fois.
La vieille grand’mère Moan, qu’on avait reconduite chez elle avant de
commencer les chansons, était là, couchée depuis deux heures dans son
lit en armoire dont elle avait refermé les battants; ils s’approchèrent
avec respect et la regardèrent par les découpures de sa porte afin de
lui dire bonsoir si par hasard elle ne dormait pas encore. Mais ils
virent que sa figure vénérable demeurait immobile et ses yeux fermés;
elle était endormie ou feignait de l’être pour ne pas les troubler.
Alors ils se sentirent seuls l’un à l’autre.
Ils tremblaient tous deux, en se tenant les mains. Lui se pencha
d’abord vers elle pour embrasser sa bouche: mais Gaud détourna les
lèvres par ignorance de ce baiser-là, et, aussi chastement que le soir
de leurs fiançailles, les appuya au milieu de la joue d’Yann, qui était
froidie par le vent, tout à fait glacée.
Bien pauvre, bien basse, leur chaumière, et il y faisait très froid.
Ah! si Gaud était restée riche comme anciennement, quelle joie elle
aurait eue à arranger une jolie chambre, non pas comme celle-ci sur la
terre nue... Elle n’était guère habituée encore à ces murs de granit
brut, à cet air rude qu’avaient les choses; mais son Yann était là avec
elle; alors, par sa présence, tout était changé, transfiguré, et elle
ne voyait plus que lui...
Maintenant leurs lèvres s’étaient rencontrées, et elle ne détournait
plus les siennes. Toujours debout, les bras noués pour se serrer l’un à
l’autre, ils restaient là muets, dans l’extase d’un baiser qui ne
finissait plus. Ils mêlaient leurs respirations un peu haletantes, et
ils tremblaient tous deux plus fort, comme dans une ardente fièvre. Ils
semblaient être sans force pour rompre leur étreinte, et ne connaître
rien de plus, ne désirer rien au delà de ce long baiser.
Elle se dégagea enfin, troublée tout à coup:
— Non, Yann!... grand’mère Yvonne pourrait nous voir!
Mais lui, avec un sourire, chercha les lèvres de sa femme encore et les
reprit bien vite entre les siennes, comme un altéré à qui on a enlevé
sa coupe d’eau fraîche.
Le mouvement qu’ils avaient fait venait de rompre le charme de
l’hésitation délicieuse. Yann, qui, aux premiers instants, se serait
mis à genoux comme devant la Vierge sainte, se sentit redevenir
sauvage. Il regarda furtivement du côté des vieux lits en armoire,
ennuyé d’être aussi près de cette grand’mère, cherchant un moyen sûr
pour ne plus être vu; toujours sans quitter les lèvres exquises, il
allongea le bras derrière lui, et, du revers de la main, éteignit la
lumière comme avait fait le vent.
Alors, brusquement, il l’enleva dans ses bras, avec sa manière de la
tenir, la bouche toujours appuyée sur la sienne, il était comme un
fauve qui aurait planté ses dents dans une proie. Elle, abandonnait son
corps, son âme, à cet enlèvement qui était impérieux et sans résistance
possible, tout en restant doux comme une longue caresse enveloppante:
il l’emportait dans l’obscurité vers le beau lit blanc à la mode des
villes qui devait être leur lit nuptial...
Autour d’eux, pour leur premier coucher de mariage, le même invisible
orchestre jouait toujours.
Houhou!... houhou!... Le vent tantôt donnait en plein son bruit
caverneux avec un tremblement de rage; tantôt répétait sa menace plus
bas à l’oreille, comme par un raffinement de malice, avec des petits
sons filés, en prenant la voix fluttée d’une chouette.
Et la grande tombe des marins était tout près, mouvante, dévorante,
battant les falaises de ses mêmes coups sourds. Une nuit ou l’autre, il
faudrait être pris là dedans, s’y débattre, au milieu de la frénésie
des choses noires et glacées: - ils le savaient...
Qu’importe! Pour le moment, ils étaient à terre, à l’abri de toute
cette fureur inutile et retournée contre elle-même. Alors, dans le
logis pauvre et sombre où passait le vent, ils se donnèrent l’un à
l’autre, sans souci de rien ni de la mort, enivrés, leurrés
délicieusement par l’éternelle magie de l’amour...