nombre des personnes devrait être augmenté de 319. Ainsi
la colonie devrait être de 9,719, sans comprendre les 515
de l'Acadie. Il y a eu 66 mariages.
Sauvages qui sont habitués parmi nous: 960 personnes;
hommes, femmes et enfans.
RECENSEMENT.
1719.
Eglises. 77
Presbytères. 52
Maisons du Roi. 2
Prêtres du Séminaire. 18
Jésuites. 16
Récollets. 12
Religieuses de l'Hôtel-Dieu. 106
Religieuses Ursulines. 50
Religieuses de l'Hôpital-Général. 12
Soeurs de la Congrégation. 68
Curés. 51
Hommes audessus de 50 ans. 1,241
" audessous de 50 ans. 2,575
Garçons audessus de 15 ans, 2,388
" audessous de 15 ans, 4,978
Femmes et veuves. 3,557
Filles audessus de 15 ans. 2,461
" audessous de 15 ans, 4,997
______
Total des âmes. 22,530
Moulins à blé. 76
" à scie. 19
Terres en valeur, arpens. 63,032
Prairies. " 8,018
Blé français, minots. 234,566
Blé d'Inde, " 6,487
Pois. " 46,408
Avoine. " 50,416
Lin, livres. 45,970
Chanvre, " 5,080
Chevaux. 4,024
Bestes à cornes. 18,241
Moutons. 8,435
Cochons. 14,418
Armes à feu. 3,726
Epées. 792
Fait et arrêté le 20 avril 1720.
(Signé,)
L. A. de Bourbon, et le
Maréchal d'Estrées.
Par le Conseil,
(Signé,)
Lachapelle.
RECENSEMENT, 20 OCTOBRE.
1720.
Maisons du Roi et forts. 5
Eglises. 88
Presbytères. 59
Prêtres des Missions Etrangères 31}
Curés et Missionnaires. 69}
Jésuites. 24} 331
Récollets. 32}
Religieuses. 175}
Hommes audessus de 50 ans. 1,274
" audessous de 50 ans. 3,020
" absens. 315
Femmes et veuves 3,782
Garçons audessus de 15 ans. 2,677
" audessous de 15 ans. 5,052
Filles audessus de 15 ans. 2,734
" audessous de 15 ans. 5,249
______
Total des âmes. 24,434
Moulins à blé. 82
" à scie. 28
Terres en valeur, arpens. 61,357
Prairies. " 10,132
Blé français, minots. 134,439
Blé d'Inde. " 4,159
Pois. " 55,331
Avoine. " 72,053
Lin. livres. 67,264
Chanvre. " 1,418
Chevaux. 5,270
Bestes à cornes. 24,866
Moutons. 12,175
Cochons. 17,944
Armes à feu. 4,632
Epées. 915.
RECENSEMENT DE LA COLONIE.
1721.
Maisons Royales. 6
Prêtres du Séminaire. 31
Jésuites. 24
Récollets. 32
Religieuses de l'Hôtel-Dieu. 111
" Ursulines. 79
" de l'Hôpital-Général. 23
Soeurs de la Congrégation. 76
Frères Hospitaliers. 6
Eglises. 86
Presbytères. 61
Curés ou Missionnaires. 59
Moulins à blé. 90
" à scie. 30
Familles. 4,183
Hommes audessus de 50 ans. 1,314}
" audessous de 50 ans. 2,857}
" absens. 282}
Femmes et veuves. 4,107}
Garçons audessus de 15 ans. 3,361} 24,511
" audessous de 15 ans. 3,970}
Filles audessus de 15 ans. 3,351}
" audessous de 15 ans. 5,269}
Terres en valeur, arpens. 62,145
Prairies. 12,203
Blé français, minots. 292,700
" d'Inde. " 7,205
Pois. 57,400
Avoine. 64,035
Orge. 4,585
Tabac, livres. 48,038
Lin. " 54,650
Chanvre. " 2,100
Chevaux. 5,603
Bestes à cornes. 23,388
Moutons. 13,823
Cochons. 16,250
Armes à feu. 5,263
Epées. 923
Pêches dans l'étendue de la
paroisse de la baie Saint-Paul. 7
Pris dans les pêches ci-dessus: 160 marsouins, qui ont
produit barriques d'huile, 125--chaque barrique de 100
livres.
N. B.--Faute de barriques suffisamment, plus de moitié
de la graisse a diminué sur la grève.
Total de toutes les pêches établies en 1721. 14
" " " " en 1722. 7
RECENSEMENT FAIT EN LA NOUVELLE-FRANCE EN
1734.
Eglises. 102
Curés et Missionnaires. 83
Presbytères. 76
Prêtres et Chanoines. 32
Jésuites. 18
Récollets. 27
Religieuses de l'Hôtel-Dieu. 97
Ursulines. 80
Religieuses de l'Hôpital-Général,
et Frères Charrons. 31
Soeurs de la Congrégation. 96
Moulins à blé. 118
" à scie. 52
Familles. 6,422
Hommes audessus de 50 ans. 1,718}
" audessous de 50 ans. 4,588}
" absens. 430}
Femmes et veuves. 6,593} 37,252
Garçons audessus de 15 ans. 3,805}
" audessous de 15 ans. 8,342}
Filles audessus de 15 ans. 3,654}
" audessous de 15 ans. 8,122}
Terres en valeur, arpens. 163,111
Prairies. " 17,657
Blé français, minots. 737,892
"d'Inde. " 5,223
Pois. 63,549
Avoine. 163,988
Orge. 3,462
Tabac, livres. 166,055
Lin. " 92,245
Chanvre. " 2,221
Chevaux. 5,056
Bestes à cornes. 33,179
Moutons. 19,815
Cochons. 23,646
Armes à feu. 6,619
Epées. 784
N. B.--Ce recensement a été fait avec toute l'exactitude possible; et on
le croit le plus exact qui ait été envoyé jusques ici.
(B)
P. 372. ORDONNANCE de M. Dupuy, intendant, portant défense aux membres
du conseil supérieur, aux juges, greffiers et autres officiers de la
justice, de s'absenter du service du roi, et d'obtempérer aux lettres de
cachet du gouverneur, sous peine d'interdiction.
Claude Thomas Dupuy, chevalier, conseiller du roy en ses conseils d'état
et privé, maître des requêtes ordinaire de son hôtel, intendant de
justice, police et finances en toute la Nouvelle-France, isles et terres
adjacentes en dépendantes.
Le sieur Gaillard et le sieur d'Artigny, conseillers au conseil
supérieur de Québec, nous ayant apporté aujourd'huy neuf heures du
matin, chacun un papier qui leur a été adressé par Monsieur le Mis. de
Beauharnois, étant gouverneur général de présent à Montréal, lequel
papier ils ont reçu de la main du sieur Le Verrier, lieutenant de roy
commandant à Québec en l'absence du gouverneur général, nous l'avons
fait transcrire de mot à mot en notre présente ordonnance ainsi qu'il en
suit:
DE PAR LE ROY.
Charles Mis. de Beauharnois, chevalier de l'ordre militaire
de St.-Louis, gouverneur et lieutenant général pour le roy
en toute la Nouvelle-France. Il est ordonné au sieur
Gaillard, conseiller au conseil supérieur de Québec, d'en
partir aussitost notre présent ordre reçu pour se rendre à
Beaupré, où il demeurera jusqu'à nouvel ordre, sous peine de
désobéissance; et au sieur d'Artigny de se retirer à
Beaumont. Fait à Montréal ce XIII may mil sept cent
vingt-huit.
(Signé) BEAUHARNOIS,
Et plus bas par Monseigneur,
(Signé) DEMONCEAUX,
Et à costé est le cachet des armes de mon dit sieur Beauharnois.
Ces deux écrits, partis d'une autorité tout à fait illégitime et
impuissante au fait de ce qui y est ordonné, ne doivent être considérez
par tout bon sujet du roy, que comme une nouvelle entreprise de monsieur
le Mis. de Beauharnois contre le service et l'autorité de Sa Majesté, et
une suite de l'ordre que mon dit sieur de Beauharnois apporta luy même
au conseil le huit mars dernier, par lequel, affectant le ton de
souverain, il prétendit interdire le conseil supérieur, casser ses
arrests, et imposer silence au procureur général du roy; prétentions
aussi téméraires qu'elles ont paru nouvelles à toute la colonie. Mais
comme le conseil en a porté ses plaintes au roy en conséquence et
conformément à la déclaration qu'en fit le conseil supérieur à mon dit
sieur de Beauharnois en personne, par son arrest du même jour, huit
mars, prononcé en la présence de mon dit sieur de Beauharnois, le
conseil suppliant Sa Majesté qu'il luy plaise, en vengeant l'insulte
faite à son conseil supérieur, assurer sa propre autorité contre les
efforts que l'on fait icy journellement pour soulever les peuples et les
dégager de l'obéissance à la justice, cette nouvelle tentative ne sera
regardée que comme une vengeance sur les officiers de ce conseil
supérieur, et un déplaisir du peu de succès que le gouverneur général a
eu de son ordonnance du huit, dont il a desjà donné assés d'autres
marques de ressentiment, mais qu'on a osé porter contre le roy même,
telle qu'est la publication qu'on a fait faire de la dite ordonnance à
la teste des troupes, avec des cris de vive le Roy et Beauharnois, la
rebellion de là garnison du trente mars, déchirant avec les épées les
arrests du conseil supérieur et les ordonnances de Sa Majesté, le bris
des prisons royalles et l'enlèvement des prisonniers du neuf avril
suivant, et en dernier lieu l'azile ouvert le six de ce présent mois au
château St.-Louis, logement du gouverneur, à tous les décrétés par
justice et prisonniers échappés des prisons de Sa Majesté; pendant que
contre les ordonnances de la guerre on tient cruellement et
ignominieusement en prison des officiers des troupes, en leur imputant
pour toute faute d'avoir désapprouvé des procédés aussi odieux.
Et comme en répandant de toutes parts dans la colonie, jusques dans les
mains des ouvriers, des copies de ses provisions, quoy qu'elles fussent
suffisamment connues et registrées au conseil supérieur, pour exercer
l'autorité et les pouvoirs que le roy luy a donnés ainsi que l'ont fait
ses prédécesseurs, sans une pareille communication au peuple, laquelle
n'est faite aujourd'huy que pour surprendre le peuple, et sans excéder
de la part des précédens gouverneurs les bornes de leurs pouvoirs,
monsieur le marquis de Beauharnois entend tirer les droits qu'il veut
exercer sur les membres du conseil et autres officiers de la justice, de
ce qu'il est dit dans ses provisions de gouverneur qu'il a le
commandement sur tous les états de la colonie, dans l'énumération
desquels états sont compris les conseillers du conseil supérieur et les
ecclésiastiques; et attendu que pour ce qui nous regarde, il a plû au
roy, par les provisions dont il nous a honoré, d'ordonner pareillement
aux officiers du conseil supérieur, à tous les justiciers, autres
officiers et sujets du roy, de nous entendre et de nous obéir, il est
d'autant plus indubitable que cela nous donne sur les conseillers du
conseil supérieur et sur tous les autres sujets du roy, un pouvoir au
moins absolument égal à celuy que pourrait prétendre mon dit sieur
marquis de Beauharnois; que par le règlement de 1684: signé Louis et
plus bas, Colbert, donné sur quelques prétentions du gouverneur général,
il a été réglé et ordonné par le roy que les gouverneurs généraux
n'avaient aucune direction sur les officiers de la justice, ainsi qu'il
a été encore décidé depuis par nombre de règlemens et ordres du roy
aussi formels que ce premier, et que par un arrest du conseil d'état du
roy rendu en faveur de Mr. Talon, lors intendant en Canada, le roy veut
et ordonne que tout ce que l'intendant ordonnera soit exécuté par
provision nonobstant toute opposition, appellation et empêchement
quelconque; et que par nos provisions particulières conformes à cet
arrest, le roy s'en est encore expliqué en ces termes: _Nous vous
donnons le pouvoir et faculté de juger souverainement seul en matière
civile et de tout ordonner ainsi que vous verrez être juste et à propos
pour notre service, validant vos jugemens, règlemens et ordonnances
comme s'ils étoient émanés de nos cours supérieures, comme aussi de vous
trouver aux conseils de guerre, ouïr les plaintes qui vous seront faites
par nos peuples des dits pays, par les gens de guerre et tous autres sur
tous excès, torts, et violences, leur rendre bonne et briève justice,
informer de toutes entreprises pratiques et menées faites contre notre
service, procéder contre les coupables de tous crimes de quelque qualité
et condition qu'ils soient, leur faire et parfaire leur procès jusqu'à
jugement définitif et exécution d'icelui inclusivement._
Et ce qui fait que la préférence et l'exécution provisionnelle et
provisoire deüe à ce que nous ordonnerons à l'occasion des sieurs
Gaillard et d'Artigny et autres magistrats, juges et officiers de
justice, y est aujourd'hui plus nécessaire que jamais, c'est qu'il
s'agist du service instant de sa majesté, et de l'exercise de la justice
deüe à son peuple, qui ne peut être retardée ny suspendüe que par le roy
même, et qui le seroit totalement, n'y ayant plus au conseil que les
sieurs Gaillard et d'Artigny avec les sieurs Hazeur, Guillemin, le sieur
de Lotbinière étant obligé de s'abstenir dans les affaires criminelles,
et même pour le présent dans les affaires ecclésiastiques, où il
s'agiroit de ses droits avec le chapitre, le sieur Lanouillier étant
allé à Montréal pour les affaires du roy, les sieurs Macart et St.-Simon
n'y venant plus que rarement à cause de leur grand âge, et les autres,
qui ne sont pas icy desnommez, ayant volontairement ou par terreur
abandonné leur compagnie pour suivre le party de monsieur le Mis. de
Beauharnois, ce qui n'est nullement permis, les compagnies ne devant pas
se diviser au préjudice du roy, à qui chacun doit son service en sa
compagnie, jusqu'à ce qu'il ait remis ses provisions, ou qu'elles luy
soient ôtées par le roy même, et ce qui réduisant le conseil à cinq
personnes seulement nous compris, et à moins si aucune de ces cinq
personnes cessoit de s'y trouver, ôteroit tout moyen de rendre la
justice au peuple, et de veiller aux droits et à l'autorité du roy, qui
est le point où l'on vouloit atteindre, et l'extrémité où depuis près de
deux ans on a travaillé à réduire tout le corps de la justice dans la
Nouvelle-France, et en particulier le conseil supérieur, au grand
préjudice du roy et de son peuple, et d'autant plus encore qu'il est à
propos d'avertir le peuple que les pouvoirs que Mr. le gouverneur
général peut avoir par ses provisions sur les conseillers du conseil
supérieur, sur les ecclésiastiques et sur les autres états de la colonie
qui n'ont point de rapport à l'ordre militaire, ne sont que des pouvoirs
relatifs à la commission quand il agist dans l'étendüe de son district,
n'ayant pas plus celuy d'exiler un conseiller, de l'empêcher de rendre
la justice, et un juge inférieur, d'exercer ses fonctions, qu'il en
auroit d'envoyer un prêtre au séminaire, d'empêcher un prêtre de dire la
messe et de confesser; mais que comme il pourroit bien empêcher qu'on ne
sonnât l'Angelus à midy, où que l'on sonnât la cloche des Recollets à
minuit, s'il entendoit dire qu'au son de cette cloche il y eût quelque
signal donné par l'ennemy, il pourroit bien encore commander à un
conseiller ou à un juge quelque chose pour la deffense de la ville en
cas d'attaque ou autre occasion pressante et de son exercice
particulier, ou autres exemples de cette nature.
Veu les dits deux ordres de mon dit sieur le Mis. de Beauharnois, l'un
envoyé au sieur Gaillard et l'autre au sieur d'Artigny, sans que nous
sçachions s'il n'en a point encore été envoyé de pareil à quelqu'autre
des conseillers du conseil supérieur. Nous, en vertu du pouvoir à nous
donné, et en conséquence de la qualité dont le roy nous a honoré de
premier président du conseil supérieur, seul en droit d'assembler et de
convoquer le dit conseil, et ayant seul en cette qualité la police tant
intérieure qu'extérieure de la compagnie, Ordonnons au sieur Gaillard et
au sieur d'Artigny et à tous autres conseillers au conseil supérieur, de
la part du roy et sous peine d'être réputé désobéissant aux ordres de Sa
majesté, et au serment par eux prêté au roy en son conseil, de ne se
point départir de son service peur quelque prétexte et par quelque ordre
que ce soit, leur ordonnons de rester à Québec, et leur faisons deffense
d'en désemparer jusqu'à ce qu'il ait plu à sa majesté ordonner de la
satisfaction qu'il voudra bien accorder au conseil supérieur, tant de
l'insulte qui luy a desjà été faite, que de celle qu'il vient encore de
recevoir en la personne de ses conseillers; Ordonnons pareillement à
tous juges tant des justices royalles que des seigneurs, à tous
greffiers du conseil supérieur et autres, à tous huissiers et autres
officiers de la justice, de se conformer à la présente ordonnance, et
leur enjoignons de l'observer sous peine de désobéissance au roy et
d'interdiction de leurs charges et offices. Mandons, etc. Fait en notre
hôtel à Québec le vingt neuf may mil sept cent vingt huit.
Dupuy.
Le Sceau Par Monseigneur
Hiché,
Signifié de l'ordre de monseigneur l'Intendant, à monsieur Boisseau,
greffier de la prévosté de cette ville; et en parlant à sa personne par
moy huissier au conseil supérieur, ce jourd'huy quatre juin mil sept
cent vingt huit.
Chetinau de Rousel.
(C)
P. 426. Etat du montant des importations et des exportations annuelles
du Canada entre les années 1749 et 1755 inclusivement.
Années.
1749 { Importations. 5,682,090 Livres.
{ Exportations. 1,414,900
Différence... 4,267,190
1750 { Importations. 5,154,861
{ Exportations. 1,337,000
Différence... 3,817,861
1751 { Importations. 4,439,490
{ Exportations. 1,515,932
Différence... 2,923,558
1752 { Importations. 6,047,820
{ Exportations. 1,554,400
Différence... 4,493,420
1753 { Importations. 5,195,733
{ Exportations. 1,706,130
Différence... 3,489,603
1754 { Importations. 5,147,621
{ Exportations. 1,576,616
Différence... 3,571,005
Arrivages--Vaisseaux venant de France 32
" " des Iles 10
" " de Louisbourg
et de l'Acadie. 11
__
53
1755 { Importations. 5,203,272
{ Exportations. 1,515,730
Différence... 3,687,542
SOMMAIRES.
LIVRE V.
CHAP. I.--_Colonies Anglaises_.--1690.
Objet de ce chapitre.--Les persécutions politiques et religieuses
fondent et peuplent les colonies anglaises, qui deviennent en peu de
temps très puissantes.--Caractère anglais dérivant de la fusion des
races normande et saxonne. Institutions libres importées dans le
Nouveau-Monde, fruit des progrès de l'époque.--La Virginie et la
Nouvelle-Angleterre.--Colonie de Jamestown (1607).--Colonie de
New-Plymouth et gouvernement qu'elle se donne (1620).--Immensité de
l'émigration.--L'Angleterre s'en alarme.--La bonne politique prévaut
dans ses conseils, et elle laisse continuer l'émigration.--New-Plymouth
passe entre les mains du roi par la dissolution de la
compagnie.--Commission des plantations établie; opposition qu'elle
suscita dans les colonies; elle s'éteint sans rien faire.--Etablissement
du Maryland (1632) et de plusieurs autres colonies.--Leurs diverses
formes de gouvernement: gouvernemens à charte, gouvernemens royaux,
gouvernemens de propriétaires.--Confédération de la
Nouvelle-Angleterre.--Sa quasi-indépendance de la métropole.--Population
et territoire des établissemens anglais en 1690.--Ils jouissent de la
liberté du commerce.--Jalousie de l'Angleterre: actes du parlement
impérial, et notamment l'acte de navigation passés pour restreindre
cette liberté.--Opposition générale des colonies; doctrines du
Massachusetts à ce sujet.--M. Randolph envoyé par l'Angleterre pour
faire exécuter ses lois de commerce; elle le nomme percepteur général
des douanes.--Négoce étendu que faisaient déjà les colons.--Les rapports
et les calomnies de Randolph servent de prétextes pour révoquer les
chartes de la Nouvelle-Angleterre.--Ressemblance de caractère entre
Randolph et lord Sydenham.--Révolution de
1690.--Gouvernement.--Lois.--Education.--Industrie.--Difference entre le
colon d'alors et le colon d'aujourd'hui, le colon français et le colon
anglais.
CHAP. II.--Le Siège de Québec--1689-1695.
Ligue d'Augsbourg formée contre Louis XIV.--L'Angleterre s'y joint en
1689, et la guerre, recommencée entre elle et la France, est portée dans
leurs colonies.--Disproportion de forces de ces dernières.--Plan
d'hostilités des Français.--Projet de conquête de la Nouvelle-York; il
est abandonné après un commencement d'exécution.--Triste état du Canada
et de l'Acadie.--Vigueur du gouvernement de M. de Frontenac.--Premières
hostilités: M. d'Iberville enlève 2 vaisseaux anglais dans la baie
d'Hudson.--Prise de Pemaquid par les Abénaquis.--Sac de
Schenectady.--Destruction de Salmon Falls (Sementels).--Le fort Casco
est pris et rasé.--Les Indiens occidentaux, prêts à se détacher de la
France, renouvellent leur alliance avec elle au premier bruit de ses
succès.--Irruptions des cantons, qui refusent de faire la
paix.--Patience et courage des Canadiens.--Les Anglais projetent la
conquête de la Nouvelle-France.--Etat de l'Acadie depuis 1667.--L'Amiral
Phipps prend Port-Royal; il assiége Québec (1690) et est
repoussé.--Retraite du général Winthrop, qui s'était avancé jusqu'au lac
St.-Sacrement (George) pour attaquer le Canada par l'ouest, tandis que
l'Amiral Phipps l'attaquerait par l'est.--Désastre de la flotte de ce
dernier.--Humiliation des colonies anglaises.--Misère profonde dans les
colonies des deux nations.--Les Iroquois et les Abénaquis continuent
leurs déprédations.--Le major Schuyler surprend le camp de la Prairie de
la Magdeleine (1691), et est défait par M. de Varennes.--Nouveau projet
pour la conquête de Québec formé par l'Angleterre.--La défaite des
troupes de l'expédition à la Martinique, et ensuite la fièvre jaune qui
les décime sur la flotte de l'amiral Wheeler, font manquer
l'entreprise.--Expéditions françaises dans les cantons (1693 et 1696);
les bourgades des Onnontagués et des Onneyouths sont incendiées.--Les
Miâmis font aussi essuyer de grandes pertes aux Iroquois.--Le Canada
plus tranquille, après avoir repoussé partout ses ennemis, se prépare à
aller porter à son tour la guerre chez eux.--L'état comparativement
heureux dans lequel il se trouve, est dû à l'énergie et aux sages
mesures du comte de Frontenac.--Intrigues de ses ennemis contre lui en
France.
CHAP. III.--_Terreneuve et Baie d'Hudson_.--1696-1701.
Continuation de la guerre: les Français reprennent l'offensive.--La
conquête de Pemaquid et de la partie anglaise de Terreneuve et de la
baie d'Hudson, est résolue.--M. d'Iberville défait trois vaisseaux
ennemis et prend Pemaquid.--Terreneuve: sa description; premiers
établissemens français; leur histoire.--Le gouverneur, M. de Brouillan,
et M. d'Iberville réunissent leurs forces pour agir contre les
Anglais.--Brouilles entre ces deux chefs; ils se raccommodent.--Ils
prennent St.-Jean, capitale anglaise de l'île, et ravagent les autres
établissemens.--Héroïque campagne d'hiver des Canadiens.--Baie d'Hudson;
son histoire.--Départ de M. d'Iberville; dangers que son escadre court
dans les glaces; beau combat naval qu'il livre; il se bat seul contre
trois et remporte la victoire.--Un naufrage.--La baie d'Hudson est
conquise.--Situation avantageuse de la Nouvelle-France.--La cour
projette la conquête de Boston et de New-York.--M. de Nesmond part de
France avec une flotte considérable; la longueur de sa traversée fait
abandonner l'entreprise.--Consternation des colonies anglaises.--Fin de
la guerre: paix de Riswick (1797).--Difficultés entre les deux
gouvernemens au sujet des frontières de leurs colonies.--M. de Frontenac
refuse de négocier avec les cantons iroquois par l'intermédiaire de lord
Bellomont.--Mort de M. de Frontenac; son portrait.--M. de Callières lui
succède.--Paix de Montréal avec toutes les tribus indiennes, confirmée
solennellement en 1701.--Discours du célèbre chef Le Rat; sa mort,
impression profonde qu'elle laisse dans l'esprit des Sauvages; génie et
caractère de cet Indien.--Ses funérailles.
LIVRE VI.
CHAP. I.--_Etablissement de la Louisiane_.--1683-1712.