la Salle, pour aller y fonder un établissement.--Départ de ce voyageur;
ses difficultés avec le commandant de la flottille, M. de Beaujeu.--L'on
passe devant les bouches du Mississipi sans les apercevoir, et l'on
parvient jusqu'à la baie de Matagorda (ou St.-Bernard), dans le pays que
l'on nomme aujourd'hui le Texas.--La Salle y débarque sa colonie et y
bâtit le fort St.-Louis.--Conséquences désastreuses de ses divisions
avec M. de Beaujeu, qui s'en retourne en Europe.--La Salle entreprend
plusieurs expéditions inutiles pour trouver le Mississipi.--Grand nombre
de ses compagnons y périssent.--Il part avec une partie de ceux qui lui
restent pour les Illinois, afin de faire demander des secours en
France.--Il est assassiné.--Sanglans démêlés entre ses meurtriers;
horreur profonde que ces scènes causent aux Sauvages.--Joutel et six de
ses compagnons parviennent aux Illinois.--Les colons laissés au Texas,
sont surpris par les Indigènes et tués ou emmenés en captivité.--Guerre
de 1689 et paix de Riswick.--D'Iberville reprend l'entreprise de la
Salle en 1698, et porte une première colonie canadienne à la Louisiane
l'année suivante; établissement de Biloxi (1698).--Apparition des
Anglais dans le Mississipi.--Les Huguenots demandent à s'y établir et
sont refusés.--Services rendus par eux à l'Union américaine.--M. de
Sauvole lieutenant gouverneur.--Sages recommandations du fondateur de la
Louisiane touchant le commerce de cette contrée.--Mines d'or et
d'argent, illusions dont on se berce à ce sujet.--Transplantation des
colons de Biloxi dans la baie de la Mobile (1701).--M. de Bienville
remplace M. de Sauvole.--La Mobile fait des progrès.--Mort de M.
d'Iberville; caractère et exploits de ce guerrier.--M. Diron
d'Artaguette commissaire-ordonnateur (1708).--La colonie languit.--La
Louisiane est cédée à M. Crozat en 1712, pour 16 ans.
CHAP. II.--_Traité d'Utrecht_.--1701-1713.
Une colonie canadienne s'établit au Détroit, malgré les Anglais et une
partie des Indigènes.--Paix de quatre ans.--Guerre de la succession
d'Espagne.--La France, malheureuse en Europe, l'est moins en
Amérique.--Importance du traité de Montréal; ses suites heureuses pour
le Canada.--Neutralité de l'Ouest; les hostilités se renferment dans les
provinces maritimes.--Faiblesse de l'Acadie.--Affaires des Sauvages
occidentaux; M. de Vaudreuil réussit à maintenir la paix parmi les
tribus de ces contrées.--Ravages commis dans la Nouvelle-Angleterre par
les Français et les Abénaquis.--Destruction de Deerfield et d'Haverhill
(1708).--Remontrances de M. Schuyler à M. de Vaudreuil au sujet des
cruautés commises par nos bandes; réponse de ce dernier.--Le colonel
Church ravage l'Acadie (1704).--Le colonel March assiége deux fois
Port-Royal et est repoussé (1707).--Terreneuve: premières hostilités; M.
de Subercase échoue devant les forts de St.-Jean (1705).--M. de
St.-Ovide surprend avec 170 hommes, en 1709, la ville de St.-Jean
défendue par près de 1000 hommes et 48 bouches à feu, et s'en
empare.--Continuation des hostilités à Terreneuve.--Instances des
colonies anglaises auprès de leur métropole pour l'engager à s'emparer
du Canada.--Celle-ci promet une flotte en 1709 et 1710, et la flotte ne
vient pas.--Le colonel Nicholson prend Port-Royal; diverses
interprétations données à l'acte de capitulation; la guerre continue en
Acadie; elle cesse.--Attachement des Acadiens pour la France.--Troisième
projet contre Québec; plus de 16 mille hommes vont attaquer le Canada
par le St.-Laurent et par le lac Champlain; les Iroquois reprennent les
armes.--Désastres de la flotte de l'amiral Walker aux Sept-Iles; les
ennemis se retirent.--Consternation dans les colonies
anglaises.--Massacre des Outagamis, qui avaient conspiré contre les
Français.--Rétablissement de Michilimackinac.--Suspension des hostilités
dans les deux mondes.--Traité d'Utrecht; la France cède l'Acadie,
Terreneuve et la baie d'Hudson à la Grande-Bretagne.--Grandeur et
humiliation de Louis XIV; décadence de la monarchie.--Le système
colonial français.
CHAP. III.--_Colonisation du Cap-Breton_.--1713-1744.
Motifs qui engagent le gouvernement à établir le
Cap-Breton.--Description de cette île à laquelle on donne le nom
d'Ile-Royale.--La nouvelle colonie excite la jalousie des
Anglais.--Projet de l'intendant, M. Raudot, et de son fils pour en faire
l'entrepôt général de la Nouvelle-France, en 1706.--Fondation de
Louisbourg par M. de Costa Bella.--Comment la France se propose de
peupler l'île.--La principale industrie des habitans est la
pêche.--Commerce qu'ils font.--M. de St.-Ovide remplace M. de Costa
Bella.--Les habitans de l'Acadie, maltraités par leurs gouverneurs et
travaillés par les intrigues des Français, menacent d'émigrer à
l'Ile-Royale.--Le comte de St.-Pierre forme une compagnie à Paris, en
1719, pour établir l'île St.-Jean, voisine du Cap-Breton; le roi concède
en outre à cette compagnie les îles Miscou et de la
Magdeleine.--L'entreprise échoue par les divisions des associés.
LIVRE VII.
CHAP. I.--_Système de Law.--Conspiration des Natchés_.
1712-1731.
La Louisiane, ses habitans et ses limites.--M. Crozat en prend
possession en vertu de la cession du roi.--M. de la Motte Cadillac,
gouverneur; M. Duclos, commissaire-ordonnateur.--Conseil supérieur
établi; introduction de la coutume de Paris.--M. Crozat veut ouvrir des
relations commerciales avec le Mexique; voyages de M. Juchereau de
St.-Denis à ce sujet; il échoue.--On fait la traite des pelleteries avec
les Indigènes, dont une portion embrasse le parti des Anglais de la
Virginie.--Les Natchés conspirent contre les Français et sont
punis.--Désenchantement de M. Crozat touchant la Louisiane; cette
province décline rapidement sous son monopole; il la rend (1717) au roi,
qui la concède à la compagnie d'Occident rétablie par Law.--Système de
ce fameux financier.--M. de l'Espinay succède à M. de la Motte Cadillac,
et M. Hubert à M. Duclos.--M. de Bienville remplace bientôt après M. de
l'Espinay.--La Nouvelle-Orléans est fondée par M. de Bienville
(1717).--Nouvelle organisation de la colonie; moyens que l'on prend pour
la peupler.--Terrible famine parmi les colons accumulés à
Biloxi.--Divers établissemens des Français.--Guerre avec
l'Espagne.--Hostilités en Amérique: Pensacola, île
Dauphine.--Paix.--Louis XIV récompense les officiers de la
Louisiane.--Traité avec les Chicachas et les Natchés.--Ouragan du 12
septembre (1722).--Missionnaires.--Chute du système de Law.--La
Louisiane passe à la compagnie des Indes.--Mauvaise direction de cette
compagnie.--M. Perrier, gouverneur.--Les Indiens forment le projet de
détruire les Français; massacre aux Natchés; le complot n'est exécuté
que partiellement.--Guerre à mort faite aux Natchés; ils sont anéantis,
1731.
CHAP. II.--_Limites_.--1715-1744.
Etat du Canada: commerce, finances, justice, éducation, divisions
paroissiales, population, défenses.--Plan de M. de Vaudreuil pour
l'accroissement du pays.--Délimitation des frontières entre les colonies
françaises et les colonies anglaises.--Perversion du droit public dans
le Nouveau-Monde au sujet du territoire.--Rivalité de la France et de la
Grande-Bretagne.--Différends relatifs aux limites de leurs
possessions.--Frontière de l'Est ou de l'Acadie.--Territoire des
Abénaquis.--Les Américains veulent s'en emparer.--Assassinat du P.
Rasle.--Le P. Aubry propose une ligne tirée de Beaubassin à la source de
l'Hudson.--Frontière de l'Ouest.--Principes différens invoqués par les
deux nations; elles établissent des forts sur les territoires réclamés
par chacune d'elle réciproquement.--Lutte d'empiétemens; prétentions des
colonies anglaises; elles veulent accaparer la traite des Indiens.--Plan
de M. Burnet.--Le commerce est défendu avec le Canada.--Etablissement de
Niagara par les Français, et d'Oswégo par les Anglais.--Plaintes
mutuelles qu'ils s'adressent.--Fort St.-Frédéric élevé par M. de la
Corne sur le lac Champlain; la contestation dure jusqu'à la guerre de
1744.--Progrès du Canada.--Emigration; perte du vaisseau le
Chameau.--Mort de M. de Vaudreuil (1725); qualités de ce gouverneur.--M.
de Beauharnais lui succède.--M. Dupuy, intendant.--Son caractère.--M. de
St.-Vallier second évêque de Québec meurt; difficultés qui s'élèvent
relativement à son siége, portées devant le Conseil supérieur.--Le
clergé récuse le pouvoir civil.--Le gouverneur se rallie au parti
clérical.--Il veut interdire le conseil, qui repousse ses
prétentions.--Il donne des lettres de cachet pour exiler deux
membres.--L'intendant fait défense d'obéir à ces lettres.--Décision du
roi.--Le cardinal de Fleury premier ministre.--M. Dupuy est
rappelé.--Conduite humiliante du Conseil.--Mutations diverses du siége
épiscopal jusqu'à l'élévation de M. de Pontbriant.--Soulèvement des
Outagamis (1728) expédition des Canadiens; les Sauvages se
soumettent.--Voyages de découverte vers la mer Pacifique; celui de M. de
la Vérandrye en 1738; celui de MM. Legardeur de St.-Pierre et Marin
quelques années après; peu de succès de ces entreprises.--Apparences de
guerre; M. de Beauharnais se prépare aux hostilités.
LIVRE VIII.
CHAP. I.--_Commerce_.--1608-1744.
De l'Amérique et de ses destinées.--But des colonies qui y ont été
établies.--Le génie commerçant est le grand trait caractéristique des
populations du Nouveau-Monde.--Commerce canadien: effet destructeur des
guerres sur lui.--Il s'accroît cependant avec l'augmentation de la
population.--Son origine: pêche de la morue.--Traite des pelleteries de
tout temps principale branche du commerce de la Nouvelle-France.--Elle
est abandonnée au monopole de particuliers ou de compagnies jusqu'en
1731, qu'elle tombe entre les mains du roi pour passer en celles des
fermiers.--Nature, profits, grandeur, conséquences de ce négoce; son
utilité politique.--Rivalité des colonies anglaises; moyens que prend M.
Burnet, gouverneur de la Nouvelle-York, pour enlever la traite aux
Français.--Lois de 1720 et de 1727.--Autres branches de commerce:
pêcheries, combien elles sont négligées.--Bois
d'exportation.--Construction des vaisseaux.--Agriculture; céréales et
autres produits agricoles.--Jin-seng.--Exploitation des mines.--Chiffre
des exportations et des importations.--Québec, entrepôt
général.--Manufactures: introduction des métiers pour la fabrication des
toiles et des draps destinés à la consommation
intérieure.--Salines.--Etablissement des postes et messageries
(1745).--Transport maritime.--Taxation: droits de douane imposés fort
tard et très modérés.--Systèmes monétaires introduits dans le pays;
changemens fréquens qu'ils subissent et perturbations qu'ils
causent.--Numéraire, papier-monnaie: cartes, ordonnances; leur
dépréciation.--Faillite du trésor, le papier est liquidé avec perte de
(5/8) pour les colons en 1720.--Observations générales.--Le Canadien
plus militaire que marchand.--Le trafic est permis aux fonctionnaires
publics; affreux abus qui en résultent.--Lois de
commerce.--Etablissement du siége de l'Amirauté en 1717; et d'une bourse
à Québec et à Montréal.--Syndic des marchands.--Le gouvernement
défavorable à l'introduction de l'esclavage au Canada.
CHAP. II.--_Louisbourg_.--1744-1748.
Coalition en Europe contre Marie-Thérèse pour lui ôter l'empire
(1740).--Le maréchal de Belle-Isle y fait entrer la
France.--L'Angleterre se déclare pour l'impératrice en 1744.--Hostilités
en Amérique.--Ombrage que Louisbourg cause aux colonies
américaines.--Théâtre de la guerre dans ce continent.--Les deux
métropoles, trop engagées en Europe, laissent les colons à leurs propres
forces.--Population du Cap-Breton; fortifications et garnison de
Louisbourg.--Expédition du commandant Duvivier à Canseau et vers
Port-Royal.--Déprédations des corsaires.--Insurrection de la garnison de
Louisbourg.--La Nouvelle-Angleterre, sur la proposition de M. Shirley,
en profite pour attaquer cette forteresse.--Le Colonel Pepperrell
s'embarque avec 4,000 hommes, et va y mettre le siége par terre, tandis
que le commodore Warren en bloque le port.--Le commandant français rend
la place.--Joie générale dans les colonies anglaises; sensation que fait
cette conquête.--La population de Louisbourg est transportée en
France.--Projet d'invasion du Canada, qui se prépare à tenir tête à
l'orage.--Escadre du duc d'Anville pour reprendre Louisbourg et attaquer
les colonies anglaises (1746); elle est dispersée par une tempête.--Une
partie atteint Chibouctou (Halifax) avec une épidémie à bord.--Mortalité
effrayante parmi les soldats et les matelots.--Mort du duc
d'Anville.--M. d'Estournelle, qui lui succède, se perce de son épée.--M.
de la Jonquière persiste à attaquer Port-Royal; une nouvelle tempête
disperse les débris de la flotte.--Frayeur et armement des colonies
américaines.--M. de Ramsay assiège Port-Royal.--Les Canadiens défont le
colonel Noble au Grand-Pré, Mines.--Ils retournent dans leur pays.--Les
frontières anglaises sont attaquées, les forts Massachusetts et Bridgman
surpris et Saratoga brûlé; fuite de la population.--Nouveaux armemens de
la France; elle perd les combats navals du Cap-Finistère et de
Belle-Isle.--Marine anglaise et française.--Faute du cardinal Fleury
d'avoir laissé dépérir la marine en France.--Le comte de la
Galissonnière gouverneur du Canada.--Cessation des hostilités; traité
d'Aix-la-Chapelle (1748).--Suppression de l'insurrection des
Miâmis.--Paix générale.
CHAP. III.--_Commission des Frontières_.--1748-1755.
La paix d'Aix-la-Chapelle n'est qu'une trêve.--L'Angleterre profite de
la ruine de la marine française pour étendre les frontières de ses
possessions en Amérique.--M. de la Galissonnière, gouverneur du
Canada.--Ses plans pour empêcher les Anglais de s'étendre, adoptés par
la cour.--Prétentions de ces derniers.--Droit de découverte et de
possession des Français.--Politique de M. de la Galissonnière, la
meilleure quant aux limites.--Emigration des Acadiens; part qu'y prend
ce gouverneur.--Il ordonne de bâtir ou relever plusieurs forts dans
l'Ouest; garnison au Détroit, fondation d'Ogdensburgh (1749).--Le
marquis de la Jonquière remplace M. de la Galissonnière.--Projet que ce
dernier propose à la cour pour peupler le Canada.--Appréciation de la
politique de son prédécesseur par M. de la Jonquière; le ministre lui
enjoint de la suivre.--Le chevalier de la Corne et le major Lawrence
s'avancent vers l'isthme de l'Acadie et s'y fortifient; forts Beauséjour
et Gaspareaux; Lawrence et des Mines.--Lord Albemarle, ambassadeur
britannique à Paris, se plaint des empiétemens des Français (1750);
réponse de M. de Puyzieulx.--La France se plaint à son tour des
hostilités des Anglais sur mer.--Etablissement des Acadiens dans l'île
St.-Jean; leur triste situation.--Fondation d'Halifax (1749).--Une
commission est nommée pour régler la question des limites: MM. de la
Galissonnière et de Silhouette pour la France; MM. Shirley et Mildmay
pour la Grande-Bretagne.--Convention préliminaire: tout restera dans le
Statu quo jusqu'au jugement définitif.--Conférences à Paris;
l'Angleterre réclame toute la rive méridionale du St.-Laurent depuis le
golfe jusqu'à Québec; la France maintient que l'Acadie, suivant ses
anciennes limites, se borne au territoire qui est à l'est d'une ligne
tirée dans la péninsule de l'entrée de la baie de Fondy au cap
Canseau.--Notes raisonnées à l'appui de ces prétentions diverses.--Les
deux parties ne se cèdent rien.--Affaire de l'Ohio; intrigues des
Anglais parmi les naturels de cette contrée, et des Français dans les
cinq cantons.--Traitans de la Virginie arrêtés et envoyés en
France.--Les deux nations envoyent des troupes sur l'Ohio et s'y
fortifient.--Le gouverneur fait défense aux Demoiselles Desauniers de
faire la traite du castor au Sault-St.-Louis; difficulté que cela lui
suscite avec les Jésuites, qui se plaignent de sa conduite à la cour, de
la part qu'il prend, lui et son secrétaire, au commerce, et de son
népotisme.--Il dédaigne de se justifier.--Il tombe malade et meurt à
Québec en 1752.--Son origine, sa vie, son caractère.--Le marquis
Duquesne lui succède.--Affaire de l'Ohio continuée.--Le colonel
Washington marche pour attaquer le fort Duquesne.--Mort de
Jumonville.--Défaite de Washington par M. de Villiers au fort de la
Nécessité (1754).--Plan des Anglais pour l'invasion du Canada; assemblée
des gouverneurs coloniaux à Albany.--Le général Braddock est envoyé par
la Grande-Bretagne en Amérique avec des troupes.--Le baron Dieskau
débarque à Québec avec 4 bataillons (1755).--Négociations des deux cours
au sujet de l'Ohio.--Note du duc de Mirepoix du 15 janvier 1755; réponse
du cabinet de Londres.--Nouvelles propositions des ministres français;
l'Angleterre élève ses demandes.--Prise du Lys et de l'Alcide par
l'amiral Boscawen.--La France déclare la guerre à l'Angleterre.
FIN DES SOMMAIRES.