D'autres outils utiles sont les moteurs permettant la recherche dans plusieurs

dictionnaires. Proposé par Foreignworld.com, DictSearch est un moteur de

recherche dans 200 dictionnaires de langues (67 langues source et 69 langues

cible, soit plus de 300 combinaisons de langues en juillet 2001). Le Logos

Dictionary, dictionnaire multilingue de plus de 7,5 millions d'entrées, est un

des outils linguistiques proposés par Logos, société de traduction

internationale basée à Modène (Italie). Créé par Robert Ware, OneLook

Dictionaries est un moteur de recherche puisant dans les quelque 3 millions de

mots de 750 dictionnaires (en anglais, français, allemand, italien, espagnol,

etc.) traitant de sujets divers (affaires, argot, généralités, informatique et

internet, médecine, religion, sciences, sports, technologie, etc.). Son

correspondant français est Dicorama.

On assiste enfin au développement de portails de dictionnaires. Par exemple

yourDictionary.com, créé par Robert Beard en 1999, dans le prolongement de son

ancien site, "A Web of Online Dictionaries", maintenant intégré à celui-ci.

Consacré aux dictionnaires - 1.500 dictionnaires dans 230 langues - et aux

langues en général (vocabulaires, grammaires, apprentissage des langues, etc.),

yourDictionary.com se veut le portail de toutes les langues sans exception. Il

accorde une importance particulière aux langues minoritaires et menacées.

12.2. Bases de données en ligne

Russon Wooldridge, professeur au département d'études françaises de l'Université

de Toronto, est le créateur de ressources littéraires librement accessibles en

ligne. Un pas de plus est franchi vers l'autonomisation de l'usager comme

créateur de ressources en ligne, souligne-t-il en mai 2001. "La dernière version

de TACTweb, récemment installée sur un serveur de l'Université de Toronto,

permet dorénavant de construire des bases interactives importantes comme les

dictionnaires de la Renaissance (Estienne et Nicot ; base RenDico), les deux

principales éditions du Dictionnaire de l'Académie française (1694 et 1835), les

collections de la Bibliothèque électronique de Lisieux (base LexoTor), les

oeuvres complètes de Maupassant, ou encore les théâtres complets de Corneille,

Molière, Racine, Marivaux et Beaumarchais (base théâtre 17e-18e). À la

différence de grosses bases comme Frantext ou ARTFL (American and French

Research on the Treasury of the French Language) nécessitant l'intervention

d'informaticiens professionnels, d'équipes de gestion et de logiciels coûteux,

TACTweb, qui est un gratuiciel que l'on peut décharger en ligne et installer

soi-même, peut être géré par le chercheur individuel créateur de ressources

textuelles en ligne."

A la suite de l'INaLF (Institut national de la langue française), scindée en

deux organismes distincts en janvier 2001, l'ATILF (Analyse et traitements

informatiques du lexique français) développe des programmes de recherche sur la

langue française, principalement son vocabulaire. Traitées par des systèmes

informatiques spécifiques, les données (lexicales et textuelles) portent sur

divers registres du français: langue littéraire (du 14e au 20e siècle), langue

courante (écrite et parlée), langue scientifique et technique (terminologies),

et régionalismes.

Les bases de données de l'ATILF comprennent notamment: a) Frantext, un corpus à

dominante littéraire constitué de textes français qui s'échelonnent du 16e au

20e siècle. Sur l'intégralité du corpus, il est possible d'effectuer des

recherches simples ou complexes (base non catégorisée). Sur un sous-ensemble

comportant des oeuvres en prose des 19e et 20e siècles, les recherches peuvent

également être effectuées selon des critères syntaxiques (base catégorisée); b)

l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, en collaboration avec l'ARTFL (American

and French Research on the Treasury of the French Language) de l'Université de

Chicago. Il s'agit de la version internet de la première édition, à savoir 17

volumes de texte et 11 volumes de planches; c) Dictionnaires d'autrefois

(16e-19e siècles): Dictionnaires de l'Académie française, 1e (1694), 5e (1798),

et 6e (1835) éditions, Dictionarium latinogallicum de Robert Estienne, Thresor

de la langue françoyse (versions ancienne et moderne) de Jean Nicot,

Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle; d) le Catalogue critique

des ressources textuelles sur internet (CCRTI), un ensemble de sites qui

diffusent des ressources textuelles en ligne sur le web, sélectionnés en

fonction de leur sérieux sur le plan du traitement éditorial et du traitement

numérique des textes; e) le Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition

(1932).

"L'avenir me semble prometteur en matière de publications de ressources en

ligne, même si, en France tout au moins, bon nombre de résistances, inhérentes

aux systèmes universitaire et éditorial, ne risquent pas de céder du jour au

lendemain (dans dix-vingt ans, peut-être?), écrit Emilie Devriendt, élève

professeur à l'Ecole normale supérieure de Paris. Ce qui me donne confiance,

malgré tout, c'est la conviction de la nécessité pratique d'internet. J'ai du

mal à croire qu'à terme, un chercheur puisse se passer de cette gigantesque

bibliothèque, de ce formidable outil. Ce qui ne veut pas dire que les nouvelles

pratiques de recherche liées à internet ne doivent pas être réfléchies, mesurées

à l'aune de méthodologies plus traditionnelles, bien au contraire. Il y a une

histoire de l''outillage', du travail intellectuel, où internet devrait avoir sa

place."

Dans un tout autre registre, l'Ethnologue, une encyclopédie des langues, a mis

la totalité de son contenu en accès libre sur le web, ce qui ne l'empêche pas

d'être également diffusée en version imprimée et sur CD-Rom, tous deux payants.

Cette encyclopédie très documentée répertorie 6.700 langues, avec de multiples

critères de recherche. Barbara F. Grimes, sa directrice de publication entre

1971 et 2000 (8e-14e éditions), explique: "Il s'agit d'un catalogue des langues

dans le monde, avec des informations sur les endroits où elles sont parlées, une

estimation du nombre de personnes qui les parlent, la famille linguistique à

laquelle elles appartiennent, les autres noms utilisés pour ces langues, les

noms de dialectes, d'autres informations socio-linguistiques et démographiques,

les dates des Bibles publiées, un index des noms de langues, un index des

familles linguistiques et des cartes géographiques relatives aux langues."

Autre exemple, Rubriques à Bac, créée par Gérard Fourestier, professeur de

français à Nice et diplômé en science politique. Rubriques à Bac propose deux

bases de données accessibles par souscription, avec version démo en accès libre,

à destination des étudiants du premier cycle universitaire et de leurs

professeurs. La première, ELLIT (Éléments de littérature), a trait à la

littérature française du 12e siècle à nos jours et regroupe plus de 350 articles

liés entre eux par 8.500 liens, ainsi qu'un répertoire de 450 auteurs qui ont

joué un rôle majeur dans la formation de cette littérature. La deuxième,

RELINTER (Relations internationales depuis 1945), recense plus de 2.000 liens

sur l'évolution de la situation du monde contemporain de la deuxième guerre

mondiale à nos jours.

"Rubriques à Bac est une branche des activités du GRIMM (Groupe de recherche et

d'information sur le multimédia), explique Gérard Fourestier. Le GRIMM est un

groupement associatif de personnes physiques et morales qui pratiquent la

recherche et l'information sur l'informatique, le multimédia et la

communication. Cependant, les perspectives ouvertes par une fréquentation du

site en progression rapide, et compte tenu de la mission que j'ai assignée aux

recettes de cette activité, à savoir la réalisation de projets éducatifs en

Afrique, Rubriques à Bac se constituera prochainement en entité juridique

propre."

Quel est l'historique du site? "Le site de Rubriques à Bac a été créé en 1998

pour répondre au besoin de trouver sur le net, en un lieu unique, l'essentiel,

suffisamment détaillé et abordable par le grand public, dans le but: a) de se

forger avant tout une culture tout en préparant à des examens probatoires à des

études de lettres - c'est la raison d'ELLIT (Eléments de littérature), base de

données en littérature française; b) de comprendre le monde dans lequel nous

vivons en en connaissant les tenants et les aboutissants, d'où RELINTER

(Relations internationales). J'ai développé ces deux matières car elles

correspondent à des études que j'ai, entre autres, faites en leur temps, et

parce qu'il se trouve que, depuis une dizaine d'années, j'exerce des fonctions

de professeur dans l'enseignement public (18 établissements de la 6e aux

terminales de toutes sections et de tous types d'établissements). Faute de

temps, je n'ai pu réaliser que ces deux thèmes, mais je ne désespère pas de

développer aussi d'autres sujets qui font partie de ma panoplie universitaire et

d'autodidacte curieux de tout comme la philosophie, l'analyse sociétale,

l'analyse sémantique ou encore l'écologie, et que je tiens 'au chaud dans mes

cartons'. Ceci étant, je suis à l'affût de toutes autres idées, venant

d'ailleurs, pour ne me réserver alors que la supervision du contenu mis en

forme, la dernière main dans la réalisation informatique et la gestion en tant

que site spécialisé.

Pour l'instant et faute de mieux, en raison de mon âge, la cinquantaine, et non

de mes compétences, je m'occupe de mes élèves en les préparant à leurs examens

tout en leur donnant envie d'être utiles, ne serait-ce que pour eux-mêmes et en

leur apportant le sens des responsabilités, en un mot un message humaniste.

J'aime ce métier car, pour moi, le savoir, ça se donne, et le maître, comme en

boudhisme, ne peut avoir qu'un seul but: que son élève le dépasse. En outre,

alors que j'ai eu dans le passé d'importantes fonctions de fondé de pouvoir, et

que j'ai dirigé pour mon compte quelques entreprises, je suis maître à bord dans

mes classes et j'organise mon travail comme je l'entends. C'est pour moi

essentiel. (...) Mon activité liée à internet consiste tout d'abord à en

sélectionner les outils, puis à savoir les manier pour la mise en ligne de mes

travaux et, comme tout a un coût et doit avoir une certaine rentabilité,

organiser le commercial qui permette de dégager les recettes indispensables;

sans parler du butinage indispensable pour la recherche d'informations qui

seront ensuite traitées. (...) Mon initiative à propos d'internet n'est pas

directement liée à mes fonctions de professeur. J'ai simplement voulu répondre à

un besoin plus général et non pas étroitement scolaire, voire universitaire.

Débarrassé des contraintes du programme, puisque j'agis en mon nom et pour mon

compte et non 'es-qualité', mais tout en en donnant la matière grise qui me

paraît indispensable pour mieux faire une tête qu'à la bien remplir, je laisse à

d'autres le soin de ne préparer qu'à l'examen."

12.3. L'université et le numérique

Voici quelques expériences de par le monde, provenant de professionnels des

Universités de Caen, Genève, Lausanne, Tokyo et Toronto.

= L'Université de Caen

Directeur du centre de ressources informatiques de l'Université de Caen (CRIUC),

Gérard Jean-François est chargé de l'exploitation et du développement des

technologies de la communication pour la recherche et la pédagogie.

"L'Université de Caen Basse-Normandie compte 24.000 étudiants, écrit-il. Elle

est unique, donc pluridisciplinaire pour la région. De ce fait, elle est

répartie sur une douzaines de sites. Les activités principales sont évidemment

l'enseignement et la recherche. Mon activité professionnelle consiste à

effectuer la veille technologique et à mettre en place les moyens nécessaires à

l'activité de l'établissement. Ces moyens sont essentiellement le réseau de

communication, les serveurs et les équipements individuels. Sur ces équipements

sont mis en place les services (messageries, bases de données,

visioconférence...) nécessaires aux utilisateurs (étudiants,

enseignants/chercheurs, personnels techniques et administratifs). Par rapport à

internet, je me dois de fournir l'accès internet à l'ensemble de l'établissement

mais également législation en appliquant toutes les mesures de sécurité qui

incombent à mon rôle de responsable sécurité du système informatique."

= La Webster University de Genève

Henri Slettenhaar est spécialiste des technologies de la communication. En 1958,

dans le cadre du CERN (Laboratoire européen pour la physique des particules), il

travaille sur le premier ordinateur numérique et il participe au développement

des premiers réseaux numériques. Son expérience américaine débute en 1966: il

rejoint pendant dix-huit mois une équipe du Stanford Linear Accelerator Center

(SLAC) pour créer un numérisateur de film. De retour au SLAC en 1983, il conçoit

un système numérique de contrôle qui sera utilisé pendant dix ans. Depuis près

de vingt ans, il est professeur à la Webster University de Genève. Dans ce

cadre, il dirige le Telecom Management Program, programme créé à l'automne 2000

pour répondre à la nécessité de former les étudiants dans un domaine en pleine

expansion. Il est également consultant auprès de nombreux organismes.

En 1992, Henri Slettenhaar crée la Silicon Valley Association (SVA), une

association suisse qui organise des voyages d'étude dans des pôles de haute

technologie: Silicon Valley, San Francisco, Los Angeles, Finlande, etc. Outre

des visites de sociétés, start-up, universités et centres de recherche, ces

voyages comprennent des conférences, présentations et discussions portant sur

les nouvelles technologies de l'information (internet, multimédia,

télécommunications, etc.), les derniers développements de la recherche et de ses

applications, et les méthodes les plus récentes en matière de stratégie

commerciale et de création d'entreprise.

"Je ne peux pas imaginer ma vie professionnelle sans l'internet, écrit Henri

Slettenhaar. Cela fait vingt ans que j'utilise le courrier électronique. Les

premières années, c'était le plus souvent pour communiquer avec mes collègues

dans un secteur géographique très limité. Depuis l'explosion de l'internet et

l'avènement du web, je communique principalement par courrier électronique, mes

conférences sont en grande partie sur le web et mes cours ont tous un

prolongement sur le web. En ce qui concerne les visites que j'organise dans la

Silicon Valley, toutes les informations sont disponibles sur le web, et je ne

pourrais pas organiser ces visites sans utiliser l'internet. De plus, l'internet

est pour moi une fantastique base de données disponible en quelques clics de

souris."

= L'Université de Lausanne

Pierre Magnenat est responsable de la cellule "gestion et prospective" du centre

informatique de l'Université de Lausanne. Lors d'un entretien électronique, il

relate son parcours professionnel: "Mathématicien de formation, je me suis

ensuite orienté vers la recherche en astrophysique à l'Observatoire de Genève,

domaine dans lequel j'ai obtenu mon doctorat en 1982. Le sujet en était l'étude

de la stabilité des orbites dans des modèles numériques de galaxies, ce qui m'a

conduit à développer un usage intense de l'informatique, et m'a peu à peu dirigé

totalement vers cette branche encore neuve à l'époque. En 1985, j'ai accordé mes

actes à mes préférences et suis parti travailler chez un constructeur

informatique. J'ai rejoint l'Université de Lausanne en 1990 pour occuper le

poste où je suis encore. L'Université de Lausanne est une université généraliste

fondée en 1537 (théologie, droit, lettres, sciences sociales, HEC (hautes études

commerciales), sciences (maths, physique, chimie, biologie, sciences de la

terre, pharmacie) et médecine. Elle comprend environ 10.000 étudiants et 2.200

chercheurs. Dès le début du web, un premier site a été créé par le personnel du

centre informatique (en 1995). Chaque faculté, section ou institut s'y est mis

par la suite, sans réelle unité et cohérence. Par la suite, certaines règles

d'édition ont été établies, et le site remanié à plusieurs reprises avec l'aide

de graphistes et d'une personne en charge de fédérer les informations. Nous

avons été la première université suisse (voire européenne?) à permettre

l'immatriculation des nouveaux étudiants par le web. Depuis, les applications

administratives (ressources humaines, finances, grades, etc.) sont les unes

après les autres adaptées à un usage par le web. Pour le futur proche, nous

étudions la mise en place d'un portail dont l'accès sera personnalisé et adapté

aux tâches et désirs de chacun, étudiants, personnel ou visiteur. Il permettra

également un accès authentifié aux applications administratives."

En quoi consiste exactement son activité? "Je dirige la centrale d'achats

informatiques de l'université. A ce titre, je définis des normes techniques, je

procède aux appels d'offres et gère l'entretien du parc, ainsi que les contrats

de licences de logiciels. Je suis également responsable de l'établissement et de

la gestion des budgets informatiques centraux. Une bonne part de mon activité

est ainsi liée à des aspects de prospective et de veille technologique. Bien

avant l'arrivée du web, internet était déjà un outil essentiel à mon activité:

courrier électronique, information par Usenet News puis gopher. Chaque

développement nouveau de l'internet nous a permis de mettre en place des outils

facilitant la vie de nos utilisateurs (listes de prix et configurations,

formulaires de commandes, inventaires en ligne, etc.) tout comme la nôtre

(contacts fournisseurs, informations techniques, etc.). Par ailleurs, cet usage

a déteint dès le début sur mes activités personnelles (IRC, news, etc.), pour

aboutir à un usage fréquent du commerce électronique et de la bourse en ligne."

= L'Université de Tokyo

Professeur de français, de littérature française et d'applications informatiques

dans des universités japonaises, à Tokyo et Nagoya, Patrick Rebollar utilise

l'ordinateur pour la recherche et l'enseignement depuis plus de dix ans. En

1994, il voit apparaître l'internet "dans le champ culturel et linguistique

francophone". En 1996, il débute un site web de recherches et activités

littéraires. En octobre 1999, il devient le modérateur de LITOR (Littérature et

ordinateur), liste de diffusion francophone créée en octobre 1999 par l'équipe

de recherche Hubert de Phalèse de l'Université Paris 3, et qui comptait en

janvier 2000 près de 180 membres, majoritairement des universitaires d'une

douzaine de pays.

En juillet 1998, Patrick Rebollar expose l'impact de l'internet sur sa vie

professionnelle: "Mon travail de recherche est différent, mon travail

d'enseignant est différent, mon image en tant qu'enseignant-chercheur de langue

et de littérature est totalement liée à l'ordinateur, ce qui a ses bons et ses

mauvais côtés (surtout vers le haut de la hiérarchie universitaire, plutôt

constituée de gens âgés et technologiquement récalcitrants). J'ai cessé de

m'intéresser à certains collègues proches géographiquement mais qui n'ont rien

de commun avec mes idées, pour entrer en contact avec des personnes inconnues et

réparties dans différents pays (et que je rencontre parfois, à Paris ou à Tokyo,

selon les vacances ou les colloques des uns ou des autres). La différence est

d'abord un gain de temps, pour tout, puis un changement de méthode de

documentation, puis de méthode d'enseignement privilégiant l'acquisition des

méthodes de recherche par mes étudiants, au détriment des contenus (mais cela

dépend des cours). Progressivement, le paradigme réticulaire l'emporte sur le

paradigme hiérarchique - et je sais que certains enseignants m'en veulent à mort

d'enseigner ça, et de le dire d'une façon aussi crue. Cependant ils sont obligés

de s'y mettre..."

En janvier 2000, son activité s'articule autour de trois pôles: "veille

technologique et culturelle, enseignement assisté par ordinateur, création de

pages littéraires pédagogiques (mise en ligne en février ou mars 2000 d'une

oeuvre de Balzac, L'Illustre Gaudissart, avec notes de lecture préparées par des

étudiants japonais en doctorat pendant l'année universitaire 1999). Pour

réaliser ce document balzacien, nous avons travaillé dans une salle entièrement

informatisée de l'Université Gakushuin (Tokyo) et nous avons utilisé

majoritairement des données en ligne (Dictionnaire de l'Académie française,

index de Balzac, cédérom Littré, etc.)."

= L'Université de Toronto

Professeur au département d'études françaises de l'Université de Toronto, Russon

Wooldridge est le créateur de sites dans le domaine des études françaises, dont

le Net des études françaises (site sur lequel le livre que vous êtes en train de

lire est publié). Il est également éditeur en ligne (revue, actes de colloques)

et chercheur (histoire de la langue, évolution des médias du papier et du web).

Son activité consiste à "aider les étudiants à vivre en français (cours de

langue de première année du 1er cycle d'études, par exemple), à perfectionner

leurs compétences linguistiques (cours de traduction de quatrième année du 1er

cycle, par exemple), à approfondir leur connaissance de domaines spécifiques du

savoir exprimés en français (cours et thèses de 2e et 3e cycles) et, à tous les

niveaux, à se servir des outils appropriés."

"Mes activités de recherche, autrefois menées dans une tour d'ivoire, se font

maintenant presque uniquement par des collaborations locales ou à distance,

explique-t-il. (...) Tout mon enseignement exploite au maximum les ressources

d'internet (le web et le courriel): les deux lieux communs d'un cours sont la

salle de classe et le site du cours, sur lequel je mets tous les matériaux des

cours. Je mets toutes les données de mes recherches des vingt dernières années

sur le web (réédition de livres, articles, textes intégraux de dictionnaires

anciens en bases de données interactives, de traités du 16e siècle, etc.). Je

publie des actes de colloques, j'édite un journal, je collabore avec des

collègues français, mettant en ligne à Toronto ce qu'ils ne peuvent pas publier

en ligne chez eux."

12.4. Les perspectives

En juin 1998, Christiane Jadelot, ingénieur d'études à l'INaLF (Institut

national de la langue française), insiste sur la nécessité d'"équiper de plus en

plus de laboratoires avec du matériel de pointe, qui permette d'utiliser tous

ces médias. Nous avons des projets en direction des lycées et des chercheurs. Le

ministère de l'Education nationale a promis de câbler tous les établissements,

c'est plus qu'une nécessité nationale. J'ai vu à la télévision une petite école

dans un village faisant l'expérience de l'internet. Les élèves correspondaient

avec des écoles de tous les pays, ceci ne peut être qu'une expérience

enrichissante, bien sûr sous le contrôle des adultes formés pour cela."

En septembre 1998, Robert Beard, co-fondateur de yourDictionary.com, portail

pour les langues, insiste sur le fait que "l'internet nous offrira tout le

matériel pédagogique dont nous pouvons rêver, y compris des notes de lecture,

exercices, tests, évaluations et exercices interactifs plus efficaces que par le

passé parce que reposant davantage sur la notion de communication. Le web sera

une encyclopédie du monde faite par le monde pour le monde. Il n'y aura plus

d'informations ni de connaissances utiles qui ne soient pas diponibles, si bien

que l'obstacle principal à la compréhension internationale et interpersonnelle

et au développement personnel et institutionnel sera levé. Il faudrait une

imagination plus débordante que la mienne pour prédire l'effet de ces

développements sur l'humanité."

Le Livre 010101: Enquête · 第 13 / 28 段