de la gestion de l'information scientifique et technique et de la diffusion des
travaux publiés par l'école, écrit-il. (...) J'espère bientôt pouvoir mettre à
la disposition de mes usagers un accès internet pour l'interrogation de bases de
données. Par ailleurs, j'ai en projet de réaliser et de mettre sur l'intranet et
sur le web un certain nombre de services documentaires (base de données
thématique, informations bibliographiques, service de références
bibliographiques, bulletin analytique des meilleurs travaux d'étudiants...) Il
s'agit donc pour la bibliothèque, si j'obtiens les financements nécessaires pour
ces projets, d'utiliser pleinement l'internet pour donner à notre école une plus
grand rayonnement et de renforcer sa plate-forme de communication avec tous les
partenaires possibles. En intégrant cet outil au plan de développement de la
bibliothèque, j'espère améliorer la qualité et élargir la gamme de l'information
scientifique et technique mise à la disposition des étudiants, des enseignants
et des chercheurs, tout en étendant considérablement l'offre des services de la
bibliothèque."
= L'association Juriconnexion (documentation juridique)
Emmanuel Barthe est documentaliste juridique et responsable informatique chez
Coutrelis & Associés, un cabinet d'avocats. "Les principaux domaines de travail
du cabinet sont le droit communautaire, le droit de l'alimentation, le droit de
la concurrence et le droit douanier, explique-t-il. Je fais de la saisie
indexation, et je conçois et gère les bases de données internes. Pour des
recherches documentaires difficiles, je les fais moi-même ou bien je conseille
le juriste. Je suis aussi responsable informatique et télécoms du Cabinet:
conseils pour les achats, assistance et formation des utilisateurs. De plus,
j'assure la veille, la sélection et le catalogage de sites web juridiques:
titre, auteur et bref descriptif. Je suis également formateur internet juridique
aussi bien à l'intérieur de mon entreprise qu'à l'extérieur lors de stages de
formation. Auparavant, j'ai été responsable pendant cinq ans de la documentation
du cabinet d'avocat Stibbe Simont Monahan Duhot & Giroux, dont j'ai mis en place
les structures et les collections. J'ai également effectué une mission de six
mois chez Korn/Ferry International, un important cabinet de recrutement, à
l'occasion de sa fusion avec Vuchot & Associés. J'ai alors travaillé sur
l'installation du nouveau système informatique et la fusion des bases de
candidats gérées par les deux cabinets.
Membre du conseil d'administration de Juriconnexion, je m'y suis spécialisé dans
les CD-Rom puis l'internet juridique. Depuis l'automne 1999, je m'occupe de
modérer et d'animer la liste de discussion Juriconnexion. L'association
Juriconnexion a pour but la promotion de l'électronique juridique, c'est à dire
la documentation juridique sur support électronique et la diffusion des données
publiques juridiques. Elle organise des rencontres entre les utilisateurs et les
éditeurs juridiques et de bases de données, ainsi qu'une journée annuelle sur un
thème. Celle du 23 novembre 2000 portait sur les sites juridiques francophones.
Vis-à-vis des autorités publiques, Juriconnexion a un rôle de médiateur et de
lobbying à la fois. L'association, notamment, est favorable à la diffusion
gratuite sur internet des données juridiques produites par le Journal officiel
et les tribunaux. Les bibliothécaires-documentalistes juridiques représentent la
majorité des membres de l'association, suivis par certains représentants des
éditeurs et des juristes. Juriconnexion a créé la liste de discussion du même
nom, qui traite des mêmes sujets mais reste ouverte aux non-membres." En mai
2001, l'association approche les 400 membres.
= La médiathèque de l'Institut français de Londres
L'Institut français de Londres est un organisme officiel français destiné à
faire connaître la langue et la culture françaises dans la capitale britannique.
5.000 étudiants environ suivent les cours de langue chaque année, ce qui fait de
cet institut l'un des plus importants instituts français au monde. Le centre
culturel inclut une bibliothèque multimédia, un cinéma, une salle de conférence
et un restaurant.
Anissa Rachef est bibliothécaire dans cet organisme. "Je suis chargée du
catalogage du fonds documentaire qui est constitué de livres, de vidéos, de
disques compacts et de disques optiques ainsi que de périodiques, écrit-elle.
Avant mon installation à Londres, soit de 1980 à 1983, j'ai travaillé à la
bibliothèque universitaire d'Alger en qualité d'attachée de recherche. C'est
d'Alger et en deux ans que j'ai préparé le DSB (diplôme supérieur des
bibliothèques), diplôme de conservateur assimilé à celui de l'ENSB de Lyon
(Ecole nationale supérieure des bibliothèques, devenue ensuite l'ENSSIB - Ecole
nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques, ndlr).
Recrutée selon un statut local depuis septembre 1987 à l'Institut français de
Londres, j'y exerce le métier de bibliothécaire au sein d'une équipe de huit
membres. Par ailleurs, titulaire d'un diplôme de FLE (français langue
étrangère), j'assure des heures d'enseignement de français dans le même
institut.
La médiathèque de l'Institut français de Londres fut inaugurée en mai 1996.
L'objectif est double: servir un public s'intéressant à la culture et la langue
françaises et 'recruter' un public allophone en mettant à disposition des
produits d'appel tels que vidéos documentaires, livres audio, CD-Rom. La mise en
place récente d'un espace multimédia sert aussi à fidéliser les usagers.
L'installation d'un service d'information rapide a pour fonction de répondre
dans un temps minimum à toutes sortes de questions posées via courrier
électronique, ou par fax. Ce service exploite les nouvelles technologies pour
des recherches très spécialisées. Nous élaborons également des dossiers de
presse destinés aux étudiants et professeurs préparant des examens de niveau
secondaire. Je m'occupe essentiellement de catalogage, d'indexation et de
cotation. Je suis chargée également du service de prêt inter-bibliothèques.
J'anime des ateliers in situ de catalogage UNIMARC (MARC: machine readable
catalogue) ainsi que des ateliers d'indexation RAMEAU (répertoire d'autorités
matières encyclopédique et alphabétique unifié). J'élabore ponctuellement des
aménagements de vedettes matières propres à notre catalogue. J'utilise internet
pour des besoins de base. Recherches bibliographiques, commande de livres,
courrier professionnel, prêt inter-bibliothèques. C'est grâce à internet que la
consultation de catalogues collectifs, tels SUDOC (Système universitaire de
documentation) et OCLC (Online Computer Library Center), a été possible. C'est
ainsi que que j'ai pu mettre en place un service de fourniture de documents
extérieurs à la médiathèque. Des ouvrages peuvent désormais être acheminés vers
la médiathèque pour des usagers ou bien à destination des bibliothèques
anglaises."
11.2. Numérisation en mode texte et en mode image
La numérisation du document imprimé, c'est-à-dire sa conversion sous une forme
chiffrée binaire, peut être effectuée soit en mode texte, soit en mode image.
La numérisation en mode texte consiste à scanner le livre puis à contrôler le
résultat à l'écran en relisant le tout. Les documents originaux manquant de
clarté - certains livres anciens par exemple - sont saisis ligne après ligne. Ce
mode de numérisation est long, et la notion de livre ou de page n'est pas
conservée, puisque le texte apparaît en continu à l'écran. Cette méthode est
nettement plus coûteuse que la numérisation en mode image, mais très préférable,
puisqu'elle permet la recherche textuelle, l'indexation, les recherches
séquentielles, les analyses, les comparaisons, etc. C'est la méthode utilisée
par le Projet Gutenberg (11.1.1), la Bibliothèque électronique de Lisieux
(11.1.3), et bien d'autres.
La numérisation en mode image correspond à la "photographie" du livre page après
page. La notion de livre est conservée. La version informatique est en quelque
sorte le fac-similé de la version imprimée. On peut donc "feuilleter" le texte
page après page sur l'écran. C'est la méthode employée pour les numérisations à
grande échelle, par exemple pour la constitution de Gallica, bibliothèque
numérique de la Bibliothèque nationale de France (BnF). Même si, pour des
raisons de coût, la BnF a choisi la numérisation en mode image, elle utilise le
mode texte pour les tables des matières, les sommaires et les légendes des
corpus iconographiques, afin de faciliter la recherche plein-texte. Pourquoi ne
pas tout numériser en mode texte ? La BnF répond sur le site de Gallica: "Le
mode image conserve l'aspect initial de l'original y compris ses éléments non
textuels. Si le mode texte autorise des recherches riches et précises dans un
document et permet une réduction significatice du volume des fichiers manipulés,
sa réalisation, soit par saisie soit par OCR (optical character recognition),
implique des coûts de traitement environ 10 fois supérieurs à la simple
numérisation. Ces techniques parfaitement envisageables pour des volumes limités
ne pouvaient ici être économiquement justifiables au vu des 35.000 documents
(représentant presque 15 millions de pages) mis en ligne."
Selon Pierre Schweitzer, l'architecte designer qui a conçu @folio, support
numérique de lecture nomade, "le mode image permet d'avancer vite et à très
faible coût. C'est important car la tâche de numérisation du domaine public est
immense. Il faut tenir compte aussi des différentes éditions: la numérisation du
patrimoine a pour but de faciliter l'accès aux oeuvres, il serait paradoxal
qu'elle aboutisse à focaliser sur une édition et à abandonner l'accès aux
autres. Chacun des deux modes de numérisation s'applique de préférence à un type
de document, ancien et fragile ou plus récent, libre de droit ou non (pour
l'auteur ou pour l'édition), abondamment illustré ou pas. Les deux modes ont
aussi des statuts assez différents: en mode texte ça peut être une nouvelle
édition d'une oeuvre, en mode image c'est une sorte d''édition d'édition', grâce
à un de ses exemplaires (qui fonctionne alors comme une fonte d'imprimerie pour
du papier: une trace optique sur un support, numérique, c'est assez joli à
réaliser). En pratique, le choix dépend bien sûr de la nature du fonds à
numériser, des moyens et des buts à atteindre. Difficile de se passer d'une des
deux façons de faire."
L'équipe d'@folio travaille notamment sur le logiciel Mot@Mot, une passerelle
entre @folio (voir 8.1) et les fonds numérisés en mode image. "La plus grande
partie du patrimoine écrit existant est fixé dans des livres, sur du papier,
explique Pierre Schweitzer. Pour rendre ces oeuvres accessibles sur la toile, la
numérisation en mode image est un moyen très efficace. Le projet Gallica en est
la preuve. Mais il reste le problème de l'adaptation des fac-similés d'origine à
nos écrans de lecture aujourd'hui: réduits brutalement à la taille d'un écran,
les fac-similés deviennent illisibles. Sauf à manipuler les barres d'ascenseur,
ce qui nécessite un ordinateur et ne permet pas une lecture confortable. La
solution proposée par Mot@mot consiste à découper le livre, mot à mot, du début
à la fin (enfin, les pages scannées du livre...). Ces mots restent donc des
images, il n'y a pas de reconnaissance de caractères, donc pas d'erreur
possible. On obtient une chaîne d'images-mots liquide, qu'on peut remettre en
page aussi facilement qu'une chaîne de caractères. Il devient alors possible de
l'adapter à un écran de taille modeste, sans rien perdre de la lisibilité du
texte. La typographie d'origine est conservée, les illustrations aussi."
11.3. Les bibliothèques traditionnelles sont-elles menacées?
Face à un web encyclopédique et des bibliothèques numériques de plus en plus
nombreuses, les jours des bibliothèques traditionnelles sont-ils comptés? Ou
bien, au contraire, l'internet joue-t-il un rôle de catalyseur pour les
relancer?
En fait, il n'est peut-être pas très opportun d'opposer bibliothèque
traditionnelle et bibliothèque numérique. Nombre de bibliothèques numériques
sont créées par des bibliothèques traditionnelles à partir de leurs propres
fonds. Grâce à quoi la consultation de ces fonds devient facile. Ce qui n'était
pas le cas jusque-là, pour des raisons diverses: souci de conservation des
documents rares et fragiles, heures d'ouverture réduites, nombreux formulaires à
remplir, longs délais de communication, pénurie de personnel. Autant de
barrières à franchir qui demandaient souvent au lecteur une patience à toute
épreuve et une détermination hors du commun pour arriver jusqu'au document. A
présent, si on tient absolument à consulter l'original, on le fait en
connaissance de cause, après avoir "feuilleté" le fac-similé numérique sur le
web.
Autre élément à prendre en compte, la bibliothèque numérique peut enfin rendre
comptatibles deux objectifs qui ne l'étaient guère, à savoir la conservation des
documents et leur prêt. Dorénavant le document ne quitte son rayonnage qu'une
seule fois pour être scanné, et le grand public y a facilement accès.
Un exemple parmi d'autres: depuis décembre 2000, le site web de la Bibliothèque
municipale de Lyon donne accès à la plus importante collection française
d'enluminures médiévales, à savoir 12.000 images scannées dans 457 documents
appartenant à la bibliothèque: manuscrits allant du 5e au 16e siècle, incunables
ou livres de la Renaissance. Les documents sont à dominante religieuse (bibles,
missels, bréviaires, pontificaux, livres d'heures, droit canon) ou profane
(philosophie, histoire, littérature, sciences, etc.). Les images qui ont été
numérisées - plusieurs centaines pour certains documents - sont les peintures en
pleine page et les miniatures, ainsi que les initiales ornées et les décors des
marges.
Autre exemple significatif, depuis novembre 2000, la version numérique de la
Bible de Gutenberg, premier ouvrage à avoir jamais été imprimé, est en accès
libre sur le site de la British Library. Cette Bible date de 1454-1455, et elle
aurait été imprimée par Gutenberg en 180 exemplaires dans son atelier de Mayence
(Allemagne). 48 exemplaires, dont certains incomplets, existeraient toujours. La
British Library en possède deux versions complètes, et une partielle. En mars
2000, dix chercheurs et experts techniques de l'Université Keio de Tokyo et de
NTT (Nippon Telegraph and Telephone Communications) sont venus travailler sur
place pendant deux semaines pour numériser ces deux Bibles, légèrement
différentes, à l'aide de matériels hautement sophistiqués.
La bibliothèque numérique menace-t-elle pour autant la bibliothèque
traditionnelle? Il y a quelques années, sur leur site web, alors que l'internet
en était encore à ses débuts, plusieurs grandes bibliothèques insistaient sur la
nécessité de garder son importance à la communication physique des imprimés,
manuscrits, partitions musicales, bandes sonores, etc., tout en affirmant avoir
conscience de la nécessité du développement parallèle des documents numériques.
Ce type de commentaires a disparu. Les rôles respectifs des bibliothèques
traditionnelles et des bibliothèques numériques semblent assez clairs
maintenant.
Les bibliothèques nationales et autres grandes bibliothèques de conservation ont
pour mission de préserver un patrimoine pluricentenaire - manuscrits,
incunables, livres imprimés, collections de journaux, partitions musicales,
gravures, images, photos, films, documents électroniques, etc. - accumulé au fil
des siècles grâce au dépôt légal. Si le fait de disposer de supports numériques
favorise à la fois la conservation et la communication, il faut bien un endroit
pour stocker les documents physiques originaux, à commencer par les Bibles de
Gutenberg.
Les bibliothèques publiques ne semblent pas près de disparaître non plus. A
l'heure actuelle, malgré l'engouement suscité par le livre électronique,
pratiquement personne n'est prêt à lire Zola ou Proust à l'écran. Mais c'est
peut-être une question de génération. Et la mise sur le marché d'un livre
électronique bon marché, suivi du papier électronique dans quelques années,
risque de changer bien des choses.
Pour les bibliothèques spécialisées, par contre, le changement est nettement
plus radical. Dans nombre de domaines où l'information la plus récente est
primordiale, on s'interroge maintenant sur l'utilité d'aligner des documents
imprimés sur des rayonnages, alors qu'il est tellement plus pratique de
rassembler, stocker, archiver, organiser, cataloguer et diffuser des documents
électroniques, et de les imprimer seulement à la demande.
L'avenir sera-t-il les bases de données numériques décrites dans les dernières
pages de Chaos et cyberculture (éditions du Lézard, 1997) de Timothy Leary,
philosophe et visionnaire? "Toute l'information du monde est à l'intérieur. Et
grâce au cyberespace, tout le monde peut y avoir accès. Tous les signaux humains
contenus jusque-là dans les livres ont été numérisés. Ils sont enregistrés et
disponibles dans ces banques de données, sans compter tous les tableaux, tous
les films, toutes les émissions de télé, tout, absolument tout." Reste à savoir
si la consultation sera gratuite ou payante.
12. APPRENDRE ET ENSEIGNER
[Dans ce chapitre:]
[12.1. Dictionnaires et encyclopédies en ligne // 12.2. Bases de données en
ligne // 12.3. L'université et le numérique / L'Université de Caen / La Webster
University de Genève / L'Université de Lausanne / L'Université de Tokyo /
L'Université de Toronto // 12.4. Les perspectives]
12.1. Dictionnaires et encyclopédies en ligne
Un des premiers dictionnaires disponibles gratuitement sur le web est le
Dictionnaire universel francophone en ligne, qui correspond à la partie "noms
communs" de la version imprimée du dictionnaire du même nom, issu de la
collaboration d'Hachette avec l'AUPELF-UREF (Agence universitaire de la
francophonie), et publié par Hachette Edicef. Cette partie "noms communs"
répertorie 45.000 mots et 116.000 définitions. Elle présente "sur un pied
d'égalité, le français dit 'standard' et les mots et expressions en français tel
qu'on le parle sur les cinq continents". Pour la langue anglaise, le site
Merriam-Webster OnLine permet l'accès libre au Collegiate Dictionary et au
Collegiate Thesaurus, deux ouvrages de référence.
La fin 1999 marque le saut du papier au numérique pour plusieurs encyclopédies
de renom. En décembre 1999, les éditions Atlas mettent en ligne gratuitement sur
le web leur encyclopédie WebEncyclo. La recherche est possible par mots-clefs,
thèmes, médias (cartes, liens internet, photos, illustrations) et idées. Depuis
les débuts du site, un appel à contribution incite les spécialistes d'un sujet
donné à envoyer des articles.
Décembre 1999 voit aussi la mise en ligne du site Britannica.com, qui propose en
accès libre et gratuit l'équivalent des 32 volumes de la 15e édition de
l'Encyclopaedia Britannica (dont la version imprimée est toujours disponible au
prix de 1.250 $US, soit 1.320 euros). Le site propose aussi l'actualité
mondiale, une sélection d'articles de 70 magazines, un guide des meilleurs sites
web (plus de 125.000 sites), une sélection de livres, etc., le tout étant
accessible à partir d'un moteur de recherche unique. Depuis septembre 2000, le
site fait partie des cent sites les plus visités au monde. En ligne aussi,
l'ensemble du fonds documentaire de l'Encyclopaedia Universalis, soit 28.000
articles signés par 4.000 auteurs. La consultation est payante sur la base d'un
abonnement annuel, mais de nombreux documents sont également en accès libre.
Disponible depuis mars 2000 en consultation payante, la version en ligne des 20
volumes du célèbre Oxford English Dictionary bénéficie d'une mise à jour
trimestrielle d'environ 1.000 entrées nouvelles ou révisées. Le Quid,
encyclopédie en un volume réactualisée une fois par an depuis 1963, met de
nombreux documents en accès libre sur le web. Encarta, la fameuse encyclopédie
de Microsoft, est en accès libre et gratuit depuis septembre 2000.
Toujours en accès libre, Eurodicautom, proposé par le Service de traduction de
la Commission européenne, est un dictionnaire multilingue de termes économiques,
scientifiques et techniques, juridiques, etc., relatifs aux divers champs
d'activité de l'Union européenne. Il permet des combinaisons entre ses onze
langues officielles (allemand, anglais, danois, espagnol, finnois, français,
grec, hollandais, italien, portugais et suédois), ainsi que le latin.
Réalisé par l'Office de la langue française du Québec, Le Signet est dénommé à
juste titre "la référence branchée en terminologie". Il donne accès à six mille
fiches bilingues français-anglais dans le secteur des technologies de
l'information. TERMITE est la base de données quadrilingue (anglais, espagnol,
français et russe) de la Section de traduction de l'Union internationale des
télécommunications (UIT). Composée de 59.000 entrées, elle est alimentée à la
fois par les traducteurs de l'UIT et des spécialistes des télécommunications
extérieurs à l'UIT.
Moins d'un an après la mise en ligne gratuite d'encyclopédies générales de
renom, autre évènement: la mise en ligne gratuite en septembre 2000 du Grand
dictionnaire terminologique (GDT), qui rassemble un fonds terminologique de 3
millions de termes français et anglais du vocabulaire industriel, scientifique
et commercial, dans 2.000 domaines d'activité. Ce fonds équivaudrait à 3.000
ouvrages de référence imprimés. Sa mise en ligne est le résultat d'un
partenariat entre l'Office de la langue française du Québec, auteur du
dictionnaire, et la société Semantix, spécialisée dans la mise au point de
solutions logicielles pour l'intégration de fonctions linguistiques. Cette mise
en ligne est un succès: un mois plus tard, le GDT a été consulté par 1,3 million
de personnes, avec des pointes de 60.000 requêtes quotidiennes. "Nous croyons
que la nouvelle de l'accessibilité à un dictionnaire terminologique bilingue
gratuit dans internet s'est répandue comme une traînée de poudre parmi les
internautes, qui se communiquent très rapidement les nouvelles, explique Francis
Malka, fondateur et chef de la direction technologique de Semantix (cité par
l'AFP). Nous recevons des requêtes de partout à travers le globe, même si la
grande majorité des requêtes provient du Canada."
Dictionnaires électroniques, une liste établie par la section française des
services linguistiques centraux de l'Administration fédérale suisse, répertorie
de façon aussi exhaustive que possible les meilleurs dictionnaires monolingues,
bilingues et multilingues. Elle est complétée par des répertoires d'abréviations
et d'acronymes et des répertoires d'informations géographiques. Responsable de
la section française des services linguistiques, Marcel Grangier explique:
"Conçu d'abord comme un service intranet, notre site web se veut au service
d'abord des traducteurs opérant en Suisse, qui souvent travaillent sur la même
matière que les traducteurs de l'administration fédérale, mais également, par
certaines rubriques, au service de n'importe quel autre traducteur où qu'il se
trouve. Les dictionnaires électroniques ne sont qu'une partie de l'ensemble, et
d'autres secteurs documentaires ont trait à l'administration, au droit, à la
langue française, etc., sans parler des informations générales."
"Travailler sans internet est devenu tout simplement impossible, ajoute Marcel
Grangier. Au-delà de tous les outils et commodités utilisés (messagerie
électronique, consultation de la presse électronique, activités de services au
profit de la profession des traducteurs), internet reste pour nous une source
indispensable et inépuisable d'informations dans ce que j'appellerais le
"secteur non structuré" de la toile. Pour illustrer le propos, lorsqu'aucun site
comportant de l'information organisée ne fournit de réponse à un problème de
traduction, les moteurs de recherche permettent dans la plupart des cas de
retrouver le chaînon manquant quelque part sur le réseau."