Lorsque l'utilisation du web se généralise, le projet trouve un second souffle,

et un rayonnement international. Les collections se chiffrent maintenant à 3.700

oeuvres (chiffres de juillet 2001) qui, au fil des années, ont été patiemment

numérisées en mode texte par des volontaires de nombreux pays (600 volontaires

actifs en 2000). Un total de 1.000 nouveaux livres devrait être traité en 2001.

Cinquante heures environ sont nécessaires pour sélectionner, scanner, corriger

et mettre en page un texte électronique. Un ouvrage de taille moyenne - par

exemple un roman de Stendhal ou de Jules Verne - est composé de deux fichiers

ASCII. Si certains documents anciens sont parfois saisis ligne après ligne, le

plus souvent parce que le texte original manque de clarté, les oeuvres sont en

général scannées en utilisant un logiciel OCR (optical character recognition),

puis elles sont relues et corrigées à double reprise, parfois par deux personnes

différentes. D'abord essentiellement anglophones, les collections deviennent peu

à peu multilingues.

"Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable

relation avec le papier, explique Michael Hart. Le seul point commun est que

nous diffusons les mêmes oeuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut

concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués,

particulièrement dans les établissements d'enseignement. (...) Ma carrière

n'aurait pas existé sans l'internet, et le Projet Gutenberg n'aurait jamais eu

lieu... Vous savez sûrement que le Projet Gutenberg a été le premier site

d'information sur l'internet. Mon projet est de mettre 10.000 textes

électroniques sur l'internet. Si je pouvais avoir des subventions importantes,

j'aimerais aller jusqu'à un million et étendre aussi le nombre de nos usagers

potentiels de 1,x% à 10% de la population mondiale, ce qui représenterait la

diffusion de 1.000 fois un milliard de textes électroniques au lieu d'un

milliard seulement. (...) J'introduis une nouvelle langue par mois maintenant,

et je vais poursuivre cette politique aussi longtemps que possible."

= The On-Line Books Page

Autre projet pilote à l'époque, The On-Line Books Page répertorie plus de 12.000

textes électroniques d'oeuvres anglophones en accès libre sur le web. John Mark

Ockerbloom, qui est à l'époque étudiant à l'Université Carnegie Mellon

(Pittsburgh, Pennsylvanie), débute ce répertoire en 1993 dans le cadre du site

web du département d'informatique, dont il est le webmestre.

"J'étais webmestre ici pour la section informatique du CMU (Carnegie Mellon

University), et j'ai débuté notre site local en 1993, raconte John Mark

Ockerbloom en septembre 1998. Il comprenait des pages avec des liens vers des

ressources disponibles localement, et à l'origine The On-Line Books Page était

une de ces pages, avec des liens vers des livres mis en ligne par des collègues

de notre département (par exemple Robert Stockton, qui a fait des versions web

de certains textes du Projet Gutenberg). Ensuite les gens ont commencé à

demander des liens vers des livres disponibles sur d'autres sites. J'ai remarqué

que de nombreux sites (et pas seulement le Project Gutenberg ou Wiretap)

proposaient des livres en ligne, et qu'il serait utile d'en avoir une liste

complète qui permette de télécharger ou de lire des livres où qu'ils soient sur

l'internet. C'est ainsi que mon index a débuté. J'ai quitté mes fonctions de

webmestre en 1996, mais j'ai gardé The On-Line Books Page, parce que, entre

temps, je m'étais passionné pour l'énorme potentiel qu'a l'internet de rendre la

littérature accessible au plus grand nombre. Maintenant il y a tant de livres

mis en ligne que j'ai du mal à rester à jour (en fait j'ai beaucoup de retard).

Mais je pense pourtant continuer cette activité d'une manière ou d'une autre. Je

suis très intéressé par le développement de l'internet en tant que médium de

communication de masse dans les prochaines années. J'aimerais aussi rester

impliqué d'une manière ou d'une autre dans la mise à disposition gratuite pour

tous de livres sur l'internet, que ceci fasse partie intégrante de mon activité

professionnelle ou que ceci soit une activité bénévole menée sur mon temps

libre."

John Mark Ockerbloom obtient son doctorat en informatique en 1998. En 1999, il

rejoint le département des bibliothèques et de l'informatique de l'Université de

Pennsylvanie, où il travaille à la R&D (recherche et développement) de la

bibliothèque numérique. A la même époque, il transfère The On-Line Books Page

dans cette bibliothèque numérique. La présentation est toujours la même et les

mises à jour sont régulières.

= La Bibliothèque électronique de Lisieux

La Bibliothèque électronique de Lisieux ouvre en juin 1996. "Ce site est

entièrement consacré et exclusivement réservé à la mise à disposition sur le

réseau (librement et gratuitement) de textes littéraires et documentaires du

domaine public français afin de constituer une bibliothèque virtuelle qui

complète celles déjà existantes", explique Olivier Bogros, son créateur, qui est

aussi directeur de la bibliothèque municipale de Lisieux (Normandie). Dès sa

création, ce site pionnier suscite beaucoup d'intérêt dans la communauté

francophone parce qu'il montre ce qui est faisable sur le web avec beaucoup de

détermination et des moyens limités. D'abord hébergé sur les pages du compte

CompuServe d'Olivier Bogros, il est depuis juin 1998 installé sur un nouveau

serveur avec un espace disque plus important (30 Mo) et un nom de domaine.

Quel est l'historique du site? La première étape est la "création d'un bulletin

électronique d'informations bibliographiques locales (Les Affiches de Lisieux)

en 1994 dont la diffusion locale ne rencontre qu'un très faible écho", raconte

Olivier Bogros lors d'un premier entretien. Les étapes suivantes sont "en 1995

la numérisation de nos collections de cartes postales en vue de constituer une

photothèque numérique" puis "la saisie de nouvelles d'auteurs d'origine normande

courant 1995 en imitation (modeste) du projet de l'ABU (Association des

bibliophiles universels) avec diffusion sur un BBS (bulletin board service)

spécialisé. L'idée du site internet vient d'Hervé Le Crosnier, enseignant à

l'Université de Caen et modérateur de la liste de diffusion Biblio-fr, qui monta

sur le serveur de l'université la maquette d'un site possible pour la

bibliothèque municipale de Lisieux, afin que je puisse en faire la démonstration

à mes élus. La suite logique en a été le vote au budget primitif de 1996 d'un

crédit pour l'ouverture d'une petite salle multimédia avec accès public au

réseau pour les Lexoviens (habitants de Lisieux, ndlr). Depuis cette date, un

crédit d'entretien pour la mise à niveau des matériels informatiques est alloué

au budget de la bibliothèque qui permettra cette année (deuxième semestre 1998,

ndlr) la montée en puissance des machines, l'achat d'un graveur de cédéroms et

la mise à disposition d'une machine bureautique pour les lecteurs de

l'établissement.... ainsi que la création d'un emploi jeune pour le

développement des nouvelles technologies."

En juillet 1999, Olivier Bogros relate: "Nous réfléchissons, toujours dans le

domaine patrimonial, à un prolongement du site actuel vers les arts du livre -

illustration, typographie... - toujours à partir de notre fonds. Sinon, pour ce

qui est des textes, nous allons vers un élargissement de la part réservée au

fonds normand. (...) Les oeuvres à diffuser sont choisies à partir d'exemplaires

conservés à la bibliothèque municipale de Lisieux ou dans des collections

particulières mises à disposition. Les textes sont saisis au clavier et relus

par du personnel de la bibliothèque, puis mis en ligne après encodage (370

oeuvres sont actuellement disponibles en ligne). La mise à jour est mensuelle (3

à 6 textes nouveaux). Par goût, mais aussi contraints par le mode de production,

nous sélectionnons plutôt des textes courts (nouvelles, brochures, tirés à part

de revues, articles de journaux...). De même nous laissons à d'autres

(bibliothèques ou éditeurs) le soin de mettre en ligne les grands classiques de

la littérature française, préférant consacrer le peu de temps et de moyens dont

nous disposons à mettre en ligne des textes excentriques et improbables. (...)

La création et la maintenance du site ne sont encore que des activités

marginales de la bibliothèque municipale (...) En fait, et pour les deux années

à venir, l'essentiel de notre temps est consacré à la mise en place de la

nouvelle médiathèque (avec une réelle intégration des nouvelles technologies)

[et pour le quotidien] à l'enrichissement et la communication sur place des

ressources locales (c'est-à-dire des informations physiquement localisées à la

bibliothèque), le développement de la lecture dans les quartiers... La salle

multimédia ouverte en octobre 1996 doit encore trouver son rythme de croisière,

la consultation des cédéroms et la bureautique devançant souvent l'utilisation

d'internet."

En août 2000, Olivier Bogros écrit: "La médiathèque n'ouvrira ses portes qu'en

janvier 2002 et ce chantier va encore mobiliser l'essentiel de mon temps. Nous

poursuivons modestement l'enrichissement du corpus de textes de la bibliothèque

électronique. Une collaboration vient de s'engager entre la bibliothèque

électronique de Lisieux et le site 'Langue du 19e siècle" à l'Université de

Toronto. Les textes en ligne à Lisieux sont interrogeables en ligne à Toronto

sous forme de bases de données interactives. L'initiative de ce projet, baptisé

LexoTor, revient à M. Russon Wooldridge à la suite d'un colloque organisé en mai

dernier par son université."

Lancé officiellement le 27 août 2000, LexoTor est une base de données qui

fonctionne sous le logiciel TACTweb et qui permet l'interrogation en ligne des

textes de la bibliothèque classés en différentes rubriques: oeuvres littéraires,

notamment du 19e siècle; brochures et opuscules documentaires ; manuscrits,

livres et brochures sur la Normandie; conférences et exposés transcrits par des

élèves du Lycée Marcel Gambier. L'interrogation permet aussi les analyses et

comparaisons textuelles. Le projet est issu de la rencontre d'Olivier Bogros

avec Russon Wooldridge, professeur au département d'études françaises de

l'Université de Toronto, lors d'un colloque international que ce dernier a

organisé les 12 et 13 mai 2000 dans son université sur le thème: "Les études

françaises valorisées par les nouvelles technologies d'information et de

communication".

En mai 2001, Olivier Bogros poursuit: "La base Lexotor devrait pouvoir

bénéficier dès ce mois-ci de la dernière version du logiciel TACTweb, ce qui

rendra beaucoup plus riches et pertinentes les interrogations faites. Pour ce

qui concerne Lisieux, le bâtiment de la médiathèque est sorti de terre, le gros

oeuvre sera fini fin juin, la livraison est prévue pour novembre. Par contre

l'ouverture initialement prévue pour janvier 2002 sera sans doute effective fin

mars. Sur le site de la bibliothèque électronique, le travail se poursuit chaque

mois avec la mise en ligne de textes. J'ai suspendu provisoirement la

fabrication de hiboux (e-books, ndlr) au format Microsoft Reader ou Mobipocket.

Il faudrait que je trouve un partenariat avec un autre site pour que les textes

disponibles en HTML sur notre bibliothèque électronique soient aussi proposés

ailleurs dans un format hiboux multiplateforme. A titre personnel, j'ai ouvert

une autre bibliothèque électronique, Miscellanées, encore en devenir."

= La médiathèque de l'Institut Pasteur

Basé à Paris et dans plusieurs régions du monde, l'Institut Pasteur est une

fondation privée dont la mission est de contribuer à la prévention et au

traitement des maladies, en priorité infectieuses, par la recherche,

l'enseignement, et des actions de santé publique.

"Le site web de la bibliothèque a pour vocation principale de servir la

communauté pasteurienne, explique Bruno Didier, son webmestre. Il est le support

d'applications devenues indispensables à la fonction documentaire dans un

organisme de cette taille: bases de données bibliographiques, catalogue,

commande de documents et bien entendu accès à des périodiques en ligne (un peu

plus d'une centaine actuellement). C'est également une vitrine pour nos

différents services, en interne mais aussi dans toute la France et à l'étranger.

Il tient notamment une place importante dans la coopération documentaire avec

les instituts du réseau Pasteur à travers le monde. Enfin j'essaie d'en faire

une passerelle adaptée à nos besoins pour la découverte et l'utilisation

d'internet. Il existe dans sa forme actuelle depuis 1996 et son audience

augmente régulièrement."

En quoi consiste exactement son activité? "Je développe et maintiens les pages

du serveur, ce qui s'accompagne d'une activité de veille régulière. Par ailleurs

je suis responsable de la formation des usagers, ce qui se ressent dans mes

pages. Le web est un excellent support pour la formation, et la plupart des

réflexions actuelles sur la formation des usagers intègrent cet outil. C'est à

la fois dans nos rapports avec l'information et avec les usagers que les

changements ont eu lieu. Nous devenons de plus en plus des médiateurs, et

peut-être un peu moins des conservateurs. Mon activité actuelle est typique de

cette nouvelle situation: d'une part dégager des chemins d'accès rapides à

l'information et mettre en place des moyens de communication efficaces, d'autre

part former les utilisateurs à ces nouveaux outils. Je crois que l'avenir de

notre métier passe par la coopération et l'exploitation des ressources communes.

C'est un vieux projet certainement, mais finalement c'est la première fois qu'on

dispose enfin des moyens de le mettre en place."

= Le centre de documentation de l'Organisation de coopération et de

développement économiques (OCDE)

L'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) regroupe

trente pays membres "au sein d'une organisation qui, avant tout, offre aux

gouvernements un cadre pour examiner, élaborer et perfectionner les politiques

économiques et sociales", lit-on sur le site web de l'organisation. "Ils y

comparent leurs expériences respectives, s'y efforcent d'apporter des réponses

aux problèmes qui leur sont communs et s'y emploient à coordonner des politiques

intérieures et internationales qui, dans le contexte actuel de mondialisation

des économies, doivent former un ensemble de plus en plus homogène. (...) L'OCDE

est un club de pays qui partagent les mêmes idées. C'est un club de riches en ce

sens que ses membres produisent les deux tiers des biens et services du monde,

mais ce n'est pas un club privé. En fait, l'exigence essentielle pour en devenir

membre est qu'un pays soit attaché aux principes de l'économie de marché et de

la démocratie pluraliste. Au noyau d'origine, constitué de pays d'Europe et

d'Amérique du Nord, sont venus s'ajouter le Japon, l'Australie, la

Nouvelle-Zélande, la Finlande, le Mexique, la République tchèque, la Hongrie, la

Pologne et la Corée. De plus, l'OCDE a établi de nombreux contacts avec le reste

du monde dans le cadre de programmes avec des pays de l'ancien bloc soviétique,

d'Asie et d'Amérique latine, contacts qui pourraient, dans certains cas,

déboucher sur une adhésion."

Situé dans un des bâtiments de son siège parisien et réservé aux agents de

l'OCDE, le centre de documentation et d'information (CDI) permet la consultation

de 60.000 monographies imprimées et 2.500 périodiques. Le CDI fournit aussi

nombre de documents électroniques émanant du web, de bases de données et de

CD-Rom. Peter Raggett, son directeur, a d'abord été en poste dans les

bibliothèques gouvernementales du Royaume-Uni avant de devenir fonctionnaire

international à l'OCDE en 1994, comme sous-directeur puis directeur du CDI. Il

utilise l'internet depuis 1996. Les pages intranet du CDI, dont il est l'auteur,

sont devenues une des principales sources d'information du personnel de

l'organisation.

"Je dois filter l'information pour les usagers de la bibliothèque, ce qui

signifie que je dois bien connaître les sites et les liens qu'ils proposent,

explique Peter Raggett en juin 1998. J'ai sélectionné plusieurs centaines de

sites pour en favoriser l'accès à partir de l'intranet de l'OCDE, et cette

sélection fait partie du bureau de référence virtuel proposé par la bibliothèque

à l'ensemble du personnel. Outre les liens, ce bureau de référence contient des

pages de références aux articles, monographies et sites web correspondant aux

différents projets de recherche en cours à l'OCDE, l'accès en réseau aux CD-Rom,

et une liste mensuelle des nouveaux titres." En août 1999, il relate: "Notre

site intranet va être complètement remanié d'ici la fin de l'année, et nous

allons y mettre le catalogue de la bibliothèque, ce qui permettra à nos usagers

d'y avoir accès directement de leur écran. Ce catalogue sera conforme à la norme

Z3950 (une norme définissant un protocole pour la recherche documentaire d'un

ordinateur à un autre, ndlr)." Depuis octobre 1999, le catalogue du CDI est

disponible sur l'intranet.

Comment Peter Raggett voit-il l'avenir de la profession? "L'internet offre aux

chercheurs un stock d'informations considérable. Le problème pour eux est de

trouver ce qu'ils cherchent. Jamais auparavant on n'avait senti une telle

surcharge d'informations, comme on la sent maintenant quand on tente de trouver

un renseignement sur un sujet précis en utilisant les moteurs de recherche

disponibles sur l'internet. A mon avis, les bibliothécaires auraient un rôle

important à jouer pour améliorer la recherche et l'organisation de l'information

sur l'internet. Je prévois aussi une forte expansion de l'internet pour

l'enseignement et la recherche. Les bibliothèques seront amenées à créer des

bibliothèques numériques permettant à un étudiant de suivre un cours proposé par

une institution à l'autre bout du monde. La tâche du bibliothécaire sera de

filtrer les informations pour le public. Personnellement, je me vois devenir de

plus en plus un bibliothécaire virtuel. Je n'aurai pas l'occasion de rencontrer

les usagers, ils me contacteront plutôt par courrier électronique, par téléphone

ou par fax, j'effectuerai la recherche et je leur enverrai les résultats par

voie électronique."

= Le centre de documentation de l'Institut d'études politiques (IEP) de

Grenoble

Pierre Le Loarer est directeur du centre de documentation de l'Institut d'études

politiques (IEP) de Grenoble. Conçu dès février 1998, le site web de l'IEP ouvre

trois mois après, en mai. "J'étais le chef de projet, explique Pierre Le Loarer,

d'autant que j'ai une formation multimédia, outre ma formation initiale en

philosophie, documentation-bibliothèques et informatique. Il y avait un comité

de pilotage (au sein de notre Institut) et également plusieurs partenaires: un

graphiste (qui venait de créer le logo de l'Institut) à qui j'ai demandé de

décliner des éléments cohérents pour le site, en liaison avec la société de

multimédia; une société de création multimédia à qui j'ai demandé de créer une

'maquette' de page d'accueil et deux modèles de pages (page de rubrique

principale, page de sous-rubrique) pour disposer d'une ligne graphique; une

ergonome qui avait pour objet de tester et surtout de faire tester la version 1

(maquette) du site, pour ensuite réaliser une version 2 opérationnelle, ce qui a

été fait; une rédactrice qui, avec moi-même, a repris, sélectionné les

informations et même partiellement réécrit certains textes et surtout organisé

avec moi les rubriques et sous-rubriques, créé les libellés d'intitulés, etc.,

ce travail étant soumis au comité de pilotage; le CRI (centre de recherche en

informatique) de l'université pour réaliser les pages HTML en suivant les

modèles, une fois validés, des pages de différents niveaux et également pour

héberger le site. Dans un second temps, un professeur d'anglais m' a aidé à

créer quelques pages en anglais. Aujourd'hui, le site est maintenu à jour par

moi-même et une personne qui m'aide grandement pour cette tâche."

En quoi consiste exactement l'activité de Pierre Le Loarer? "Elle est très

variée. Je ne reviens pas sur mes fonctions de directeur d'un centre de

documentation, sinon pour insister sur deux facteurs: l'importance de la

formation des étudiants à la recherche documentaire, à la connaissance des

sources d'information, imprimées et électroniques, et à la production de

documents sous forme numérique; la conception, que je reprends à mon compte, de

la 'bibliothèque hybride' qui gère, donne accès à la fois aux documents imprimés

et aux documents électroniques. Il me semble que l'on peut même parler de

'lecture hybride' où l'on passe de l'écran à divers supports imprimés et

l'inverse.

Mes fonctions de chargé de mission TICE (technologies de l'information et de la

communication pour l'éducation) visent à mettre ces TICE au service de la

stratégie de l'Institut, pour son développement, pour renforcer encore la

qualité de son enseignement, faciliter des accompagnements pédagogiques, aider

au développement des relations internationales grâce aux facilités de l'échange

électronique. Les TICE ne sont pas un but en soi, mais bien un outil au service

d'objectifs stratégiques. Ceci passe, entre autres, par la création d'intranets

pédagogiques, un renforcement de la formation en bureautique communicante pour

les étudiants, les enseignants et le personnel administratif.

Quant à mon activité internet, elle a divers aspects, qui sont assez différents:

gestionnaire de site, formateur pour un usage à la fois réfléchi et

professionnel du web, animateur, participant à des séminaires, réunions diverses

sur l'internet (et l'éducation, les collectivités territoriales, etc.). Membre

de l'ISOC (Internet Society), je participe aux rencontres d'Autrans."

= La bibliothèque de l'ENSEA (Ecole nationale supérieure de statistique et

d'économie appliquée) d'Abidjan

L'ENSEA (Ecole nationale supérieure de statistique et d'économie appliquée)

d'Abidjan assure la formation des statisticiens pour les pays africains

d'expression française. Cette formation est délivrée à travers quatre filières

distinctes, conçues en fonction du niveau de recrutement des élèves: la filière

ISE (ingénieurs statisticiens économistes), la filière ITS (ingénieurs des

travaux statistiques), la filière AD (adjoints techniques) et la filière AT

(agents techniques). A ce jour, l'ENSEA est le seul établissement de formation

statistique qui délivre simultanément ces quatre types de formation à tous les

pays francophones situés au sud du Sahara. L'ENSEA propose par ailleurs des

actions de recyclage et de perfectionnement destinées aux cadres des

administrations publiques et privées, et développe progressivement des

programmes d'étude et de recherche.

"Le site a été créé à la faveur d'un colloque international sur les enquêtes et

systèmes d'information organisé par l'école en avril 1999, explique Bakayoko

Bourahima, documentaliste. La conception et la maintenance du site ont été

assurées par un coopérant français, enseignant d'informatique. Le site est

actuellement hébergé par l'agence locale du Syfed (du réseau Refer de

l'AUPELF-UREF - Agence universitaire de la francophonie). Le site a connu

quelques difficultés de mise à jour, en raison des nombreuses occupations

pédagogiques et techniques du webmestre. A ce propos, mon service, celui de la

bibliothèque, a eu récemment des séances de travail avec l'équipe informatique

pour discuter de l'implication de la bibliothèque dans l'animation du site. Et

le service de la bibliothèque travaille aussi à deux projets d'intégration du

web pour améliorer ses prestations."

Le Livre 010101: Enquête · 第 11 / 28 段