Anne-Bénédicte Joly, écrivain qui auto-édite ses oeuvres: "Je pense que nous

devrions voir apparaître des sites disposant de modes d'emplois ou de guides de

découverte sonores. L'idéal serait de pouvoir guider un internaute malvoyant,

depuis la mise en route des navigateurs (pour taper l'adresse du site ciblé),

jusqu'à l'arrivée sur un site. Sur un site équipé, un assistant guide

l'internaute en lui exposant les fonctionnalités du site. L'accès aux rubriques

se fait via des codes alphanumériques (sur le même principe que les serveurs

téléphoniques à fréquence vocale). Le code d'accès à la rubrique est possible

grâce à un clavier adapté (touche possédant des caractères braille). Puis

l'assistant propose des choix: téléchargement des rubriques pour éditions sur

imprimante braille ou lecture de la rubrique sous forme d'extraits sonores. Il

faudra se montrer vigilants face au temps de chargement du son. Puis, pour

favoriser les échanges, prévoir la possibilité de déposer des témoignages vocaux

(voire des images via des webcams) sur le serveur du site."

Olivier Pujol, PDG de Cytale et promoteur du Cybook, livre électronique,

préconise "le développement des moteurs de type BrailleSurf associés à de la

synthèse vocale, et le respect par les concepteurs de sites de quelques règles

(documentation des images, ou association de commentaires textuels à certaines

applications telles que les animations flash). Dès que notre site atteindra un

niveau opérationnel suffisant, il sera entièrement adapté à cet effet."

Patrick Rebollar, professeur de littérature française dans des universités

japonaises, suggère d'"améliorer les logiciels de lecture orale de l'écrit.

Créer des écrans tactiles qui affichent le texte en braille et développer des

logiciels de traduction automatique et d'affichage sur écran braille (sous

l'égide d'une fondation internationale subventionnée par les gouvernements,

l'Unesco, etc., et qui lèverait des fonds auprès des entreprises intéressées)."

Zina Tucsnak, ingénieur d'études en informatique à l'ATILF (Analyses et

traitements informatiques du lexique français): "Il faudrait fournir des

alternatives équivalentes au contenu visuel et auditif: le texte peut être

expédié directement à des synthétiseurs vocaux et à des générateurs de braille

et peut être représenté sur du papier. La voix synthétique et le braille sont

indispensables aux individus non voyants et mal entendants."

Plusieurs des réponses reçues, non citées ici, montrent qu'il serait nécessaire

de sensibiliser les voyants au fait que les aveugles ont eux aussi droit à deux

modes de connaissance, la lecture et l'écoute, tout comme les voyants. Pourquoi

les aveugles devraient-ils se limiter à l'écoute, alors que le numérique permet

enfin la conversion facile du document, et donc la lecture de ce document en

braille?

La conclusion de ce chapitre appartient à Richard Chotin, professeur à l'Ecole

supérieure des affaires (ESA) de Lille. A la question: "Quoi de neuf cette

année?", il répond en mai 2001: "Une seule nouveauté, mais de taille, les

conséquences de l'accessibilité du web aux aveugles: ma fille vient d'obtenir la

deuxième place à l'agrégation de lettres modernes. Un de ses amis a obtenu la

maîtrise de conférence en droit et un autre a soutenu sa thèse de doctorat en

droit également. Outre l'aspect performance, cela prouve au moins que si les

aveugles étaient réellement aidés (tous les aveugles n'ont pas évidemment la

chance d'avoir un père qui peut passer du temps et consacrer de l'argent) par

des méthodes plus actives dans la lecture des documents (obligation d'obtenir en

braille ce qui existe en 'voyant' notamment), le handicap pourrait presque

disparaître."

10. LES LIBRAIRIES "CLASSIQUES" ET CYBER

[Dans ce chapitre:]

[10.1. Qu'apporte l'internet aux librairies "classiques"? / Un exemple: les

librairies de voyage / Autre exemple: les librairies d'ancien // 10.2. Les

librairies en ligne // 10.3. Les premières librairies numériques / L'exemple de

Numilog]

10.1. Qu'apporte l'internet aux librairies "classiques"?

A titre d'exemple, on a choisi ici deux catégories de librairies: les librairies

de voyage et les librairies d'ancien.

= Un exemple: les librairies de voyage

Au coeur de Paris, dans l'île Saint-Louis, la librairie Ulysse propose plus de

20.000 livres, cartes et revues neufs et anciens sur tous les pays et pour tous

les voyages. Créée en 1971 par Catherine Domain, elle est à l'époque la première

librairie au monde uniquement consacrée aux voyages. Sur le site web de la

librairie, Catherine Domain raconte: "Au terme de dix années de voyages sur tous

les continents, je me suis arrêtée, en 1970, et me suis dit: 'Que vais-je bien

pouvoir faire pour vivre?' Consciente de la nécessité de m'insérer dans une

société d'une façon ou d'une autre, j'ai procédé à un choix par déduction et par

le refus d'avoir patron et employé. Me souvenant de mes grand-pères, l'un

navigateur au long cours, l'autre libraire en Périgord, et constatant que

j'étais obligée de visiter une quinzaine de librairies avant de trouver la

moindre documentation sur un pays aussi proche que la Grèce, une 'librairie de

voyage' s'est imposée à mon esprit, entre Colombo et Surabaya, au cours d'un

tour du monde."

Catherine Domain n'a pas pour autant abandonné les voyages. Elle est à la fois

membre du SLAM (Syndicat national de la librairie ancienne et moderne), du Club

des explorateurs et du Club international des grands voyageurs. Elle a fondé le

Cargo Club, un club de rencontre pour les passionnés de la mer, et le Club

Ulysse des petites îles du monde. Elle a visité à ce jour 141 pays et les

voyages la tenaillent toujours. En 1998, elle explore à la voile les îles du

Kiribati et les îles Marshall, au milieu du Pacifique. En 1999, en tant que

membre du jury du Prix du livre insulaire, elle fait une escale à Ouessant, puis

elle fait le tour de la Sardaigne à la voile. En l'an 2000, toujours à la voile,

elle visite la Croatie pendant un mois. De nouveau membre du jury du Prix du

livre insulaire, elle refait escale à Ouessant et aussi à l'île de Sein.

En 1999, Catherine Domain se lance dans une expérience autrement plus ingrate,

qui est la réalisation d'un site web. "Mon site est embryonnaire et en

construction, écrit-elle, il se veut à l'image de ma librairie, un lieu de

rencontre avant d'être un lieu commercial. Il sera toujours en perpétuel

devenir! Internet me prend la tête, me bouffe mon temps et ne me rapporte

presque rien mais cela ne m'ennuie pas... Pour qu'internet marche, il faut ne

faire que ça ou avoir des 'esclaves'. Je ne veux ni l'un ni l'autre. Je n'ai pas

une âme de patron mais d'artisan, et j'attrape vite la bougeote et mal aux

yeux." Elle est très pessimiste sur l'avenir de sa librairie: "Internet tue les

librairies spécialisées. En attendant d'être dévorée, je l'utilise comme un

moyen d'attirer les clients chez moi, et aussi de trouver des livres pour que

ceux qui n'ont pas encore internet chez eux! Mais j'ai peu d'espoir..."

Autre librairie de voyage, située à Paris dans l'ancien quartier des Halles, la

librairie Itinéraires rassemble tous les ouvrages permettant de préparer,

accompagner et prolonger un voyage: guides, cartes, manuels de conversation,

reportages, récits de voyage, livres de cuisine, livres d'art et de

photographie, ouvrages d'histoire, de civilisation, d'ethnographie, de religion

et de littérature étrangère, et cela pour plus de 160 pays et 250 destinations.

Comment la librairie en est-elle venue à utiliser le minitel puis l'internet?

"Dès 1985, nous avons créé une base de données avec classement des ouvrages par

pays et par thèmes, écrit Hélène Larroche en juin 1998. Il y a un peu plus de

trois ans (début 1995), nous avons rendu la consultation de notre catalogue

possible sur minitel et nous effectuons aujourd'hui près de 10% de notre chiffre

d'affaires avec la vente à distance. Passer du minitel à internet nous semblait

intéressant pour atteindre la clientèle de l'étranger, les expatriés désireux de

garder par les livres un contact avec la France et à la recherche d'une

librairie qui 'livre à domicile' et bien sûr les 'surfeurs sur le net', non

minitélistes. La vente à distance est encore trop peu utilisée sur internet pour

avoir modifié notre chiffre d'affaires de façon significative. Internet a

cependant eu une incidence sur le catalogue de notre librairie, avec la création

d'une rubrique sur le web, spécialement destinée aux expatriés, dans laquelle

nous mettons des livres, tous sujets confondus, qui font partie des meilleures

ventes du moment ou/et pour lesquels la critique s'emballe. Nous avons toutefois

décidé de limiter cette rubrique à 60 titres quand notre base en compte 13.000.

Un changement non négligeable, c'est le temps qu'il faut dégager ne serait-ce

que pour répondre au courrier que génèrent les consultations du site. Outre le

bénéfice pour l'image de la librairie qu'internet peut apporter (et dont nous

ressentons déjà les effets), nous espérons pouvoir capter une nouvelle clientèle

dans notre spécialité (la connaissance des pays étrangers), atteindre et

intéresser les expatriés et augmenter nos ventes à l'étranger." En janvier 2000,

elle mentionne "un net regain de personnes qui viennent à notre librairie après

nous avoir découvert sur le web. C'est donc plutôt une clientèle parisienne ou

une clientèle venue de province pour pouvoir feuilleter sur place ce que l'on a

découvert sur le web. Mais l'expérience est très intéressante etnous conduit à

poursuivre."

= Autre exemple: les librairies d'ancien

Les librairies d'ancien n'ont elles aussi pas tardé à utiliser l'internet pour

étendre leur champ d'activité.

Le SLAM (Syndicat de la librairie ancienne et moderne), seul syndicat

professionnel des libraires de livres anciens, livres illustrés, autographes et

gravures, regroupe aujourd'hui quelque 220 membres. "Le SLAM avait déjà créé un

premier site internet en 1997, explique Alain Marchiset, son président, en

juillet 2000. Mais ce site ne nous appartenait pas et la conception en était un

peu statique. Ce nouveau site plus moderne de conception a été ouvert il y a un

an. Il intègre une architecture de type 'base de données', et donc un véritable

moteur de recherche, qui permet de faire des recherches spécifiques (auteur,

titre, éditeur, et bientôt sujet) dans les catalogues en ligne des différents

libraires. Le site contient l'annuaire des libraires avec leurs spécialités, des

catalogues en ligne de livres anciens avec illustrations, un petit guide du

livre ancien avec des conseils et les termes techniques employés par les

professionnels, et aussi un service de recherche de livres rares. De plus

l'association organise chaque année en novembre une foire virtuelle du livre

ancien sur le site, et en mai une véritable foire internationale du livre ancien

qui a lieu à Paris et dont le catalogue officiel est visible aussi sur le site."

Comment se passe la vente en ligne? "Les libraires membres proposent sur le site

du SLAM des livres anciens que l'on peut commander directement par courrier

électronique et régler par carte de crédit. Les livres sont expédiés dans le

monde entier. Les libraires de livres anciens vendaient déjà par correspondance

depuis très longtemps au moyen de catalogues imprimés adressés régulièrement à

leurs clients. Ce nouveau moyen de vente n'a donc pas été pour nous vraiment

révolutionnaire, étant donné que le principe de la vente par correspondance

était déjà maîtrisé par ces libraires. C'est simplement une adaptation dans la

forme de présentation des catalogues de vente qui a été ainsi réalisée. Dans

l'ensemble la profession envisage assez sereinement ce nouveau moyen de vente."

En juin 2001, Alain Marchiset poursuit: "Après une expérience de près de cinq

années sur le net, je pense que la révolution électronique annoncée est moins

évidente que prévue, et sans doute plus 'virtuelle' que réelle pour le moment.

Les nouvelles technologies n'ont pas actuellement révolutionné le commerce du

livre ancien. Nous assistons surtout à une série de faillites, de rachats et de

concentrations de sociétés de services (principalement américaines) autour du

commerce en ligne du livre, chacun essayant d'avoir le monopole, ce qui bien

entendu est dangereux à la fois pour les libraires et pour les clients qui

risquent à la longue de ne plus avoir de choix concurrentiel possible. Les

associations professionnelles de libraires des 29 pays fédérées autour de la

Ligue internationale de la librairie ancienne (LILA) ont décidé de réagir et de

se regrouper autour d'un gigantesque moteur de recherche mondial sous l'égide de

la LILA, à partir du site www.ilab-lila.com. Cette fédération représente un

potentiel de 2.000 libraires indépendants dans le monde, mais offrant des

garanties de sécurité et de respect de règles commerciales strictes. Ce nouveau

moteur de recherche de la LILA (en anglais ILAB) en pleine expansion est déjà

référencé par AddAll.com et Bookfinder.com."

Gérant de la librairie du Bât d'Argent, librairie d'ancien située à Lyon, Pascal

Chartier crée dès novembre 1995 Livre-rare-book, site professionel de livres

d'occasion. Le site comprend un catalogue de livres anciens et livres d'occasion

classé par sujets et par librairie (environ 100 librairies et 300.000 livres en

juin 2001) et un annuaire électronique international des librairies de livres

d'occasion. Selon Pascal Chartier, l'internet, qui a ouvert "une vaste porte"

aux libraires et à leurs clients, est "peut-être la pire et la meilleure des

choses. La pire parce qu'il peut générer un travail constant sans limite et la

dépendance totale. La meilleure parce qu'il peut s'élargir encore et permettre

surtout un travail intelligent!" L'année 2000 est marquée par "la réalisation

d'un module de gestion pour permettre aux libraires d'intégrer leurs livres

facilement sur Livre-rare-book, et la traduction du site en anglais, allemand,

italien et portugais."

10.2. Les librairies en ligne

Comme on vient de le voir, le web offre aux librairies "classiques" une vitrine

qui leur permet d'agrandir leur rayon géographique. Elles peuvent aussi gérer

une librairie en ligne. C'est le cas notamment pour la FNAC, Virgin, France

Loisirs, Le Furet du Nord, qui officie dans le nord de la France, Decitre, dans

la région Rhône-Alpes, etc.

D'autres librairies n'ont ni murs, ni vitrine, ni enseigne sur la rue. Leur

seule vitrine est leur site web, et toutes leurs transactions s'effectuent sur

la toile. Pour ne citer que les plus connues, ces librairies en ligne ont pour

nom Chapitre.com, librairie en ligne indépendante créée en 1997 par Juan Pirlot

de Corbion et connue pour la qualité de ses services, Alapage, créé en 1996 par

Patrice Magnard et filiale de France Télécom Multimédia depuis septembre 1999,

Amazon France, filiale d'Amazon.com en activité depuis août 2000, Bol.fr,

filiale de Vivendi et de Bertelsmann Online (fermé en août 2001) et

CDiscount.com, qui propose des livres, des DVD et "le meilleur de la musique et

de la vidéo à prix fourmi". Les grandes librairies en ligne anglophones sont

Amazon.com (basé aux Etats-Unis), Barnes & Noble.com (basé aux Etats-Unis),

Internet BookShop (basé au Royaume-Uni), Chaptersglobe.com (basé au Canada),

etc.

Outre un catalogue répertoriant tous les titres disponibles, avec recherche par

auteur, par titre ou par sujet, et la possibilité de passer sa commande en

ligne, les sites web permettent de lire des résumés, extraits et critiques de

livres, et sont parfois de véritables revues littéraires auxquelles contribuent

des chroniqueurs de renom, dont certains ont abandonné les journaux et magazines

papier pour le web.

En France, la loi sur le prix unique du livre laisse peu de latitude sur les

prix, et n'offre pas les possibilités de réduction qui existent dans les pays où

le prix du livre est libre (Royaume-Uni, Etats-Unis, etc.). En revanche, tout

comme les libraires "classiques", les libraires en ligne sont optimistes sur les

perspectives d'un marché francophone international qui commence à compter dans

les statistiques. Cependant, en juillet 2001, l'annonce de la fermeture de

Bol.fr (le 1er août 2001, avec traitement des commande jusqu'au 15 septembre) et

les difficultés rencontrées par d'autres librairies semblent montrer que le

nombre de librairies en ligne françaises est trop important par rapport au

marché actuel."

10.3. Les premières librairies numériques

Une librairie numérique est une librairie vendant des livres numériques (au

format PDF, Acrobat eBook Reader, Microsoft Reader, etc.). Elle est à distinguer

de la librairie en ligne, qui vend des livres et autres produits culturels - pas

forcément numériques - sur l'internet.

Si Barnes & Noble.com a ouvert son eBook Store le 8 août 2000, suivi par

Amazon.com le 28 août 2000 - suite aux accords passés par l'un et par l'autre

avec Microsoft pour l'utilisation du Microsoft Reader - les librairies

numériques ne sont pas l'apanage des mastodontes du métier, comme en témoigne

l'activité de Numilog, qui a débuté ses activités bien avant cette date.

10.3.1. L'exemple de Numilog

"Dès 1995, j'avais imaginé et dessiné des modèles de lecteurs électroniques

permettant d'emporter sa bibliothèque avec soi et pesant comme un livre de

poche, explique Denis Zwirn, PDG de Numilog. Début 1999, j'ai repris ce projet

avec un ami spécialiste de la création de sites internet, en réalisant la

formidable synergie possible entre des appareils de lecture électronique mobiles

et le développement d'internet, qui permet d'acheminer les livres dématérialisés

en quelques minutes dans tous les coins du monde."

La librairie a trois pôles d'activités. "Numilog est d'abord une librairie en

ligne de livres numériques. Notre site internet est dédié à la vente en ligne de

ces livres, qui sont envoyés par courrier électronique ou téléchargés après

paiement par carte bancaire. Il permet également de vendre des livres par

chapitres. Numilog est également un studio de fabrication de livres numériques:

aujourd'hui, les livres numériques n'existent pas chez les éditeurs, il faut

donc d'abord les fabriquer avant de pouvoir les vendre, dans le cadre de

contrats négociés avec les éditeurs détenteurs des droits. Ce qui signifie les

convertir à des formats convenant aux différents 'readers' du marché: Acrobat

Reader, Acrobat eBook Reader (que nous sommes les premiers en France à

diffuser), et bientôt Microsoft Reader et les lecteurs électroniques du type

Rocket eBook. Ce qui signifie également soigner leur mise en page numérique: la

mise en page d'un livre numérique ne doit pas être la même que celle du livre

papier correspondant si on veut proposer au lecteur une expérience de lecture

confortable qui ne le déçoive pas. Enfin, Numilog devient progressivement un

diffuseur car, sur internet, il est important d'être présent en de très nombreux

points du réseau pour faire connaître son offre. Pour les livres en particulier,

il faut les proposer aux différents sites thématiques ou de communautés, dont

les centres d'intérêt correspondent à leur sujet (sites de fans d'histoire, de

management, de SF...). Numilog facilitera ainsi la mise en oeuvre de multiples

'boutiques de livres numériques' thématiques."

Ouvert en septembre 2000, le site web présente un catalogue thématique de livres

numériques (650 titres en juin 2001), avec ajout de 50 à 100 titres nouveaux par

mois. "Cette base de livres est accessible par un moteur de recherche. Chaque

livre fait l'objet d'une fiche avec un résumé et un extrait. En quelques clics,

il peut être acheté en ligne par carte bancaire, puis reçu par e-mail ou

téléchargement." Depuis mars 2001, le site présente des fonctionnalités

nouvelles, comme l'intégration d'une "authentique vente au chapitre" (les

chapitres vendus isolément seront traités comme des éléments inclus dans la

fiche-livre, et non comme d'autres livres) et la gestion très ergonomique des

formats de lecture multiples.Le but étant de "permettre à un public

d'internautes de plus en plus large d'avoir progressivement accès à des bases de

livres numériques aussi importantes que celles des livres papier, mais avec plus

de modularité, de richesse d'utilisation et à moindre prix".

11. BIBLIOTHEQUES "EN DUR" ET BIBLIOTHEQUES NUMERIQUES

[Dans ce chapitre:]

[11.1. Du bibliothécaire au cyberthécaire / Le Projet Gutenberg / The On-Line

Books Page / La Bibliothèque électronique de Lisieux / La médiathèque de

l'Institut Pasteur / Le centre de documentation de l'Organisation de coopération

et de développement économiques (OCDE) / Le centre de documentation de

l'Institut d'études politiques (IEP) de Grenoble / La bibliothèque de l'Ecole

nationale supérieure de statistique et d'économie appliquée (ENSEA) d'Abidjan /

L'association Juriconnexion (documentation juridique) / La médiathèque de

l'Institut français de Londres // 11.2. Numérisation en mode texte et en mode

image // 11.3. Les bibliothèques traditionnelles sont-elles menacées?]

11.1. Du bibliothécaire au cyberthécaire

Sur une ancienne version de son site web (1998), la British Library définissait

la bibliothèque numérique comme une entité résultant de l'utilisation des

technologies numériques pour acquérir, stocker, préserver et diffuser des

documents qui sont soit publiés directement sous forme numérique, soit numérisés

à partir d'un document imprimé, audiovisuel ou autre. Une collection numérique

devient une bibliothèque numérique quand elle répond aux quatre facteurs

suivants: 1) elle peut être créée et produite dans un certain nombre d'endroits

différents, mais elle est accessible en tant qu'entité unique, 2) elle doit être

organisée et indexée pour un accès aussi facile que possible à partir du lieu de

base où elle est produite, 3) elle doit être stockée et gérée de manière à avoir

une existence assez longue après sa création, 4) elle doit trouver un équilibre

entre le respect du droit d'auteur et les exigences universitaires.

Choisies pour leur intérêt et leur variété, voici quelques expériences: le

Projet Gutenberg, projet pilote en ligne depuis 1991 (11.1.1); The On-Line Books

Page (11.1.2), en ligne depuis 1993; la Bibliothèque électronique de Lisieux, en

ligne depuis 1996 (11.1.3); la médiathèque de Institut Pasteur, en ligne depuis

1996 (11.1.4); le centre de documentation de l'Organisation de coopération et de

développement économiques (OCDE), en ligne interne depuis 1996 (11.1.5); le

centre de documentation de l'Institut d'études politiques (IEP) de Grenoble, en

ligne depuis 1998 (11.1.6); la bibliothèque de l'Ecole nationale supérieure de

statistique et d'économie appliquée (ENSEA) d'Abidjan, en ligne depuis 1999

(11.1.7) ; l'association Juriconnexion (documentation juridique), en ligne

depuis 1999 (11.1.8); la médiathèque de l'Institut français de Londres, en ligne

depuis 2000 (11.1.9)

= Le Projet Gutenberg

Projet pionnier, le Projet Gutenberg a inspiré bien d'autres bibliothèques

numériques depuis. Il débute en 1971 quand Michael Hart, étudiant à l'Université

d'Illinois, reçoit un compte de 100 millions de dollars de "temps machine" dans

le laboratoire informatique (Materials Research Lab) de son université. Il

décide aussitôt de consacrer ce crédit à la recherche et au stockage des oeuvres

du domaine public disponibles dans les bibliothèques. Il décide aussi de stocker

les textes électroniques de la manière la plus simple possible, au format ASCII,

avec des lettres capitales pour les termes en italique, gras ou soulignés, afin

qu'ils puissent être lus sans problème quels que soient la machine et le

logiciel utilisés. Peu après, il définit la "mission" du Projet Gutenberg:

mettre à la disposition de tous le plus grand nombre possible d'oeuvres du

domaine public. Travailleur acharné, il décide de dédier toute sa vie à son

projet, qu'il voit comme étant à l'origine d'une révolution néo-industrielle.

Le Livre 010101: Enquête · 第 10 / 28 段