Quant au documentaire hypermédia, il permettrait d'inclure des images animées,

de la musique et des vidéos. Ceci dans un deuxième temps peut-être. En France

par exemple, seule 6% de la population dispose pour le moment de l'internet à

débit rapide, un élément statistique que les créateurs et webmestres oublient

trop souvent de prendre en considération. Pour le moment, si on crée des oeuvres

hypermédias pour qu'elles soient lues ou consultées, il est préférable de

proposer deux versions, une "lourde" pour les 6% qui ont l'internet par câble et

DSL, et une "légère" pour les 94% qui ont une connexion "standard". La remarque

vaut aussi pour la littérature hypermédia et plus généralement pour n'importe

quel site professionnel. Si les créateurs et webmestres tiennent absolument à ne

proposer qu'une version "lourde", en pariant sur l'avenir, ils pourraient au

moins aller tester leur site de temps à autre à partir d'une connexion

"standard" (avec le risque d'être surpris, sinon horrifiés par ce que le lecteur

"standard" doit endurer), ceci pendant encore deux ou trois ans (?), avant que

le World Wide Wait ne soit plus qu'un mauvais souvenir.

7. LE LIVRE NUMERIQUE SE GENERALISE

[Dans ce chapitre:]

[7.1. Les différents formats // 7.2. Une vente assurée à la fois par les

éditeurs et les libraires // 7.3. Quelques commentaires]

Ce chapitre traite du livre numérique, défini ici comme étant la version

numérisée d'un livre. Le chapitre suivant traite du livre électronique, appareil

de lecture permettant de lire à l'écran des livres numériques.

7.1. Les différents formats

Les années 1999 et 2000 sont marquées par la prolifération des formats de livres

numériques: PDF (portable document format), OeB (open ebook), Microsoft Reader,

Glassbook Reader, Gemstar Reader, HTML (hypertext markup language), XML

(extensible markup language), texte (.txt), Word (.doc), etc. Inquiets pour

l'avenir du livre numérique qui, à peine né, propose presque autant de formats

que de titres, certains insistent sur l'intérêt - sinon la nécessité - d'un

format unique. Depuis quelques mois, on observe un effort méritoire visant à

développer les formats au sein de deux grandes familles, celle du PDF (développé

par Adobe) et celle de l'OeB (utilisé notamment par Microsoft et Gemstar).

Premier-né, le format PDF (portable digital format), lisible à l'aide du

logiciel Acrobat Reader, est longtemps considéré comme la norme internationale

en matière de diffusion de documents électroniques. Ce format de fichier

universel conserve les polices, le formatage, les couleurs et les images du

document source, quelles que soient l'application et la plate-forme utilisées

pour le créer. Compacts, les fichiers PDF peuvent être partagés, visualisés,

parcourus et imprimés en conservant leur aspect d'origine.

Apparu en octobre 1998, l'OeB (open ebook) est un format basé sur l'HTML et le

XML. La première version (1.0) de l'Open eBook Publication Structure (OEBPS) est

disponible sur le web en septembre 1999. Elle a été remplacée en juillet 2001

par la version 1.0.1. Le format OeB est utilisé notamment par le Reader de

Microsoft, le Gemstar eBook et le Mobipocket. Créé en janvier 2000, l'Open eBook

Forum (OeBF) a pour tâche de développer et de promouvoir l'Open eBook (OeB) afin

qu'il devienne le standard majeur, sinon unique, de publication des livres

numériques. Ce consortium international réunit plusieurs dizaines d'entreprises:

des fabricants de livres électroniques, des éditeurs, des fabricants de

logiciels et de matériels (dont Adobe), des libraires en ligne, etc.

En mars 2000, une première version du Microsoft Reader (qui utilise le format

OeB) permet la lecture de livres sur les ordinateurs de poche. En août 2000, le

Microsoft Reader est utilisable sur un ordinateur de bureau. Ses

caractéristiques: un affichage à l'écran utilisant la technologie Cleartype, le

choix de la taille des caractères, l'accès d'un clic à un dictionnaire

(Merriam-Webster Dictionary) et la mémorisation des mots-clés pour des

recherches ultérieures. Ce logiciel étant disponible gratuitement, Microsoft

facture les éditeurs pour l'utilisation de la technologie correspondante et

touche une commission sur chaque vente de livre numérique. Des partenariats sont

aussitôt prévus avec les deux grands libraires en ligne, Barnes & Noble.com et

Amazon.com, dans le cadre de l'ouverture prochaine de leurs librairies

numériques (respectivement le 8 août et le 28 août 2000).

Face au Microsoft Reader, Adobe cherche à défendre la place de l'Acrobat Reader.

En août 2000, la société annonce l'acquisition de Glassbook, qui développe des

logiciels de distribution et d'affichage de livres numériques, en permettant

l'automatisation de la chaîne de production pour les éditeurs, les libraires,

les distributeurs et les bibliothèques. Adobe annonce également une extension de

son partenariat avec Barnes & Noble.com, afin de proposer davantage de titres

lisibles avec l'Acrobat Reader ou le Glassbook Reader. En janvier 2001, fort de

l'expérience de Glassbook, Adobe annonce deux produits de distribution de livres

numériques payants. Le premier est l'Acrobat eBook Reader, disponible en

téléchargement gratuit, qui est un Acrobat intégrant la gestion des droits. Le

deuxième, l'Acrobat Content Server for eBooks, est destiné aux éditeurs et

distributeurs. Il s'agit d'un serveur de contenu assurant le conditionnement, la

protection, la distribution et la vente sécurisée de livres numériques au format

PDF. Il permet de gérer les droits d'un livre donné, selon les consignes données

par le gestionnaire des droits, en autorisant ou non par exemple l'impression,

le prêt, etc.

7.2. Une vente assurée à la fois par les éditeurs et les libraires

Si elle existe dès mai 1998, la vente de livres numériques se généralise à

compter de l'automne 2000. Elle est effectuée soit directement par les éditeurs,

soit par le biais des libraires, avec impression à la demande dans les deux cas.

On voit apparaître les premières librairies numériques. Ces librairies, qui

vendent des livres en version numérique, sont à distinguer des librairies en

ligne, qui vendent des livres et autres produits culturels sur tous supports

(imprimé, CD, CD-Rom, vidéo, DVD, etc.) sur l'internet.

Le livre commence aussi à se vendre "en pièces détachées". C'est notamment le

cas dans la librairie numérique Numilog (voir 10.3) ou dans la librairie en

ligne de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques),

pour ne prendre que deux exemples. Réservé jusque-là aux manuels universitaires

ou aux dossiers pour séminaires, colloques et conférences, le livre numérique /

imprimé "à la carte", constitué de chapitres provenant de sources différentes,

aborde lui aussi sa phase grand public.

Publiés en mai 1998 par 00h00.com, les premiers livres numériques commerciaux en

langue française sont plusieurs grands classiques (Le Tour du monde en 80 jours,

Colomba, Poil de carotte, Le Misanthrope, etc.), ainsi que deux inédits: Sur le

bout de la langue, de Rouja Lazarova, et La Coupe est pleine, de Pierre

Marmiesse. L'éditeur débute aussi des accords avec des éditeurs "classiques"

pour publier certains de leurs titres en version numérique (par exemple Bill

Gates et la saga Microsoft, de Daniel Ichbiah).

En mars 2000, Stephen King crée l'événement en distribuant sa nouvelle Riding

The Bullet uniquement sur l'internet. Il est le premier auteur à succès à

risquer un tel pari. 400.000 exemplaires sont téléchargés en vingt-quatre heures

sur les sites des libraires en ligne qui la vendent (au prix de 2,50 $US, soit

2,65 euros). Suite à cette première expérience, il décide de se passer des

services de Simon & Schuster, son éditeur habituel. Il crée un site web

spécifique et, en juillet 2000, commence la publication en épisodes d'un roman,

The Plant, en proposant un premier chapitre téléchargeable en plusieurs formats

(PDF, OeB, HTML, texte, etc.) pour la somme de 1 $US (1,05 euros), avec paiement

différé ou paiement immédiat sur le site d'Amazon.com. D'autres chapitres

suivent. Mais cette deuxième expérience est beaucoup moins concluante. Le nombre

de téléchargements et de paiements baisse de chapitre en chapitre. Fin novembre

2000, après la publication du sixième chapitre, l'auteur décide d'interrompre

l'expérience pendant un an ou deux. Que l'expérience plaise ou non, le

matraquage médiatique et les nombreuses critiques l'accompagnant contribuent à

faire connaître le livre numérique chez les professionnels du livre et dans le

grand public. D'autres auteurs de best-sellers, notamment Frederick Forsyth et

Arturo Pérez-Reverte en Europe, se lancent dans des expériences numériques un

peu différentes (voir 16.3).

A la même époque, durant l'été 2000, Simon & Schuster profite de la

médiatisation de l'expérience de Stephen King pour se lancer dans l'aventure. Il

décide de publier certains titres de Star Trek, série de science-fiction, en

version numérique seulement, sans correspondant imprimé, et dans plusieurs

formats. D'après l'éditeur, avec six titres vendus par minute, et quarante

nouveaux titres publiés chaque année (en incluant les histoires et récits basés

sur les séries télévisées et les films), Star Trek serait la série la plus

vendue au monde. Le premier titre numérique, The Belly of the Beast, de Dean

Wesley Smith, est disponible en août 2000 pour 5 $US (5,30 euros). D'autres

éditeurs lui emboîtent le pas: Random House, IDG Books, South-Western, etc.

Autre exemple dans le monde francophone, en octobre 2000, les PUF (Presses

universitaires de France) annoncent la parution de quatre nouveaux titres

simultanément en version numérique et en version imprimée. Trois titres ont

trait à l'internet: La presse sur internet, de Charles de Laubier, La science et

son information à l'heure d'internet, de Gilbert Varet et Internet et nos

fondamentaux (paru en novembre), écrit par un collectif d'auteurs. Le quatrième

titre, HyperNietzsche, publié sous la direction de Paolo d'Iorio dans la

collection "écritures électroniques", est disponible dans son intégralité sur le

site des PUF.

En novembre 2000, pour convertir les auteurs qu'il publie à ce nouveau format,

Random House, premier éditeur mondial de livres en langue anglaise, annonce que

ses auteurs recevront 50% des bénéfices nets réalisés sur la vente de leurs

livres numériques, au lieu des 15% habituels. Dans un communiqué en date du 1er

novembre 2000 (cité par l'AFP), Erik Enggstrom, son PDG, explique: "Notre

nouvelle politique en matière de droits d'auteurs sur les livres électroniques

montre que Random House s'engage à mettre en place ce nouveau format en

partenariat avec ses auteurs et d'une manière telle qu'il leur permette

d'augmenter leur lectorat." C'est la première fois qu'une maison d'édition

traditionnelle de réputation internationale propose un contrat de ce type. Des

éditeurs électroniques lancent également cette formule, comme Online Originals

(Londres) qui, à la même époque, commence à publier Quintet, la première série

uniquement électronique de Frederick Forsyth, maître anglais du thriller.

En janvier 2001, Barnes & Noble - qui est non seulement une chaîne de librairies

doublée d'une librairie en ligne (en partenariat avec Bertelsmann pour cette

dernière) mais aussi un éditeur de livres classiques et illustrés - se lance

dans l'édition numérique en créant Barnes & Noble Digital. Pour attirer les

auteurs, Barnes & Noble Digital propose de leur verser 35% du prix de vente des

livres numériques vendus sur son site et sur les sites affiliés, un pourcentage

nettement supérieur aux droits versés par les autres éditeurs en ligne (qui,

après avoir été de 15% à l'origine, serait début 2001 de 25% en moyenne).

L'opération vise d'abord à attirer les auteurs de best-sellers désireux de

passer au format électronique. L'éditeur commence aussi la publication numérique

de titres tombés dans le domaine public.

En avril 2001, Adobe, fort de son nouveau logiciel Acrobat eBook Reader, qui

permet d'intégrer la gestion des droits, annonce un partenariat avec Amazon.com

pour la mise en vente de 2.000 livres numériques: titres de grands éditeurs

américains, dont Simon & Schuster, guides de voyages, ouvrages pour enfants,

etc. L'offre, qui débute dans la maison-mère, doit être étendue courant 2001 aux

filiales d'Amazon en Europe et au Japon.

Comme on vient de le voir dans ces lignes, le nombre de livres numériques est

sans proportion avec celui des livres imprimés. "Le volume de titres disponibles

à ce jour en format de lecture à l'écran est ridicule par rapport aux quelques

600.000 titres existant en français, indique en février 2001 Denis Zwirn, PDG de

la librairie numérique Numilog. Mais ceci ne devrait plus être le cas d'ici deux

ou trois ans. Nombre d'éditeurs numérisent maintenant leurs fonds. Ceux qui en

ont les moyens le font à la vitesse grand V. Les éditeurs (de logiciels et de

livres) et les libraires qui ont pignon sur rue sont désormais soucieux de ne

pas rater un marché naissant qui devrait connaître une forte expansion dans les

prochaines années.

7.3. Quelques commentaires

Le livre numérique entraîne scepticisme ou curiosité chez les professionnels du

livre. Il lui reste à faire ses preuves. Voici quelques réactions. D'autres

opinions sont exposées dans le chapitre consacré au livre électronique, appareil

de lecture permettant de lire des livres numériques.

Jean-Paul, auteur multimédia: "Il a fallu inventer la hache de pierre avant de

construire la Tour Eiffel. Le but des dinosaures industriels qui s'entretuent

pour imposer leur format de livre électronique (appelé ici livre numérique,

ndlr) est de détourner vers eux la partie rentable du contenu des bibliothèques

(rebaptisé 'information'). Ils travaillent aussi pour nous, en contribuant à

banalyser l'usage de l'hyperlien."

Philippe Loubière, traducteur littéraire et dramatique: "Mon opinion est assez

réservée. La lecture sur écran est moins confortable que dans un livre

traditionnel. Le seul intérêt (à long terme) serait, me semble-t-il, de trouver

à l'état numérique des livres épuisés, lorsqu'on ne peut se rendre dans une

bibliothèque."

Richard Chotin, professeur à l'ESA (Ecole supérieure des affaires) de Lille: "Il

a une certaine utilité mais ne remplacera pas le livre papier, sauf à pouvoir le

tirer ultérieurement si l'intérêt est grand."

Steven Krauwer, coordinateur d'ELSNET (European Network of Excellence in Human

Language Technologies): "Il y a encore un long chemin à parcourir avant que la

lecture sur écran soit aussi confortable que la lecture sur papier."

Henri Slettenhaar, professeur en technologies de la communication à la Webster

University de Genève: "J'ai difficulté à croire que les gens sont prêts à lire

sur un écran. En ce qui me concerne, je préfère de beaucoup toucher et lire un

vrai livre."

Jacques Pataillot, conseiller en management dans la société Cap Gemini Ernst &

Young: "Le plaisir de la lecture commence, pour moi, par une visite et une

discussion avec le libraire spécialisé. Il se poursuit par la possession et la

conservation du livre."

Tim McKenna, écrivain et philosophe: "Je ne pense pas que le livre numérique

séduise vraiment les amoureux des livres. Si l'internet est un excellent moyen

d'information, les livres ne se bornent pas à cela. Ceux qui aiment les livres

ont une relation personnelle avec eux. Ils les relisent, notent leurs

commentaires sur les pages, s'entretiennent avec eux. Tout comme le cybersexe ne

remplacera jamais le fait d'aimer une femme, le livre numérique ne remplacera

jamais la lecture d'un beau texte en version imprimée."

Zina Tucsnak, ingénieur d'études en informatique à l'ATILF (Analyse et

traitements informatiques du lexique français): "L'e-book offre une combinaison

d'opportunités : la digitalisation et l'internet. Les éditeurs apportent leur

titres à tous les lecteurs du monde. C'est une nouvelle ère de la publication."

Bakayoko Bourahima, documentaliste à l'ENSEA (Ecole nationale supérieure de

statistique et d'économie appliquée) d'Abidjan: "Il faut voir pour la suite

comment le livre numérique se développera et quelles en seront surtout les

incidences sur la production, la diffusion et la consommation du livre. A coup

sûr cela va entraîner de profonds bouleversements dans l'industrie du livre,

dans les métiers liés au livre, dans l'écriture, dans la lecture, etc."

Jean-Pierre Cloutier, auteur des Chroniques de Cybérie, chronique hebdomadaire

des actualités de l'internet: "Dans l'édition du 28 juillet 1998 des Chroniques

de Cybérie, je parlais du numéro 4 des Cahiers de médiologie ayant pour thème

'Les pouvoirs du papier', et aussi des premiers livres numériques. Force est de

constater que, deux ans plus tard (en août 2000, date de l'entretien, ndlr), peu

de choses ont évolué. D'abord, sur le plan technique, les nouvelles interfaces

de lecture n'ont pas rempli leurs promesses sur le plan de la convivialité, de

l'aisance et du confort, du plaisir de l'expérience de lire. D'autre part, les

contenus proposés sont encore assez maigres. Je ne dis pas qu'il n'y a rien,

mais c'est peu varié, et encore peu de grands titres qui permettraient des

économies d'échelle. Oui, Stephen King a fait un pied de nez aux éditeurs et

publié des oeuvres originales en ligne. Et alors? On peut difficilement, encore,

parler d'une tendance. J'ai une théorie des forces qui animent et modifient la

société, et qui se résume à classer les phénomènes en tendances fortes, courants

porteurs et signaux faibles. Le livre électronique (appelé ici livre numérique,

ndlr) ne répond pas encore aux critères de tendance forte. On perçoit des

signaux faibles qui pourraient annoncer un courant porteur, mais on n'y est pas

encore. Cependant, si et quand on y sera, ce sera un atout important pour les

personnes qui souhaiteront s'auto-éditer, et le phénomène pourrait bouleverser

le monde de l'édition traditionnelle."

8. LE LIVRE ELECTRONIQUE EMERGE

[Dans ce chapitre:]

[8.1. Les différents modèles // 8.2. Ce qu'en pensent les professionnels du

livre / Une machine peu séduisante pour les amoureux du livre / Un appareil

monotâche à l'intérêt limité / Un intérêt certain pour les bibliothèques / Une

étape vers le papier électronique de demain // Le "j'ai testé pour vous" d'Alex

Andrachmes]

Ce chapitre traite du livre électronique, défini ici comme l'appareil de lecture

permettant de lire à l'écran des livres numériques. On s'intéresse au véritable

livre électronique, et non aux PDA (personal digital assistants) ayant de

multiples fonctions, l'une d'entre elles étant la lecture de livres numériques

sur un écran lilliputien. Le livre numérique, défini comme la version numérisée

d'un livre, est traité dans le chapitre précédent.

8.1. Les différents modèles

Conçu par Pierre Schweitzer, architecte designer à Strasbourg, @folio est un

support numérique de lecture nomade. "J'hésite à parler de livre électronique,

explique-t-il, car le mot 'livre' désigne aussi bien le contenu éditorial (quand

on dit qu'untel a écrit un livre) que l'objet en papier, génial, qui permet sa

diffusion. La lecture est une activité intime et itinérante par nature. @folio

est un balladeur de textes, simple, léger, autonome, que le lecteur remplit

selon ses désirs à partir du web, pour aller lire n'importe où. Il peut aussi y

imprimer des documents personnels ou professionnels provenant d'un CD-Rom. Les

textes sont mémorisés en faisant: 'imprimer', mais c'est beaucoup plus rapide

qu'une imprimante, ça ne consomme ni encre ni papier. Les liens hypertextes sont

maintenus au niveau d'une reliure tactile."

A l'origine du concept, son projet de design, qui date d'octobre 1996. "Le

projet est né à l'atelier Design de l'Ecole d'architecture de Strasbourg où

j'étais étudiant. Il est développé à l'Ecole nationale supérieure des arts et

industries de Strasbourg avec le soutien de l'Anvar-Alsace. Aujourd'hui, je

participe avec d'autres à sa formalisation, les prototypes, design, logiciels,

industrialisation, environnement technique et culturel, etc., pour transformer

ce concept en un objet grand public pertinent." En été 2001, l'équipe d'@folio

aborde la phase commerciale et cherche des investisseurs. La même équipe

développe aussi Mot@mot, qui est une passerelle entre @folio et les fonds

numérisés en mode image (voir 11.2).

Lancé en octobre 2000 à New York, le Gemstar eBook est le successeur du Rocket

eBook (conçu par NuvoMedia) et du Softbook Reader (conçu par SoftBook Press),

suite au rachat des deux sociétés par Gemstar en janvier 2000. Commercialisés en

novembre 2000 aux Etats-Unis, les deux modèles - REB1100 (noir et blanc,

sucesseur du Rocket eBook) et REB1200 (couleur, sucesseur du Softbook Reader) -

sont construits et vendus sous le label RCA, appartenant à Thomson Multimedia.

Avec une mémoire de 8 Mo, un modem interne de 36,6 K et une batterie lithium-ion

rechargeable, le modèle en noir et blanc (REB1100) peut stocker 20 romans, soit

8.000 pages de texte. Il coûte 299 $US (316 euros). La mémoire peut être étendue

à 72 Mo, permettant de stocker 150 livres. Un peu plus grand, le modèle couleur

(REB1200) a un écran tactile à cristaux liquides de plus haute résolution, un

modem interne de 56 K et une connection Ethernet (permettant l'accès à

l'internet par câble et DSL). Il coûte 699 $US (738 euros). Le Gemstar eBook

sera commercialisé courant 2001 en Europe avec l'appui des éditions 00h00.com,

rachetées par Gemstar en septembre 2000 (voir 6.3.4).

En octobre 2000, le eBookMan de Franklin, société leader spécialisée dans les

PDA (personal digital assistants) et les dictionnaires de poche, reçoit le eBook

Technology Award de la Foire internationale du livre de Francfort (13-17 octobre

2000). Les logiciels de lecture utilisés sont le Franklin Reader et le Microsoft

Reader. Un mois après, la version test (beta) du eBookMan est présentée au

Comdex Trade Show de Las Vegas (13-17 novembre 2000). Trois modèles (EBM-900,

EBM-901 et EBM-911) sont disponibles début 2001 à des prix allant de 129,95 à

229,95 $US (137 à 243 euros). Le prix est essentiellement fonction de la mémoire

vive (8 ou 16 Mo) et de la qualité de l'écran à cristaux liquides (rétro-éclairé

ou non). L'appareil permet aussi l'écoute de livres audio et des fichiers

musicaux au format MP3, et le stockage de données personnelles (agenda, carnet

d'adresses, mémo, etc.).

Conçu par la société Cytale, le Cybook est commercialisé en janvier 2001.

Premier livre électronique européen disponible sur le marché, il coûte 867

euros. Ses caractéristiques sont les suivantes: 21 x 16 cm, 1 kg, un écran

couleur 10 pouces, tactile, rétro-éclairé, à cristaux liquides, avec une

résolution de 600 x 800 pixels, quatre boutons de commande, une mémoire de 32 Mo

permettant de stocker 15.000 pages de texte, soit 30 livres de 500 pages, une

batterie lithium-ion d'une autonomie de 5 h, un modem 56 K intégré avec un

connecteur son, un port infrarouge, des extensions pour carte PCMCIA (sigle de

Personal Computer Memory Card International Association) et port USB (universal

serial bus) permettant de brancher des périphériques. Il suffit d'une prise

téléphonique pour connecter le Cybook à l'internet et télécharger des livres à

partir de la librairie électronique située sur le site web de Cytale, qui a

conclu des partenariats avec plusieurs éditeurs et sociétés de presse pour

constituer rapidement un catalogue de plusieurs milliers de titres.

Le Livre 010101: Enquête · 第 7 / 28 段