Une petite troupe s'est mise en marche,
petite oui, mais ardente.
A sa tête est le porte-étendard Mouïo,
il porte son drapeau, et chante en turc:
«Malheur à celui chez qui je prendrai mon gîte!
je lui tuerai ses boeufs sous son chariot,
et je tuerai le bélier qui porte la clochette;
je me ferai donner du vin de trois ans,
et de la rakia de quatre années;
et ce seraient là ses moindres maux,
mais sans nouvelle mariée je ne souperai point,
et sans pucelle je ne veux pas dormir.»
Mouïo en était là de son discours,
quand un fusil part de dessous le vert taillis,
le coup avait bien frappé Mouïo,
au milieu des plaques qui ornaient sa large poitrine,
il tombe sur l'herbe verte,
et de la forêt un brave lui crie:
«Tu voulais, Mouïo, une belle fille,
n'en est-ce pas une belle que tu as,
une fille jolie, l'herbe verte.»