XVII

Je traversai une forêt, j'en traversai deux et trois,

et quand j'arrivai au quatrième bois de pins,

voici que les pins de la montagne avaient leurs vertes feuilles;

sous un pin était une molle couche,

et sur la couche était ma maîtresse endormie.

Par pitié je ne voulus point l'éveiller,

ni de joie je ne voulus l'embrasser,

mais au Dieu Très-Haut je fis cette prière:

«Permets, mon Dieu, que le vent de la mer

détache une feuille de ce pin,

et qu'elle tombe sur le visage de ma bien-aimée.»

Dieu m'accorda le vent de la mer,

qui détacha une feuille de pin,

et sur le visage de ma bien-aimée elle tomba.

Celle qui m'est chère alors s'éveilla,

nos baisers et nos caresses durèrent jusqu'à l'aurore,

sans que ma mère le sût, ni la sienne,

mais seulement le ciel serein au-dessus de nous,

et sous nos corps notre molle couche.

Poésies populaires Serbes Traduites sur les originaux avec une introduction et des notes · 第 128 / 205 题