L'aube blanchit, les coqs chantent,
laisse, mon âme, laisse-moi partir.--
Ce n'est point l'aube, mais c'est la lune,
repose encore, mon agneau, près de moi.--
Les vaches meuglent autour de la maison,
laisse, mon âme, laisse-moi partir.--
Ce n'est point les vaches (qu'on entend), mais l'appel à la prière,
repose encore, mon agneau, près de moi.--
Les Turcs appellent à la mosquée,
laisse, mon âme, laisse-moi partir.--
Ce ne sont point les Turcs, mais les loups,
repose encore, mon agneau, près de moi.--
Les enfants crient devant la maison,
laisse, mon âme, laisse-moi partir.--
Il n'y a point d'enfants devant la maison,
repose encore, mon agneau, près de moi.
Ma mère m'appelle sur la porte,
laisse, mon âme, laisse-moi partir.--
Ta mère n'est point sur la porte,
repose encore, mon agneau, près de moi.
X
J'ai planté des roses dans Noviçad.
O petite rose, ô (cause de) mon chagrin,
je ne te cueille point, je ne te donne point à mon amant,
car mon amant s'est fâché contre moi,
il passe à côté de ma maison,
comme un esclave auprès d'un _tombeau turc_[1].
[Note 1: C'est-à-dire d'un air de mépris.]