[Note a: Il s'agit de divers documents publiés par la société de
littérature serbe, de Belgrade, dans ses Mémoires (_Glas nik serbské
Slovésnosti_), et qui consistent:
1° Dans le fac-similé d'une monnaie d'argent, portant cette inscription:
_u hrista boga blagoverni Kral Marko_, «le roi Marko dévot à Dieu le
Christ» (tome VII, p. 217 1855). 2° Une inscription de l'église du
monastère de Zerza, en Albanie, où il est fait mention de Marko, comme
d'un des rois serbes. Voici un passage de cette inscription: _préyé
gospodstva séyé zemlié (sou primili) blagoverni Kral Velkachin i sin
iégo Kral Marko_, «auparavant la souveraineté de cette terre a appartenu
au pieux roi Velikachine (Voukachine), et à son fils le roi Marko.»
(_Glasnik_, tome VI, p. 186) 3° Une peinture qui se trouve dans l'église
de l'archange saint Michel à Prilip, connue parmi le peuple sous le
nom d'église de Marko Kralievitch, et où l'on voit la figure de Marko
accompagnée de l'inscription précitée, et placée à côté de la figure
de son père, le roi Voukachine. Marko y est représenté, vêtu du manteau
impérial, avec la couronne et le sceptre, il est jeune et porte une barbe
noire (_Glasnik_, ibid.) 4° Enfin une ancienne chronique rédigée par
un moine du couvent de Tronochki, et qui sous le nom de _rodosloviyé
serbskoyé_, ou généalogie serbe, renferme une histoire abrégée des
rois, tzars et despotes serbes. (_Glasnik_, tome V.) Des paroles de cet
annaliste, comparées avec les monuments figurés, M. Chafarik, professeur
d'histoire à Belgrade, conclut: «qu'après la mort de Voukachine, Marko
fut reconnu roi dans les contrées soumises à celui-ci, et qu'il y régna
pendant plusieurs années, c'est-à-dire tant que le knèze Lazare n'eut
pas achevé de réduire sous son obéissance tous les autres knèzes
serbes, ce qui eut lieu entre 1371 et 1374, que Lazare ayant été sacré,
à Prizren, roi de Dacie par l'archevêque Ephrem en 1377, ce fut en 1378,
ou peut-être plus tard, c'est-à-dire après cinq ou six ans de règne
au moins, que Marko Kralievitch, vaincu par lui et dépossédé, dut se
réfugier auprès de Murad et lui demander protection.
«C'est après cette époque, continue-t-il, que se place sa vie
aventureuse au service des Turcs, que, suivant le chroniqueur de Tronochki,
il excita à faire la guerre aux Serbes..., et qu'il guida avec son frère
André, vers le champ de bataille de Koçovo. Là ils rentrèrent en
possession de leurs domaines, et les gardèrent en qualité de vassaux
des Turcs, peut-être jusqu'à leur mort, car on sait que Marko périt,
en 1394, dans une grande bataille livrée au voïvode valaque Mirtcha
par Bajazet, qu'il avait accompagné à la tête de ses troupes serbes.»
(_Glasnik_, tome VII.)
Comme il s'agit d'un fait historique peu connu, et que les documents
originaux sont accessibles à peu de personnes, j'ai cru devoir m'étendre
sur ce sujet.]