parfaitement à la voile, mais qui ne sont bonnes pour la course que
l'été, l'hiver les Dunkerquois se servent de doggres pêcheurs qu'ils
équipent en guerre, et comme ces vaisseaux sont fort ronds ils
soutiennent parfaitement la mer dans les plus rudes tourmentes.» Arch.
de la Marine, campagnes, 1689-1690.
[105] Paul de Louvigny, seigneur d'Orgemont, conseiller du roi.
Intendant au Havre, 1er septembre 1688; à Brest le 15 mai 1701. Mort à
Brest le 24 décembre 1702.
[106] Jacques Goyon, sire de Matignon, comte de Thorigny, baron de
Saint-Lo, lieutenant général en Normandie, gouverneur de Cherbourg,
Granville et les îles Chaussey, né à Thorigny en 1644, chevalier des
ordres en 1688, lieutenant général des armées en 1693. Mort à Paris en
1725.
[107] Charles Fortin, marquis de la Hoguette, après avoir servi dans les
gardes, était devenu corvette des mousquetaires gris en 1672, enseigne
en 1683, sous-lieutenant en 1684, maréchal de camp en 1688,
lieutenant-général et gouverneur de Mézières en mars 1693. Il mourut
d'une blessure reçue à la bataille donnée en Piémont, le 4 octobre 1693,
par le maréchal de Catinat.
[108] Les régiments n'y campèrent que quelques jours. Leur commandant se
rapprocha de Cherbourg et envoya une partie de ses troupes vers
Granville que les frégates anglaises menaçaient.
[109] Henry-Joseph de Beaumont d'Eschilais, originaire de la Saintonge,
fut promu enseigne de vaisseau le 1er janvier 1691, lieutenant de
vaisseau le 1er janvier 1692, capitaine de frégate le 12 novembre 1706,
capitaine de vaisseau le 24 juin 1709. Mort le 8 décembre 1724.
[110] Ne se trouve pas inscrit au répertoire Laffilard des Archives de
la Marine.
[111] Le 23 juillet 1689, Seignelay écrivait à M. de la Hoguette: «Je
n'ay pas besoin à présent des srs de Beaumont et Doublet,... vous pouvez
leur permettre de faire la course ainsy qu'ils en avoient dessein
lorsqu'ils ont commencé d'armer leurs bâtimens.»--(Arch. de la Marine.
Ordres du Roi.)
[112] Baie et port d'Angleterre, dans la Manche, sur la côte du
Devonshire. C'est le lieu de réunion des forces maritimes anglaises.
Doublet l'a déjà cité plusieurs fois comme le point principal de ses
croisières.
[113] Il faut lire _Juillet_. Doublet donne ses dates assez
négligemment, ainsi les faits relatés ci-dessus et les suivants se
rapportent à l'année 1689; le manuscrit les enregistre à la date de
1690.
[114] Le maréchal d'Estrées avait été investi du commandement de la
flotte réunie à Brest durant les premiers mois de 1689. Vers le milieu
de l'année, alors que le maréchal était embarqué et que tous ses ordres
étaient donnés, M. de Seignelay prit en personne le commandement, et le
comte d'Estrées resta «sur le pavé des vaches à Brest», suivant
l'expression de Mme de Sévigné. Il ne s'en consola pas; Mme De La
Fayette et Mme de Sévigné l'ont constaté. On voit en outre que son
déboire ne passa pas inaperçu aux yeux de Doublet.
[115] Le voyage de Seignelay à Brest fut tout un évènement. «Il étoit
général en tout, dit Mme De La Fayette dans ses _Mémoires_, lors qu'il
ne donnoit pas le mot; et mesme il en avoit les habits et la mine.»
(Michaud et Poujoulat, 3e série, t. 8, p. 243.)
[116] Arch. de la marine, Ordres du roi, Ponant, 14, 15, 24, 26, 30 et
31 juillet 1689. Dans la lettre du 30 juillet on lit: «les sieurs de
Beaumont et Doublet ayant eu ordre de naviguer entre Pennemarc et Glenan
pour descouvrir si les ennemis s'estoient avancez jusqu'à ce parage, il
(M. de Beaugey) les cherchera et leur ordonnera de revenir incessamment
à Brest.»
[117] Enseigne de vaisseau, 3 mars 1673; capitaine de brûlot, 1er
juillet 1673; aide-major, 20 janvier 1676; capitaine de frégate, 3 avril
1686; capitaine de vaisseau, 10 août 1689. Mort à la Hougue, 26 janvier
1703.
[118] Les ordres expédiés par Seignelay pendant le mois de juillet 1689
sont datés de Brest «à bord du _Souverain_.» (Arch. de la marine.)
[119] Ordre du roy (25 juillet 1689) au sr Doublet de sortir des rades
de Brest et d'aller naviguer pendant trois jours entre Glenan et Penmark
pour découvrir si les ennemis naviguent dans ce parage.--Ordres au sr de
Beaugey d'aller croiser à la hauteur d'Ouessant (14 juillet 1689); aux
srs de la Guiche et de Septèmes d'aller reconnaître la flotte ennemie
(14 juillet); Mémoire instructif au sr de Levy, commandant la _Lutine_,
pour aller à la rencontre de M. de Tourville (15 juillet).--Ordre pour
le sr Doublet, commandant la _Sans-Peur_ entre Glenan et Penmark, de
revenir au port de Brest pour y recevoir d'autres ordres (31 juillet
1689). (Arch. de la marine.)
[120] Tourville était parti des îles d'Hyères, le 9 juin 1689, avec
vingt vaisseaux de guerre, une frégate, huit brûlots, deux flûtes et
deux tartanes. Il montait le _Conquérant_.
[121] Il faut lire: à la fin du mois de juillet 1689.
[122] Barthélémy-Alexandre de Perrinet fut fait lieutenant de vaisseau
le 26 avril 1675; capitaine de vaisseau le 5 janvier 1682; décédé le 10
janvier 1705. (Arch. de la marine.)
[123] Groix, Groais ou Grouais, île fortifiée à 9 kil. de Port-Louis, en
face de l'embouchure du Blavet.
[124] L'escadre de la Méditerranée arriva à la hauteur d'Ouessant le 29
juillet 1689, et à la rade de Brest le 30 du même mois d'après la
_Gazette_, le 4 août suivant M. Eug. Sue IV, 346).
Mme de Sévigné a écrit (6 août 1689): «Tout brille de joie dans cette
province de l'arrivée du chevalier de Tourville à Brest: M. de Revel a
vu ce moment heureux: on l'attendoit si peu ce Tourville, qu'on crut
d'abord que c'étoit des ennemis; et quand il se fit connoître, ce fut
une joie et une surprise agréable... M. de Seignelai est à son bord
faisant grande chère.»
[125] Le comte de Moyencourt, volontaire du 9 mars 1682, fut nommé
enseigne de vaisseau le 1er janvier 1684; aide-major le 10 janvier 1687;
capitaine de vaisseau le 1er janvier 1703; major le 1er novembre 1705;
gouverneur de la Grenade le 1er août 1717; de la Guadeloupe le 1er
novembre 1717; mort à Paris le 2 septembre 1728. Arch. de la Marine.
[126] Durant les croisières que Doublet raconte, d'assez graves
évènements maritimes passionnaient le public. Le 12 mai 1689, la flotte
française sous le commandement de Château-Renault livrait la bataille de
Bantry. Le 22 du même mois, Forbin et Jean Bart étaient faits
prisonniers et conduits à Plymouth. Peu de temps après ces derniers
réussissaient à s'enfuir dans une petite barque et ils abordaient après
une navigation de 48 heures à quelques lieues de St-Malo.--Le 5 juillet
1689 une division française prenait à l'abordage cinq bâtiments anglais,
et le 27 le chevalier d'Amblimont anéantissait deux vaisseaux
hollandais.
[127] Lire: _août 1689_. Depuis le commencement du mois, ainsi que
Doublet le mentionne, M. de Seignelay avait en vain cherché à connaître
la force de l'escadre anglaise qu'on équipait à Portsmouth. De nombreux
ordres avaient été expédiés dans ce but:
Ordre pour le sr Dumené pour aller descouvrir l'armée ennemie. Il ira
jusqu'à Plimouth et tâchera de prendre quelques bâtiments (17 août
1689); même ordre à M. Desfrans, commandant le _Trident_ (17 août);
Ordre au sr de Lévy pour aller aux Sorlingues avec la frégate la
_Gratienne_, découvrir l'armée ennemie (17 août).--Arch. de la marine.
[128] De Venize, enseigne de vaisseau depuis le 28 décembre 1671;
lieutenant de vaisseau le 7 février 1678; capitaine de vaisseau le 1er
novembre 1689; mort à la Havane, sur _le Superbe_, le 11 mai
1702.--Arch. de la Marine.
[129] Ecrivain principal de la marine à Roscoff, le 20 juillet 1694; à
Port-Louis en 1696; nommé contrôleur au Canada le 1er mai 1698.
[130] Hubert de Champi, seigneur Desclouseaux, commissaire général à
Dunkerque de 1671 à 1680; intendant à Brest en 1683. Décédé dans ce port
le 6 mai 1701.
[131] Weymouth (?)
[132] Ces embrassades reviennent souvent dans le récit de Doublet. La
mode de ces caresses, de ces saluts était générale parmi les gens de
qualité au dix-septième siècle. Elle a été ridiculisée par Quinault dans
la _Mère Coquette_:
Estimez-vous beaucoup l'air dont vous affectez
D'estropier les gens par vos civilités,
Ces compliments de main, ces rudes embrassades...
et par Molière dans les _Précieuses_, dans les _Fâcheux_ et dans le
_Misanthrope_:
Je vous vois accabler un homme de tendresses
Et témoigner pour lui les dernières tendresses;
De protestations, d'offres et de serments
Vous chargez la fureur de vos embrassements.
Plus loin Molière dit de nouveau:
Et je ne hais tant que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations,
Ces affables donneurs d'embrassades frivoles...
[133] Août 1689.
[134] De Raymondis, lieutenant en 1677, major en 1682, fut élevé au
grade de capitaine de vaisseau le 1er février 1682 et de major général
le 1er novembre 1689. Il mourut le 5 juin 1692 d'une blessure reçue à la
bataille de la Hougue.
[135] Le marquis de Seignelay, secrétaire d'Etat, arriva de Brest à
Versailles le 4 septembre 1689; il mourut l'année suivante, le 3
novembre.
Un ordre du roi, du 2 mai 1690, donna à Doublet le commandement de la
frégate la _Gentille_, à Dunkerque.--Arch. de la Marine.
[136] Capitaine de brûlot le 1er janvier 1691 d'après les répertoires de
la Marine; sauté en l'air sur l'_Oriflamme_ à Vigo, le 21 octobre 1702.
[137] Bourg du Calvados, arr. de Pont-Levêque, sur la rivière du même
nom.
[138] Voyez ci-dessus, page 49.
[139] Le duc de Gordon-Oneill, fils du général Félix Oneill et
petit-fils d'Henriette Stuart, de la famille de Balzac d'Entragues.
Après la bataille d'Aghrim et la prise de Limerick (1691), il passa en
France avec son régiment.
[140] Leith, dans le golfe de Forth, à 3 kil. d'Edimbourg.
[141] Ale (ou aile), boisson anglaise.
[142] La date exacte est décembre 1691. Jean Bart était sorti de
Dunkerque le 14 juillet et avait été retenu sur la rade pendant quelques
jours. Après une campagne sur les côtes de Norvège il était de retour en
vue de Dunkerque le 29 novembre, et sur rade avec deux prises le 1er
décembre.--Arch. de la Marine, Campagnes, 1691, t. 13.
[143] D'après les listes générales des officiers de vaisseau (t. VI,
1609 à 1770), le brevet de lieutenant de frégate fut expédié à Doublet
le 1er janvier 1693; il fut «biffé et rayé» la même année.--Arch. de la
marine.
[144] Charles Keyser, né en 1653, fut fait enseigne de vaisseau le 10
janvier 1687; lieutenant de vaisseau le 1er janvier 1691. Mort le 3
janvier 1694. C'était un des amis les plus intimes de Jean Bart.
[145] Doublet remplit plusieurs missions de ce genre. Elles consistaient
à convoyer les navires de commerce chargés d'approvisionnements achetés
à l'étranger. A l'époque où Colbert prit en main les affaires de la
marine (1665), il trouva les arsenaux fort dégarnis; tout y manquait à
la fois. Aussi la France, pendant plus de dix ans, dut-elle tirer du
dehors et notamment de la Suède et de la Hollande les bois de
construction, les mâts, les cordages, le goudron, les canons de fer et
de bronze.
[146] Le cap Kol, ainsi nommé sur les cartes marines du dix-septième
siècle, est le cap Kullen, sur la côte de Suède, à l'entrée du Sund. Il
est formé d'un groupe de montagnes qui, au dire du savant Rudbesk,
étaient tout simplement les vrais colonnes d'Hercule.
[147] Plusieurs voyageurs, en effet, en ont parlé. «Nous nous
trouvasmes, dit l'un deux, vis-à-vis de Kolle, qui est une haute roche.
Nous l'avions à main gauche. Ce fut là que pas un de la compagnie ne fut
exemt de la cérémonie qu'ont accoustumé de faire observer tous les
matelots qui passent par cet endroit. Ils sont deux qui mettent un
cordeau autour du cou et un autre qui jette un seau d'eau de mer sur la
teste. La cérémonie fut faite sans y rien oublier, car après avoir esté
mouillé, il m'en cousta encore une pistole pour le vin des
matelots.»--_Les Voyages de M. Des Hayes en Dannemarc_, 1664, p. 30.
[148] «M. de Martangis, ambassadeur du roi en Danemark se trouvant mal
en ce pays-là, a demandé son congé; le roi y enverra bientôt un autre
ambassadeur en sa place.» _Journal de Dangeau_, t. IV, p. 175, 179.
Le roi y envoya M. de Bonrepaus, intendant général des armées navales,
qui conclut avec le roi de Danemark deux traités, l'un, le 11 mars 1693,
concernant le duc de Wolfenbüttel, l'autre, le 11 avril suivant, pour le
bombardement de Ratzebourg.--Deschard, _Notice sur le commissariat de la
marine_, p. 94.
[149] Christian V, roi de Danemark et de Norvège, fils de Frédéric III,
né en 1646, mort en 1699; marié à Charlotte-Amélie de Hesse.
[150] Ce nom est défiguré. Il s'agit du gouverneur de Norvège, comte
Ulric de Gyldenloeve, frère naturel de Christian Ier, roi de Danemark,
né le 4 juin 1638, mort le 17 avril 1714.
[151] Plus loin Doublet écrit _Bielks_ et commet une erreur. En effet,
il entend parler du grand-amiral-lieutenant Niels-Juel, l'un des plus
célèbres marins danois, et non du maréchal Bielk ou de Bieck, suédois,
qui fut gouverneur de Poméranie et ambassadeur en France.
[152] Scarborough, ville d'Angleterre, sur la mer du Nord, au fond d'une
belle baie. Son port, le plus important de la côte orientale de
l'Angleterre est vaste, commode et d'une profondeur suffisante pour
recevoir les plus gros vaisseaux.
[153] Elseneur.
[154] Officiers-mariniers du quartier de Honfleur.
[155] Il se trouva 85 hommes de mon équipage noyés et 16 holandais de la
prise.--Note du manuscrit.
[156] Ce passage contient une erreur évidente. Jérôme Phelypeaux, comte
de Pontchartrain, ne devint ministre de la marine que le 6 septembre
1699.
[157] Nestor-Clemenceau de la Faudière de Maisonneuve, nommé lieutenant
de vaisseau en 1675; capitaine de galiote en 1684; capitaine de vaisseau
en 1689. Mort à Rochefort le 4 novembre 1700.
De Montault, garde-marine en 1671, enseigne de vaisseau en 1678 et
lieutenant en 1691, fut interdit en 1692 et rayé des cadres en 1695.
[158] Voyez les _Mémoires de Duguay-Trouin_, année 1692.
[159] Thomas-Claude-Renard de Fuschamberg, marquis d'Amblimont, fut
nommé capitaine de vaisseau en 1669; chef d'escadre le 1er janvier 1693
et fait commandeur de Saint-Louis la même année. Il devint gouverneur
général aux Iles et mourut à la Martinique le 17 août 1700.
[160] Christian-Louis de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingry, fils
aîné du maréchal de Luxembourg. Il était né en 1675. Chevalier de St.
Jean de Jérusalem, colonel au régiment de Provence en 1693, brigadier
d'infanterie en 1702, lieutenant-général des armées en 1708, il devint
maréchal de France en 1734 et mourut le 23 décembre 1746.--Pinard,
_Chron. hist. mil._, t. IV, p. 638.
[161] Oliva ou Olive, couvent de la Prusse Polonaise, sur la côte à un
mille de Dantzik.
[162] «M. le Vidame d'Enval, qui était ambassadeur du roi en Portugal,
s'en va en la même qualité en Pologne en la place du marquis de
Béthune.» _Journal de Dangeau_, t. III, p. 447.
Robert le Roux, baron d'Esneval, vidame de Normandie, d'une très
ancienne famille de cette province, avait été conseiller au parlement de
Rouen. «Madame son épouse», dont parle le narrateur, était
Anne-Marie-Catherine de Canonville, marquise de Grémonville et «Monsieur
le chevalier son fils» se nommait Anne-Robert-Claude Le Roux d'Esneval;
ce dernier mourut président à mortier au parlement de Rouen, en 1766.
Voy. Lachesnaye-Desbois.
[163] 29 mai 1692.
[164] Au dix-septième siècle, les officiers généraux et les capitaines
entretenaient des trompettes; c'était un luxe d'une assez grande
considération pour qu'un des hommes de mer les plus graves, l'illustre
Abraham Du Quesne, prît vivement à partie le comte d'Estrées qui voulait
lui enlever un des siens.--_Gloss. naut._
[165] De la famille de Damas-Cormaillon, originaire de la Bourgogne.
[166] L'ordre de l'Eléphant Blanc cité plus haut avait été institué par
Christian Ier, roi de Danemark, né en 1425 mort en 1481, à l'occasion du
mariage du prince royal Jean avec Christine, fille d'Ernest électeur de
Saxe. Il fut rétabli au dix-septième siècle par Christian V.
La «tour pour l'observatoire» est la tour de l'église de la Trinité,
dite _Tour Ronde_, bâtie en 1642, où l'on peut monter par une allée en
spirale.
[167] Autrement dit: eau de la reine de Hongrie, médicament aromatique
autrefois célèbre, tiré de l'essence du romarin.
[168] Helsinborg, ville de Suède, sur le Sund, vis-à-vis de Kronenbourg,
forteresse située dans l'île de Seeland près d'Helsingor
(Elseneur).--L'île de Ween ou Hueen citée plus haut est située également
dans le détroit du Sund et appartient à la Suède.
[169] Plus tard roi sous le nom de Frédéric IV, 1699-1730.
[170] Victor-Marie duc d'Estrées, né en 1660, pair, maréchal et
vice-amiral de France, prit le nom de maréchal de Coeuvres.--Il était
entré dans la marine comme volontaire en 1678. Il fut nommé capitaine de
vaisseau le 5 janvier 1679; lieutenant général et vice-amiral en
survivance le 12 décembre 1684; maréchal de France en 1703; vice-amiral
en pied le 19 mai 1707; vice-roi d'Amérique le 19 mai 1707. Il mourut à
Paris le 27 décembre 1737.
[171] L'acte de mariage de Doublet est du 14 octobre 1692. Voyez aux
additions la pièce nº 3.
[172] La frégate portait le nom de Charles-Amédée de Broglie, comte de
Revel, brigadier par brevet du 12 mars 1675, maréchal de camp en 1678,
lieutenant général des armées en 1688; mort le 25 octobre 1707.
[173] Comme nous l'avons déjà dit, le manuscrit contient des dates
marginales placées en regard de chaque passage principal. Un grand
nombre de ces dates sont inexactes. Ici Doublet a écrit en marge: «août
1693.» La croisière et la prise du garde-côte d'Irlande qu'il va
raconter appartiennent au contraire à l'année 1694 et devraient prendre
place après le récit du premier bombardement de Saint-Malo qu'on
trouvera plus loin. Voyez aux additions les pièces nº 4 et 5.
[174] De La Haye de la Villestreux.
[175] Jacques Gouin de Beauchêne, marin né Saint-Malo. Il fut le premier
malouin, dit M. Cunat (p. 480), qui ouvrit le commerce avec les colonies
espagnoles. Il doubla le cap Horn en 1698.
[176] Legoux, sieur de la Jannaye ou Jeannais, d'une famille de marin
originaire de Saint-Malo. Il commanda plusieurs corsaires de ce port en
1692 et 1695.
[177] Voyez aux additions les pièces nº 4 et 5.
[178] Le fort de la Conchée, situé au nord-quart-nord-ouest de la partie
la plus septentrionale de Saint-Malo, fut commencé en 1689 et achevé en
1707. C'est un des chefs-d'oeuvre de Vauban.
[179] Dans une lettre du 25 novembre 1693. M. Le Camus annonce le départ
de M. Le Bigot des Gastines pour Paris. Arch. de la Marine, serv.
général.
[180] M. Le Camus écrivait au ministre, le 26 novembre 1693: «M. le
chevalier de Ste-Maur et M. de Sever, capitaines, se sont trouvé en
passant pour aller à Paris qui se mettent en estat de faire tous leurs
efforts du costé de la marine, et moy, Monseigneur, je me rendray demain
avec M. Doublet à la batterie des mortiers pour bombarder les ennemis et
pour tacher de les incommoder.» Arch. de la Marine, serv. général, 1693.
[181] Sur le bombardement de Saint-Malo, voyez les relations de la
_Gazette_, p. 625 et 637, du _Mercure_, décembre, p. 285-331 et les
correspondances du dépôt de la Marine, service général et campagnes,
année 1693.--L'escadre anglaise comptait en tout 42 voiles. Elle lança
150 bombes dont 26 seulement tombèrent dans la ville. La machine
infernale dont Doublet parle consistait en un brûlot de 160 tonneaux
environ, rempli d'artifices et de bombes. L'effet de son explosion fut à
peu près nul. Les bombes trop épaisses, d'un fer trop liant et contenant
trop peu de poudre n'éclatèrent pas; il en resta environ deux cents sur
la grève. Le P. Daniel a donné (_Histoire de la Milice Françoise_) une
description de cette machine.
[182] Charles d'Albert d'Ailly, duc de Chaulnes, chevalier des ordres du
roi en 1661; lieutenant-général puis gouverneur de la province de
Bretagne en 1670; ambassadeur à Rome; mort à Paris en 1698. Il étoit le
neveu du connétable de Luynes dont la soeur, Louise d'Albert, épousa
Antoine de Villeneuve, marquis de Monts premier maître d'hôtel de Gaston
d'Orléans, gouverneur de Honfleur de 1645 à 1682.
[183] Camaret (Finistère).
[184] Embouchure de la rivière qui forme la rade de Saint-Malo.
[185] Déjà cité plus haut. François Fossard, sieur Desmaretz, capitaine
marchand et corsaire de Saint-Malo, était le beau-frère de Doublet.
[186] Le passage qui suit contient le récit du bombardement de
Saint-Malo, les 14 et 15 juillet 1695, par la flotte anglo-hollandaise
aux ordres de lord Barckley, forte de 70 voiles. Quoique Doublet affirme
que cette attaque ne causa aucun dommage à la ville et aux forts, on
sait qu'il en fut autrement. De cinq à six cents bombes tombèrent dans
Saint-Malo; huit personnes furent tuées et sept maisons incendiées. On
évaluait le dommage que la ville avait souffert à trois cent mille
livres. Arch. de la Marine, Campagnes, Lettre du 24 juillet 1695.
[187] Partie des remparts de Saint-Malo où était établie la batterie
dite _de Hollande_.
[188] Denis, comte de Polastron, enseigne au régiment du roi en 1663,
obtint le rang de capitaine en 1667, de major en 1676 et devint
lieutenant-colonel en 1678. Brigadier par brevet du 28 février 1686, il
combattit à Fleurus en 1690 et servit au siège de Mons en 1691. Il fut
créé maréchal du camp la même année. En 1693, il fut envoyé sur les
côtes de Bretagne et commanda à Saint-Malo jusqu'à la Paix. Il contribua
à la défense de cette place en 1695. Nommé lieutenant-général des armées
en 1696. Gouverneur de Mont-Dauphin en 1698. Il commanda dans les
évêchés de Dol, de St-Malo et de St-Brieuc, sous le maréchal d'Estrées
par commission du 7 juillet 1701. Il mourut le 28 février 1706.--Pinard,
_Chronologie hist. mil._ T. IV, p. 407.
[189] Le Bigot des Gastinnes (Louis), commissaire ordinaire à Nantes en
1677; à Saint-Malo de 1693 à 1699; commissaire général à Brest de 1699 à
1703. Il fut fait intendant à Dunkerque le 15 juillet 1703. Il se retira
le 1er décembre 1704 et fut nommé inspecteur général des Echelles du
Levant et de Barbarie en 1705.
[190] Le chevalier puis bailly de la Pailletrie avait servi sept ans
dans un régiment de cavalerie avant d'entrer dans la marine. Il fut
nommé lieutenant de la galère réale le 1er janvier 1685; capitaine de
galère le 1er mai 1690; chef d'escadre le 11 juillet 1702; décédé le 5
octobre 1719. Arch. de la Marine.
Sur le marquis de Langeron, voyez page 104 et Jal, _Abraham Duquesne_,
T. II, p. 392-403.
[191] Les galères du roi au nombre de quinze, commandées par le
chevalier de Noailles, étaient passées de Levant en Ponant. Le 14 juin
1690 elles partirent de Rochefort et après plusieurs escales elles
mouillaient à la rade du Havre le 17 août. Deux d'entre elles, la
_Palme_ et l'_Emeraude_ séjournèrent pendant deux ans environ dans le
bassin de Honfleur. Elles quittèrent ce bassin, «qui est si petit que
l'on n'avoit pu exercer à la rame les cents matelots de ces galères», et
furent amenées au Havre à la fin de septembre 1693.--Deux autres
galères, la _Sublime_ et la _Constante_, sous les ordres du chevalier
d'Escrainville, furent chargées de protéger Saint-Malo contre les
attaques des Anglais; elles jetaient l'ancre devant ce port le 24 avril
1693, mais elles ne rendirent aucun service. Arch. de la Marine, Ordres
du roi, Galères, 1690, campagnes, 1689-1690, 1er décembre 1693; service
général, 23 juillet, 20 et 29 septembre 1693, correspondance de M. de
Louvigny.
[192] Entré au service comme garde marine en 1685, il fut fait enseigne
de vaisseau en 1687, lieutenant de vaisseau en 1691, capitaine de
vaisseau en 1692, chef d'escadre en 1712, lieutenant général des armées
navales le 8 juin 1722. Il mourut à Paris le 7 février 1727.
[193] Le commandant du fort de la Conchée a exposé le rôle qu'avait joué
la machine infernale destinée à ruiner l'oeuvre de Vauban.