François Doublet, François Gon sieur de Quincé et Claude de Landemare,
marchands à Rouen, pour l'exploitation des îles de la Madeleine. Ce
dernier, Claude de Landemare, était déjà intéressé dans l'opération, car
il parut devant les tabellions de Honfleur le _30 mars, 1664_ et fit ses
comptes avec François Doublet. Il lui revenait pour le voyage de 1663,
612 livres 15 sols 3 deniers.--Reg. du tabellionage de Roncheville.
A la ligne suivante, Doublet a écrit: «nous partismes du port au
_commencement de Mars_....»; dans l'acte cité ci-dessus son père
s'engage à partir pour un nouveau voyage à la marée du lendemain,
c'est-à-dire le 1er avril.
[23] Il s'agit de la compagnie de la Terre ferme d'Amérique réorganisée
par un édit du 28 mai 1664 sous le nom de compagnie des Indes
Occidentales.
[24] La découverte de cette mine coincida avec le départ de l'intendant
Talon pour le Canada. Jugeant que la découverte des minéraux ou riches
ou de basse estoffé était un point essentiel aux affaires du roi, Talon
obtint l'envoi au Canada de quarante travailleurs. La compagnie les
recruta en Normandie et elle en confia la conduite à François Doublet.
En outre de plomb, l'ingénieur-fondeur prétendait trouver de l'argent à
la côte de Gaspée; «cette prétention paroist fondée,» écrivait
Talon.--Arch. de la marine, Canada, 22 avril, 27 avril et 4 octobre
1665.
[25] Ce marin originaire de Normandie, est resté inconnu. Toutefois la
correspondance de Talon, intendant au Canada, et les dépêches de Colbert
en font mention. Au mois de novembre 1670, le capitaine Poulet ou
Poullet se trouvait à Québec. «Cet homme savant par une longue habitude
et une expérience acquise de bas aage et devenu habile navigateur,»
proposa de tenter la découverte de la communication de la mer du Sud et
de celle du Nord par le détroit de Davis, «ou par le détroit de Magellan
pour après avoir doublé tout le revers de l'Amérique jusqu'au Califourny
reprendre les vents de l'Ouest et à leur faveur rentrer par la baie
d'Hudson.» Son dessein, en outre, était de percer jusqu'à la Chine par
l'un ou l'autre de ces endroits. Arch. de la Marine, Mémoire de Talon,
10 novembre 1670; Lettre de Colbert, février 1671. (Colonies, Canada).
[26] Le débarquement des chevaux que le roi envoyait au Canada causa un
grand enthousiasme parmi les habitants. A l'exception d'un cheval donné
à M. de Montmagny près de vingt ans auparavant, c'étaient les premiers
qu'on y voyait.--Ferland, _Histoire du Canada_, t. II, p. 36.
[27] Alexandre de Pourville, marquis de Tracy, reçut le 19 novembre 1663
la commission de lieutenant-général des armées du roi et les fonctions
et pouvoirs de vice-roi en Amérique. Décédé gouverneur de Dunkerque le
28 avril 1670.
[28] Daniel de Remy, sieur de Courcelles, reçut commission de
lieutenant-général en Canada le 23 mars 1665.
[29] Jean Talon, ancien intendant du Hainaut, l'administrateur le plus
éminent que Louis XIV ait envoyé au Canada, reçut la commission
d'intendant à la Nouvelle-France le 23 mars 1665.
[30] Auber, sieur de la Chesnée ou Chesnaye. Nous croyons que des liens
de parenté l'unissaient à la famille de Doublet, dont le grand père
paternel avait épousé Marguerite Auber, fille de Richard Auber, receveur
du domaine de Roncheville.
[31] Le séminaire des jésuites de Québec fut fondé par M. de
Laval-Montmorency suivant lettres patentes du 26 mars 1663.
[32] Pierre-Joseph-Marie Chaumonot, mourut à Québec le 21 février 1693.
Il est l'auteur d'une grammaire, d'un dictionnaire et d'un catéchisme en
langue huronne; la grammaire seule a été publiée.
[33] Ces termes que Doublet emploiera souvent désignent les bancs situés
à l'ouest et au nord de Terre-Neuve.
[34] La compagnie du Sénégal établie en 1679, fut réunie à la compagnie
des Indes en 1719. Ses districts s'étendaient depuis le cap Blanc
jusqu'à la rivière Serra Leone.
[35] Dans le ms. les pages qui suivent sont enregistrées sous la date de
1669. La date exacte est 1676; les faits cités permettent de l'établir.
[36] Nommé lieutenant de frégate le 25 octobre 1689; capitaine de brûlot
le 1er janvier 1693. Tué sur le _Bon_ en mars 1694. Il a publié le
_Petit Flambeau de la mer ou le véritable guide des pilotes côtiers_,
(Havre, 1731, in-8º).
Une famille du nom de Bougard, et à laquelle le pilote-hydrographe cité
par Doublet appartenait peut-être, vivait à Honfleur au milieu du
dix-septième siècle: Elle professait la religion réformée. Nous pouvons
citer: Marie Bougard mariée à Jacques Lelou, avocat; Me Bougard médecin
et Judith Le Prevost, sa femme, qui abjurèrent en novembre 1685 ainsi
que dix-sept autres religionnaires.--Reg. du tabellionnage d'Auge, 7
octobre 1684; Reg. de l'état civil, nov. 1685.
[37] Sur la partie est de l'île de Wight, au large de Portsmouth, au
nord du port Brading. Cette rade peut contenir tous les vaisseaux de la
marine anglaise.
[38] Le combat de Palerme est du 2 juin 1676; 12 vaisseaux hollandais et
espagnols furent incendiés, ainsi que la galère réale et quatre autres
galères. L'amiral espagnol Florès et l'amiral hollandais de Haën
périrent dans les flammes.
Quant à l'amiral Ruyter, ce fut à la bataille du Mont-Gibel livrée par
Duquesne le 22 avril 1676 qu'il reçut une blessure dont il mourut le 29
du même mois.
[39] Louise de Kerhouent, duchesse de Portsmouth, maîtresse de Charles
II, roi d'Angleterre, avait été amenée de France, en 1670, par Henriette
d'Angleterre, duchesse d'Orléans.
[40] Le capitaine Gravenson était originaire de Nantes. Il fut promu
lieutenant de vaisseau le 1er janvier 1667; capitaine de frégate en 1671
et capitaine de vaisseau le 1er mars 1673. Noyé au Havre en 1679.
[41] François Colbert de St-Mars, enseigne en 1672, lieutenant de
vaisseau en 1673, capitaine de frégate en 1675, obtint le grade de
capitaine de vaisseau le 7 février 1678. Il se retira, le 1er juillet
1721, chef d'escadre honoraire et mourut près de La Rochelle, le 22
janvier 1722.
[42] Ordre du roi aux officiers de l'amirauté de Honfleur pour leur dire
de donner les congez nécessaires au capitaine du vaisseau le _Chasseur_
qui est chargé d'armes et de victuailles destinées, par la compagnie des
Indes occidentales, aux colonies françaises du Sénégal et de Cayenne (20
mars 1672.)--Arch. de la Marine, Colonies, année 1672, fol. 31.
[43] Plus tard Jacques II, roi d'Angleterre, 1685-1688, 2e fils de
Charles 1er et d'Henriette de France. Doublet reviendra bientôt sur le
duc d'York et il racontera, plus loin, qu'il aida ce prince à débarquer
à Ambleteuse, en 1689.
[44] Charles de Calonne, marquis de Courtebourne, d'une famille ancienne
du Boulonnais, était lieutenant de roi à Calais et non gouverneur. Le
gouverneur particulier de Calais était Armand de Béthune, marquis puis
duc de Charost, né en 1640, capitaine des gardes du corps du roi, duc et
pair de France, mort en 1717.
Le marquis de Courtebourne servit à Calais jusqu'à sa mort (octobre
1695). On lui accorda le grade de maréchal de camp par brevet du 26 mars
1652 et par la suite une commission pour commander à Hesdin et la
lieutenance de roi au gouvernement de Flandre en 1693.--Pinard, _Chron.
hist. mil._, t. VI, p. 351.
[45] Jean Bérenger, capitaine de navire du port de Honfleur, commandait
la _Marie_ en 1669; le _Chasseur_ en 1673 et 1674; le _Saint-Pierre_ en
1677; le _Saint-Antoine_ en 1681.--Arch. de l'amirauté de Honfleur.
Rapports de mer.
[46] Capitaine de brûlot en 1673 et enseigne de vaisseau la même année,
il fut mis à la Bastille le 15 décembre 1679. Elargi trois semaines
après, il fut fait lieutenant de vaisseau en 1682, capitaine de frégate
le 1er janvier 1693 et capitaine de vaisseau le 1er janvier 1703. Il fut
tué au fort de Gambie, en Guinée, le 6 novembre 1703.
[47] Ce capitaine, quoique chirurgien de son métier, avait appris l'art
de la navigation dans ses voyages maritimes. En 1673, âgé de 28 ans, il
commandait une frégate de 10 pièces de canon, équipée de 100 hommes.
Arch. de la marine. Service général, corresp. d'Hubert, intendant à
Dunkerque.
[48] M. Panetié, brave homme et bon manoeuvrier, dit M. Jal, devint
capitaine de vaisseau le 31 mars 1665 et chef d'escadre le 1er novembre
1689; décédé le 26 avril 1696. Arch. de la Marine.
[49] Auberge «où pend pour enseigne le _Soleil d'Or_,» rue du Puits, à
Honfleur (1676).
[50] Jean Bart fut fait lieutenant de vaisseau le 5 janvier 1679;
capitaine de frégate le 14 août 1686; capitaine de vaisseau le 20 juin
1689. Il fut anobli le 3 août 1694 et nommé chef d'escadre le 1er avril
1697. Arch. de la Marine.
[51] Iles de l'Océan septentrional appartenant à l'Angleterre. Les
cartes modernes les nomment Shetland.
[52] Consulter sur l'école d'hydrographie de Dieppe: De Beaurepaire,
_Recherches sur l'instruction publique_, etc., t. III.--Didier Neuville.
_Etablissements scientifiques de la Marine_ (_Revue maritime_).--Le
Dépôt de la Marine, série des Ordres du Roi, 21 novembre 1671, 30
septembre 1672, 4 janvier 1675, 6 janvier et 4 juillet 1679.
[53] Belem, bourg de Portugal, sur le Tage, à deux lieues au-dessous de
Lisbonne, au devant duquel on voit une tour. C'est auprès de cette tour
que les navires mouillaient en attendant leurs dépêches. Doublet écrit
indifféremment _Blem_, _Bleum_, _Balem_ et _Belem_.
[54] Terme de commerce maritime. _Chapeau de mérite_, ou simplement et
plus ordinairement, _chapeau_, gratification accordée par convention au
capitaine d'un bâtiment de commerce, qui remet à bon port les
marchandises chargées à fret. (Littré).
[55] Port de Portugal sur la Lima, province de Minho. Quatre lieues
au-delà est situé un autre hâvre nommé _Ville del Conde_, et plus loin
se trouve _Port-à-Port_ dont Doublet citera le nom dans les pages
suivantes.
[56] On trouve dans les registres des Ordres du Roi du dépôt de la
Marine plusieurs lettres adressées à cet ingénieur. Voyez notamment à la
date du 20 juin 1689.
[57] Le marquis de La Mina ou de Las Minas.
[58] Le _Rosier d'Alger_. Le ms. porte _Dargel_ en un seul mot. Plus
loin, Doublet écrira correctement _Alger_; plus loin encore il écrira
_Argérins_ pour Algériens. Il dit encore _Europiers_ pour Européens.
[59] C'est un renégat de ma nation.
[60] Ile de l'Afrique portugaise, une des îles Madère.
[61] On lit, en effet, dans le _Petit Flambeau de la Mer_, p. 379:
_Remarque nouvellement découverte._
«Le sieur François Doublet d'Honfleur, m'a dit que lorsqu'il commandoit
une petite Frégate en course contre les Hollandois et Espagnols,
qu'étant à trois lieuës au Nord-Est du milieu de l'Isle de Porto-Sancto,
il se seroit trouvé sur un Banc de Roches, où il n'avoit au plus profond
que 13 pieds d'eau, et qu'il y trouva encore quelque debris d'un Navire
qui y avoit été perdu, et que ce Banc est de la longueur d'un Cable en
largeur, et autant en longueur; c'est à quoi ceux qui naviguent à cet
endroit doivent avoir égard.»
[62] Chipiona, à l'embouchure du Guadalquivir.
[63] Ce qui suit jusqu'au paragraphe commençant par ces mots: «Et le 27e
j'arivé.....» forme un supplément dans le manuscrit. Le feuillet placé
entre les pages 28 et 29 porte la note suivante: «Ayant égaré une
feuille dans l'original de ce voyage, ce qui m'a fait y adiouter cette
page pour renvoyé avant mon arrivée à Ténérif, sur ce qui m'arriva le
jour d'après mon départ de St-Lucar.»
[64] Riche marchand-armateur intéressé dans les compagnies de commerce
fondées au dix-septième siècle et qui possédait des relations
commerciales très étendues. C'était un des principaux négociants de
cette époque avec lequel Colbert correspondait. Voy. Arch. de la marine,
Ordres du Roi et Commerce, 1675, 1689, etc.
[65] Dans le passage qui suit il s'agit de Muley-Mohammed fils de
Muley-Ismael, empereur de Maroc de 1672 à 1727. Le P. Dominique Busnot,
religieux de la congrégation réformée de l'Ordre de la Trinité, a
consacré un chapitre de son _Histoire du règne de Mouley-Ismael, roi de
Maroc, Fez, Talifet et Souz_ (Rouen, 1714), à la vie, aux aventures et à
la mort tragique de Muley-Mohammed. D'après un mémoire du consul de
France à Salé, en 1699, les négociants français trouvaient de grands
avantages au commerce avec la Barbarie. La Provence y envoyait des
papiers, des bonnets rouges de laine, du souffre, des toiles de Lyon, de
la futaine, des fils d'or, du brocart d'or et de soie; le Languedoc y
expédiait des draps; les navires de St-Malo, de Rouen et de Nantes y
portaient des toiles. On estimait le négoce de la France avec cette
région à 400,000 écus. Les marchandises étaient échangées avec celles du
pays: cire, laine, cuivre en chaudron; cuivre neuf, étain, dattes,
amandes, plumes d'autruche. Onze maisons françaises y étaient établies.
Arch. de la Marine.
[66] Doublet parlera encore de Muley-Mohammed, mais il ne dira pas que
ce prince tombé par trahison entre les mains de son père, en 1705, subit
le même supplice. On lui coupa le pied et la main, et on plongea ses
membres mutilés dans une chaudière pleine de poix et d'huile bouillante;
il mourut douze jours après.
[67] Raphaël Thierry, négociant de Rouen, nommé au consulat de la nation
française aux îles Canaries par provision des 27 avril et 20 mai, 1670.
Arch. de la Marine, commerce, t. I, fol. 184, et t. II, fol. 769.
[68] On entendait par passager les barques passagères appartenant aux
hôpitaux du Havre et de Honfleur et qui recevaient à leur bord les
personnes, les bestiaux et les denrées de toutes espèces pour les
transporter d'un port dans l'autre. Ces deux établissements hospitaliers
jouirent pendant longtemps du monopole des droits de passage.
[69] Constant Patin, avocat du roi en l'amirauté de Honfleur, fils de
Constant Patin, procureur d'office en la vicomté de Roncheville, lequel
avait épousé Marguerite Auber grand'mère de Doublet.
[70] François Mallet de Graville, seigneur et comte de Saint-Martin,
Blosseville, Drubec, Quatravaux, et autres terres, marié à Jacqueline ou
Gabrielle Langlois du Guesclin, résidant à Criquebeuf, près de
Honfleur.--Minutes du tabell. de Roncheville.
Sa fille avait épousé Charles de Boisseret, chevalier, seigneur
d'Herbelay, marquis de Sainte-Marie, capitaine des gardes de Monsieur,
seigneur, gouverneur et lieutenant pour le roi des îles de la
Guadeloupe, la Désirade, Marie-Galande, les Saintes, la Grande et Petite
Terre, etc. Fils aîné de Jean de Boisseret et de Madeleine Houel.
[71] Jean de Boisseret, chevalier, marquis de Sainte-Marie, seigneur de
Malassis, second fils de Jean de Boisseret et de Madeleine Houel soeur
de Charles Houel, chevalier, seigneur du Petit-Pré, gouverneur des îles
de la Guadeloupe. Ce Jean de Boisseret habitait, au temps dont parle
Doublet, la ferme dite le Petit-Paris, à peu de distance de Villerville.
Il épousa, en 1686, Demoiselle Marie-Anne Estièvre, fille de Michel
Estièvre, écuyer, sieur de Montessart. Minutes du tabellionage de
Roncheville; Reg. de l'état civil de la commune de Pennedepie.
[72] Adassa, d'après les anciennes cartes, est un petit havre situé à
l'ouest de l'île de Ténériffe; on y chargeait beaucoup de vin.
[73] Le marquis de Langeron, embarqué comme enseigne en pied sur le
_Henri_, le 1er février 1671, fut fait capitaine de vaisseau le 2
novembre 1671; chef d'escadre le 1er novembre 1689; lieutenant général
le 1er avril 1697; mort à Sceaux le 28 mai 1711. Arch. de la Marine.
Voyez le Mercure de juin 1711.
[74] Au temps de Doublet de pareils phénomènes jettaient l'épouvante
parmi les paysans et les marins. On citait des pluies de sang, de fer,
de laines, de poissons, de grenouilles, etc., qu'on attribuait à des
causes surnaturelles. Doublet et son équipage partageaient cette
crédulité; ils sont bien persuadés que c'est un châtiment divin.
Il s'agit d'insectes aquatiques qui multiplient en grande quantité
pendant l'été dans les mers tropicales et que des tourbillons de vent
transportent à de grandes distances.
[75] Cascaes, ville à l'embouchure du Tage, à 5 lieues de Lisbonne. La
rade de cette place est dangereuse à cause des vents d'ouest qui y
règnent.
[76] Cette description si peu séduisante qu'elle soit permet de croire
qu'il s'agit d'une de ces divinités marines qui durent leur naissance à
la fable. La croyance aux sirènes ou aux monstres marins à figure
humaine se maintint longtemps, comme on le voit, puisque Doublet
mentionne très sérieusement la merveilleuse apparition qui, «par son
regard fier et plein de feu» terrifia son équipage. D'ailleurs, dans son
enfance, il avait été familiarisé avec ces contes, car une ruelle de sa
ville natale portait et porte encore le nom de rue de la Sirène («ruette
et advenue de la Seraine»), en 1588; une figure fantastique était gravée
sur la pierre à l'angle de cette rue; il en subsiste des traces.
[77] Les dorades suivent les vaisseaux en troupes souvent nombreuses et
nagent avec beaucoup de vitesse. Leur pêche, qui est pour les marins un
véritable divertissement, leur procure facilement une chair fraîche,
savoureuse et très agréable au goût.
[78] Azamore, ville forte du Maroc, port d'accès difficile à
l'embouchure de la Morbéa dans l'Atlantique. Mazagan, petite ville forte
du royaume de Maroc, port sur l'Atlantique, près de l'embouchure de la
Morbéa. Elle a appartenu aux Portugais jusqu'en 1762.
[79] Ponta-Delgada, dans l'île de San-Miguel, chef-lieu du district
oriental des Açores. Son port est mauvais.
[80] Jean d'Estrées, abbé d'Evron, de Préaux et de Saint-Claude,
archevêque et duc de Cambrai. Il était fils de Jean comte d'Estrées,
maréchal et vice-amiral de France, vice-roi d'Amérique.
[81] Famille illustre dans les annales de la Rochelle. Un Jean Godefroy,
sieur du Richard, né en 1579, pair en 1608, capitaine de l'artillerie en
1617, était maire et capitaine de La Rochelle au début du siège de 1627.
Doublet citera dans les pages qui suivent les neveux de ce capitaine:
Jean Godefroy, écuyer, Benjamin, Alexandre et César Godefroy, marins et
armateurs, puis la cousine de Jean, l'aîné, veuf d'une dame Goislard et
remarié à une dame Bussereau, suivant Doublet, à Elisabeth Duprat, soeur
du pasteur d'Arvert, suivant des renseignements plus sûrs.
D'après un très curieux tableau généalogique que M. de Richmond,
archiviste de la Charente-Inférieure, a bien voulu dresser pour nous,
des liens de parenté unissent de nos jours les derniers représentants
des Godefroy à la famille du général Louis-Eugène Cavaignac.
[82] Le nom de cette rade ne figure point sur les cartes que nous avons
consultées.
[83] Au nord du pertuis d'Antioche, entre les rochers dits Lavardins et
la terre vers La Rochelle. «L'on ancre son chef de Bois sur 5 à 6
brasses d'eau de profondeur, dit le _Flambeau de la mer_, le fond y est
mol.»
[84] Jacques-François-Edouard Stuart, fils de Marie d'Este et de Jacques
II, né le 20 juin 1688 et mort à Rome le 1er janvier 1766 après une
existence extrêmement agitée.
[85] Marie d'Este, fille du duc de Modène, née en 1658; mariée en 1673 à
Jacques Stuart qui n'était alors que duc d'York. Elle mourut au château
de Saint-Germain-en-Laye le 7 mai 1718.
[86] Plymouth. Doublet écrit tantôt Pleimuths, tantôt Pleimuts. Son
orthographe des noms de lieu et des noms propres varie à chaque page.
[87] De Vaux-Mimars, ancien garde-marine le 19 février 1681, fait
enseigne en 1684, lieutenant en 1689 et capitaine de frégate le 1er
décembre 1705. Mort le 18 octobre 1718.
[88] Point de la côte d'Angleterre, entre Douvres et la Tamise, où il y
a un bon ancrage pour les vaisseaux.
[89] On sait qu'il s'agit de Jacques II, de la famille des Stuarts, fils
du roi Charles Ier et de la reine Henriette de France fille de Henri IV,
né en 1633. Il porta jusqu'à son avènement au trône le titre de duc
d'York. Détrôné en 1688 par son gendre Guillaume de Nassau, prince
d'Orange, il se réfugia en France. Il était accompagné de son fils
naturel, Jacques Fitz-James, duc de Berwick, promu en 1706 à la dignité
de maréchal de France.--La date du débarquement de Jacques II à
Ambleteuse n'est point le mois de septembre 1688 ainsi que Doublet
l'indique mais le 4 janvier 1689. Jacques II arrivait à St-Germain le 7
du même mois. Voy. la _Gazette_ du 10 janvier 1689.
[90] Le comte de Vermandois, fils naturel de Louis XIV. La charge
d'amiral de France fut rétablie en sa faveur le 12 novembre 1669.
[91] Les mesures les plus diverses furent prises pour arrêter la fuite
des religionnaires. En Normandie on établit trente corps-de-garde et
autant de pelotons de cavaliers «destinez pour battre l'estrade sur les
costes.» Des chaloupes armées procédaient en mer à la visite des
navires. Les arrestations étaient nombreuses. Les religionnaires
s'embarquaient la nuit sur un point peu fréquenté, et on les voyait la
nuit allumer des feux sur les falaises de la Seine-Inférieure, du Havre
à Dieppe, échangeant ainsi des signaux avec des navires étrangers qui
louvoyaient près des côtes. Pour empêcher les embarquements clandestins,
les intendants promettaient aux paysans de leur céder la moitié des
meubles des religionnaires en cas de dénonciation. Arch. de la Marine,
service général, correspondance de M. de Montmort, 1686.
[92] Ramehead, pointe à l'ouest de la baie de Plymouth.
[93] Saltash, bourg d'Angleterre, en Cornouailles, sur le penchant d'une
colline baignée par la Tamer; l'embouchure de cette rivière lui forme un
port situé à 2 milles marins au-dessus de Plymouth. Ce fut dans ce port
que Doublet captura, sous le feu des forts, un vaisseau hollandais de 6
à 700 tonneaux et armé de 40 canons.
[94] Dans l'île de Saint-Nicolas.
[95] Doublet doit revenir plus loin sur cet épisode et expliquer qu'il
eut l'honneur d'en raconter les péripéties à M. de Seignelay. En outre,
il y a lieu de croire que «l'action jolie» mais d'une grande témérité
racontée ici devint l'objet d'une assez vive curiosité. En effet, on en
trouve le récit dans l'_Inquisition française ou Histoire de la
Bastille_ (t. II, p. 325) par C. de Renneville.
[96] Hervé le Berçeur, seigneur et patron de Fontenay et d'Emondeville,
enseigne au régiment des Gardes et commandant des villes et château de
Cherbourg, allié, par contrat du 21 novembre 1664, avec
Marie-Anne-Jacqueline de La Luzerne, dame de
Brévant.--(Lachesnaye-Desbois, XII, p. 632.)
[97] Ingénieur du roi, chargé pendant quelques années de l'inspection
des travaux maritimes en Normandie. Au mois de mars 1684, il visitait le
port de Honfleur par ordre de Seignelay.
[98] Seignelay arriva à Brest dans le courant du mois de mars 1689 pour
accélérer les grands mouvements qui s'y faisaient. Vauban, après avoir
visité toutes les côtes et une partie des îles depuis Ypres jusqu'à
l'embouchure de la Loire, l'y avait précédé et était arrivé le 18
février.--(Levot, _Hist. de Brest_, t. II, p. 28.)
[99] André de Géraldin, né à Saint-Malo, fut nommé capitaine de brûlot
le 1er janvier 1691; capitaine de frégate le 1er janvier 1703; capitaine
de vaisseau le 23 avril 1708. Mort le 11 avril 1738.--(Arch. de la
Marine.)
[100] Jean-Baptiste Patoulet, chevalier, conseiller du roi, commissaire
général à Rochefort le 15 août 1676; intendant aux îles d'Amérique, 1er
avril 1679; intendant à Dunkerque, 1er janvier 1683.--(Arch. de la
Marine.)
[101] Capitaine marchand du quartier du Havre, fut fait capitaine de
brûlot en 1692 et mourut en mer vers 1704.
[102] Nicolas-Jacques Durand commanda en course en 1675 et 1678
plusieurs frégates légères armées à Dunkerque. Il fut envoyé en
croisière dans la mer du Nord, en 1695, et mourut pendant la campagne.
[103] Michel Begon, chevalier, né à Blois en décembre 1638. Etait frère
du premier commis de M. de Seignelay. Président et lieutenant général du
bailliage de Blois en 1677, il devint commissaire général de la marine à
Rochefort en 1680; intendant aux îles, 1684; intendant général des
galères, 1685; intendant à Rochefort, 1688; à la Rochelle, 1694. Il fut
révoqué, vers 1705, par M. de Pontchartrain et décéda à Rochefort le 13
mars 1710, laissant plusieurs enfants.