«Ils me vinre canonner avec leurs gros navire, dit-il, et manvoyère à la

faveur de la fumée un brûlot. Il vint à la portée du fusil sans que je

peux tirer dessus, venent du costé que je naues point de canon. Ils y

mire le feu et lanvoyerent vent arriere au pied des baterie avec des

ancre pendente pour acrocher la roche, il vint au pied, le feu dedent et

une sy grosse fumée qu'il estoit impossible de se voir, le vent la

poussant avec la flame dans nos embrasures avec une grande violance.

C'est une nouvele machine inventée en Holande pour empescher des baterie

de tirer et de voir. Dans ce tems-là, ils envoyèrent un autre bâtiment

rembly d'artifice et de machine à feu pour mestre le feu aux baterie

qu'il saves que les platte forme estés de bois. Ce navire mit le feu de

mesme que le premier mes le courant le fit passer de lautre costé du

fort où il sauta après avoir touché et ouver contre une roche ce quy

empescha son grand effet. Il ne nous laissa pas de nous remplir

d'artifice, de mestre le feu aux logements quy nestes couvert que de

prelats goderonez et extrêmement combustible.»

_Lettre de M. de La Marguerie, 17 juillet 1695._ Arch. de la Marine,

Campagnes.

[194] L'île de Césambre ou Sezembre, en vue de Saint-Malo, vers le

nord-nord-ouest.

[195] D'après une dépêche de M. de Nointel, intendant de Bretagne, ce

fut M. le chevalier de Cargrées de Tracy qui apporta la première

nouvelle de la venue des Anglais: «La première nouvelle que l'on en eut

fut par le sieur de Kergrée, capitaine de frégate légère, lequel

revenant de la découverte aprit à la fosse d'Amonville qu'on les avoit

veus six lieues au large; il fut envoié le mesme jour pour avoir des

nouvelles plus certaines et en effet il aperceut les vaisseaux ennemis

faisant voile vers Saint-Malo.» Arch. de la Marine, Campagnes, 1695.

[196] Originaire de Saint-Malo, il appartenait à une famille qui a

fourni plusieurs marins connus, tel que La Moinerie-Miniac qui fut promu

capitaine de frégate en 1711 et mourut commandant la _Fidèle_ le 18

janvier 1712.

[197] Maniguette ou graine de Paradis. «A Sanguin, côte de la Guinée,

dit un mémoire, on commence à traiter de la maniguette qui est une

espèce de poivre.» Arch. de la Marine.

[198] Voyez page 110.

[199] Voyez page 87.

[200] Petite île de France (Bouches-du-Rhône) dans la Méditerranée, à 8

kil. de Marseille. Les navires qui arrivent d'Afrique et du Levant y

font quarantaine.

[201] Hubert de Fargis de Montmort (Jean-Louis), conseiller au Châtelet

de Paris, intendant au Havre, 1684; intendant général des galères, 1688;

conseiller honoraire au parlement d'Aix, 1690; intendant des armées

navales, 1710. Décédé le 6 décembre 1720.

[202] Nom que dans l'escadre des galères, on donnait à la galère

destinée à porter le Roi, les Princes, l'Amiral de France ou en leur

absence le général des galères. Le musée du Louvre possède un fort beau

modèle de la Réale de France. _Gloss. naut._

[203] Nous connaissons trois enfants de Doublet, Jeanne-Rose, née à

Saint-Malo vers la fin de 1693; Marie-Magdeleine, baptisée à Honfleur le

27 août 1699; Françoise-Louise-Marguerite, baptisée dans la même ville

le 10 février 1704.

[204] Doublet veut dire son avant-dernier voyage à Terre-Neuve, car au

mois de décembre 1701 il entrait dans le port de Honfleur avec le navire

le _Repos de la Patrie_ qu'il commandait. Il rapatria alors un sieur

Pierre Remy, ancien habitant de l'île Percée, qu'il avait trouvé dans

cette île abandonné sans vivres et sans asile. Reg. de l'amirauté.

[205] Le récit qui suit est confirmé par plusieurs actes des reg. de

l'amirauté de Honfleur (2 et 3 décembre 1701). Un espagnol arrivé dans

ce port sur le navire du capitaine Jacques Gaspard et ayant pris Doublet

pour interprète exposa devant les officiers de l'amirauté qu'un

capitaine Delaunay, commandant le navire l'_Europe_ «dont il se servoit

en qualité de forban», avait capturé et pillé, à la côte de St-Domingue,

le navire sur lequel il était embarqué. N'ayant pu obtenir justice

auprès du gouverneur, l'espagnol venait en France s'adresser au Roi.

[206] M. de Galiffet, gouverneur de Sainte-Croix et du Cap prit

l'intérim et le titre de commandant en chef, attendu le départ de M.

Ducasse pour la France.

M. Du Paty, lieutenant du roi, commandant la partie de l'ouest y rendait

les ordonnances pendant cet intérim.

[207] Garde-marine, capitaine et major à St-Domingue de 1694 à 1697.

Fait lieutenant de roi dans la même colonie le 3 février 1699. Chevalier

de Saint-Louis le 23 mars 1706. Gouverneur au Petit-Goave le 25 mars

1713; à St-Louis le 19 novembre 1700. Lieutenant de roi au gouvernement

général le 7 septembre 1723. Mort en passant en France sur le _Paon_ le

17 octobre 1723.

[208] Bidè de Maurville, fait capitaine de flûte le 1er janvier 1696,

capitaine de brulôt en 1703. Il mourut sur le _Magnifique_ le 8 octobre

1704.

[209] L'_Histoire navale d'Angleterre_, t. III, p. 278, fait mention de

ce fait: «Il (l'amiral de Benlow) poursuivit un vaisseau de guerre du

port de cinquante canons, mais qui n'étoit monté que de quarante, lequel

gagna le rivage et y échoua.»

Nous croyons qu'il existe de nouveau dans le passage qui suit une erreur

de date. Les faits dont parle Doublet ainsi que son voyage aux Antilles

se rapportent à l'année 1702.

[210] John Benlow, amiral anglais, né vers 1650, mort le 4 novembre

1702. Il est surtout connu par le bombardement de Saint-Malo, en 1693,

où il faisait fonctionner une machine infernale, par ses croisières

devant Dunkerque qu'il était chargé de bloquer et par son combat entre

Ste-Marthe et Carthagène des Indes en 1702, contre l'escadre française

commandée par Ducasse.

[211] Jean-Baptiste Ducasse, né dans le Béarn en 1650. Lieutenant de

vaisseau le 15 mars 1686; capitaine de frégate le 1er novembre 1689;

gouverneur à Saint-Domingue le 1er juin 1691; capitaine de vaisseau le

1er janvier 1693, chef d'escadre le 20 juillet 1701 et lieutenant

général des armées navales le 27 décembre 1707. Mort à Bourbon le 25

juin 1715.

[212] En effet, les deux escadres se cherchaient. Elles se rencontrèrent

entre Ste-Marthe et Carthagène des Indes (côte de Vénézuéla). Ducasse

qui n'avait que 4 vaisseaux livra aux Anglais cinq combats les plus

longs et les plus terribles dont les annales maritimes aient gardé la

mémoire (30 août 7 septembre 1702). Dans le dernier, il attaqua lui-même

le vaisseau de Benlow qui fut gravement blessé. Presque tous les

vaisseaux anglais furent mis hors de combat. Ducasse continua sa route

et arriva à Carthagène le 15 septembre.--D'Hamecourt, p. 686.

[213] Plaisanse. Baie de l'Amérique anglaise du Nord, sur la côte sud de

l'île de Terre Neuve, avec un beau port. La pêche des morues y est

abondante.

[214] Voyez la note 109.

[215] Le _mal de Siam_ des anciens historiens des Antilles, le _vomito

negro_ des Espagnols, le _typhus d'Amérique_ ou la _fièvre jaune_.

[216] Henri d'Harcourt, marquis de Beuvron, né en 1654. Colonel

d'infanterie en 1675; brigadier en 1683, maréchal de camp en 1688,

lieutenant-général en 1693; maréchal de France en 1703; il mourut en

1718. Le marquisat de Beuvron fut érigé en duché d'Harcourt au mois de

novembre 1700.

[217] Jacques-Henri de Durfort de Duras, né en 1626, capitaine des

gardes du corps en 1671; maréchal de France en 1675; chevalier des

ordres en 1688; chevalier de Saint-Louis en 1693. Il mourut à Paris le

12 octobre 1704. Le marquisat de Duras fut érigé en duché par lettres de

février 1689.

[218] Jérôme de Phélipeaux, comte de Pontchartain, né en 1674,

conseiller au Parlement de Paris, conserva le département de la maison

du Roi et de la marine du 6 septembre 1699 au 1er septembre 1715.

[219] Marc-René de Voyer, comte d'Argenson, né en 1652,

lieutenant-général de la police à Paris.

[220] Le couvent des grands Augustins était établi sur l'emplacement

actuel du marché de la Vallée, sur la rive gauche de la Seine. C'était

dans la chapelle de ce couvent qu'avait été faite, en 1578, la première

promotion des chevaliers du Saint-Esprit; Philippe de Commines y était

inhumé ainsi que le poète Remy Belleau. On sait que les Etats-Généraux

se réunirent plusieurs fois aux Grands Augustins.

[221] Voyez plus haut note 211.

[222] Il s'agit de l'_Assiento_, compagnie de traite à laquelle le

gouvernement espagnol avait octroyé le droit d'importer des nègres dans

ses colonies. Ce monopole fut accordé à la compagnie française des côtes

de Guinée par Philippe V, en 1701. Celle-ci ne tarda pas à en être

dépossédée par l'Angleterre qui fit de ce privilège l'une des clauses

expresses du traité d'Utrecht (4 mai 1713).

[223] Voyez la note 103.

[224] Guérusseau Du Magnou, fait lieutenant de vaisseau en 1662 et

capitaine de vaisseau en 1666, fut condamné à mort pour avoir perdu le

vaisseau le _Rouen_. Rétabli dans son grade en 1672, il fut nommé chef

d'escadre le 1er janvier 1693 et mourut à Rochefort le 10 mai 1706.

[225] Capitaine de flûte le 1er janvier 1691; capitaine de brûlot le 1er

janvier 1703. Mort à Brest le 28 mai 1719.

[226] Commissaire ordinaire de la marine le 21 avril 1703. Commissaire

ordonnateur le 28 décembre 1703. Faisant fonctions d'intendant de

justice, police et finances de l'île de la Tortue et côte de

Saint-Domingue, 1708.

[227] René Guimont du Coudray, garde, écrivain de la marine en 1692;

sous-lieutenant et lieutenant et capitaine d'artillerie de 1692 à 1701.

Fait capitaine de vaisseau le 1er novembre 1705. Chevalier de St-Louis

le 28 juin 1715. Mort à Rochefort le 13 novembre 1745.

[228] Sur un des vaisseaux que Doublet commandait se trouvait en qualité

de major le chevalier Des Marchais. On a de cet officier un _Voyage en

Guinée et aux îles voisines_, imprimé à Paris en 1730 par les soins du

P. Labat. Le chevalier Des Marchais y fait allusion au voyage qu'il

effectua avec Doublet.

[229] Les navires en campagne de traite mouillaient ordinairement au cap

Mesurado, sur la côte des Graines (Guinée supérieure), pour faire de

l'eau et du bois; ils venaient ensuite découvrir le cap des Palmes.

La traite commençait au cap Blanc pour finir à la rivière du Congo, mais

elle était particulièrement abondante en or et en noirs depuis le cap

des Trois-Pointes jusqu'à la rivière de la Volta.

[230] La ville de Ouiddah ou Whydah fait partie du royaume de Dahomey.

On l'aperçoit de la mer, dont elle est distante d'environ 3 milles. Une

lagune ou lac, d'une largeur de 1 mille environ et d'une profondeur de 2

à 6 pieds anglais, s'étend entre elle et la mer. Son aspect est très

pittoresque. Whydah et Badagry étaient les deux grands ports de traîte

du golfe de Benin.

[231] Le ms (p. 123) contient une longue note marginale relative à une

révolte des noirs embarqués à bord de la _Badine_. Cinq hommes de

l'équipage furent tués; le conseil de guerre qui se réunit condamna à

mort deux des principaux meneurs de la révolte: l'un fut coupé en quatre

morceaux, le second fut pendu à la grande vergue.

[232] Le chevalier François de Courbon-Blenac, enseigne en 1673. Fait

lieutenant de vaisseau en 1679; capitaine de vaisseau le 1er novembre

1689. Retiré le 8 novembre 1713.

[233] Le texte est bien _entousiasme_; le mot propre serait syncope en

léthargie.

[234] Marie-Gobert Salampart de Chouppes. Nouveau garde-marine le 1er

janvier 1699, enseigne le 20 octobre 1703. Investi des fonctions de

major au Petit-Goave le 21 octobre 1703. Capitaine en pied à

St-Domingue, le 30 avril 1706. Mort le 2 août 1717.

[235] Pierre Le Moine d'Iberville, promu capitaine de frégate au mois de

février 1692, fut nommé capitaine de vaisseau le 1er juillet 1702. Il

mourut à la Havane le 9 juillet 1706 sur le vaisseau le _Juste_ qu'il

commandait.

[236] Joseph Le Moine de Sérigny, fut fait enseigne de vaisseau le 1er

janvier 1692; lieutenant de vaisseau le 1er janvier 1696; capitaine de

vaisseau le 1er février 1720. Mort le 12 septembre 1734.

[237] Juchereau de Vaulezard, nouveau garde-marine le 15 mars 1693. Fait

enseigne et capitaine à la Louisiane en 1703. Retiré et passé à

St-Domingue en 1713. Mort dans cette île en 1729.

[238] Le _mariposa_ est un oiseau du genre bengali; c'est le pinson de

la Louisiane que les créoles nomment le _pape_.

[239] Louis de Lorraine, comte d'Armagnac, de Brionne, vicomte de

Marsan, grand écuyer de France, chevalier des ordres du roi, gouverneur

d'Anjou, né en 1641, mourut le 13 juin 1718. Il était fils de Louis de

Lorraine, comte d'Armagnac, grand écuyer, sénéchal de Bourgogne et

gouverneur d'Anjou, décédé en 1666.

[240] «Mme d'Arco, dit Saint-Simon, mourut à Paris (1717) où elle

donnoit à jouer tant qu'elle pouvoit. Elle s'appeloit étant fille Mlle

Popuel, étoit fort belle, et avoit été longtemps maîtresse déclarée, en

Flandre, de l'électeur de Bavière.»--«Cette comtesse d'Arco, ajoute

Dangeau, est une fille de Flandre, ancienne maîtresse de l'électeur,

dont il a eu le chevalier puis comte de Bavière, et qu'il maria au frère

du général de ses troupes, que chez lui on appeloit le maréchal d'Arco.

Madame d'Arco est morte à Paris où elle faisoit une grande dépense. Son

fils a été avancé dans le service et à la fin a été fait grand

d'Espagne.»

_Mémoires de St-Simon_, t. XIV, p. 171. _Journal de Dangeau_, t. VIII,

p. 97 et 98.

[241] Jean-Jacques Mithon, chevalier, seigneur de Senneville, originaire

d'Orléans. Ecrivain de la marine de 1690 à 1692. Commissaire à la

Martinique de 1697 à 1708. Subdélégué intendant, commissaire général et

intendant à Saint-Domingue de 1713 à 1718. Intendant à Toulon en 1720.

Mort en congé, à Paris, le 30 juin 1737.

[242] Charles d'Irumberry-de-Sallaberry, né en 1659, fut maître des

Comptes en 1690 et président en la même Chambre en 1710.

[243] Les côtes de Provence furent envahies par le duc de Savoie et le

prince Eugène au mois d'août 1707; leurs troupes passèrent le Var le 11

août tandis que la flotte ennemie s'était avancée pour favoriser le

passage.

[244] René, sire de Fronlay et comte de Tessé, né en 1651, fut

aide-de-camp du maréchal de Créqui en 1669 et devint colonel de dragons

en 1684, brigadier en 1678, gouverneur du Maine en 1680, mestre de camp

général des dragons en 1684, maréchal-de-camp et chevalier du

Saint-Esprit en 1688, lieutenant-général en 1691, maréchal de France en

1703, général des galères en 1712. Il mourut en 1725.--Pinard, _chron.

hist. mil._, t. III, p. 141-151.

[245] Jacques Le Coutelier, marquis de Saint-Pater, page du roi en 1676,

lieutenant au régiment Dauphin-Infanterie 1677 et colonel du régiment

d'infanterie du Vivarais en 1685, devint brigadier en 1695; maréchal de

camp en 1704 et lieutenant général en 1706. Il fut nommé pour commander

à Toulon le 19 juin 1707.--Pinard, _chron. hist. mil._ t. IV, p. 621.

[246] Louis Girardin, chevalier, seigneur de Vauvré, enseigne en 1665,

commissaire ordinaire de la marine en 1670; commissaire général en 1673;

ordonnateur au Havre en 1675; intendant à Toulon en 1680; maître d'hôtel

ordinaire du roi et conseiller d'Etat en 1700. A passé pour un des plus

grands intendants que la marine ait eus, (Deschard, p. 93).

[247] De Combes, fut nommé enseigne de vaisseau le 7 août 1677;

lieutenant de vaisseau le 2 mars 1680; capitaine de galiote le 16

janvier 1684, capitaine de vaisseau le 1er janvier 1689; commissaire

général d'artillerie le 1er janvier 1703. Mort à Brest le 25 novembre

1717.

[248] Les assiégeants s'attachèrent principalement au fort

Sainte-Marguerite, à celui de Saint-Louis et à la Grosse-Tour. Le fort

Ste-Marguerite se rendit le 16 août 1707. Quelques jours plus tard, le

22, les Impériaux levèrent le siège de Toulon.--Voyez la _Gazette_ 30

juillet, 6, 13, 27 août, 3 et 10 septembre 1707.

[249] Le voyage de Doublet dans les mers du sud dura 42 mois; il en

avait conservé le journal. Voyez à ce sujet l'introduction § III.

[250] _En marge de la main du ministre_: J'ay appris cette action par le

Port Louis et par Brest, elle m'a fait bien du plaisir.

[251] Fils de Claude de Dreux et d'Aimée-Thérèse de Montgommery,

ambassadeur en Espagne; capitaine des Cent-Suisses duc d'Orléans: mort

en 1719.

[252] Ces gages étaient de 612 livres.

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Journal du corsaire Jean Doublet de Honfleur, lieutenant de frégate sous Louis XIV Publié d'après le manuscrit autographe avec introduction, notes et additions · 第 26 / 26 段