procès pour me faire payer les bleds qu'ils avoient chargés pour Masagan
prenant le prétexte sur la déclaration des trois hommes de l'équipage
qui s'estoient sauvés qui avoient dépozé que la faute étoit arivée par
notre capitaine et officiers. Ce procès m'aresta neuf mois dans cette
ille, après quoy il y vint un petit navire françois chargé de bled pour
le porter à Lisbonne, et dans lequel je m'embarquay pour passager avec
mes deux hommes. Mr l'abé D'Estrée[80] étoit ambassadeur et il me
dégagea de la poursuite de ce procès, mais je me trouvois dépourvu de
toutes comodités et de la fortune. Peu de jours après mon arivée il
ariva à Lisbonne un navire de la Rochelle armé de douze canons nommé le
_Cézard_ apartenant à Mrs Godefroy[81] et sur lequel étoit pour marchand
un de leurs frères qui pendant leurs traversées fut injurié et maltraité
de parolles par son capitaine nomé Peron étant souvent yvre, et étant à
Lisbonne récidiva ces brutalités dont Mr Godefroy fut obliger d'en
porter plainte à son Excellence M. l'abé D'Estré, qui ordonna de
déposseder le dit capitaine et de me donner le commandement du dit
navire, et me fit venir devant luy pour me le faire acxepter, et fit mes
conditions d'engagement. M. Godefroy trouva un fret pour l'ille de la
Terciere pour revenir à Lisbonne où M. Godefroy restoit pour faire son
négosse pandant que je ferois le dit voyage. Je party au 15 may 1687;
j'arivé au port d'Angra soubs la ville de ce nom et ne pus recevoir mon
chargement que le 25 juillet et partis le 2e aoust et arivé à Lisbonne
le 26 du mesme mois, sitost que la décharge fut finie, l'on me proposa
un segond voyage pour le mesme lieu, je m'apresté et party le 9e
septembre et arivé à Angra le 21, et pris incontinent mon chargement et
partis le 3 octobre. Estant à 60 lieux au Nord-Ouest de la Tercère un
navire me donna la chasse. Je dis: «Il nous est inutille de croire fuir
puisqu'il marche mieux que nous, et il nous faut disposer à nous bien
deffendre n'ayant guerre avec d'autres qu'avec les Saletins où il s'agit
de la captivité.»
J'avois 24 bons hommes d'équipage, six passagers portuguais étudians qui
aloient pour faire leurs exercisses, douze canons et six périers et de
bons fusils que je délivray à mes passagers, que j'animois sur le
malheureux état où nous tomberions sy nous sommes pris; ce navire
m'ayant aproché à distance de son canon, ayant le pavillon françois, fit
deux fois le tour de nous sans tirer un seul coup, et puis il s'enhardit
à venir pour m'aborder à toutes voilles, je fis carguer les deux basses
voilles et ordonnay que lorsqu'il nous abordera de mettre le vent dessus
nos deux humiers pour faire reculer nostre navire et que luy portant un
grand erre il ne pouroit se tenir acroché et que ces cordages
manqueront. Estant à portée du pistolet de nous, il nous tira sa bordée
de canons et d'une grêle de mousqueterie dont un passager fut tué et un
matelot blessé dans la cuisse, quoyque tous sur un genouil sur le pont
pour n'estre découverts, et nous déchargeasmes très à propos nos canons
et périers chargés de mitraille comme ils nous abordoient, que nous les
empeschasmes de sauter plus de trois dans notre bord, dont deux furent
aussitot tuez et l'autre se jetta à la mer, et les grapins et cordages
rompirent par la maneuvre que j'avois faite faire de metre le vant sur
les huniers, et dans l'instant nous fusmes décrochés. Il passa aussytôt
bien de l'avant de nous et amena toutes ses voilles voyant son mât de
beaupré rompu à l'uny de sa ligature. Nous n'eusmes que deux chaisnes de
haubans rompus par un grapin de fer qui s'y trouva attaché, deux haubans
cassés et lestay d'artimon et nos voilles offencées et trois troux de
canon et une bitte rompue par leurs canons. Je voulois foncer dessus,
luy lascher deux au trois bordées de nos canons, mais mes passagers et
officiers me dirent: «Il ne nous peut plus faire de mal et nous pourrons
recevoir quelque malheureux coup qui tuera ou estropiera quelqu'un de
nous, vault mieux nous en tirer.» Je les creus et fit faire notre route,
et comme nous alions nous entendismes une voix crier: «Sauve la vie.» On
regarde de tous costés sans rien apercevoir, la voix redouble; je
regardé par un sabord de ma chambre et j'aperceu un homme qui se tenoit
à la sauve garde de nostre gonvernail. J'appelé du monde et on luy
donnay une corde doublée en deux qu'il passa soubs ses aisselles, et on
le tira dans ma chambre. Il se mit à genoux demandant cartier
mizéricorde et nous dis estre françois d'Avignon, fils d'un artizain en
soye nomé Périn, agé de 36 ans, qui voulant aller à Gesnes aprendre à
travailler en velours fut pris sur une tartane de Marseille dans son âge
de dix-huipt ans et mené esclave à Tétuan et fut donné au Roy de Maroc,
et qu'après deux ans de persécutions il renia et prits une femme Moresse
dont il avoit cinq enfants, et nous ne luy fismes aucun mauvais
traitement. Et le 23 octobre j'arivé à Lisbonne où je fis la décharge,
et M. Godefroy n'avoit encore achevé son négosse. Je fis conduire mon
renégat chez M. l'ambassadeur qui le retint chez luy jusqu'à ocasion de
le renvoyer en seureté à son pays d'Avignon. Il déclara que le navire où
il étoit avoit 200 hommes, 18 canons et seize périers.
En attendant que Mr Godefroy eut finy son commerce, je fis calfaster le
navire et enssuite le fis échouer pour visiter ses fonds afin d'estre en
estat de recevoir son chargement, et au commencement de décembre ariva
la flotte du Brézil au nombre de quarante gros navires marchands
richement chargés et escortés par six vaisseaux de guerre dont deux
d'iceux de soixsante et six canons avoient esté construits à Goa,
lesquels dès leur sortie enlevèrent deux vaisseaux de 40 canons sur le
Grand Mogol qui portoient grand nombre de pellerins Musulmans qui
alloient à la Mecque porter leurs offrandes au tombeau de leur grand
prophète Mahomet. On en fit des réjouissances et feux de joye à
Lisbonne. Le 20 janvier 1688 nous commenssasmes notre chargement pour
retourner à la Rochelle. Nous embarquasmes 82 grands coffres de sucre et
60 rolles de tabac du Brézil, 20 bottes d'huile et 35 balles de laines
lavées et 400 caisses d'orenges, et 25 caisses de citrons, et nous
partismes de Lisbonne le 24 février. Mr Godefroy s'étant embarqué avec
nous, les vents nous contrarièrent étans prêts de sortir la barre et
nous rentrasmes à la rade de Saint-Joseph[82] et y restasmes jusque au
10e mars que nous sortismes la dite barre avec plusieurs navires de
diverses nations, et le 2 avril arivasmes à la rade chef de Bois[83]
atandant la vive eau pour entrer dans le port de la Rochelle. Mr
Godefroy s'étoit débarqué dès notre arivée à la rade et fis le récit de
nos voyages et comme je m'y étois comporté à l'ataque du Saletin.
J'entray le navire dans la chaisne le 13 avril, où je fus très bien
receu des trois Mrs Godefroy et dont Jean, aîsné de tous, m'en chargea
de n'aler prendre d'autre auberge que chez luy, et dont je ne peus m'en
deffendre et le lendemain je fis les déclarations à tous les bureaux et
mon rapport à ladmirauté, et puis on débarqua les marchandizes.
Ce Mr Jean Godefroy étoit remarié à une dame Bussereau aussy veufve, et
qui avoit deux aimables filles âgées de 18 et 20 ans et de luy n'avoit
pas d'enfants. Tous les soirs, après le souper j'accompagnois ces
demoiselles à la promenade, et se joignoit avec nous une cousine qu'on
apeloit la belle Goislard, mais de qui la fortune étoit bien moindre que
de ses cousines. Cependant je fus épris de sa beauté, et en peu de jours
je le luy déclaray en la ramenant chez elle que je l'aimois tendrement,
mais que ma fortune étoit trop médiocre pour luy présenter. Elle me
répondit qu'un garsson qui a autant de coeur, comme elle a entendu dire
à ses oncles, ne doibt pas se rebuter; que pour elle sa fortune étoit
très bornée ayant perdu de bonheure son père et que sy elle avoit bien
du bien qu'elle se feroit un plaisir de me le sacrifier, pourvueu que je
l'enlevats en Angletere ou en Holande pour y vivre dans la liberté de sa
religion, et que moy je vivrois aussy dans la mienne. Sur quoy je luy
dits qu'il ne faloit pas sortir de son pays pour cela, que puisque l'on
l'avoit contrainte d'abjurer ce ne seroit plus une grande paine de s'y
marier, et qu'on auroit plus rien à luy dire sy elle m'épousoit, et que
je ne la contraindrois en aucune choze. Et elle ne voulut se deffaire de
son entestement que je l'enlevasse, ce qui me la fit quiter crainte
qu'elle ne me gagnats à faire ce mauvais coup. Et je me tournay le coeur
pour la cadette Bussereau sachant très bien son aisnée estoit assurée
d'un amant de Bordeaux nouveau converty, et cette cadette correspondoit
fort à mes honnestes tendresses. Madame sa mère y donnoit fort les
mains, ainsy que M. Godefroy qui me fit bien des offres pour que je
restats avec eux, et que sy je n'étois pas content de son navire le
_Cezard_, qu'il m'en donneroit un de 24 canons qu'il attendoit du retour
de Sainct-Domingue. Je luy fits connoistre que nécessairement il me
faloit aler à Dunkerque pour rendre compte de ce navire naufragé à lille
de Sainct-Michel et dont j'étois porteur des procès-verbaux comme il ne
s'étoit rien sauvé des effects, et que sy je restois à la Rochelle ou
ailleurs sans me justifier, ils pouvoient suposer que j'eus sauvé bien
des affaires et me faire poursuivre, ce qui tourneroit à mon deshonneur
et désavantage. Sur quoy ils m'aprouvèrent fort, et me prièrent tous les
frères de retourner vers eux lors que je me serois entièrement libéré,
ce que je promis faire. Mais l'homme propose et Dieu dispose. Sur la fin
de juin je les remerciay bien et pris congé de ces messieurs et
demoiselles trouvant un bastiment prêt à partir pour Dunkerque dont je
m'étois assuré de mon passage et partis de la Rochelle le 3 juillet, et
le 11e du mesme mois étant à l'ouest du port de Pleimuth en Angleterre
nostre maistre de bastiment me dit qu'il y alloit relascher seulement
pour un ou deux jours, et n'y voyant aucune nécessité je luy demanday
pourquoy ce relasche, et il m'en dis ses raisons: que c'étoit pour y
débarquer en rade quelques pièces d'eau-de-vie en fraude à cause des
grands droits, ainsy je fus dans la ville où je couchay quatre nuitée,
et les nouvelles furent publiées de la naissance du prince de Gall[84]
dont par forme la citadelle tira quelques coups de canons; mais le
peuple et particulièrement nos Religionnaires refugiés disoient milles
infamies de la pauvre Reine[85] et mesme du Roy, ce qui faisoit peine
d'entendre, et le 17 nous mismes à la voille partant de Pleimuts[86] et
le 6 aoust j'arrivé au dit Dunkerque dont entr'autre de mes intéressés
au navire perdu me fit à l'abord un mauvais compliment en me demandant
sy je leurs raportois bien des effets qu'il avoit appris avoir esté
sauvés après le naufrage. Je luy répondis: «Avant 24 heures je vous
feray conoistre au net toutes choses.» Quant aux autres, je fus chez
eux, où ils me receurent comme gens raisonnables qui ont fait de la
perte, mais me receurent tous honnestement en me disant estre bien
persuadés des vérités que je leur avoient marquées par mes lettres et
que le sieur Batement qui m'avoit fait ce mauvais compliment étoit un
brutal et le moindre intéressé et que je ne devois m'arrester à ces
mauvais discours si mal fondés. Je leur présentay les attestations et
les procès-verbaux de tout ce qui s'estoit passé; ils les communiquèrent
à ce brutal de Batement, et il en consulta et ne peut me faire ny dire
et se remit d'amitié avec moy, après quoy ils reconnurent la vérité.
Et sur la fin de septembre 1688 on parloit fortement d'une déclaration
de la guerre, où les préparatifs d'une armée navale en Holande et que
les meilleurs amis et gros milords du Roy Jacques aloient auprès du
prince Orange. L'on arma plusieurs chaloupes de nos navires du Roy pour
aller épier aux ports d'Angleterre s'il y auroit quelques remuements ou
pour aider à sauver la Reine et le prince de Galle. Mr
Desvaux-Mimard[87], lieutenant de nos vaisseaux du Roy, me pria de
m'embarquer avec luy dans la chaloupe qu'il commandoit. Il n'avoit qu'un
bras, l'autre étant paralétique. Nous fusmes pendant la nuit aux
Dunes[88], où je fus dans un cafe pendant une heure, que le bruit se
répandit que le Roy Jacques avoit pris la fuite s'étant veu abandonné
sur la nouvelle que le prince d'Orange avoit débarqué en Angleterre vers
Torbays. Je fus en faire le récit à Mr Mimard et aussy tots nous fit
retourner vers nos costes, et nous atterrasmes à Ambleteuse en Picardie,
et dans le moment nous vismes une chaloupe angloise très proche de nous
qui abordoit au mesme lieu, et lors que la dite chaloupe toucha à terre,
nous y remarquasmes quatre seigneurs dont à l'un diceux les autres
ainssy que les mariniers luy portoient un grand respect[89]. Lorsqu'il
voulut se débarquer, Mr Mimard et moy nous nous mismes à l'eau jusqu'aux
cuisses pour le recevoir, mais un des officiers de sa chaloupe s'étant
mis à l'eau le receut à fourchet sur son épaule ayant la teste nüe; Mr
Mimard lui soutenoit une main. Et lorsqu'il fut dessendu pieds à terre,
il demanda au sieur Mimard qui il étoit, et son nom. Il luy dit. Puis le
Roy luy dit qu'il se souviendroit de luy et nous l'accompagnasmes à
l'auberge, où il n'aresta que le temps qu'on luy aprestats des chevaux
de poste et partit aussitots avec deux de ces messieurs, et nous
ramenasmes nostre chaloupe dans le bassin à Dunkerque, où je receut une
lettre de Mr Jean Godefroy qui me mandoit qu'il atendoit en peu sa
frégate de 24 canons, et lorsqu'elle luy seroit arrivée qu'il me le
feroit savoir pour l'aler trouver.
Sur le mois d'octobre le Roy fist déclarer la guerre contre la Holande
seulement, donnant pouvoir aux particuliers de ses subjets de faire la
course dessus. Mais le port étoit dépourveu de frégattes propres à faire
la course, et un chascun en faisoit bastir. Les sieurs Geraldin et Lec,
Irlandois établis à Dunkerque, me proposèrent d'armer une petite
corvette seulement de quatre canons, qu'un nommé capitaine Laurens,
anglois de nation, avoit amenée de la Jamayque, lequel nous assura estre
finne de voille, et ils me détournèrent de pensser d'aller à la Rochelle
et qu'ils m'aloient faire bastir une frégatte de 24 canons toute preste
pour mars en suivant et dont ils en firent en ma présence le marché avec
le constructeur. Cela m'encouragea, car j'avois répugnance dans l'hyver
de m'embarquer sur un sy foible bastiment. J'engageay trente deux bons
hommes tant bas officiers que matelots et le capitaine Laurens pour mon
segond, et pour lieutenant un nommé Welkisson aussy anglois, mais tous
les deux braves et bons marins. Je receu commission de son altesse
sénérissime Mr le comte de Vermandois[90] sous le nom de la corvette la
_Princesse de Conty_, et sorty du port au six de novembre pour aller
croiser vers le Nord, ou le 20 du mesme mois nous eusmes un rude vent du
Nord-Nord-oist, dont un coup de mer nous enfonça tout un costé et nous
combla presque à demy d'eau, ce fut un hazard comme nous en échapasmes
en fuyant au gré du vent, et relachasme à Dunkerque le 12e et je ne sais
comme après nous ozasme penser à nous rembarquer dans cette bicquoque.
Cependant les marins oublient facilement les périls dont ils ont échapé
et nous fismes radouber nostre barque, et nous partismes le 18, n'ozant
plus retourner vers le Nord, ou les vents et la mer sont plus agités.
Nous n'avions point pour lors de guerre déclarée avec l'Angleterre et
nous fusmes tout le long de ceste coste et ayant passé entre la grande
terre et l'ille de Wic, dont devant Chatam on nous tira d'une forteresse
deux coups de canons à boulets qui passèrent entre nos mâts sans nous
endomager qu'une seule maneuvre nommée un bras de misenne qui fut coupé,
et nous tirasmes au large, et fusmes à Torbay puis devant Pleimuths, où
nous trouvasmes à trois lieux au large un bateau traversier venant de la
Rochelle avec neuf à dix familles de la religion qui se sauvoient dans
Pleimuts. Ces pauvres gens étoient à demy morts de peur que je ne les
enlevasse en France et faisoient compassion[91]. J'en fus reconnus de
plusieurs qui se jetoient à nos pieds et entr'autres un nommé Mr Briant,
fameux marchand, et le capitaine Roc. Je leur dis pour les rassurer que
ma commission ne portoit pas de coure sur eux, mais seulement sur les
Holandois. A cela mes deux officiers anglois protestants m'aprouvèrent
fort, mais les bas officiers et matelots voulurent se mutiner pour que
nous les emmenassions. Et Mr Briant me dit proche l'oreille: «Ayez pitié
de vostre belle Goislard que voilà déguizée en cavalier». Je fus
l'embrasser et luy dire que je périray plustot que de la perdre, et
nostre équipage fust apaizé par une cinquantaine de louis d'or que Mr
Briant leur jeta, disant: «Voilà tout ce que nous possédons d'espesces,
ayant bon crédit en Angleterre». Et nous les laissasmes échaper, en nous
ayant promis sur serment qu'ils ne nous découvriroient aucunement
lorsqu'ils seraient débarqués, et ce que nous avons trouvé véritable
dans la suite, ayant déclaré comme je les en avois prié de dire que nous
étions Ostendois qui les avoient visités sans leur faire aucuns domages.
CHAPITRE V
Prise d'un navire hollandais dans un port d'Angleterre.--Croisières dans
la Manche.--Naufrage à Cherbourg.--Doublet est présenté à M. de
Seignelay.--Il prend le commandement de deux barques longues.--Son
arrivée à Brest.--Il découvre la flotte de Tourville.--Ses entrevues
avec Seignelay.--Enlèvement d'un percepteur anglais.--Croisières.--Prise
d'un navire anglais.--Naufrage.--Autres prises.