XII.--DORLANGE A MARIE-GASTON.

Paris, avril 1839.

En rentrant de chez les l’Estorade, auxquels j’étais allé faire mes

adieux, je trouve, cher ami, la lettre par laquelle tu m’annonces ta

très prochaine arrivée.

Je t’attendrai toute la journée de demain, mais le soir, sans plus

de remise, je me mets en route pour Arcis-sur-Aube, où d’ici à une

huitaine se sera fait le dénoûment de mon imbroglio politique.

Quels tenants et aboutissants je puis avoir dans cette cité champenoise

que j’aspire, à ce qu’il paraît, à représenter; sur quel concours et

sur quel appui je dois compter; en un mot, qui s’est occupé de faire

mon lit électoral? tout cela, je l’ignore aussi parfaitement que l’an

passé, à l’époque où, pour la première fois, je reçus la nouvelle

de ma vocation parlementaire. Il y a quelques jours seulement, j’ai

reçu, timbrée de Paris, cette fois, et non plus de Stockholm, une

communication émanant de la chancellerie paternelle. A voir la teneur

de ce document, je ne serais pas étonné quand les éminentes fonctions

remplies dans une cour du Nord par le mystérieux auteur de mes jours

seraient tout simplement celles de caporal prussien; car il est

impossible de faire passer des instructions sur un ton plus impératif,

plus péremptoire, et en s’ingéniant aussi désespérément des plus

minutieux détails.

La note porte pour titre, en vedette:

La Comédie humaine - Volume 12. Scènes de la vie parisienne et scènes de la vie politique · 第 83 / 104 题